mardi 13 novembre 2018

El Siglo, Sant Cugat del Vallès


Si vous vous trouvez à Barcelone un dimanche et ne savez que faire, ne manquez pas d’aller visiter l’incroyable Mercantic, le grand marché d’objets et antiquités de Sant Cugat del Vallés auquel l’on peut facilement se rendre en métro urbain.


Mercantic est un petit village de marchands d’antiquaires, d’artisans et d’artistes, qui vit chaque jour de nouvelles choses. C'est une référence en Europe pour les amateurs de collection et de décoration. L’endroit rassemble une centaine de commerçants sur une superficie d’environ 15 000 m2 répartis entre la Nef Centrale et Les Casetes, petites boutiques en bois de différentes couleurs.



Ensuite il faut absolument passer un moment chez « El Siglo » qui vous fera découvrir un autre monde. Un espace qui a ouvert ses portes en 2006, qui à l’origine avait été construit comme une ancienne librairie, mais qui par la suite s’est petit à petit transformé en un lieu ou l’on commença à proposer des concerts, de petits spectacles et des séances de films. Petit à petit, « El Siglo » est devenu un point de rencontre pour l’activité culturelle de la ville. On y trouve donc aujourd’hui une bibliothèque impressionnante, mais aussi une salle de concert, un petit théâtre et une salle de réunion et de lecture. Avec bien entendu une terrasse à l’extérieur.



Il faut savoir que tout a commencé avec l'achat d'une collection de livres appartenant à un artiste, après quoi ils ont acquis de petits lots jusqu'en 2013 avec le vestige de la librairie Barcelona Canuda, qui venait juste d'être fermée. À l'heure actuelle, quelque 150 000 livres d'occasion sont distribués dans les rayons de quatre espaces, c’est la bibliothèque la plus grande d'Espagne. La chose la plus intéressante est qu'ils ne sont pas décoratifs. Ils sont catalogués et classés par domaines thématiques. Tous peuvent être consultés et achetés.






C’est un site vraiment très spectaculaire qui ne passe pas inaperçu à qui que ce soit... Des murs remplis de livres, des meubles anciens, des lampes en cristal qui surplombent la salle, une scène avec son rideau...



Maintenant à part être une immense bibliothèque ancienne située dans le bâtiment Mercantic, c’est aussi un endroit à ne pas manquer pour passer un excellent moment pendant les week-ends pour « faire le vermouth » tout en écoutant de la musique. Chaque samedi et dimanche, ils organisent un concert gratuit de vermouth (entre 12h30 et 14h) avec des sons de jazz, R & B, swing et soul, entre autres. La programmation artistique varie chaque mois, bien qu’il y ait déjà quelques chanteurs fidèles à la maison. Une musique reposante qui favorise les discussions, la lecture et qui vous invite à prendre une bière en bonne compagnie.




Dans le bar de cette grande salle de concert, vous trouverez de petites collations, des assiettes déjà préparées, un buffet avec quelques tapas essentiels pour accompagner le vermouth : olives farcies, chips, coques, anchois, rasoirs... Des conserves de qualité proposées pour créer votre propre moment vermouth.






Une fois la file faite, vous pourrez bien entendu apprécier un mélange d’anchois, piparas, moules et seiches.


Une assiette de charcuteries avec jambon, chorizo, saucisson et pain à la tomate.



Quelques croquettes.


Le vermouth ou autre apéritif.


Et tout cela son d’un jazz band.


Un moment assez unique à Barcelone et peut-être même en Europe.


lundi 12 novembre 2018

Granatt Bar, Barcelone


Jolie découverte que cette nouvelle adresse dans le quartier de Gracia ouverte depuis le mois de juin et qui est plutôt assez particulière. Je dis cela parce que lorsque l’on ne connait pas cette table, on pourrait s’imaginer se trouver non pas dans un restaurant mais un espace plutôt pour le café, le petit déjeuner ou le brunch le samedi et dimanche. Et en plus, l’organisation d’atelier de prise de photos de plats pour les réseaux sociaux ! Mais ne vous fiez pas à votre première impression car c’est aussi un restaurant ! En fait un espace ouvert à tout moment de la journée et qui offre tout ces types de restauration en fonction de l’heure et des jours.


Un local complètement rénové avec une entrée un peu en retrait ; une grande porte vitrée qui laisse les passant voir ce qui se trouve à l’intérieur.


Un intérieur assez moderne mais pas trop, lumières industrielles, murs de faïence blanche, tables en bois, quelques plantes en hauteur, des enseignes lumineuses au nom de l’établissement, la cuisine au fond de la pièce,



Ici le vin est également une des passions de l’équipe en place et l’on pourra voir le cellier juste à gauche de l’entrée.



Ce qu’il faut savoir c’est qu’ici tous les plats ont été conçus par deux jeunes chefs ; Joan Lleixà qui était de nombreuses années cuisinier chez « El Celler de Can Roca », maintenant sous-chef dans l’hôtel « Almanac » à Barcelone et Jairo Balcázar qui est maintenant le chef responsable de la salle et de la cuisine. Une carte avec des tapas, certains inspirés par l’Asie, ce qui est devenu incontournable à Barcelone et également quelques plats inspirés par le Mexique et l’Italie. Mais si vous ne souhaitez pas ce type de cuisine, vous trouverez également une belle série de plats Espagnols, certains étant bien entendu plus inspirés par la Catalogne que d’autres. Ce que l’on constate immédiatement dans les énnoncés des plats ce sont les ingrédients qui semblent être choisis et de qualité avec souvent des références à la Galice, ce qui est un bon signe.




Une première entrée avec des oeufs « cassés » bio au jambon ibérique et poivrons Padron. Recette classique en Espagne d’œufs brouillés que l’on mélange avec plein de chose, souvent des pommes de terre rissolées et du jambon comme ici, puis le « pimiento de Padrón » (ou piment / poivron de Padrón) est une variété de piment espagnol bénéficiant d’une Appellation d’Origine Protégée. En général il est vert et d’assez petite taille (5 cm environ). Il est normalement doux mais 10% d’entre eux sont piquants. C’est classique mais parfaitement cuisiné et le jambon est de qualité.


Le top ce sont ces anchois de Cantabrie sur du pain de Coca et légumes rôtis ou plutôt escalivada. Anchois qui viennent de là-bas et que je n’ai jamais vus sur des marchés. Ils sont frais, d’une magnifique délicatesse, charnus. Le pain de coca est délicieux, les légumes un peu caramélisés. Je crois que cela doit être les meilleurs anchois que j’ai du manger à Barcelone !


Puis, le classique « Arroz Negro » Riz noir à la seiche grillée et carpaccio de poulpe. Riz époustouflant car la cuisson est très précise, le fumet exceptionnel, le côté « humide » du riz idéal, les saveurs inégalées pour ce type de recette. Un très grand riz noir richement garni de moules, seiches, poulpe et crevettes avec quelques touches d’aïoli gracieusement ajoutées. A nouveau, le meilleur riz noir de Barcelone et je pèse mes mots !


Puis en dessert, une très bonne Torrija avec une glace à la cannelle.


Ici le café ce n’est pas n’importe quoi puisqu’ils s’approvisionnent chez cet excellent torréfacteur local « Hidden » avec un café du Salvador, comme quoi à nouveau ici le produit est vraiment au centre de la préoccupation des ces cuisiniers.



En vin, un Ribera del Duero Valdubon Reserva 2014, un superbe tempranillo. Un nez complexe de Ribera, riche en fruits rouges mûrs mélangés avec des notes de réglisse et de noix. En bouche, il montre tout son potentiel dans une finale vive et structurée, riche en tanins, élégants et intenses.


Eh bien voila une superbe nouvelle adresse à laquelle on ne se serait pas attendu à autant de qualité, de maitrise dans les plats et surtout ce choix exceptionnel d’ingrédients. Le chef a vraiment d’énormes qualités, a su bien penser sa carte en n’étant pas trop non plus farfelus avec des plats « fusions ». De plus les prix sont très raisonnables, le service charmant et le lieu rafraichissant.

dimanche 11 novembre 2018

Mosquito, Barcelone


Je dois dire qu’avec le temps, je deviens de plus en plus déçu de l’offre asiatique de la vile en raison de son manque d’authenticité, la non-utilisation des ingrédients nécessaires pour la préparation de certaines recettes, le manque de culture gastronomique asiatique assez généralité et très souvent des cuisiniers improvisés qui n’ont jamais mis les pieds en Asie. Triste mais c’est souvent la réalité ! A part quelques exceptions prêt, j’aime toujours bien aller chez « Mosquito », table qui ressemblerait le plus à ce que je pourrais trouver par exemple à Hong-Kong, rien que par le décor et le choix de plat. Une cuisine simple mais correctement réalisée. L’arrêt presque parfait pour un déjeuner ou un rapide repas puisque l’établissement est constamment plein, donc naturellement on n’y reste pas de longues heures. Aux heures de midi, mieux vaut arriver à l’avance car à partir de 13 :30, vous devrez probablement faire la fille à l’extérieur.


Ce que j’aime avant tout c’est cette décoration un peu sombre qui me rappelle vraiment l’Asie. Rien de sophistiqué mais un charme certain avec ces tables contigües, cette promiscuité non dérangeante et ce service souvent réalisé amicalement par des jeunes filles étrangères ou du moins qui parlent sans aucun problème l’anglais.



En tout cas ici en cuisine ce sont des asiatiques qui préparent les plats et tout est toujours parfaitement maitrisé et servi avec rapidité. Les yeux fermés, sans entendre la langue que l’on parle, on se croit vraiment en Asie. Il n’y a pas ici une cuisine particulière car c’est une partie de l’Asie qui est représentée ; la Chine, le Vietnam, un peu le Japon pour les desserts. Pas une cuisine sophistiquée ou « royale » mais plutôt ce que l’on qualifiera de « street food ».


Par exemple le Pho Bo « City », réalisé donc avec du bœuf et ses os, oignon, gingembre, anis étoilé, cannelle, grains de poivre, clou de girofle et graines de coriandre. Ou alors peut-être des 5 épices chinoises… qui ont presque les mêmes ingrédients. Le plat est garni d'ingrédients tels que des oignons verts, des oignons blancs, de la menthe, du basilic thaïlandais (à ne pas confondre avec du basilic doux) que malheureusement on ne sert jamais à Barcelone, des piments chili frais, des quartiers de citron ou de lime, des pousses germées de soja et de la coriandre en feuilles de coriandre. Certes pour le parfait Pho il faudrait d’autres herbes comme des feuilles de shiso, divers types de menthes (citronnées, vietnamienne, de la menthe-poisson, etc..), des feuilles de betel, etc. On en revient au manque d’ingrédients que l’on trouve ici. Toujours est-il que celui-ci est bon et gouteux.



Ayant décidé de gouter autre chose qu’un Pho, me voici avec une soupe de nouilles avec des dumplings au bœuf. Soupe chinoise dans laquelle l’on trouvera en gros, plusieurs boulettes entourées d’une pâte féculente, puis bouillies ou cuites à la vapeur. Pâte contenant un grand nombre d'aliments minuscules dont comme le dit l’énoncé entre autres du bœuf. Malgré la couleur foncée du bouillon, celui-ci est un peu fade. Considérant qu’il y a d’autres pâtes dans le bouillon, j’ai trouvé la pâte des dumplings un peu épaisse.


En suite une série de divers « raviolis ». Les Guo Tie de bœuf, une spécialité au nord de la Chine. La pâte pour les raviolis normaux et celle pour le Guo Tie ne sont pas tout à fait la même. Elles sont toutes les deux à base de farine de blé, mais la pâte pour le Guo Tie est faite avec de l'eau bouillante, la pâte est déjà mi-cuite avant la cuisson. L'autre différence est que les raviolis classiques sont complètement fermés, tandis que les Guo Tie sont ouverts sur les 2 extrémités. Je dois dire que ce furent les meilleurs car le côté grillé fût un bon changement par rapport aux autres plus bourratifs.



Puis une série de Shuijiaos qui sont en fait des dumplings mais d’origine Taïwanaise ou du nord de la Chine (Pékin.  Les shui jiao sont préparés avec une pâte faite de farine et d’eau et peuvent avoir différentes formes (demi-lune, bourse). Ils sont en général farcis de porc et de chou ou ciboulette chinoise, mais il existe aussi des variantes végétariennes avec du tofu et des légumes. Ce type de dumpling est cuit dans l’eau bouillante pendant quelques minutes.

Les premiers au porc avec un peu de sauce soja sur le côté.


Les seconds seront des Shuijiao de crevettes un peu plus légères en texture et une farce plus fine. Au vu de quatre plats un peu similaires, j’aurais apprécié un peu de mise en garde, mais bon, il faut visiblement savoir ce que l’on commande ici comme d’ailleurs en Chine.


Toujours un plaisir de venir à cette adresse pour son ambiance, sa cuisine assez authentique dans son genre, le côté rapide du service, le cadre très plaisant. Toujours l’un des meilleurs asiatiques en ville.