dimanche 23 septembre 2018

Ca L'Andreu, Barcelone


C’est un petit peu par hasard que je suis arrivé ici, car à l’origine il s’agissait d’une recommendation de l’un de mes contacts qui a un moment donné travaillait à « La Moderna Bodega ». Une personne qui semblait grandement apprécier cette adresse un peu cachée dans une petite rue non loin de la station de métro Urquinaona.  Pas le type de restaurant qui a une vie sur internet avec des références un peu partout mais une adresse presque confidentielle mais connue des locaux.


Et ce qui surprend le plus en arrivant devant cette adresse de cette rue peu passante, c’est de trouver un lieu plutôt moderne, agréablement décoré et qui donne immédiatement une bonne impression. Cartes affichées en grand contre le mur de l’édifice, quelques personnes assises devant qui pourraient être les patrons. Pas beaucoup d’information sur ce lieu mais on se réjouit de découvrir l’adresse.


Une salle ou plutôt deux salles qui communiquent avec un décor qui à l’air d’avoir été récemment rénové. Murs de pierres au dessus de parois de lambris, tables de bistrot avec nappes blanches, lumières du plafond assez douce, certaines sections utilisent le violet-mauve comme couleur, le lieu est plaisant et soigné.



Dans la seconde salle, une série d’anciennes photos de Barcelone en noir et blanc qui ont été agrandies et encadrées. Très agréable à visualiser et surtout à analyser en essayant de s’imaginer tout d’abord l’époque et ensuite de reconnaitre les lieux. Tramways, églises, places de la ville et avenues.



Le service est aux petits soins, pas beaucoup de monde ce soir mais on se réjouit d’apprécier une cuisine méditerranéenne et espagnole.  Ici rien de moderne au niveau culinaire mais une solide liste de mets qui inclut des tapas et principalement des riz. On vient semble-t-il ici pour apprécier une sincère cuisine locale et de qualité.


En attendant de choisir notre repas, nous voici apporté un petit verre de gaspacho en guise de bienvenue. Plaisant et bien assaisonné.


Une envie de légèreté et nous choisissons une salade de tomates au thon du nord et oignons rouges. Les tomates sont bonnes, le thon ou plutôt la ventrêche de thon est bonne, les oignons sont doux. Un peu de roquette au centre de l’assiette.


Le pain de coca à la tomate est parfaitement réalisé avec le bon rapport entre tomate et huile d’olive.


Les petits calamars à l’andalouse sont peut-être un peu trop gras car il y a trop de matière autour de ceux-ci.


Le classique de la maison qui je dois dire est assez surprenant car très bien réalisé, la paella aux fruits de mer. Même si ce n’est pas forcement le plat de la région, celle-ci est très bien réalisée mais je dirais d’une manière plus catalane dans le sens ou le bouillon de cuisson est très parfumé, très marin dans les senteurs et non pas trop semblable à ce que l’on trouve plus au sud. Paella assez richement garnie avec calamars, moules, crevettes et coques. Absolument impeccable, servie par notre responsable de salle avec une certaine élégance.



Une adresse qui vaut vraiment la peine d’être découverte car on ne passe pas vraiment par hasard, non loin du palais de la Musique, idéale si vous recherchez une sincère cuisine espagnole classique et de qualité.

vendredi 21 septembre 2018

Bodega Maestrazgo, Barcelone


Une très plaisante adresse qui se trouve être en même temps un commerce de vin, un bar, un lieu pour déguster quelques tapas et aussi participer à quelques dégustations. Une bodega et bar à vin historique géré par la même famille depuis 1952 dans le quartier du Born. Un joyau caché qui déborde de caractère à partir du moment où vous entrez dans l'atelier rempli de fûts et de bouteilles. On y trouve une vaste gamme de vins, certains exceptionnels, ainsi que certains des meilleurs produits artisanaux gastronomiques de tout le pays.



Le coin salon à l'arrière du magasin est aussi entouré de caisses à vin, d'étagères bondées et de caisses de vins, certains en édition limitée. Des tables en bois ornées et des tonneaux de vin rustiques remplissent la pièce où les habitués s’assoient pour goûter les très bons vins dans une atmosphère animée jusqu'à tard chaque soir.



On appréciera également le côté artistique du lieu avec la fresque murale sur l’un des murs du coin de dégustation. Mais c’est le propriétaire et le personnel qui se distinguent vraiment dans cette bodega. Leurs connaissances, leur passion pour ce qu'ils font et leurs sourires accueillants incitent les clients à revenir et le propriétaire José Moliner est toujours disponible pour recommander un vin aux goûts les plus exigeants et vous prépare à plonger dans le monde dynamique de l'œnologie espagnole.



Outre une pléthore de vins au choix, il y a aussi les vins de maison plus que acceptables, qui peuvent être achetés directement du baril (un granel). Les bodegas peuvent être une tradition séculaire, mais celle-ci n’a pas perdu une goutte de son charme d’origine avec ses grands fûts à l’entrée du magasin.




A côté de la bodega, il y a une salle de dégustation privée, qui accueille régulièrement des événements viticoles - le club de vin Maestrazgo se réunit ici tous les quinze jours. Vins du moments affichés sur des ardoises mais il vaut mieux se faire conseiller.


Ce soir un Raventós d'Alella Tina 9, une élaboration de ce monovariétal de Pansa Blanca, les raisins sont pressés et macérés à froid pour en extraire le maximum d'arômes. Le résultat est un vin jaune avec des tons verdâtres, un arôme intense de fruits blancs et une saveur volumineuse avec une longue finale. Si cela vous tente, vous trouverez ici des fromages, olives, charcuteries et pains.



A une époque où l'authenticité semble disparaître mais reste essentielle, cette « Bodega Maestrazgo » reste l’un des gardiens en ville, qui poursuit son existence sans effort et sans concession. Une adresse chaleureuse et généreuse à laquelle on vient et revient.


jeudi 20 septembre 2018

Gula Bar, Barcelone


Il y a toujours un risque que celui d’aller découvrir parmi les premier une nouvelle table, surtout lorsqu’il n’y a encore absolument rien sur les réseaux sociaux, pas de réservation en ligne et rien sur les sites d’avis. Que l’on aime ou pas ce genre de site, il y a toujours de l’information à grapiller. Dans le cas de cette toute nouvelle adresse, on apprend qu’il s’agit d’un second établissement lancé il y a peu d’un mois par l’équipe de « Santa Gula » qui d’ailleurs se trouve quelques mètres à côté. Une adresse que nous avions grandement appréciée pour sa cuisine soignée, ses produits de qualité, l’originalité de certains plats. « Gula Bar » malgré le nom n’est pas vraiment un bar mais nous dirons un restaurant avec un bar, comme d’ailleurs la majorité des établissements. En tout cas depuis l’extérieur, l’endroit semble être très tendance, un local assez minimaliste avec des néons, un côté assez industriel qui devient incontournable dans la plupart des grandes capitales.


Un intérieur qui nous plait beaucoup avec ce jeu de matériaux bruts, le côté bétonné qui se marrie parfaitement avec l’utilisation dans quelques endroits de faïences vertes, ces lumières faites d’ampoules qui pendent et ces néons dont un de couleur rouge et le second plutôt une séquence d’ampoules d’ailleurs comme dans l’autre établissement. Une cuisine qui occupe un quart de cette salle avec une série de tables ou des tabourets au comptoir quin donne sur la cuisine.




Sur un autre côté, une série de tables le long d’un mur de béton avec quelques autres lumières comme dans un entrepot ou une usine, le tout face aux frigos ou l’autre coté de la cuisine d’où sortent les assiettes, place également de travail pour préparer les consommations, ouvrir les bouteilles et la caisse. Le décor est plutôt réussi, le lieu n’est pas complet mais on comprend qu’il s’agit d’un « soft launch » comme on dit. 




La carte est structurée en quatre sections avec des tapas, des petits plats, des sandwichs au sens large car cela va du « mollete » en passant vers « l’empanadas » et autres « bikini » ou « taco ». Donc tout de suite on s’aperçoit que le côté « fusion » est à l’honneur, les références à l’Amérique du Sud ou l’Asie sont présentes comme dans énormément d’établissements à Barcelone aujourd’hui.  Et bien entendu des desserts. Ce qui surprend un peu c’est de ne trouver aucun légume sur cette carte à part des poireaux confits. C’est quand même plutôt surprenant que de ne rien trouver dans cette gamme de plats, non pas pour des convictions végétariennes mais simplement pour varier un peu son bol alimentaire. Cependant les énoncés des mets sont plus qu’alléchants et en tout cas sur le papier très prometteurs, sans trop de classiques que l’on voit partout ailleurs. On se passera de pain à la tomate et autres « bravas ».


Une première observation, si le service en début de repas semble être attentif, à la longue il devient complètement absent, pas du tout focalisé et on se dit que si avec deux tables, cela n’arrive pas à suivre, qu’est-ce que cela va être quand c’est plein. Nous sommes dimanche soir, on nous signale que deux plats manquent… Dommage, ils nous intéressaient et j’ai déjà de la peine à comprendre pourquoi le réapprovisionnement n’est pas là. Ce n’est pas Lundi…et encore on peut s’organiser.


Je dois reconnaitre que cela démarre vraiment très bien car les moules de roche en escabèche de yuzu sont excellentes. Présentées dans une boite de conserve que l’on ouvre au dernier instant, on découvre une série de moules dans une sauce assez crémeuse, plutôt proche d’un ajoblanco mais l’intitulé mentionne escabèche… ce qui n’y ressemble pas tout à fait. Quelques filaments de verdure, un peu d’huile, c’est gourmand et original.


Le plat de la soirée qui est absolument exceptionnel c’est cette crème catalane de maïs, foie cuit et noisettes grillées. Visuellement effectivement cela ressemble à ce classique dessert mais la préparation est une crème de maïs assez douce dans laquelle on trouve quelques morceaux de foie gras cuit, le tout recouvert de la croute de sucre croustillante et pour la texture mais aussi le goût, des noisettes de qualité torréfiée et des zestes d’agrumes confits. Vraiment un excellent plat, mémorable et tellement gourmand.


Pour suivre, des anchois à l’andalouse, avec une vinaigrette de sésame et œufs de saumon. Anchois donc légèrement frits, la vinaigrette n’est peut-être pas suffisamment présente pour amener cette touche d’acidité un peu comme du citron, le sésame et œufs sont des ajouts un peu anecdotiques. Malheureusement cela va s’arrêter là, la suite va devenir de médiocre à catastrophique.


Déjà aucun des plats n’incluent de légumes de saison ou dirons-nous « légers ». Cela devient des scénarios « purées » à tous les goûts avec des légumes d’automne, bref des associations un peu faciles dans le sens où l’on ajoute de la purée en dressage dans chaque assiette. Cela commence avec une raie meunière, panais et câpres frits. La raie correctement cuite est recouverte d’une épaisse sauce franchement mauvaise comme si on y avait incorporé de la maïzena, rendant le tout pâteux en bouche. De plus on se retrouve avec une purée de panais qui a presque la même texture que la sauce… Les câpres sentent un peu la friture, les espèces de frites sont en réalité des arrêtes de poisson, frites, quasiment immangeables.


Pour suivre des boulettes de lapin tandoori aux topinambours. Les boulettes sont plutôt bonnes mais la sauce est aussi un peu collante en bouche, un léger goût d’épices indiennes. Pas de fraicheur dans ce plat qui lui maintenant est accompagné d’une autre purée, mais celle-ci de topinambours. Une assiette sans équilibre, avec ds textures à nouveau un peu trop pâteuses en bouche. Le panais frit en chips amène un peu de texture.


Le pire viendra avec le ris de veau, oignons et haricots de Sant Pau. C’est bien simple, si on ne sait pas manipuler le ris de veau, on s’abstient. Tout d’abord il n’est pas bien cuit, il est presque cru à l’intérieur, aucun croustillant extérieur et le plus grave, très mal nettoyé avec du gras et des nerfs. La sauce est plutôt écoeurante, cette fois-ci….autre purée….mais des haricots. On pourra me dire que ce fût notre choix mais trois purées sur des assiettes, c’est un peu se moquer du client.


Le dessert est sur le papier intéressant mais s’avère être vraiment pas terrible. Une sorte de tiramisu décomposé avec un peu de café et du parmesan râpé au dessus. Association complètement ratée car le jeu de saveurs n’est pas là.


Le vin est vraiment très plaisant, un Piedra Crianza D.O. Toro 2015. Joli rouge cerise intense, clair et éclatant, avec des reflets grenat sur le bord. Un nez est complexe avec une abondance de fruits rouges mûrs superposés sur des notes épicées et grillées.


Une expérience plus que décevante malgré deux plats qui sortent du lot. Cuissons approximatives, associations ratées, accompagnements semblables, pas de légèreté, assiettes déséquilibrées, techniques pas toutes maitrisées, service approximatif. Au vu de la compétition à Barcelone dans la restauration, une sérieuse reprise en main serait nécessaire.

mercredi 19 septembre 2018

Casa Alfonso, Barcelone


On n’a pas toujours envie que d’aller dans des lieux modernes mais aussi de temps en temps découvrir ou redécouvrir des adresses emblématiques de Barcelone. Fondé en 1934 par Alfonso García, « Casa Alfonso » occupe un bâtiment classé faisant partie du patrimoine architectural de la ville. Une adresse idéale pour un café du matin ou un arrêt pour des tapas au long bar en marbre et bien entendu un repas plus consistant.


Un magnifique intérieur boisé et festonné de vieilles photos, d'affiches et de jambons suspendus, l’adresse attire une clientèle locale fidèle à toute heure pour ses flautas (baguettes fines au choix), jambons, fromages, plats chauds et desserts maison. Un peu brasserie, un peu charcuterie, on peut y trouver aussi un menu complet composé de tapas, de salades, de viandes, de grillades et de tous les dérivés du porc. « Casa Alfonso » préserve son histoire et ses traditions et mise simplement sur les produits de la meilleure qualité.



Une première salle qui est plus un bar absolument authentique avec ces innombrables jambons qui pendent entre des chapelets d’aulx, les trancheuses Berkel sur le comptoir. Plutôt pour un repas rapide ou une dégustation. On choisira aussi ses tapas derrières les vitrines réfrigérées, salade russe, salade de morue et même des morceaux de poisson cuisinés.



Mais ce soir nous nous installerons dans la seconde très belle salle tout aussi joliment décorée avec d’anciennes gravures, photos et fresques murales représentant le vieux Barcelone. Sur l’un des côtés, une armoire vitrée avec bouteilles, verres et divers objets de décoration.



Une très belle salle, pleine d’atmosphère où l’on appréciera de trouver passablement de gens locaux qui semblent bien connaitre les classiques de la maison.




La carte comme on peut s’y attendre ne propose que des classiques Espagnols et c’est pour cela que nous sommes venus. La salade russe spéciale... C’est son nom ! Parfaitement réalisée avec des légumes frais, onctueuse et bien équilibrée. Ce n’est jamais deux fois les mêmes salades mais celle-ci est particulièrement bonne.


Evidemment ici le pain à la tomate. Croustillant, juteux, doux et intense ; c’est le pain de Coca de Llavaneres, le meilleur.


Un très plaisant duo de morue découpé en petits morceaux. La première avec une onctueuse sauce romesco, avec quelques amandes effilées sur le dessus.


La seconde avec de la tomate fraiche concassée, un peu d’olive broyée et un filet d’huile d’olive. Deux très bons et frais tapas.


Une belle découverte avec de Morcilla catalane. Je dis découverte car généralement celle-ci est de Burgos au riz ou alors il s’agit de butifarra noire en Catalogne. Ici nous avons un boudin noir avec à l’intérieur des pignons, ce qui est plutôt original mais je pense que c’est en fait de la butifarra noire. En tout c’est excellent et finalement peu fréquent en tout cas dans les restaurants.


Toujours dans le classique, les tripes aux pois chiches. Bon tout de même un peu grasses et je m’aperçois que c’est plus un « cap i pota » et je ne suis pas amateur pied de porc. Un peu une recette à cheval sur les deux plats.


Puis le fameux « mer et terre » avec les boulettes de viande aux seiches. Une belle consistance, de la seiche en morceaux dans la sauce.


Retour vers la morue, celle-ci cuite au four, arrosée d’un peu de paprika, couverte de quelques fines tranche d’ail et accompagnée de haricots de Sant Pau, qui sont toujours délicieux. Plat très gourmand.


Bien sur, l’incontournable et parfaite crème catalane !


Un repas qui plaira à celles et ceux qui recherchent une cuisine classique, authentique, sans chichis et parfaitement réalisée. Tout reste idéalement cuisiné pour ce genre de plats, les produits sont de qualité. Un service exemplaire et surtout quel plaisir de dîner dans un tel cadre, si chargé d’histoire.