vendredi 9 décembre 2016

Jikoni, Londres




Décision de dernière minute que de visiter une table non loin de Oxford street appelée « Jikoni » dans le quartier de Marylebone. La cheffe de cet établissement Ravinder Bhogal a un parcours assez particulier avec un passage à Channel 4 en tant que présentatrice de l’émission F Word de Gordon Ramsay, fût a un moment une journaliste de mode et ensuite écrit un livre de recettes appelé « Cook in bots ». Ravinder est née au Kenya issue d’une famille Sihk et le nom de son restaurant signifie d’ailleurs « cuisine » en Swahili. Elle se considère être d’Afrique de l’est, du Nord de l’Inde et Britannique. Ce qui signifie que ses idées culinaires sont en fait un mélange de ces différents pays mais avec une prédominance indienne, son pays d’origine. Un concept vraiment très à la mode à Londres de proposer des cuisines fusion de toute sorte. Certes le melting-pot britannique ne peut aujourd’hui que faciliter ce type d’approche .

Une salle de restaurant un peu hors temps, romantique avec ses nappes de type paisley, ces coussins brodés et ces lumières colorées. On aurait un peu l’impression de se trouver dans une maison de particuliers.



Dans un coin un bar qui ressemblerait plutôt à une sympathique petite cuisine d’appartement.



Un menu donc un peu global avec en réalité peu de vrais standards de l’un de ces pays mais plutôt des compositions culinaires où l’on peut identifier des influences de chaque contrée. Cela sera une dégustation de quatre plats de petite taille basés sur les recommandations de la sympathique serveuse.

Le traditionnel « scotch egg » qui est un œuf presque dur refroidi roulé dans une farce, pané puis frit. Ici un œuf avec une farce de chasse, du porc, le tout sur une raita de betteraves fumées. L’œuf est réalisé de manière classique déposé sur cette sauce du sous-continent indien, à base de yaourt, et de légumes, ici avec de la betterave. L’œuf est mollet, le complément agréable.


Des feuilletés de crevettes de Pondichéry. La pâte feuilletée est de qualité, difficile d’identifier qu’il y a de la crevette, le tout ne rappelle pas selon moi quelque chose d’indien, mais c’est réussi.


Des calamars Concertina cuits la braise, topinambours, brisures de chorizo. J’imagine que Concertina est la manière de découper le calamar et de trancher celui en lamelles sur le dessus. La saveur grillée est appréciable, les saveurs de l’accompagnement manquent un peu de netteté car rien n’est vraiment distinct en bouche.



Une surprise avec le keema d’agneau Sloppy Joe qui semblait sur le papier être un plat indien. Ici un clin d’œil aux Etats-Unis, sa junk food et Sloppy Joe constitué de viande hachée assaisonnée d'oignons, de sauce tomate ou de ketchup servi dans un pain à hamburger. Ici complètement repensé avec de l’agneau de Hedwick mariné servi sur une brioche ou plutôt bun comme disent les américains. Servi avec des oignons au vinaigre, de la menthe, un chutney de mangue, des piments padron frits. C’est surement une question de goût mais je ne suis pas vraiment séduit par cette approche de mélanger toutes ces techniques culinaires.



Ce qui me sera le plus agréable c’est cet excellent accompagnement que sont ces haricots verts et noix de cajou Thoran. Une façon très courante de cuisiner les légumes au Kerala est le thoran: ce sont juste des légumes sautés dans de l'huile de noix de coco avec des épices et de la noix de coco râpée.


Un verre de vin avec ce repas qui fut agréable, un Donkeyjote Vinicola Corellana de Navare 2013.

Un avis assez mitigé par le fait que ce n’est peut-être pas ma tasse de thé ce mélange de cuisines qui me semble être un peu de l’improvisation. Souvent des associations hasardeuses qui peuvent se solder par quelque chose de très réussi mais ce que j’ai mangé m’a semblé être plutôt assez commun et plaisant mais cela s’arrête là.