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dimanche 7 septembre 2014

Bar Marucho, Santander



D’entrée je proclame… « Voici un exceptionnel endroit »… Je démarre cette  journée par une petite tournée d’adresses repérées dans Santander car je n’avais pas encore fait mon choix pour la soirée. Un peu d’hésitation entre la table classique, l’auberge espagnole et le restaurant branché, bref….ouvert à tout ce qui m’apparaitrait digne d’intérêt. 

C’est donc dans le quartier principal que je commence à scruter divers établissement et aux alentours des 14 :00, j’arrive à une adresse très légèrement décentrée… Le «Bar Muracho ». Déjà un nom un peu étrange car un bar n’est pas forcément un lieu où l’on penserait passer une soirée pour diner... Une enseigne verte, de gros systèmes d’air conditionnés à l’extérieur, de vagues fenêtres toutes couvertes de barreaux comme dans une prison. Rien de très engageant…

C’est une fois à l’intérieur que mon premier avis plutôt négatif est balayé par l’impression d’être arrivé « à l’endroit » que l’on ne peut pas manquer… le lieu incontournable ! Restaurant minuscule, absolument plein, des assiettes qui de loin sont bien tentantes… 

Comme je me dis que le soir cela risque d’être plein, je me risque à demander une réservation. Evidemment, ici à part l’espagnol… pas possible de se faire comprendre mais c’est après quelques instants, une jeune femme qui semble être l’une des responsables avec un vrais sourire, essaie de me faire comprendre qu’ici ils ne prennent pas de réservation… Elle sort sont « smartphone », lance son application de traduction et commence à taper quelques phrases en espagnol. Je comprends qu’elle me propose de m’appeler dès qu’une table se libère, probablement avant les 22 :00 et que si je n’entends rien…je devais venir vers 21 :45. Et je me répète, tout cela avec le sourire et de la bonne humeur…

Exactement le genre d’endroit que je recherchais. Authentique, local, simple en apparence, convivial, festif… Le vrais de restaurant de pécheurs où la majorité de la clientèle s’avère être locale.

C’est donc non loin des 22:00 que nous nous dirigeons vers le « Bar-Restaurant Muracho ». Devant l’établissement, une foule qui probablement attend pour avoir une table ou alors en train de consommer un verre de vin avec des tapas.


L’intérieur ne doit compter qu’une demi-douzaine de tables. Sur la gauche un bar avec quelques consommateurs et au fond les frigos remplis de fruits de mer : crabes, araignées, crevettes, pouce-pied, huitres.




Sur le bar, une série de tapas ; préparations diverses sur des tranches de pain.

Cette salle à quelque chose d’une autre époque avec sa multitude de cadres de photos noir et blanc pour la plupart qui probablement illustrent la vie locale, représentent les célébrités de Santander qui ont sans aucun doute passé par cet établissement. L’ambiance est incroyablement conviviale et presque je dirais familiale. Les tables sont un peu les unes sur les autres mais c’est ce qui fait aussi son charme.






C’est à ce moment que nous retrouvons notre chaleureuse et souriante hôtesse qui nous signale que notre table est prête. Un regard sur la carte des vins déposée sur la table et ô bonheur, il y a même l’un de mes vins blancs espagnol préféré, le Belondrade Y Lurton qui de plus est sagement tarifé (coefficient de 1.4 !). Un Rueda qui est sans aucun doute  l’un des meilleurs blancs du pays. Un blanc mûr, élégant, rappelant les vins de Bourgogne mais qui a dépassé en qualité toutes les attentes du verdejo, cépage de la Castille. De plus, un vin qui a été patiemment élevé dans un chêne de la meilleure qualité.


La carte est très alléchante avec évidemment principalement des produits de la mer. Les calamars frits à la romaine, juste enfarinés puis frits, sont absolument parfaits. Petits, croustillants, sans goût d’huile, tout bonnement une perfection.


Nous continuons avec un plat que je n’avais jamais mangé auparavant, des boulettes de lotte en sauce. Quelques boulettes plutôt légères servies dans une sauce très parfumée dans laquelle j’ai pu déceler du xéres, de la tomate, du persil et un peu de piment. C’est d’apparence plutôt grossière mais vraiment délicieux.



C’est en discutant avec notre hôtesse que j’apprends qu’il y des étrilles, une sorte de crabe. C'est l'espèce la plus couramment capturée par les pêcheurs à pied mais très recherchée, principalement en raison de sa chair excellente et de sa saveur très fine. Il fait environ 10 cm de diamètre (pattes comprises), sa couleur est noire sombre et ses pinces légèrement bleutées. Il n’en reste qu’un et celui-ci nous est présenté vivant sur la table pour nous amuser… 


Il faut savoir que juste en face du bar se trouve une porte avec un petit entrepôt ou se trouve tous les crustacés et poissons au frais !

Il sera juste cuit vivant  à la plancha et je ne me rappelle pas d’avoir mangé un crabe aussi bon que cela dans ma vie… C’est d’une très grande finesse, un vrai régal.


En met principal nous avons choisi un Saint-Pierre qui est est un poisson de mer vivant à proximité des côtes sur des fonds rocheux. Un poisson plutôt rare et coûteux avec une chaire très délicate. Ici poêlé en douceur, servit avec des pommes de terre au piment doux, tomate et salade. Un produit de première qualité magnifiquement préparé.


Quand nous apprenons qu’il y a du riz au lait en dessert, l’autre convive ne peut y résister et l’on apprend qu’il est préparé par la maman de notre hôtesse. Je ne suis pas un énorme amateur de ce genre de desserts mais je peux vous garantir qu’il était absolument merveilleux. Un très bon goût de cannelle, bien crémeux, pas compacte ou bourratif. Le secret étant selon cette dame une lingue cuisson et beaucoup d’amour…


Cet endroit restera ancré dans ma mémoire pendant un certain temps car rassemble toutes les conditions et caractéristiques que dont on peut s’attendre d’un bistrot typique espagnol ; de l’authenticité,  un accueil chaleureux, une ambiance conviviale, des produits de première fraicheur, des préparations soignées, des cuissons maitrisées. Et même une embrassade en s’en allant… Un lieu incontournable à Santander.

vendredi 5 septembre 2014

Bodega Cigaleña, Santander



Santander, jolie ville de Cantabrie où les établissements modernes jouxtent ceux qui n’ont pas changés depuis des dizaines d’années. C’est aux alentours des 14 :00 qu’après quelques hésitations, que nous choisirons au centre-ville, la « Bodega Cigalena ». Dans une petite rue, la devanture ne prête pas à confusion. Des fers forgés dans un pur style hispanique indiquent sans équivoque le lieu.


Un lieu qui se réclame être un musée du vin, un bar et un restaurant. C’est une fois à l’intérieur que l’on réalise que tout cela est fort vrais et comme l’extérieur dans un pur style hispanique traditionnel. Des bouteilles, il y en a partout… Derrière des fenêtres, le long des murs et même au plafond ! Il n’y a pas un centimètre de libre ou alors c’est pour laisser de la place aux tables du restaurant et à un bar.



C’est en regardant de plus près dans les vitrines que l’on dénichera de grands crus espagnol mais qui probablement sont plus là pour la décoration que pour être dégustés. Lumière, chaleur mais surtout la plupart des bouteilles ont le col plutôt bas. Ceci n’empêche pas d’admirer les Vina Tondonia 1934, le Murrieta 1958 et même des bouteilles de 1842 et 1811. Quelques Vega Sicilia des années 40 et 50.





Dans un coin de cette pièce musée, le bar… On y déguste évidemment des crus au verre. Un très joli bar où il est également possible de soit déguster les tapas du jour, soit même commander ce que l’on appelle des « raciones » qui sont des assiettes de taille moyenne avec des plats chauds. 


Entre le bar et la salle à manger, vous aurez également le loisir de contempler d’autres bouteilles qui elles semblent être encore plus ancienne que celle du couloir à l’entrée.


Les tapas sont plutôt ici classiques et je précise bien tapas et non pintxos. Des bocadillos, petits sandwichs au jambon, diverses croquettes, et même certains avec de la morue.


La tortilla s’est avérée être plutôt bonne bien que j’apprécie quand elle est un petit peu moins compacte, à la limite d’être très légèrement baveuse à l’intérieur.


Une très bonne morcilla qui est le boudin au riz espagnol, servit chaud avec une tranche de pain.


Le chorizo légèrement épicé lui aussi est réchauffé et placé entre deux tranches de pain. Le goût du piment est fameux.
 

Les croquettes à la morue mériteraient d'avoir un goût plus prononcé.


Au fond, la cuisine et devant celle-ci les très jolies viandes bien rassies ou pêche du jour pour le restaurant attenant. 


Ce dernier en longueur avec ses murs de catelles à l’air tout à fait plaisant bien que je ne puisse pas me prononcer sur le contenu des assiettes, n’y ayant pas mangé.
 

Ne pas oublier de lever la tête car au plafond se trouve un impressionnant système de stockage des bouteilles qui étonnement sont enveloppées de papier cellophane transparent.  Est-ce le système d’air conditionné du plafond qui maintient la température constante ou n’est-ce que de la décoration…je ne le saurai jamais… Aussi, les jambons qui pendent sont ce qu’il y a de mieux en Espagne car il s’agit de ceux de Josélito, celui préféré des grands chefs, affinés 4 ans, des grandes réserves Bellota.


Probablement qu’il y a une « vraie » cave car cet établissement a la réputation d'être la huitième meilleure cave à vin en Espagne avec non loin de 13000 bouteilles ! Un vrais lieu rustique espagnol à ne pas manquer soit pour prendre un verre et déguster quelques bon tapas avec de très belles charcuteries ou alors avoir un repas plus conséquent.