lundi 20 juillet 2026

Casa Inés, Barcelone

 

Cela faisait deux ans que je n’étais pas retourné chez Casa Inés que l’on rappelle est ou était lié à l’époque a « La Xula Taperia » devenu « Buena Vida Bar » et ensuite « Jabato Taperia » mais probablement que cela n’est plus le cas. La seule personne qui semble encore être impliquée ici est le catalan Enric Maestre.


En tout cas au vu des photos sur les réseaux sociaux et les informations glanées, l’adresse est toujours plébiscitée et les assiettes sont toujours aussi belles. Plus vraiment de buzz ou de publicité car probablement que l’adresse et suffisamment connue pour être en permanence remplie par les personnes qui connaissent l’établissement.


J’avais bien aimé cette façade qui me rappelais un peu ces maisons de village d’Amérique latine juste sur un niveau, coincée entre d’autres habitation du même genre et le nom en grand sur la façade.


L’intérieur n’a pas changé avec cette simple salle en longueur, les murs blancs et un haut plafond. Une sorte de grand loft avec des tables bien espacées.


Puis ce long comptoir le long duquel l’on peut bien entendu manger.


Le type de cuisine est sensiblement le même que celui de ma première visite, une cuisine catalane « maison » avec des plats classiques mais tout de même parfois un « twist » dans certaines assiettes avec le chef Victor Hugo Delgado.

Des beignets du jour à la morue bien faits qui sont une spécialité très courante en Catalogne, proches des pastéis de bacalhau portugais ou des acras antillais.


Des croquettes de poulet à la catalane de forme ronde qui sont un classique des casas de comidas : fondantes, bien liées, avec ce goût de sofregit (oignon–tomate) qui donne une profondeur typiquement catalane.


Le pain a la tomate est de qualité car réalisé avec de la coca de folgueroles qui est la version la plus emblématique et artisanale du “pa de coca” catalan, produite exclusivement au Forn Pascuet, dans le village de Folgueroles (Osona). C’est une coca de cristal haut de gamme, reconnue pour sa croûte ultra‑fine et croustillante, sa molle porosa, et sa fermentation lente.


De délicieuses asperges avec un type de sauce hollandaise avec des amandes effilées. Ces asperges ont probablement passé au grill quelques instants car sont légèrement teintées, quelques pousses sur le dessus.


L’escabèche du jour qui sont de fines tranches de thon cru avec sur le dessus les composantes de l’escabècje, ces légumes au vinaigre et huile d’olive.


Un côté innovant avec un bon bao à l’agneau, yoghourt, aneth, citron et cacahuètes. Un bao fusion très aromatique, entre Méditerranée et Asie.


Une surprenante pluma ibérique Stroganoff et pois mangetout. Juteuse et persillée, qui supporte très bien une sauce crémeuse aux champignons à condition de ne pas la surcuire. La sauce Stroganoff est une sauce crémeuse aux champignons, oignons, paprika et moutarde, emblématique de la cuisine russe et qui semble revenir à la mode.


De bons cannellonis au champignon, béchamel à la truffe, et Emmenthal. Trois avec une sauce assez légère et bien gratinés.


Une fondante queue de taureau cuite à basse température. La queue de taureau cuite à basse température (version moderne du rabo de toro) donne une viande ultra‑fondante, encore plus soyeuse que dans la cuisson andalouse classique accompagnée d’une gourmande purée de pommes de terre.


Ensuite les desserts un gâteau au fromage style basque. C’est l’un des desserts les plus emblématiques de San Sebastián : sans croûte, très crémeux au centre, et volontairement bruni voire noirci sur le dessus.


Et un dessert au chocolat et une glace aux noix de pecan.


Avec ce repas un vin blanc, espagnol sec, frais, fruité. Un chardonnay du Mas Uberni Ros Marina. La gamme Mas Uberni est décrite comme des vins frais, d’année, issus des vignes du Pla del Penedès et de la Finca Cal Marina.


Une de ces adresses authentiques, où la cuisine est bien exécutée, avec vraie âme locale, Casa Inès correspond parfaitement a un restaurant familial, chaleureux où le service est constant et sympathique. Pas un lieu branché, ou pas conceptuel mais le vrai Gràcia. Parfait pour un dîner tranquille et sans prétention.

 

vendredi 17 juillet 2026

Casa Antonio, Barcelone

 

Il y a parfois des moments où il faut emmener des gens manger des grands classiques de la cuisine espagnole ou catalane car ce sont en l’occurrence des étrangers, Trouver un endroit avec du charme, une impression de se trouver dans une adresse locale et Casa Antonio remplit bien ce rôle.


Une adresse qui est récente et qui a su répliquer le concept de cuisine de tous les jours avec des plats incontournables et réconfortants en ville, une cuisine honnête et simple.


La première chose qui attire votre attention en arrivant, c’est l’espace. Un extérieur assez original car il y aurait une sorte d’antichambre ou plutôt une terrasse dans l’entrée de l’immeuble avec quelques tables. De l’extérieur, on veut entrer à l’intérieur pour apprécier la structure et cette rénovation de très bon gout.


La décoration, signée par Babart Studio, mélange des éléments caractéristiques des domaines traditionnels, tels que le bois et la couleur rouge, avec d’autres éléments souvent présents dans l’architecture barcelonaise, comme la brique apparente ou une façade moderniste.


Du mobilier en bois, des ingrédients et produits visibles sur les étagères, conserves, chapelets d’ail ou de piments séchés, bouteilles de vin sur un très beau vaisselier.


Un comptoir avec ses vitrines réfrigérées, produits du jour et bien sur la possibilité de manger au bar.


Un éclairage chaud et de détails font le reste comme par exemple tous ces légumes et fruits exposés au milieu des étagères de ce bar.


Au fond, une salle à manger plus confortable et propice a un repas entre amis ou familial. La aussi un décor de circonstance toujours dans les mêmes tons et matériaux. Bouteilles sur des étagères, photos, légumes en vrac et bouquet de fleurs.


La carte est l’agrégation de tous les grands classiques de la région donc on vient ici pour s’en repaitre et non pas faire de nouvelles découvertes culinaires, donc pas de suprises.


Que de grands classiques comme une salade russe à la langoustine ; on trouve de l’œuf dur, de l’olive et ed la ciboulette.


Le pain à la tomate est plutôt bien fait avec de la baguette et un peu d’huile d’olive.


Les croquettes sont savoureuses, les premières à base de queue de taureau et les secondes au jambon.



La bomba de l’Eixample est fidèle a ce qu’elle doit être et sans surprise. Sa réinterprétation particulière de la bombe classique de Barceloneta. Tout est très équilibré ici : la proportion entre viande et pomme de terre, le croquant de l’extérieur et les sauces qui accompagnent sans masquer la saveur principale.



Des piments del padron.


Un artichaut confit avec des cubes de jambon ibérique ouvert en fleur.


Leurs cannellonis est plutôt fameux avec une belle farce, un gratinage parfait et une béchamel bien assaissonée.


Un simple calamar a la plancha a l’ail et au persil


Comme dessert un cheesecake style Santander qui n’est pas un cheesecake new‑yorkais, ni un basque brûlé façon La Viña. C’est une spécialité cantabrique : un cheesecake ultra‑crémeux, généralement blanc, sans croûte, souvent servi froid, avec une texture presque yaourt grec / mousse. On le trouve dans les restaurants de Santander, notamment dans les casas de comidas modernes.


Les profiteroles au chocolat sont assez quelconques.


Comme vin rouge un Pomal Rioja 2025 de la Bodega Bilbainas, un simple tempranillo de couleur rouge cerise avec des reflets violacés. D'une agréable intensité aromatique, il se distingue par des arômes de violette, de fruits noirs et de réglisse, avec des nuances de vanille et de torréfaction.


Casa Antonio est l’une des inaugurations de cette année 2026 qui ne cherche pas à surprendre. La proposition gastronomique de Casa Antonio tourne autour de ces plats qui font partie de notre mémoire collective et qui ne passent jamais de mode. C’est l’un de ces endroits parfaits pour aller en-cas entre amis, pour un repas détendu ou pour emmener quelqu’un qui vient visiter Barcelone. Son ambiance chaleureuse, ses bons produits et sa cuisine nostalgique en font l’intérêt.

jeudi 16 juillet 2026

Can Llopis, Sitges

 

Sitges n’est probablement pas la destination la plus simple pour trouver un établissement en dehors des sentiers battus ne s’adressant pas à la clientèle majoritairement touristique comme on peur facilement se l’imaginer.  Le long du bord de mer bien sur plein de restaurants mais si vous voulez vivre une très belle expérience bien plus authentique c’est sur les hauteurs de la ville qu’il faut se rendre.


Le quartier où il faut se rendre s’appelle Poble Sec qui est un quartier résidentiel calme, légèrement en hauteur au nord du centre de Sitges séparé de la vieille ville par des voies ferrées, connu pour son atmosphère tranquille, ses rues paisibles et sa proximité avec la nature. Loin du tumulte du front de mer c’est ici que se trouve Can Llopis.


C’est censé être l’un des meilleurs restaurants du quartier, et même de Sitges. Les sources trouvées décrivent cet établissement comme une référence locale, loin des pièges touristiques, avec une cuisine de marché d’un niveau remarquable !


A la base c’est en cherchant quelques informations sur un certain chef appelé Marcel Mas que je suis arrivé chez Can Llopis. Selon ma compréhension Marcel vient d’une famille de cuisiniers d’’origine de Badalona, puis fût longtemps cuisinier chez Can Llopis, passa avant chez Capet et si je ne me trompe pas au Alkostat del mar en ce moment. Mais ses liens avec Can Llopis sont toujours fortement présents, étant je crois le petit ami de la fille du patron, Maria. Ce fût grâce a lui que j’obtins une réservation, sachant que cela ne serait pas malgré tout lui en cuisine mais qui leur donne parfois un coup de main.


A nouveau je devine que la personne qui nous accueille aimablement est Esteban ou Esteve Llopis qui est le patron puis maitre de salle, prêt à nous conseiller sur les produits du jour qui reposent sur la fraîcheur et la saisonnalité. Également dans l’équipe, Mònica Gasulla, et les enfants David et Maria. Esteban se trouvant assis au bar car le restaurant n’ouvre qu’à treize heures.


En entrant, nous voyons trois ardoises noires avec les plats du jour, où nous lisons des choses suffisamment tentantes pour susciter des doutes quant au choix.  Une cuisine de marché, des produits de la pêche, mais visiblement du très haut de gamme sachant que ces produits de la mer ne sont pas que simples mais aussi parfois rares. Le choix est compliqué au vu de l’envie totale de tout prendre mais Esteban sera de bon conseil. Ici c’est le produit avant tout au milieu de l’assiette !

Par exemple ces exceptionnels artichauts frits aux crevettes et sauce romesco. La friture est une technique toujours complexe à manier et rares sont celles qui sont des modèles du genre. J’ai eu mangé des artichauts confits ou frits mais souvent des éponges de gras…Ici ils sont parfaitement frits sans aucune trace de gras, un peu sur le mode andalou. Les crevettes sont elles aussi bien frites et s’associent magnifiquement avec le légume et l’on mange le tout avec l’onctueuse sauce.


Leur Bomba est en fait assez petite, plus comme un amuse-bouche mais elle aussi excellente avec une certaine finesse.


Autre excellente assiette avec ces calamars et piparras. Eux aussi ont été magnifiquement frits sans aucune trace de gras en bouche, les produits sont d’une parfaite fraicheur. Cette association est presque nouvelle pour moi et fonctionne très bien. En dessous une légère mayonnaise pour compléter.


Pour suivre des pulpitos qui sont tout simplement des tout petits poulpes — des mini‑poulpes — très appréciés en Espagne, surtout en Galice. Ils sont généralement cuisinés entiers comme ici, et leur texture est plus tendre et plus fondante que celle du poulpe adulte. Dans un peu d’huile d’olive, ail et persil.


D’excellentes queues de lotte découpées et petits morceaux, toujours cuites à la perfection et servies sur une légère sauce type mayonnaise, ciboulette et un peu de paprika.


Sans avoir demandé, Esteban nous fait gouter le délicieux ragoût d’haricots et petits calamars dans une base de sofregit : oignon, ail, tomate, huile d’olive.


Le vin suggéré est un Terres Organic Xarel.lo 2023 Penedes.  un Xarel·lo minéral, floral, très sec, avec un léger élevage en fût. Un blanc pale, tendu, avec une aromatique mêlant fleurs blanches, fruits frais, et des touches fumées / toastées issues de l’élevage partiel en barrique. Profil salin, équilibré, et structuré, typique de l’Alt Penedès.


La famille Llopis propose une cuisine honnête avec des produits de qualité. Une cuisine simple, sans autre aspiration que de plaire et qui est la clé de ce bar qui bénéficie d’une clientèle fidèle et des adeptes de la cuisine sincère d’Esteban, ainsi que de l’attention amicale de toute la famille. Les gens les aiment, les soutiennent et remplissent le restaurant.