mardi 24 décembre 2013

A16, San Francisco



Manger italien aux Etats-Unis est souvent un gage de qualité en tout cas dans les grandes villes où l’on trouvera des tables réputées. C’est dans « le Marina district », quartier chic et branché au nord de la ville que A16 fait sensation depuis un certain temps. Pas le style pizzeria du coin mais la table plutôt courue dans un quartier où restaurants de qualité sont plutôt nombreux. Une cuisine du sud de l’Italie, Campania, Puglia, Basilicata, Sardinia, et Sicile.

Réservation bien à l’avance car c’est plein… D’ailleurs je n’ai réussi à avoir une table qu’à 21 :00, ce qui est généralement une heure plutôt avancée pour diner au pays de l’oncle Sam.


Dans une rue avec de belles enseignes, A16 est tout de suite repérable par son nom. 


Dans une jolie maison de briques, on peut depuis l’extérieure contempler à travers les vitres la grande animation intérieure. 


Une fois à l’intérieur, le bar est à votre où l’on peut prendre un verre ou alors continuer dans le restaurant qui compte plusieurs salles en longueur.

 
Dans la première les tables sont plutôt surélevées, puis après avoir dépassé un comptoir en face duquel se trouve la cave à vin réfrigérée vous voici au cœur de l’établissement dans une salle plus carrée avec sur un côté la cuisine ouverte.





Une décoration plutôt sobre avec une longue banquette sur un côté, des tableaux modernes et des tables type bistrot au centre. Possibilité également de manger devant la cuisine ou même dans la veranda qui office de pièce supplémentaire.


Une ambiance bon chic, bon genre plutôt bruyante.

La carte propose des mets italiens plus sophistiqués que dans une trattoria classique. On dira qu’a première vue tout à l’air basés sur d’excellents produits et des associations plus intéressante qu’à l’accoutumée.

Nous choisirons donc chacune une entrée et ensuite un plat principal. A noter que chaque plat principal peut également être prit en entrée car il y a deux tarifs.  Cela sera pour un, une bruschetta, courge rôtie, ricotta maison, sauge frite. Une tranche de pain grillée avec une compote de courge, un peu de ricotta sur le dessus et les ingrédients énoncés. Plaisant mais un peu écœurant à la longue pour la simple et bonne raison que la courge contient un peu trop de cannelle, la ricotta est plutôt fade.


Le poulpe braisé, ail rôti, pois chiches, trévise, olives castelvetrano, cèleri, persil, est délicieux. Un plat très frais avec un poulpe avec une consistance parfaite. Cela plait car les olives de Sicile sont vertes et douces, accompagnent très bien les pois.


Une burrate, huile d’olive, sel de mer, crostini. Ce fromage d’origine des pouilles est bien crémeux. C’est simple et sans histoire.


Mes palourdes, n’duja, vin blanc, tomate, citron, ail, persil, pain grillé. Très bien préparée quoique je ne discerne pas cette saucisse de porc appelée n’duja. La sauce est très relevée, ce qui ne me dérange pas mais certains auraient trouvés cela trop pimenté. Un bon plat de palourde parfumé avec ces zestes de citron qui finalement se révèle être plutôt classique.


Les plats principaux arrivent avec des gnocchis à la riccota, courge butternut rôtie, ciboulette, grana panado, huile d’olive. Une jolie assiette avec ces gnocchis plutôt fins en bouche dans un bouillon qui selon moi manquait un peu d’assaisonnement.


Mes fettucine, sauce au lapin du ranch de Devils, fenouil, romarin, caciocavallo sont correctes mais pas de quoi s’extasier. Je trouve la pâte quelques secondes trop cuites mais surtout la sauce vraiment fade. Je ne suis pas très impressionné.


Les cavatelli à l’encre de seiche, tomates cerises au four, cœur de thon sicilien, cresson, , sont plutôt bonnes avec une cuisson parfaite mais aux dires de la personne qui les a mangées, l’assiette s’est avérée être plutôt « sèche » ; c’est-à-dire que la sauce avait peut-être été pompée par les pâtes rendant le tout un peu sec.

 
Avec ce repas une bouteille de Notarpanaro 2006 de Salento, Taurino. Un agréable vin du sud issu des cépages locaux negroamaro et malvasia nera.



On se précipite au A16 pour probablement une cuisine italienne plus personnalisée mais qui selon moi n’a pas vraiment tenu ses promesses. Des plats pas toujours « finis », des fadeurs ou alors des équilibres d’ingrédients un peu approximatifs. Ceux qui seront habitués par une cuisine italienne de qualité même paysanne en Europe ne pourront que se retrouver partiellement déçus sachant que les prix sont vraiment élevés pour le contenu de l’assiette.