samedi 9 décembre 2023

Bar Pimentel, Barcelone

 

Probablement l’une des plus belles ouvertures de cette année que ce bar dans le quartier du Born. Tristement l’on constate que les nouveaux établissements se concentrent entre l’Eixample et éventuellement Sant Antoni, mais pas ou peu d’ouvertures dans ce quartier probablement tellement touristique que ce qui s’ouvre c’est du souvent du bas de gamme ou des chaines de fast-food internationales. Mais voici un peu un ovni, un endroit à ne surtout pas manquer si l’on apprécie de la bonne cuisine et bien entendu de l’authenticité.

Un bar comme le nom le dit avec un comptoir en marbre, d’anciens tabourets, des bouteilles dans une alcôve du mur d’anciennes pierres, et quelques rares tables. On y trouvera une proposition sacrément bien pensée car ce ne sont pas « juste quelques tapas de plus » … C’est une cuisine bien sophistiquée associant la cuisine traditionnelle à des approches plus modernes, un esprit de bar classique mais avec un twist.


Bocaux de légumes sur des rayons, Puis le son…eh bien oui…des groupes eighties de qualité parmi lesquels j’ai même reconnu un des groupes espagnols de l’époque…Duncan Dhu ! Une perle…


En discutant avec le patron Martin Pimentel qui parle parfaitement le français car d’après ce que j’ai compris il y vécu un certain nombre d’années en Belgique, je comprends qu’il a repris l’établissement familial en gardant leur nom de famille.  La particularité étant qu’ici vous trouverez non pas que des mets locaux mais toute une série de recettes espagnoles à mon plus grand bonheur. Martin étant donc la personne qui a redonné vie à ce bar de quartier, le cerveau derrière ce projet.


Cet hommage familial se traduit par une carte avec de petites portions conçues pour être dégustées en couple ou entre amis, et qui propose un mélange entre saveurs traditionnelles et innovations.

Par exemple ces excellentes croquettes de crevettes plutôt rares à trouver car généralement, ce sont celles à base de volaille, de bœuf, de jambon et c’est à peu prêt tout. Ici la saveur est excellente car ces crevettes sont pleines de saveur car préparées avec une réduction de leur tête.

De magnifiques Zamburina de Galice avec des tomates confites. Sorte de petite Saint-Jacques ou plutôt pétoncles. Rapidement saisie à la plancha donc encore moelleuses avec un concassé de tomate et un pesto d’herbe sur le dessus. On les prend à la pièce et c’est vraiment délicieux.

Une très jolie salade russe avec de la ventrèche de thon. Encore une autre version de cette salade qui n’est jamais la même. La pomme de terre est en tout petits morceaux sans être molle, le dosage de mayonnaise est parfait, le thon de belle qualité.

Même si classique, c’est un très bon cannelloni de poulet et foie accompagné d’une béchamel à la truffe. La pâte est fine, la farce gouteuse, et important…sa sauce pas trop compacte. Le tout avec un peu de fromage râpé sur le dessus.

Puis une belle torrija avec une glace vanille un peu de caramel coulant et de crème catalane sur le dessus.

Enfin, l’endroit propose également une sélection exquise de vins et de bières tels que le Turia, le Cyclic Beer Farm ou la Caravelle. Mais cela sera un très bon vin blanc suggéré par Martin, un Ramon Do Casar Varietal Galicia. C’est un vin blanc élaboré à partir de raisins Treixadura, Albariño et Godello produits en interne, par le producteur Ramon Do Casar, dans l’appellation d’origine Ribeiro.

Vraiment une belle adresse à l’ambiance très amicale, un lieu de rencontre pour les amateurs d’authentiques mets réalisés avec passion, un patron aux petits soins. On pourrait venir ici tous les jours car tout est vraiment bien préparé et gourmand.

jeudi 7 décembre 2023

Vermuteria Santa Caterina, Barcelone

 

Pas franchement simple que de trouver une réelle vermuteria dans le quartier du Born où l’on a l’impression qu’année après année, tout disparait et ce qui est nouveau cible exclusivement la clientèle de passage. Mais c’est récemment que s’est ouvert à l’arrière du marché Santa Caterina un lieu comme on n’aurait jamais pu l’espérer.

Ouvert en fait au mois de juillet sans vraiment beaucoup de marketing, cet endroit est une réelle aubaine pour ce quartier dénué d’adresses authentiques où l’on peut prendre un verre et surtout prendre quelques tapas espagnols et je précise bien espagnols car ceux-ci sont liés a différentes régions du pays.


Une petite alcôve derrière le marché par évidente à trouver si l’on ne passe pas devant et qui va rapidement se remplir en début d’après-midi. Une petite salle vraiment très joliment décorée dans un esprit parfaitement local.


Des tables hautes réalisées avec des hauts de tonneaux de vin, des tabourets, tout ceci face au bar et sa cuisine à l’arrière. Sur des parois des celliers avec des bouteilles de vins pour la consommation ou alors des miroirs sur lesquels sont inscrits ce qui est disponible comme tapas.

Comme appétif, un vermouth de la maison et une Cana…d’Estrella.

La carte de tapas est comme je l’ai dit vraiment variée et inhabituelle can on trouvera des mets de différentes régions d’Espagne. De simples tapas pour l’apéritif, des sandwichs, mais aussi quelques plats plus sophistiqués.

Par exemple cette superbe tortilla de morue parfaitement exécutée encoure coulante lorsque l’on en prend le premier morceau. Pas facile de trouver une bonne omelette espagnole en ville et de plus celle-ci est non pas aux pommes de terre mais à la morue.

Un de mes tapas favori qui est vraiment rare à Barcelone, c’est le « cazon adobo ». Il s’agit d’un plat d’origine de Malaga ou plutôt Andalousie, réalisé avec du « cazon » ou « chien de mer » qui a préalablement été mariné. La préparation consiste en un majao (purée) d’ail, de paprika, de cumin, d’origan et éventuellement d’autres épices ou herbes; on y ajoute du vinaigre blanc, qui peut être du vinaigre de xérès. On laisse habituellement dans ce mélange des tranches ou morceaux de poisson, pendant 4 à 8 heures. Une fois ce temps écoulé, on les farine ou on les recouvre de tranches, frites dans de l'huile d'olive. Le « chien de mer » est le plus souvent le nom que l’on donne au requin. 

Une belle nouvelle adresse pleine de charme a découvrir pour un vermouth et plus.

samedi 2 décembre 2023

Les Rosalys, Les Paccots

 

Retour aux Paccots non pas cette fois pour une fondue mais la chasse. Il y a une année de cela, visiblement la clientèle était venue principalement pour cette cuisine et nous nous étions dit qu’il faudrait revenir afin de découvrir ce que sont leurs préparations. A vrais dire la chasse est souvent assez décevante dans la plupart des établissements non gastronomique et trouver des accompagnements de qualité reste une gageure.

Réservation grandement obligatoire car c’est vraiment plein…visiblement on vient ici pour ces plats de saison lorsqu’ils sont servis. On appréciera bien entendu la cadre propice à ce genre de cuisine, un chalet boisé avec une grande salle bien conviviale.

La carte est dédiée donc à ce type de cuisine et les autres plats pas tous disponibles. Entrées, viandes sous différentes cuissons et recettes, des tarifs parfois tout de même un peu élevés, mais la qualité se paie.

Pour commencer cela sera une terrine de colvert garnie, toasts et beurre. Une terrine tout de même un peu fade, deux cubes de gelées, quelques feuilles de salades avec deux tranches de tomate sans goût. On aurait tout de même apprécié cornichons et oignons.

Des raviolis de chevreuil, sauce à la crème, et aux petits oignons. Pâtes un peu épaisse, farce au goût peu définissable et une sauce qui honnêtement a un peu un goût de fond industriel. C’est vraiment un peu grossier et même si éventuellement « maison » ; pas franchement gourmand.

Maintenant autour de la chasse avec un civet de chevreuil, spätzli maison, choux rouge et garniture de fruits. Si le civet est plutôt bien cuit et la sauce correcte, les choux rouges manquent de saveur. On se serait passé des kiwis qui n’ont aucune raison d’être là. La poire a botzi est plaisante, quelques marrons et une pomme avec une confiture d’airelles. Les spätzlis sont bons. Une assiette assez conventionnelle, à laquelle il manque quelque chose d’un peu plus gourmand.


Le dessert, c’est cette très bonne glace au vin cuit que j’avais déjà appréciée la première fois.

Comme les patrons sont portugais, c’est un vin rouge Singularis Paulo Laureano 2019, vin de l’Alentejano, plutôt agréable et qui va bien avec cette cuisine.

Tout de même une déception qui confirme que manger de la chasse même cuisinée de manière classique, c’est difficile à trouver. Dommage.

lundi 20 novembre 2023

Lluerna, Barcelone

 

Il ne me manque pas énormément de tables étoilées à découvrir à Barcelone mais celle-ci était dans ma liste des tables à visiter, probablement pas encore visitée car un peu décentrée. Finalement pas si difficile d’accès puisqu’on peut y accéder en métro plutôt facilement à Santa Coloma de Gramenet.


La particularité de cette table est qu’elle s’engage pour une cuisine radicalement catalane, basée sur la tradition et utilisant des produits locaux, locaux et quotidiens, en privilégiant les produits de saison et biologiques. Les ingrédients sont cuisinés avec les fourneaux de la durabilité et de la proximité et de plus suit les principes du mouvement Slow Food ! Cette table a été l’un des premiers de la région de Barcelone à adhérer à cette philosophie.

Le couple qui dirige et possède Lluerna, sont le chef Víctor Quintillà et Mar Gómez qui est en salle et est aussi sommelière. Situé au bas d’un immeuble, l’entrée laisse présager un lieu plutôt à l’apparence moderne et chic.


Effectivement, une entrée qui donne sur une pièce unique assez design avec des tables élégamment dressées, des nappes blanches, un accueil de qualité puis un service attentif. Les cuisines étant visibles à travers des fenêtres depuis chaque table. Je ne me suis pas rendu de l’autre côté de la pièce mais il semblerait qu’il y ait une table du chef avec une vue plongeante sur la brigade et les fourneaux.


Tables bien espacées, lumières tamisées, c’est aussi très fonctionnel.

A l’entrée, la très jolie cave a vin avec les fromages qui attendent d’être servis.

Les menus de dégustation sont servis pour la table complète. C’est celui à 89 € que nous choisirons, intitulé « Présentation ». Cela commence par quelques amuse-bouche tels que le Pomada. Ce cocktail est né sur l’île de Minorque en 1967 et est connu sous le nom de pomada grâce à son effet pétillant. A base de gin, de jus de citron, de limonade et éventuellement de la menthe. Mais en fait ici il s’agit d’une réinterprétation sous forme de biscuit imbibé.

Nous poursuivons par un sablé au fromage du Mas Farró, tomate et eau de tomate. Fromage cru de brebis de la fromagerie du Vall de Bianya (La Garrotxa). Pâtes à pâte pressée et croûte moisie badigeonnée. Affinage moyen avec 3 mois. Il a une forme cylindrique et pèse environ 850 g.

L’excellent pain artisanal provient de L’Espiga d’or de Vilanova i la Geltrú.

Nous poursuivons avec un fin « Ajo blanco » aux crevettes blanches, anguille fumée et pomme neige. Crémeux et visuellement très plaisant. A nouveau une réinterprétation de cette classique soupe andalouse.

On appréciera beaucoup la fleur de courgette farcie à la brandade de morue et à la sobrassada, sur un pesto léger et olives noires. Un peu semblable a la texture de la tempura, la fleur pour une fois est vraiment intéressante ce qui n’est pas toujours le cas et l’ajout de la sobrassada une belle idée.

Puis un riz aux crevettes de plage. En fait c’est un tartare de crevettes rouges crues qui recouvre le riz qui lui bien entendu est chaud. C’est une manière que j’ai déjà vue ailleurs être cuisinées mais c’est toujours très bon ce chaud-froid.

Comme vin, un rouge appelé Coma Bruna de la maison Espelt de l’Emporda, Très Old Vinyes  2018. Le nez est complexe et intentionnellement méditerranéen. Notes de fruits noirs et de cèdre avec un fond de réglisse. Des arômes subtils de violette accompagnés d'un voyage intense et agréable à travers le sous la forêt méditerranéen.

Un très petit morceau de poisson de plage avec une sauce pil pil au codium, une émulsion de piparras et de coriandre. Bien entendu influencé par le Pays basque, c’est très bon mais un peu un manque de générosité niveau quantité.

Le plat principal a été modifié et de mémoire il s’agit d’un plat terre-mer avec du homard, ici une queue et du lapin. Association plutôt inédite. Toujours compliqué d’avoir du homard pas trop cuit.

Un joli plateau de fromage (en supplément) avec des produits principalement locaux.


Également un changement de dessert car bien entendu tout dépend des arrivages. Non pas des fraises mais je dois avouer que je n’avais pas pris de note sur ce que c’était.

Mais le dessert phare c’est ce coulant noisette de la Solana et glace citron vert et basilic, qui est un délicieux dessert. Un coulant parfait avec ces noisettes de Catalogne provenant de la ferme La Solana dans la région de Tarragone, non loin des Muntanyes de prades. Le vrai goût de la noisette que l’on adore, ce qui est vraiment rare.

Puis pour terminer le repas, un beignet d’Empordá et mousse anisée. La définition la plus simple mais la plus précise du beignet« est une pâte de farine qui est frite dans beaucoup d’huile ». La pâte peut être faite avec de l’eau, du lait, de l’œuf ou de la levure ainsi qu’un ingrédient de base qui est la farine. Il peut avoir toutes sortes de garnitures, qui peuvent être sucrées ou salées, par exemple dans ce cas, de la mousse anisée. Certes, en raison de la simplicité de la préparation, ils sont l'un des desserts les plus populaires et les plus répandus dans toute la péninsule.


Une jolie prestation assez conventionnelle, des assiettes bien pensées et qui vont aussi lorgner sur d’autres régions d’Espagne, des produits parfaitement sélectionnés, des assiettes joliment dressées.