mardi 17 décembre 2013

Issaya Siamese Club, Bangkok



Rares sont les lieux aussi magiques que celui que l’on peut fréquenter dans une vie et passer une soirée au Issaya Siamese Club restera probablement ancré dans ma mémoire à tout jamais, en tout cas en ce qui concerne l’endroit, le décor, mais… Et il y aura des mais…

C’est dans un coin un peu perdu, accessible principalement avec un taxi que vous arriverez. Un valet se présente et vous ouvre la porte en vous souhaitant la bienvenue. Une fois dépassé le mur de la propriété vous arriverez dans un jardin exotique magnifiquement éclairé qui semble presque vous amener au paradis… Le long du chemin, quelques photophores vous indiquent la direction. 


La maison qui apparait devant vous est d’une incroyable beauté. Blanche, elle aussi illuminée de manière artistique avec des volets mi-ouverts conférent au tout un côté très colonial. 


Sur sa droite une pergola où l’on peut diner et sur la gauche un passage où l’on peu démarrer par un cocktail.



Cette ancienne maison thaïlandaise est entourée d’un jardin méticuleusement soigné. 


Des éclairages indirects à nouveau donnent à l’ensemble un charme inimaginable. Prenez du recul et admirez les lumières intérieures des deux niveaux ; du bleu, du rouge, c’est splendide. 



Ne manquez surtout pas la visite de cette maison en empruntant les escaliers sur la gauche qui vous amèneront soit au bar lounge soit dans une salle à manger privative probablement occupée lors de manifestations.


Le nom « Issaya » est un ancien mot thaïlandais qui signifie saison pluvieuse. Le jardin étant d’une telle beauté en raison de cette saison, un hommage a donc été rendu à ce phénomène naturel.
« Siamese Club » simplement parce qu’à une époque, il s’agissait d’un club de membres qui étaient souvent affublés de chapeaux, qui s’habillaient probablement de redingotes ou smoking pour les soirées.

Le  premier étage est presqu’un musée où l’on a l’impression que chaque meuble, chaque objet a été placé avec de savants calculs. Une première pièce au ton rouge qui semble être l’anti-chambre des salons. 


Un salon où l’on bavarde confortablement installé dans un des canapés en rappelant le temps où l’on regardait en famille ta télévision noir et blanc. 



Le salon mauve apportant au tout une dimension festive. Les corridors avec ces lampes qui rappellent la Chine. 



Et cette imposante, élégante salle à manger où l’on a du parler de politique entre gens de la haute société.





Cette enfilade de pièces raviront toute personne à la recherche de la beauté, du temps passé, des ambiances asiatiques et coloniales.



Depuis la terrasse vous pourrez aussi admirer le fabuleux décor de la salle à manger intérieure.


Une fois installés dans le jardin face aux cages à oiseaux,  nous seront rapidement impressionnés par la très belle carte de boissons. Cela commence très fort avec carrément deux des dix meilleurs cocktails bus dans un bar. Des cocktails absolument parfaits et magnifiquement présentés. Deux mojitos avec chacun leurs saveurs bien particulières. 


Un mojito à la coriandre à base de vodka au citron grey goose, dans lequel de la coriandre infuse, de la menthe et de la citronnelle. Un premier verre de métal ciselé recouvre un second où la boisson se trouve avec des herbes en décoration.


Un autre mojito appelé Issaya avec du rhum Bacardi, des feuilles de kaffir, menthe et citronnelle,  moment jubilatoire en prenant une gorgée de cette boisson.


Pour parfaire ce moment privilégié nous remarquons une délicieuse odeur dans l’air, proche du jasmin avec quelque chose de plus intense et fruité. J’apprends qu’il s’agit de « finger flower », une espèce qui ne pousse qu’en Thaïlande et peut être soit blanche soit rouge en fonction de leur sexe.


On peut diner dans cette belle pergola à l’extérieure avec ses boiseries blanches ciselées et ventilateurs au plafond mais notre réservation fut à l’intérieur ce qui est préférable au vu de la chaleur même en soirée.


La salle surprend par ses murs bleus, mais aussi ses éclairages délicats, ses fleurs exotiques. Certaines parties sont aménagées comme des salons avec des canapés. Les tables de bois sombres sont délicieusement ornées de passants blancs avec le nom de la maison.





La carte proposée est celle du chef Ian Kittichai, un cuisinier qui démarra dans les marchés périphériques  dans sa jeunesse avec sa mère en poussant un charriot sur lequel l’on cuisine. Depuis, il a incorporé à sa cuisine,  certains éléments de son expérience internationale en utilisant uniquement des produits bios et en faisant pousser certain de ses ingrédients. C’est donc envoutés que nous étudions scrupuleusement la carte où l’on peut trouver un premier menu a 1500 baht ou un menu dégustation a 2500 baht. Il est également possible de manger à la carte mais l’approche dégustation est plus simple et offre un très beau choix de plats. Pour l’anecdote il est également possible d’acheter son livre de cuisine en partant. Certes 2500 baht est une somme pour la Thaïlande mais c’est le prix à payer comme par exemple le Sra Bua by Kiin Kiin a 2700 baht. Tout ceci pour vous dire que les attentes furent élevées.

Une jolie sélection de vins est également proposée et nous avons retenu un Chardonay Chilien pour ce repas qui fut tout à fait plaisant.

Nous démarrerons par quelques amuses-bouche en supplément de ce menu, présenté dans un plateau de bois à compartiments. C’est visuellement très beau et tentant.

Un tartare de thon frais, gingembre, cacahouètes, jeunes feuilles de tamarin avec une sauce à base poisson et de sucre de palme. Une délicieuse bouchée très fraiche et pleine de saveurs. L’association du poisson est vraiment parfaite avec les ingrédients classiques.


Les fines lamelles de crêpes de riz, avec du poulet sauté au curcuma, germes de soja et noix de coco fait également l’objet d’une très belle présentation et tient toutes les promesses gustatives.



Et pour finir, une salade de fleurs de banane et cœurs de palmier, échalotes croustillantes, cacahouètes grillées dans une confiture de piment. C’est également une fantastique bouchée que nous avons.


Il s’agit donc à ce moment d’une cuisine classique mais retravaillée, avec des saveurs fines et une présentation très soignée.

Première entrée avec un bloc entouré de feuilles de bananiers. Au centre de la braise et sur le dessus des travers de porc enrobés d’un mélange d’épices maison Issaya à base de piment. C’est à nouveau très esthétique et très savoureux.


Seconde entrée avec une saucisse de crustacés faites maison dans un bouillon de poisson façon Hua-Hin. Arrive une soupière en forme de pétale de laquelle seront remplis deux bols. La saucisse ferait un peu penser à un boudin blanc au goût de poisson, le bouillon est fin, parfumé. Néanmoins cela reste assez classique dans les saveurs.



Arrive quelques secondes après une autre entrée et c’est la que cela commence à déraper dans le repas. La table à laquelle nous mangeons est plutôt petite et le service commence à s’accélérer, et deviendra par la suite beaucoup trop rapide. Les plats ne peuvent plus vraiment être déposés par manque de place et c’est au convive de déplacer verres et autres objets. Ce problème  continuera pendant toute la suite du repas…cela va beaucoup trop vite et de plus les plats deviennent évidement tièdes. 

Le service n’est vraiment pas à la hauteur d’un tel établissement et suite à ma remarque d’arrêter de nous apporter les plats trop rapidement alors que nous n’avons pas terminé le premier et que de plus il n’y a plus de place sur la table, je m’entends dire que « c’est la tradition thaïlandaise que de tout manger en même temps »… Je veux bien admettre cela lorsque je vais dans un restaurant simple ou populaire mais je suis en désaccord total lorsque l’on me facture 2500 baht un soi-disant menu dégustation !

Le pire...nous avons du manger la plupart du temps dans la même petite assiette la plupart des mets ce qui est franchement un comble pour un établissement qui se prétend gastronomique. C’est un peu le château de carte qui s’effondre…

Nous poursuivons avec le bœuf tendre importé grillé, herbes fraiches, légumes bios dans une vinaigrette de piments yeux d’oiseaux. C’est joliment présenté mais cela reste quand même une salade de bœuf comme nous avons déjà pu manger ailleurs.  


Les crevettes croustillantes, aubergines fondantes et œufs durs avec une sauce au tamarin et piment ne nous impressionnent pas vraiment, le tout est un peu fade et tiède…


Arrivent les plats principaux à peu près tous en même temps et la je commence un peu à m’énerver. D’ailleurs j’en ai refusé un car comme précédemment écrit, il n’y avait pas de place sur la table.. Une serveuse arrive avec un bol de riz qu’elle commence à touiller. Il s’agit d’un mélange de grains de riz asiatiques, champignons de Chiang Mai, ail et huile parfumée au champignon. Pas très délicat à mon avis comme « approche gastronomique » que de venir avec un bol. Le riz est plutôt plaisant mais pas non plus impressionnant.


Le premier plat est un canard croustillant laqué au tamarin, foie gras poêlé, feuilles d’okras rouges sautés et noix de cajou écrasées. C’est vraiment une très belle réussite gustative. Le canard est fondant, moelleux, parfumé et l’accord avec le foie gras évidement idéal. Les yeux fermés je ne suis pas sur que j’aurais identifié un plat thaïlandais.


Les joues de veaux nourri au grain d’Australie dans un mélange d’épices maison, lait de coco pressé main et feuilles de Kaffir est bon mais ne diffère pas d’autres currys de qualité mangé dans d’autres établissements. Je ne suis pas sur que le fait de faire mention de l’origine du veau amène grand-chose sachant que les saveurs des épices masquent le goût de la viande.


Les légumes de saison de Issaya sont à notre grand étonnement des choux de Bruxelles caramélisés. Je ne me rappelais pas que ce légume existait en Thaïlande. Inintéressant.


Alors que notre repas est sur sa fin, nous est apporté le homard du Maine entier à la vapeur dans un flan au curry à base de lait de coco frais et de basilic. Un homard entier partagé en deux sur une assiette. Première observation, le demi-homard ne peut pas être déposé sur nos assiettes car la dimension est inférieure. Ensuite le plat est beaucoup trop gros pour une fin de repas sachant que la faim s’est amoindrie. A part frimer je ne vois pas l’intérêt de servir du homard du Maine alors qu’il existe du homard en Thaïlande. Pour finir, cela ressemble à ce plat traditionnel de poisson dans un flan au lait de coco, curry rouge et kaffir. Bref c’est bon mais c’est un peu « matuvu ».


Nous sera apporté un assortiment de desserts sur une ardoise avec une panna cotta à la fleur de jasmin servie avec une glace au riz parfumé et une tuile de riz parfumé. 


Cette panna cotta contient trop de gélatine.


Un ravioli de riz gluant rempli de glace a la noix de coco, noix de cachou rôties, glace et noix de coco fraiche ; une version de l’ancien sandwich glacé thaïlandais et une sorte de macaron dont je n’ai pas pu identifier les goûts.  Une série de dessert à on avis sans grand intérêt et pas franchement gourmands ou équilibrés.




Certes le Issaya Siamese Club est un endroit magnifique et presque irréel. Sans aucun doute un endroit pour amener sa nouvelle petite amie ou pour les traders expatriés si l’on veut caricaturer la clientèle…  Au niveau service ce n’est pas cela du tout et question cuisine ce n’est pas exceptionnel. Ayant observé d’autres tables, nous recommandons vivement de ne pas prendre le menu dégustation mais de choisir des plats à la carte en espérant que tout ne soit pas balancé en même temps… Ce qui ne fut pas le cas de nos voisins de table.

Venez découvrir cet endroit en buvant un cocktail, puis mangez quelques plats dans ce fabuleux décor. Pour de la gastronomie de très haut niveau, Nahm, Bo.Lan et Sri Bua sont indéniablement de meilleures alternatives mais qui n’auront pas le charme et romantisme du Issaya Siamese Club.