mercredi 15 juillet 2015

Çukur Meyhane, Istamboul



A priori je n’apprécie pas vraiment les tables dans des lieux hautement touristiques car souvent ce sont des pièges où l’on trouve la plupart du temps de la cuisine médiocre. Et on dira que de manger dans la rue…. « ce n’est pas mon truc »… La rue Istiklal n’est pas une référence en gastronomie et les rues parallèles proposent la majorité du temps les mêmes plats avec plus ou moins de succès et rien de vraiment très excitant.

C’est avec quelques lectures que je suis tombé sur des écrits plutôt élogieux écrits pas des locaux sur l’une des tables du quartier mais presqu’un peu dissimulée dans une rue pas franchement des plus pittoresque. L’établissement appelé « Çukur Meyhane” se trouve vraiment à un coin de rue et peut-être qualifié « de trou dans le mur » comme l’on dit en anglais. Quelques marches qui descendent vers un sous-sol où se trouve ce restaurant ou plutôt cette « meyhane ». En théorie, un établissement qui sert des alcools comme du raki avec des mezzés.


Evidement il fait trop chaud en été pour manger à l’intérieur et la terrasse dans la rue sera donc le seul endroit pour prendre un repas. Une taverne assez réputée car le patron Halil Bayram y sert des mezzés assez différents de ce que l’on peut trouver ailleurs. Pas une cuisine gastronomique mais des mets de qualité et gourmands. Comme me disait une connaissance, souvent les mezzés sont corrects à Istamboul mais rarement exceptionnels.

On s’installe donc dans cette petite rue Kartal qui finalement est plutôt calme même si sans aucune vue ou charme. La carte propose principalement des mezzés mais aussi quelques plats chauds tels que grillades et poissons.




Première assiette avec de surprenantes et délicieuses feuilles de vigne farcies. Un classique mais parfois trop acides ou parfois avec une farce sans finesse. Chaudes avec une texture gouteuse et un arrière-gout légèrement doux en raison de l’utilisation de raisins secs.


Les cubes d’aubergines frits et tomate en salade m’auront laissé plus indifférent car un peu huileux et il y a quelque chose qui manque dans l’assaisonnement.


Les tranches de maquereau dans une sauce à la moutarde sont plutôt très bonnes avec une sauce qui doit être selon moi un mélange de mayonnaise et de yaourt. Le poisson est froid et se marie bien avec le goût moutardé de la sauce.


La salade de cèleri dans un yaourt aillé est plutôt très fraiche avec quelques ajouts de filaments de carotte, du pourpier et des raisins secs.


Pas trop emballé par les Manti au poisson, normalement des raviolis mais ici des boulettes de poisson badigeonnées d'une sauce ail-yaourt et saupoudré de menthe et de flocons de piment. Je m’attendais à une pâte type ravioli farcie avec une préparation de poisson mais en réalité ce sont plutôt des cubes de cake de poisson, frits.


Une impeccable salade de tomates dont la peau est pelée je précise  et de la roquette ciselée.


Les Beurek au fromage sont parfaits ; encore coulant au milieu, bien dorés et pas huileux du tout.


Un ragout de poisson. Certes le nom de « balik Kokoreç » semble un peu étrange car ce qui est appelé «Kokoreç » n’est pas souvent dans les menus mais vendu dans la rue par dans des petits chariots. Il s’agit d’intestin d’agneau ou de chèvre préalablement grillé au feu de bois, et ensuite haché, mélangé avec du thym et des poivrons rouges. Ici on remplace simplement ces intestins par du poisson. On y trouvera aussi de la menthe et du piment doux.


Pour terminer, deux belles brochettes de poisson très frais, simplement grillés avec quelques feuilles de roquette et du citron.


Un lieu simple mais où l’on ne va pas vous tromper avec du n’importe quoi, mais  avec des mezzés de qualité a des prix extrêmement sages pour le quartier. Imaginez-vous que la plupart sont à 7 livres turques. Un repas intéressant car certains plats ne se trouvent pas ailleurs, une expérience concluante.