vendredi 22 juin 2018

Jabato Tapería, Barcelone


Petit frère d’un autre établissement de Gracia, « Jabato Taperia » se situe dans le même quartier mais reste peut-être l’établissement que peu de personnes connaissent en dehors des habitants locaux. D’ailleurs vous ne passeriez probablement jamais dans cette rue à moins d’en connaître l’adresse.  A un coin de rue, pas vraiment d’enseigne extérieure à part de la lumière à travers les portes vitrées. Murs d’un immeuble qui a subit les aléas du temps, deux entrées ou plutôt portes et une simple ardoise pendue à l’extérieur. Il y a quelque chose de presque un peu mexicain dans cette maison, allez savoir pourquoi…Peut-être l’apparence extérieure similaire a des rues de n’importe quelle ville de ce pays.


« Jabato Taperia » est donc le second établissement des propriétaires de « La Xula Taperia » et se positionne probablement dans la même catégorie de restauration. Des tapas ou petits plats que l’on se partage de manière informelle dans une ambiance très animée et décontractée. Porte de bois, le nom de l’établissement et pour les fumeurs une étagère déposer son verre ou plutôt sa cigarette.


Un intérieur très plaisant avec ce long bar et sa série de chaise hautes ; ces lumières industrielles comme dans beaucoup d’endroit et ces quelques tables de marbre face au comptoir ou au fond de la salle. Ambiance animée et assez festive, ce qui est vraiment très agréable. Et comme je l’ai dit, une clientèle de quartier ou du moins locale principalement. Un décor simple, blanc, mais qui va à l’essentiel ; se sentir bien dans un lieu convivial.





Dans le fond donc quelques tables face à la cuisine d’où les plats sortent par une fenêtre à travers laquelle l’on aperçoit les cuisiniers.


Un menu qui tient sur une feuille avec des petits plats à se partager, classés par environnements : la mer, la mer et la montagne, la montagne, une belle série de plats variés qui sont plutôt traditionnels et de plusieurs régions d’Espagne. On appréciera les escargots dans leur sauce. Pas des escargots comme l’on trouve en France mais ceux que l’on mange en Catalogne, plus petits, avec une saveur pas tout à fait identique a ceux que l’on connait. Probablement des petits gris, ici cuits au four avec une sauce persillée à l’huile d’olive.


Ce que je trouve souvent exceptionnel, ce sont ces aubergines ici à l’andalouse, qui sont comme toujours parfaitement préparées car marinées dans du lait, puis une probable panure et frites à la minute. Pas une once de gras, aucune odeur d’huile, moelleuses, croustillantes et accompagnée d’un peu de miel sur le dessus.


Je ne cesserai pas de me plaindre sur le souvent très médiocre pain à la tomate servi dans la plupart des établissements mais celui-ci est particulièrement bon. Pain de qualité, tomates goûteuses et bonne huile d’olive.


Pas possible de résister à ce très bon plat, de la morcilla, calamars et parmentier de pommes de terre. Très bon boudin, les calamars à la plancha avec cette sauce au persil et le tour sur une fine purée de pommes de terre.


Un dessert avec une très classique Torrija à nouveau parfaitement exécutée, avec une brioche bien rôtie et une boule de glace sur le dessus.


Un simple et agréable vine avec un Rioja Envite Crianza 2014.


Une très sympathique assez nouvelle adresse avec une proposition de plats bien cuisinés, pas de lassants ajouts d’ingrédients fusion mais des classiques que l’on appréciera toujours avec tout de même la petite touche qui fait que « ce n’est pas comme ailleurs ». Une ambiance animée comme on l’aime, un service amical, un lieu avec beaucoup de charme.

mercredi 20 juin 2018

Bar Salvatge, Barcelone


Certainement pas un bar à vin classique que « Bar Salvatge » dans Gracia et c’est tant mieux car c’est une nécessité d’avoir plus d'espaces à Barcelone où l’on peut déguster des vins du monde entier, surtout lorsque l’on voit le nombre de brasseries apparaitre régulièrement. « Bar Salvatge » n’est donc pas une bodega classique comme l’on trouve souvent en Espagne, mais un espace où l’on peut déguster toutes sortes de vins tout en picorant quelque chose. Pas des vins classiques mais exclusivement naturels la plupart Catalans, mais aussi d'autres régions d'Espagne et internationaux. Des vins issus de l'agriculture biologique, qui n’ont subi qu’une intervention minimale dans la vinification, qui ont fermentés avec de la levure indigène et sans sulfites.



Ce qui surprend en entrant, c’est ce côté « rouge » lié à l’éclairage du plafond. Evidemment, la couleur rouge ne peut qu’être puisque nous sommes dans un bar à vin… Une belle salle avec un comptoir, des tables dont une au centre surélevée, des étagères tout autour de la pièce ou sont alignées des bouteilles avec le  prix inscrits puisque l’on peut également acheter du vin à l’emporter.






Les piliers sont remplis de graffitis ou plutôt de messages inscrits à la craie. Quelques affiches ventant les vins naturels sur certains murs, les bouteilles sont visibles depuis sa table mais c’est des vins au verre qui nous intéressent ce soir.



Une autre particularité de ce lieu, ce sont ses robinets à vin sur une grande paroi métallique un peu d’ailleurs sur le modèle des pompes à bières. Des prix qui varient de 2,5 à 5 euros le verre, une sélection de vins au robinet de caves de Catalogne et de France.



Affiché ailleurs, les tapas tels que fromages, charcuteries, olives, légumes marinés et autres petits mets.





Sur les recommandations de l’un des propriétaires, un superbe Jurançon sec du Château Lafitte avec une belle acidité, du fruit et très aromatique. Une autre très belle et originale découverte avec ce Gewürztraminer de l’Alt Penedès de la Finca Perera. Il s’agit d’un vin orange, en réalité un vin blanc vinifié comme du vin rouge.  Cela consiste à faire fermenter des raisins blancs avec leurs parties solides, à savoir les peaux et parfois même les rafles. Des vins blancs taniques puisque les peaux contiennent du tanin, vin sans grande acidité.





Pour accompagner, les olives « de Cristian » qui viennent du sud de Barcelone sont excellentes, grosses, charnues, croquantes et particulièrement bien assaisonnées. 



Une adresse originale et très séduisante, des tapas pour un apéro avant un repas du soir ou même carrément se sustenter sur place, un choix de vins naturels qui sont soigneusement sélectionnés et les parfaites recommendations du personnel.

mardi 19 juin 2018

Canta y No Llores, Barcelone


Très à la mode dans le monde en ce moment la cuisine mexicaine et plus particulièrement les tacos. Peu a peu, remplacent les kebabs et autres fast food car oui, il s’agit bien de fast food lorsque l’on parle de ce met. Le taco se mange à toute heure et selon les régions mexicaines est confectionné de plus d’une manière, servis dans ce que l’on appelle simplement des taquerias.  C’est donc dans le quartier de El Born que s’est donc ouvert une taqueria au nom de « Canta y No Llores » qui propose une jolie sélection de ces plats mais aussi un certain nombre d’accompagnements.

Maintenant il y a taco et taco, et au Mexique la qualité varie énormément d’un lieu à un autre. Certains établissements sont spécialisés dans une certaine sorte de taco et certaines personnes ne se déplacent rien que pour celui-ci. Même en dehors du Mexique, il existe d’incroyables taquerias comme par exemple « Empellon » à New-York ou même « Hija de Sanchez » à Copenhague. Il faut être clair, nous sommes bien loin de ce type d’établissement et plus a un niveau de ce que l’on peut trouver dans la rue au Mexique. Il faut considérer le lieu comme une approche très classique de la préparation de ce met, la demande de sophistication n’est probablement pas à l’agenda des établissements mexicains de Barcelone car il n’y a pas vraiment de grosse colonie mexicaine en ville qui soit avide de sophistication.

Cependant il faut applaudir le fait qu’il ne s’agit pas d’un établissement de type Tex-Mex que beaucoup confondent avec la cuisine mexicaine. Pas de plats américains genre nachos et autres fajitas mais des mets classiques et fidèles à ce qu’ils doivent être. Le chef, qui n’est pas là aujourd’hui s’appelle Alvaro Narváez, est mexicain, tente de reproduire ce que l’on peut trouver dans une authentique taqueria mexicaine avec des saveurs originelles. Pas que des tacos mais aussi quelques plats typiques basés sur les recettes du pays. Les tortillas sont faites maison ainsi que les sauces que l’on trouve généralement telles que la verte à base de tomates vertes, le pico de gallo et la sauce rouge.

Dans tous les cas l’extérieur de l’établissement est assez plaisant avec cette arcade devant laquelle se trouve une série de cactus alignés sur des cageots en bois.


L’intérieur en surprendra plus d’un car le décor assez original et un peu ludique. Pas la taqueria que l’on peut s’imaginer mais plutôt un lieu à mi-chemin entre une cantine, un fast-food, un restaurant au design très contemporain. Murs recouverts de faïences blanches, néons ci et là, des inscriptions sur les murs, inspirées par des chansons mexicaines typiques communiquant l’amour le plus pur pour la nourriture. Des objets pouvant souvent rappeler le Mexique comme des masques de catcheurs, des jouets, des poupées et statuettes, pour n’en citer que quelques uns. Des tables et chaises de bois sans charme particulier, dommage…cela aurait pu être un peu plus convivial.





On appréciera les élégantes inscriptions sur ces tôles ondulées dans un des coins de l’établissement, la vue sur la très belle rue, le juke box un peu kitsch dans un autre coin.



En ce qui concerne la carte qui existe sur papier, elle est aussi mentionnée sur le mur haut dessus de la cuisine ; sopecitos, tacos carnitas, cochon de lait rôti ... ne sont quelques-uns des plats que vous trouverez dans le menu, mais assurément ce qui attire mon attention, c’est le tacos Pastor élaboré normalement avec du porc cuit comme un kebab, préalablement mariné avec de l'achiote, du vinaigre, des épices et du piment, cuit et coupé à la main, sans oublier l’ananas.



Choix donc de tacos à la pièce ou même des trios, sans omettre tous les autres plats sus-mentionnés. Pour commencer et comme il se doit, un très frais guacamole accompagné de totopos. Guacamole plutôt bon mais qui manque étonnement de puissance car tout d’abord il n’y a pas de coriandre fraiche, ce qui est un peu étonnant, de plus je l’aurais souhaité un peu plus relevé avec du piment jalapeno. Les totopos sont parfaits (et surtout ne parlez pas de nachos…cela serait une insulte).


Les sauces sur la tables comme précédemment mentionnées sont fraiches, vertes, rouges, et pico de gallo. Il y a tout de même sauce et sauce. Je ne suis pas convaincu que la sauce verte soit préparée avec des tomatillos. La cuisine mexicaine ce sont aussi les ingrédients. Maintenant je peux me tromper mais je n’ai pas reconnu la saveur de ce légume. Les tomatillos (tomatille) vertes entières ressemblent à des petites tomates vertes acidulées. Elles sont l'un des ingrédients principaux de la sauce verte, ne sont pas des tomates récoltées avant maturité, mais une variété de physalis. Ce fruit, d'un beau vert vif, est emprisonné dans des feuilles parcheminées qu'il faut bien entendu retirer avant préparation.


Les tacos arrivent ensemble sur la table sur une unique assiette. Quatre tacos et deux volcanes pour deux personnes. Visuellement très beaux et appétissants.


Le taco Cochinita pibil, originaire du Yucatan. Cochinita signifie « cochon » ; quant au terme « pibil », il fait référence à la méthode de cuisson : la viande, après avoir mariné dans une préparation à base d’achiote, d’orange, d’ail et de bien d’autres épices, est cuite lentement sur des braises, dans un trou creusé à même la terre : le « pib ». Evidemment cela marche aussi au four… Pas pimenté, un peu doux, parfumé et accompagné d’une excellente tortilla et des traditionnels oignons rouges au vinaigre. On aurait tout de même apprécié un peu de coriandre fraiche dessus.


Autre taco, le Villamaron qui probablement est une création de l’établissement à base de crevette, chorizo et chicharron. Association plaisante et plutôt inattendue.


Un met appelé Volcanes, qui sont des tostadas de maïs grillée gratinées avec du fromage et une viande au choix, ici du bœuf.  Un peu comme un taco recouvert d’une couche de fromage et sur le dessus des oignons et du persil ciselé. Je ne veux pas être pénible…mais c’est de la coriandre que je veux.


Puis arrive le dernier et célèbre tacos al Pastor. Si je ne reproche rien à la viande, par contre l’ananas…ce n’est pas cela. Il se doit d’être caramélisé, avoir cuit sur la viande en tournant. Ici il a seulement été poêlé, ce qui n’est pas la recette originale. Certes l’appareil n’est peut-être pas adapté pour une telle cuisson ici mais le côté caramélisé fait toute la différence. Visiblement il n’y a pas de coriandre fraiche et a été remplacée par du persil.


Celles et ceux qui connaissent très bien la cuisine mexicaine et les tacos seront peut-être un peu déçu par l’approximation des recettes. Il manque des ingrédients, la touche finale qui transforme le met en quelque chose de raffiné. Je ne peux pas dire que ce n’était pas bon, tout est frais et reste surement ce qu’il y a de mieux à Barcelone, mais tout de même une déception car je m’attendais a une authenticité réelle. Il y a peu pour rectifier le tir.


lundi 18 juin 2018

Makan Makan, Barcelone


Une adresse toute nouvelle et presque confidentielle que celle de « Makan Makan » dans le Raval, pas celui a vingt mètres de la Rambla mais celui qui se mérite avec ses adresses bien cachées. Un nom qui me fait « tilt » car « makan » signifie « manger en « bahasa indonesia », l’indonésien. Deux fois car normalement signifie un pluriel et tout s’explique par le fait que le chef en cuisine est Indonésien, d’origine chinoise, mais de Surabaya. Une cuisine malheureusement peu fréquente et des plus connue, excepté dans le pays et bien-entendu aux Pays-bas.  Carrer Luna, juste au coin, a première vue on dirait un bar mais non, il y a bien quelques tables en face de celui-ci.


Le plus incroyable c’est d’apprendre que le chef en cuisine s’appelle Andrey Finanta, à la base un chimiste et que ce dernier fût tout également un acteur ! Connu pour quelques séries espagnoles comme La embajada (2016), The Ministry of Time (2015) et A la deriva (2009). Descriptions de deux-ci sur la toile, évidemment. Alors, on peut se demander comment un acteur devient chef…eh bien je n’en sais rien et le peu que je sache, c’est qu’à l’origine il s’agissait d’une passion et maintenant le voila derrière les fourneaux !


Maintenant Andrey ne cuisine pas qu’Indonésien, probablement que la demande n’est pas si importante et comme je l’ai déjà mentionné, c’est une cuisine un peu inconnue encore plus en Espagne. Une cuisine donc asiatique avec des plats d’Indonésie, de Thaïlande et même du Vietnam. A noter qu’il s’agit plutôt d’une cuisine de rue comme on l’appelle souvent dans ces pays qu’une cuisine sophistiquée avec des plats complexes.  Un menu hebdomadaire et un plat du jour.


Entrée donc dans cet établissement et comme précédemment dit, on aurait l’impression de se trouver dans un bar avec l’alignement des bouteilles sur les étagères et de certains produits asiatiques, une jolie fresque représentant la jungle derrière. C’est Maria en salle qui assurera avec le sourire le service tout au long de la soirée.


Trois ou quatre tables face donc à ce bar et la cuisine au fond. Cuisine probablement assez réduite en taille ou Andrey est seul et assume préparation des plats. Un avantage car tout n’arrive pas ensemble sur votre table mais en fonction des commandes.


Trois entrées, deux salades et deux plats principaux. Une carte très courte qui normalement change en fonction des semaines. Pour commencer des lumpia, rouleaux de légumes, avec des champignons shiitake. Forme indonésienne du rouleau de printemps, importé par des immigrants de la province du Fujian du sud de la chine. Il contient parfois de la viande ou des crustacés, mais ici des légumes dont les champignons, carottes et pousses de soja. Bien croustillants, pas gras et fidèles à ce qu’ils doivent être.


De Canton, des pangsit Goreng, petits wontons en forme de triangle, frits et avec une farce à base de porc. Même si la carte mentionne Canton, c’est un snack que l’on mange beaucoup en Indonésie. Ils se doivent d’être dorés et croustillant comme d’ailleurs ici, souvent accompagnés d’une sauce pimentée. 


Des shao mai, raviolis cuits à la vapeur avec une farce de maquereau, crevettes et épaule de porc. Snack chinois de la famille des dim-sum, mais je sais qu’en Indonésie il y a une variante car l’on utilise du poisson comme ici. L’utilisation du porc étant rare en relation avec la religion musulmane présente. Ici nous dirons que nous avons une version mixte. Farce fine, bonne consistance, on les trempera dans une sauce de type soja.


Le plat du jour qui n’est pas dans le menu mais que l’on peut commander ce soir, l’incontournable nasi goreng ou rit frit. Il s’agit normalement de riz précuit qu’ensuite l’on frit, auquel l’on ajoute du kecap manis (sauce soja épaisse et sucrée), des échalotes, de l’ail, de la pâte de crevettes, du tamarin, du piment. Evidement les recettes varient en fonction des cuisiniers mais cela reste les ingrédients de base. A celui-ci on peut ajouter, de l’œuf, du poulet et des crevettes. Son goût diffère des autres riz frits asiatiques par le côté plus parfumé et un peu caramélisé. Plat national Indonésien, que l’on mange très souvent dans des stands le long des routes dans le pays. Comme ici, il est accompagné de salade et de légumes au vinaigre un peu doux.


Un plat appelé Makan Makan selon une recette originale de Andrey avec du poulet, sauté avec des poivrons, un sambal    fait maison et du basilic. Un sambal est une sauce pimentée à base d’une multitude d’ingrédients tels que pâte de crevette, sauce de poisson, gingembre, échalottes, jus de citron vert, sucre de palme et j’en passe sans oublier les piments ! Donc sauté au wok, les poivrons, le poulet, le sambal et le tout servi avec un riz genre parfumé. Un petit détail mais qui est général à Barcelone et qui n’est pas à attribuer à l’établissement, la pauvreté du chois des herbes asiatiques. A part coriandre et menthe, on ne trouve rien… Cela doit être du basilic thaï ou indonésien et non pas du méditerranéen qui n’a aucune ressemblance. A nouveau, le problème c’est le manque d’ingrédients à disposition.


Eh bien pour un restaurant de quartier original et inattendu, voila une jolie découverte avec une cuisine ce soir plutôt Indonésienne et authentique, axée sur les snacks et de classiques plats familiers. Tout est frais, préparé à la minute, le service est souriant et le chef se fait très plaisir en cuisine. Une belle découverte !