lundi 20 novembre 2017

Capet, Barcelone


C’est dans le quartier de Gracia du côté de Sant Gervasi que vous trouverez cette adresse qui s’avéra être vraiment une belle découverte où l’on trouve une cuisine de saison méditerranéenne. Cuisine un peu créative d’un chef vénézuélien, qui s’inspire des recettes locales mais en y amenant comme on sait bien le faire à Barcelone, cette petite touche d’originalité en utilisant quelques autres ingrédients de son garde-manger qui généralement proviennent d’autres contrées. Armando Alvarez est donc en cuisine, n’est pas sans cursus puisqu’il travailla chez le réputé « Coure » et a séduit depuis assez longtemps, les amateurs locaux d’assiettes recherchées et gourmandes.


Au coin d’une rue, en ce moment peu visible en raison d’échafaudage, le lieu de l’extérieur semble être extrêmement convivial.


Un menu de tapas ou de plats à se partager, souvent assez sophistiqués, dans un lieu plutôt petit où il est indispensable de bien réserver à l’avance. Tables à droite du bar et une série de de chaises hautes face aux cuisines où l’on peut également dîner.



Une salle en longueur plutôt contemporaine sans trop de décoration mais l’ambiance est enjouée, on s’aperçoit que la clientèle connait l’établissement et la seule table de touristes ce soir n’est définitivement pas venue par hasard.


Tables en bois modernes, chaises et lumières noires, tout est simplement organisé, on vient ici pour principalement le contenu des assiettes.


Un menu de tapas vraiment très intéressant avec de belles surprises, comme cette salade de lentilles avec des légumes, des couteaux, scarole et une sauce au poivron rouge. La salade contient de la carotte, des la courgette, du cèleri, tout coupé en julienne. Les couteaux sont tendres et associé a cette sauce qui pourrait rappeler un salmorejo, quelques feuilles de salade et un peu de coriandre fraiche. C’est inattendu et très réussi.


Des extraordinaires petits choux farcis à la perdrix sur un lit d’haricots Ganxet. Ils doivent leur nom à leur forme courbée caractéristique. Variété traditionnelle de Catalogne qui est cultivée dans la région de la Selva, el Vallès et el Maresme. Ce sont des haricots de couleur ivoire, de taille moyenne, avec une texture fine et crémeuse. Cet haricot farineux absorbe bien le goût des aliments avec lesquels il est cuisiné et ici c’est ces magnifiques paupiettes de chou avec une très gouteuse farce. Le genre de plat que l’on peut que regretter la fin.


Ensuite d’excellents ris de veau au beurre noir, raves, chou-fleur et raifort. Très bien cuits, croustillants à l’extérieur, un peu de zeste de citron vert sur le dessus pour le côté tonique, une mousseline onctueuse des deux légumes en dessous et un peu de raifort pour relever.


Pour terminer, une viande de bœuf de Galice rassie et grillée accompagnée d’aubergines fumées. Viande gouteuse, cuite comme on l’apprécie, un peu de flocons de sel, les aubergines fumées comme parfait accompagnement,


En dessert une rafraichissante et légère crème au fruit de la passion, glace au yoghourt aven un parfumé crumble aux noisettes.


Comme vin, un Priorat bio, Martinet Brut 2015 de la famille Pérez-Ovejero intense en bouche , des tanins doux et une acidité très bien maîtrisée, de discrets rappels toastés du bois émergent en fin de dégustation.


Une expérience très concluante avec une cuisine bistronomique de haut niveau, des produits choisis et rares sur les cartes, comme foie-gras et ris de veau, des cuissons maitrisées, beaucoup de gourmandise dans les assiettes, une superbe adresse dans Gracia.

dimanche 19 novembre 2017

La Vermu, Barcelone


Le quartier de Gracia aussi compte un certain nombre de pépites entre bars et restaurants de qualité. Un début de soirée et nous voici tout simplement dans un lieu appelé « La Vermu », pas difficile de s’imaginer ce qu’est la spécialité ! Une très belle devanture rouge, des portes sur lesquelles sont inscrits ce que l’on y pourra trouver comme des vins, des petits tapas dont des charcuteries. Portes ouvertes sur la rue, quelques tabourets sur le dehors.


L’intérieur un peu vintage est superbe avec ce côté un peu garage ou entrepôt blanc et haut plafond. Un traditionnel comptoir et quelques tables en marbre et chaises le long du mur, une ambiance assez festive. Tout a été soigneusement été décoré avec un rappel constant de la couleur rouge. Afin de donner l’illusion que l’espace est plus grand, quelques miroirs ont été placés sur les murs. Au plafond des structures boisées noires qui supportent le tout.



Derrière le bar, de hautes étagères avec la sélection des vins de la maison, bières, alcools, bocaux de légumes au vinaigre, conserves, chips et verres de toute forme, sans oublier les anciens très beaux siphons.





Un tableau liste les Vermut et autres vins en dégustation blancs ou rouges ; à noter que la calligraphie est plutôt étudiée.


Dans les vitrines sur ce bar, tapes comme olives, anchois, moules, sardines marinées et quelques salades.



Ici c’est donc le Vermut que l’on boit principalement et c’est un plaisir de voir les verres déjà préparés à l’avance avec la tranche d’orange et l’olive sur un bâtonnet.


Pour commencer ce très bon Vermut de la maison,  accompagné d’olives vertes légèrement arrosées d’une sauce à base de piment.


Le Vermut blanc de petite production est aussi une découverte, légèrement plus amer que le rouge mais tout à fait plaisant.



Nous l’accompagnerons de délicieuses moules de conserves avec des piments verts probablement basques au vinaigre, le tout recouvert de la même sauce que pour les olives.


On y prendra, un verre, deux, voire plus…le temps passe…L’ambiance de « La Vermu » est assez unique, des plus authentiques, très locale, un lieu parfait pour un début de soirée.

vendredi 17 novembre 2017

La Moderna Bodega, Barcelone


Des bodegas à Barcelone on en peut en compter un certain nombre et généralement celles-ci ne vendent que du vin, à la rigueur quelques tapas ou alors encore certaines qui proposent une restauration classique. De plus la plupart qui sont de qualité ne sont pas souvent dans la vieille ville. Si l’on pense à l’Eixample, ce n’est pas tout à fait là que l’on pourrait s’imaginer un tel établissement en encore moins de ce niveau. Eh bien ! Voilà un endroit à ne pas manquer que « La Moderna » qui en fait n’a rien de vraiment moderne, quoique... Et si l’on regarde à deux fois, le vrai nom semble être « Bodega Esplugas ». En faisant quelques recherches sur la toile, je me suis aperçu qu’à l’origine il s’agissait d’un débit de vin un peu vétuste avec évidement plein de charme qui s’appelait donc « Bodega Esplugas ». En tout cas en 2016, c’était encore dans l’ancien concept. Mais probablement cette année ou peut-être l’année d’avant, le lieu a été rénové ou peut-être plutôt rafraîchis, ce qui pourrait expliquer l’ajout du nom « La Moderna » qui se trouve en dessus de la porte.


D’entrée, le lieu a gardé sa vocation puisque le tonneau à droite de l’entrée délivre un message tout à fait clair.


Quand je disais rafraichis c’est simplement dû au fait que le charme de l’ancienne bodega a été conservé, probablement avec un certain nombre de transformations, mais si on ne le sait pas, il serait facile de ne rien remarquer.  Plus de bouteilles sur les murs ou boissons gazeuses à l’entrée dans la première partie de la salle mais maintenant l’ensemble de la paroi est occupée par d’autres tonneaux où sont vendus des vins de diverses origines ; Priorat ou­ cépages tels que Syrah.


Sans évidement oublier le Vermut maison qui est comme l’on peut le constater de la maison et vendu à 5 euros le litre à l’emporter.


Si l’on observe bien, les anciens frigos sont toujours là et ce qui a changé principalement c’est le coup de peinture ocre qui amène une touche bien plus lumineuse à l’ensemble. Le sol est le même mais les murs ont été recouverts de faïences andalouses et enrichis de petites lumières. Tables et chaises restent identiques, les photos noires et blanches dans les cadres ont disparus ainsi que les rideaux qui dissimulaient l’arrière salle transformée en petite cuisine. Ce rajeunissement a été scrupuleusement été fait sans altérer le charme d’antan.






Forcément, découvrir le Vermut ou Vermu local est un « must », celui-ci s’avérant être très bon, servi dans ces verres qui étaient à la mode dans les années 60 a 70.


La ou la surprise est très agréable c’est de découvrir une très jolie carte de tapas qui est classique mais le niveau des produits est largement supérieur à la majorité de ce que l’on trouve dans les autres bodegas ou tavernes à tapas, surtout en ce qui concerne les produits sélectionnés comme par exemple leurs conserves de fruits de mer. Ou alors une magnifique salade russe qui est totalement faite maison avec pommes de terre, légumes frais et mayonnaise maison. Même les petits bâtonnets de pains sont de qualité.


Leur patatas à la bravas ressemble plus a des mojo picon et sont vraiment excellentes. Petites pommes de terre accompagnée d’une très bonne sauce épicée.


Le pain à la tomate est aussi absolument parfait ce qui est plutôt rare. Les tomates sont parfumées, le pain de coca grillé et croustillant, l’huile savoureuse.


Et pour ce repas de début d’après-midi un magnifique plateau de diverses charcuteries les unes meilleures que les autres, évidement artisanales avec de la longanisse de Payés, sorte de long salami paysan séché à l’air dans des boyaux naturels, réalisé avec du porc maigre et de qualité, finement haché et assaisonné, qui a une saveur exceptionnelle et un arôme unique. Du fuet de Organya près de Lleida, de proche de 35 millimètres de largeur qui est traditionnel en catalogne, petit frère de la longanisse, de la botifarra blanche réalisée avec de la viande maigre et sans de sang, de le botifarra noire qui elle en contient, puis du pa de fetge qui signifie pain de foie et de gorge de porc. Une très belle sélection qui permet tout à chacun de découvrir des produits locaux de qualité.


Le probable patron Isidoro Andaluz Gomez qui s’exprime en français à tout fait pour rendre l’endroit agréable, l’ambiance y est chaleureuse, le choix de tapas vraiment étudié et malgré le nom de « moderne »…nous sommes dans un endroit tout à fait authentique et plein de charme.

jeudi 16 novembre 2017

Due Spaghi, Barcelone


Une cuisine Catalo-Italienne, eh bien ! oui cela existe et même dans un contexte Slowfood-KM0 qui m’a toujours séduit jusque maintenant à Barcelone. Un nom un peu étrange que « Due Spaghi » qui pourrait éventuellement signifier en dialecte « cuisons des spaghetti » ou peut-être mieux encore « allons manger quelque chose» car il y a l’on dit en Italien « facciamo due spaghetti ». Donc peut-être une expression romaine car il existe un dialecte « romanesco », finalement comme le nom de la sauce catalane… C’est ici qu’une certaine Nicoletta Acerbi d’Emilie Romagne réalise que de créer des tapas à l’italienne serait une excellente idée avec le chef Alessandro Borghese qui semble animer un programme à la TV appelé « 4 Ristoranti ». Donc loin d’un restaurant italien classique mais plutôt quelque chose d’inédit. En fait, une trattoria qui compose des spécialités italiennes avec la culture catalane, concept plutôt intéressant. C’est donc dans l’Eixample que vous trouverez l’adresse avec sa devanture boisée.


Un intérieur qui effectivement pourrait rappeler une trattoria ou plutôt un bistrot avec chaises et tables en bois, du parquet, un petit comptoir en fond de salle et une paroi d’assiettes décoratives comme cela se fait souvent en Italie. Le lieu a du charme, est soigneusement décoré, plutôt calme ce soir car nous sommes le jour de la Toussaint.





Sur un autre mur, au-dessus de briques apparentes, une ardoise qui propose ce soir un choix de vins soit Italien, soit Catalan avec les emblèmes du Slowfood et des tableaux, des bouteilles sur les étagères un peu partout contre les murs.



Une très jolie carte avec un certain nombre d’intitulés qui se réfèrent avant tout a des produits de la botte mais la plupart du temps inspiré de ce qui est local comme par exemple les délicieuses croquettes de polenta Taragna, fromage de vache de Ripollés, marmelade de piments rouges et ricotta fumée. Excellente manière de transformer ce classique espagnol en quelque chose de différent avec le goût des fromages dont l’un fumé.


De surprenantes boulettes de viande à la Duchesse car nous sommes habitués au « albondigas » mais ici la viande hachée est mélangée avec du fromage, et il semble qu’il y ait une fine tranche de jambon tout autour, recouvert d’une sauce à base de crème.


A nouveau une belle invention avec cette crêpe de blettes, houmous, ricotta et poulet Pota Blava. Il s’agit donc d’associer en bouche ce poulet aux pattes bleues, la crème de pois chiches épicées et le fromage frais.


J’apprécierai beaucoup la fine tarte tatin d’oignons de Figueras avec dessus la stracciatella de burrata et poivre rose. La pâte est fine et croustillante, la compotée d’oignons se mariant parfaitement avec  ce délicieux fromage frais. Ou plutôt la partie la plus noble d’un fromage bien connu puisqu’on désigne par ce terme le cœur fondant niché à l’intérieur de la burrata. Autrement dit, la crème de la crème.


En plat central, des spaghettis de betteraves à la purée d’artichaut avec sur le dessus quelques excellentes noisettes brisées.


Peut-être un peu moins séduit par le classique sanglier a la polenta qui s’avéra être un peu sec.


Par contre la morue confite au lard de Colonnata et châtaignes est une belle assiette avec de bonnes associations sauf que peut-être du lard d’une telle qualité perd à être frit même si croustillant. Le goût de la châtaigne se marie parfaitement avec ce poisson légèrement salé.


En vin, un Montsant 2015, La Seleccion de Antoine Touton & Fredi Torres, rouge frais, dans lequel les notes fruit rouge et florales sont prédominantes.


Une adresse sans aucun doute différente et qui ne peut que séduire, qui propose vraiment quelque chose d’inédit et pas un simple amalgame de produits des deux régions, mais des assiettes étudiées, des produits de qualité, une certaine créativité dans l’élaboration de cette cuisine.