A la découverte des tables de Oaxaca, voici
Las Quince Letras est l'une des adresses historiques de Oaxaca pour découvrir
la cuisine oaxaquénienne traditionnelle dans un cadre agréable.
Le restaurant de la cheffe Celia Florián est ouvert depuis 1992, avec son mari, Fidel Méndez, dans le centre d’Oaxaca (Mariano Abasolo 300). Elle n’est pas cheffe de formation car elle a appris la cuisine avec sa mère et sa grand-mère, et dirige l’Association des cuisinières traditionnelles d’Oaxaca.
Cet établissement bénéficie d'une reconnaissance importante et figure au guide Michelin avec la distinction Bib Gourmand pour son bon rapport qualité-prix.
Un hall d’entrée avec un tableau bien coloré representant de manière naive l’équipe en cuisine, quelques minutes d’attente et vous voila place dans la très agréable salle a manger joliment aménagée.
Dans un coin de cette salle, un joli espace de cuisine traditionnelle avec des objets traditionnels pour les preparations et quelques ingredients exposés.
Nous prendrons le guacamole con chicharron de pork belly. Le guacamole est bien sûr un classique mexicain, et le chicharrón (couenne ou peau de porc frite et croustillante) est lui aussi un immense classique de la cuisine populaire mexicaine. L'association des deux est donc très traditionnelle. Les morceaux de chicharrón sont incorporés au guacamole. Le plat contient du chile serrano grille, oignon, coriandre, coriandre criollo qui est une variété locale de coriandre très utilisée dans plusieurs régions d'Amérique latine, notamment au Mexique, au Pérou, dans les Caraïbes et en Amérique centrale. Au Mexique, lorsqu'un menu mentionne cilantro criollo, cela suggère souvent une coriandre locale, plus aromatique et parfois plus rustique que les variétés commerciales. Des notes d'agrumes plus marquées, une saveur végétale fraîche et poivrée., généralement plus expressif que la coriandre standard. Guacamole accompagné de totopos de tlayuda frits. C'est un plat qui joue sur le contraste entre le gras crémeux de l'avocat et le croquant salé du porc mais cela reste plutôt lourd et très nourrissant. Le gout de l’avocat disparait un peu.
Ensuite un tlayuda de pulpo qui est une interprétation côtière et souvent plus contemporaine d'un immense classique d'Oaxaca. La tlayuda est parfois surnommée la « pizza oaxaquena », même si la comparaison est imparfaite. Il s'agit d'une grande tortilla de maïs, de 30 à 40 cm de diamètre, cuite jusqu'à devenir légèrement croustillante puis garnie de différentes choses. Le pulpo (poulpe) n'est pas la garniture la plus traditionnelle des tlayudas des marchés d'Oaxaca. C'est une combinaison avec le croustillant torréfié de la tlayuda, le crémeux de l'avocat, les notes lactées du quesillo, la texture ferme et charnue du poulpe grillé.
Les moles sont la spécialité de la maison, notamment le mole negro, que le guide Michelin décrit comme fumé et remarquablement maîtrisé. Nous prendrons donc le trio ou la dégustation de différents mole avec le mole noir qui est avec du poulet, le colaradito avec du porc, l’amarillo, et un appelé estofada de almendras ou avec des short ribs.
Le mole noir est une sauce très riche, sombre et veloutée, obtenue à partir de dizaines d'ingrédients grillés, torréfiés ou frits, noir, fumé, avec un goût légèrement brûlé.
Le mole coloradito est un autre grand classique d'Oaxaca, mais il est très différent du mole noir. Son nom vient de sa couleur rouge-brique à rouge orangé (colorado = rougeâtre). On y trouve moins d'amertume et moins de torréfaction que dans le mole noir. C'est souvent le mole que les visiteurs trouvent le plus accessible lors d'un premier voyage au Mexique.
Puis le mole estofada de almendras (souvent
appelé mole estofado) est un autre grand mole traditionnel de Oaxaca. Plus
doux, c'est l'un des moles les plus marqués par l'influence espagnole et
méditerranéenne introduite durant l'époque coloniale.
Maintenant quand vous êtes plusieurs a
Oaxaca, forcément vous mangerez plein de mole et les comparerez. Premièrement,
l’assiette de présentation est a mon sens très baclée avec des “lignes de riz”
pour séparer les sauces. A un moment donné...cela se mélange. Ensuite les viandes
ne sont pas de grande qualité, on dirait que le poulet est du papier mâché et la cuisson du porc assez gras manque de
suavité, le bœuf n’a pas le moelleux et le côté bien rôti. Ensuite, pour avoir
gouté bien d’autres mole ailleurs, ceux-ci sont plus que quelconques. On a l’impression
que comme c’est un plat très demandé, c’est tout simplement bâclé.
Un autre plat, un mole manchamanteles avec compote de fruits, purée de banane
et côtelette de porc. Le mole manchamanteles
(littéralement « tache-nappe ») est l'un des sept moles classiques d'Oaxaca. Il
est rouge, plus fruité et moins complexe que le mole noir, avec une pointe de
douceur et d'acidité. La base est faite de chiles séchés (ancho, guajillo,
parfois pasilla), de tomate, d'épices, de noix ou de graines, et souvent d'un
peu de chocolat ou de pain grillé pour lier. La particularité vient des fruits
cuits dans la sauce : ananas, banane plantain, pomme, parfois pêche ou patate
douce. On le sert généralement avec du porc qui lui aussi manque un peu de ce
côté caramélisé de la cuisson.
Pacifico comme bière pour accompagner le repas.
Si le cadre chaleureux et familial, élégant mais simple sont plaisant, la cuisine n’a pas tenu toutes ses promesses. Des assiettes un peu tièdes, des moles, qui sont pourtant la spécialité de la maison, plus légers que dans d'autres adresses d'Oaxaca et des viandes pas franchement terribles. Un empilage sur l’une d’entre elles. Le restaurant a plus de trente ans et peut avoir changé. Malheureusement pas vraiment une expérience mémorable.