lundi 16 mars 2026

Tabanco San Pablo, Jerez de la Frontera


Second « tabanco » de la soirée et pas des moindre, avec l’emblématique Tabanco San Pablo qui est l’un de ces coins qui condensent l’essence la plus pure de l’âme de Jerez. Probablement le plus ancien en ville car fondé dans les années 30, il a un impressionnant décor intérieur.

Situé dans le quartier de San Miguel, l’un des quartiers flamencos de la ville, il dégage l’atmosphère des tabancos de Jerez et le charme de ces espaces qui invitent à se rencontrer et à socialiser.


Ici on a conservé l’esprit originel des anciens bureaux de vin : fûts alignés, ambiance de quartier et conversations tranquilles autour de verres de fino et de tapas maison. A l’origine, c’était un petit bureau de vins en vrac qui vendait du vin des vignobles voisins et ceux qui venaient avec leur propre cruche ou bouteille étaient servis au verre.


Sa renommée ne tient pas à de grands spectacles ou à des décorations tape-à-l’œil, mais à son honnêteté : un vin bien servi, des produits locaux et une atmosphère authentique que peu d’endroits conservent.


Derrière le comptoir, les tonneaux dans lesquels les xérès servis dans le tonneau lui-même se présentent de façon imposante. Il y a toute la gamme, plus des sherries en bouteille. Vous pouvez les manger au bar ou aussi aux tables basses en bois avec bancs, réparties dans la cave ou sur la terrasse de la rue San Pablo. 


Des tapas traditionnels proposés dans la vitrine sur le bar; leur offre repose sur des recettes simples mais savoureuses, élaborées avec des produits frais et locaux. Mais aussi des conserves comme souvent appréciées par les consommateurs.

Des affiches de corrida d’il y a quelques décennies sur les murs. Des objets probables artisanaux, comme des scourtins ou harnais.



Xeres mais aussi bière avec la Cruzcampo, bière d’andalousie.

Une classique salade russe en ration servie sous formes de boules.


Plus qu’un bar, le San Pablo est une institution vivante des tapas de Jerez. Ses murs débordent d’histoire, ses fûts gardent le souvenir des vins anciens et ses clients témoignent d’un mode de vie où l’amitié et le vin ou autres alcools vont de pair.


samedi 14 mars 2026

Tabanco Plateros, Jerez de la Frontera


 

Première visite au Tabanco Plateros, une adresse légendaire en ville situé sur l’une des places les plus charmantes et populaires du centre historique.


Un tabanco est à la fois un bar à vin traditionnel et un lieu de sociabilité populaire typique de Jerez de la Frontera, en Andalousie. C’est un élément profondément ancré dans la culture du vin de Jerez et du flamenco. Puis l’on voit sur la devanture, «   Despacho de vinos » qui signifie que l’on vendait du vin de Jerez à emporter, directement tiré du fût.


Plateros pour orfèvre ou bijoutier ? Le nom « Plateros » provient du quartier historique où il se situe, dans la vieille ville. Le tabanco tire son nom de la Plaza Plateros, une place voisine et un quartier commerçant historique. Le mot « plateros » signifie orfèvre en espagnol. Les rues autour de cette place regorgeaient d’ateliers d’orfèvres. Comme la place et le quartier étaient associés à ces artisans, l’endroit a pris le nom de Plateros.


Le samedi soir, bien sûr…tout le monde s’y retrouve et on y reste même à l’extérieur car l’établissement installe des tables hautes.


Ce tabanco tente de retrouver les traditions des anciens tabancos avec la nouvelle vision des boutiques de vin modernes. On y trouve une grande variété de vins de xérès issus de la Cooperativa de las Angustias et d’autres domaines viticoles, servis lors de dégustations et également vendus en gros, selon la demande du client.


On y boit du sherry (fino, oloroso, amontillado…) directement depuis les « toneles » en bois, ou autrement de la bière, du vermouth et du vin, on mange des tapas simples, on écoute ou pratique le flamenco, souvent de manière spontanée. Ils ont longtemps servi de scène aux « cantaores » locaux.


Un tabanco traditionnel se reconnaît comme ici, à un comptoir en bois, des fûts de chêne alignés derrière le bar comme ici.


On peut aussi prendre quelques tapas tells que des conserves et fromages de la province de Cadix ou de charcuterie, servis sur des plateaux spéciaux, fabriqués par un artisan de Jerez.


Dans ce magnifique tabanco, une atmosphère populaire, chaleureuse, parfois un peu brute, un mélange de tradition et de vie quotidienne andalouse.

Après avoir failli disparaître au début des années 2000, les tabancos connaissent un renouveau !

vendredi 13 mars 2026

La Caleta 102, Barcelone

  

Epatante et étonnante nouvelle ouverture que celle-ci…dans un quartier pas forcément reconnu pour de belles tables ou plutôt une avenue où je ne me rappelle pas d’avoir une seule fois mangé…Paral.lel… L'une des rues les plus emblématiques de Barcelone laisse des quais et se déplace en ligne droite pendant plus de deux kilomètres jusque la place d’Espagne. Le Paral·lel se remplit de cafés, de théâtres, de music-halls, de cirques et de cabarets, et le vaudeville et le cuplé (chanson populaire espagnole légèrement satirique et licencieuse) répliquaient aux représentations du Liceu. C'était la distraction pour les classes ouvrières, qui s'y rendaient en masse depuis les quartiers surpeuplés de Ciutat Vella.


Pas vraiment de belles tables dans cette avenue pas réellement fréquentée par le tourisme, plutôt de tout...et de rien…Mais voilà que vient de s’ouvrir une table de haut vol, une sorte d’OVNI arrivé on ne sait d’où… Il s’agit d’un nouveau projet gastronomique mené par deux personnes et un groupe  d’hôtellerie.



Le premier Yao, qui après de nombreuses années passées en ville, tombe amoureux de sa cuisine et de sa façon de vivre, parcourant des restaurants avec le rêve de créer un jour un espace à lui, s’inspirant de chaque expérience et la réinterprétant avec un style moderne et personnel.


Et Xavier Albert ou Xavi, originaire de Barcelone, amateur de cuisine et de tradition catalanes, avec un instinct particulier pour découvrir des lieux authentiques et une curiosité constante pour ce qui est contemporain. 


Le lieu a été remarquablement agencé ; le design est somptueux, on n’a pas fait les choses de manière bâclée car c’est le cabinet d’architecture et de design The Y Studio qui est responsable de cet agencement. Cabinet qui a une grande expérience et dont les réalisations sont plus belles les unes que les autres.


Une entrée par un bar pour soit prendre un verre, soit apprécier quelques tapas, tout de suite on trouve l’agencement magnifique, légèrement contemporain avec une prédominance des tons couleur brique, du bois, quelques tables hautes.


Un choix de vins au verre, des suggestions du jour, un bel endroit pour par exemple un déjeuner.


Ici la cuisine peut être qualifiée de méditerranéenne moderne sous forme de plats et dégustations, Fabriqué avec des produits de qualité et locaux comme par exemple ces magnifiques viandes maturées dans une vitrine réfrigérée.


Puis dans une autre salle, de belles tables élégamment dressées de nappes blanches. Comme je le disais au préalable, on ne se serait pas attendu a autant de classe de cet endroit. Un service absolument parfait tout au long de cette soirée.

Ce qui est déjà remarquable, c’est la très belle sélection de produits de la mer, souvent provenant du delta de l’Ebre ce qui est malheureusement rare à Barcelone. Une gamme de produits de première fraicheur et le tout tarifé sagement, sans exagération, ce qui n’est pas toujours le cas.

Par exemple ces excellents Canyuts du Delta à la plancha. Ici donc cuit avec un peu d’huile d’olive et un jus d’herbes. Un produit toujours aussi magnifique et confidentiel.


En parlant l’huile d’olive, celle qui est servie est vraiment excellente, celle de Aceites Unicos (Au) de variété Picual, une couleur vert fruitée caractéristique, elle dégage un arôme frais avec une touche de pomme et de bois, une amertume moyenne et un goût légèrement épicé. Une huile au corps remarquable et au goût prononcé en bouche.


D’excellents raviolis aux fruits de mer, sauce à l’américaine, et tartare de crevette. La sauce américaine est une sauce de la cuisine française. Parfois appelée à tort « armoricaine », son nom vient en fait de Pierre Fraysse, un cuisinier natif de Sète, auteur de la recette, qui avait travaillé aux États-Unis d'Amérique d'où son nom. Les ingrédients entrant dans sa composition sont : des étrilles (ou autres crustacés, voire de simples carapaces), d’huile d’olive, du beurre, une garniture aromatique (carottes, oignons, échalotes, pas mal de tomates bien charnues... La pâte est fine, la farce gouteuse.


Encore une belle surprise avec le tartare d’anguille fumée à l’avocat et à la pomme. Encore un produit du delta de l’Ebre qui est excellent, tartare qui chance évidemment de celui au thon rouge ou non…Recouvert d’œufs de saumon.



Fameux beignets de morue avec une confiture a la tomate.


Et un riz « soccarat » méditerraneo, riz sec aux seiches et crevettes largement suffisant pour deux personnes et de qualité car le bouillon est parfumé. Le mot socarrat vient du valencien et signifie « légèrement carbonisé » ou « grillé en dessous ».


Un dessert original avec un mojito déstructuré, une glace au mojito avec une gelée au rhum. Frais, léger, pas trop sucré.


C’est Carles Briansó le sommelier qui propose une belle série de flacons tels que le Vinyes del Tiet Père Ostrea 2022, blanc de la région de Tarragone, cépage Macabeu, parfait avec un repas autour des produits de la mer.


Une belle surprise que cette nouvelle table qui se donne énormément de peine pour séduire une clientèle par forcément habituée à venir manger dans ce quartier ou avenue, le cadre est chic, le service au petit soin, la cuisine excellente, les prix modérés et les produits saisonniers excellents.

jeudi 12 mars 2026

Bodega Vidal, Barcelone

 

Une belle initiative que d’ouvrir un authentique bar à tapas dans ce quartier ou plutôt je devrais dire réouvrir un bar à tapas… qui est, à l’origine, un établissement où l’on sert des boissons accompagnées de petites portions de nourriture appelées Tapas, tradition culinaire typique de l’Espagne. Les tapas sont des petites portions (pas des plats complets) souvent variées et partagées comme par exemple des olives marinées, du jambon ibérique, de la tortilla, des croquettes, des patatas bravas, des calamars frits, etc.



Aujourd’hui, beaucoup d’endroits à Barcelone sons appelés bars à tapas mais sont en réalité des restaurants de petites assiettes, parfois gastronomiques, où l’on reste assis pour diner.


Dans la tradition espagnole, un vrai bar à tapas est simple, convivial et informel, centré sur la boisson et le grignotage partagé. Et c’est bien cela qu’est la Bodega Vidal !


Bodega ou bar de Poble-sec qui avait fermé il y a quelques mois de cela et qui par magie réouvre mais attention, pas avec n’importe qui et n’importe quoi ! C’est en effet l’équipe de la Bodega Gol et Bodega Manolo qui ont repris cet emblématique adresse. Roger Solé a repris cet établissement ouvert plus de nonante années afin de lui donner une autre vie, une autre chance, associé à Joan Romans en tant que directeur de l’établissement.


A l’époque c’était ce que l’on appelle en catalan « esmorzar de forquilla » qui signifie littéralement « petit-déjeuner à la fourchette ». Cela désigne un petit-déjeuner copieux et salé, composé de vrais plats chauds comme ceux qu’on mangerait normalement au déjeuner et qu’on mange donc avec une fourchette et un couteau, pas seulement un café et une viennoiserie.


Le lieu n’a absolument pas changé, probablement un peu de rafraichissement et c’est tout. Bar en acier, tables et chaises hautes, lampes et carrelage vert, une terrasse au coin de la rue, un comptoir avec un présentoir et les plats du jour. Tout est affiché sur le mur, peut changer d’un jour à l’autre !


Tonneaux en hauteur puis que l’on peut y acheter son vin, grand frigo métallique, tout a un charme très années 70.


Bières bien sur mais aussi un choix de vins au verre.


Salades, plats chauds type ragout, charcuteries, etc.. Plutôt des dressages, un peu de friture de dernier instant, certains plats ont peut-être été préparés dans les cuisines des autres établissements. Le succès, presque immédiat, a forcé certains plats à être effacés du tableau noir faute de stock pendant plus d’une journée.


La formule est simple et efficace : seulement deux prix pour ces tapas, 3,50 euros pour les rabaneras à bande jaune et 4,80 euros pour les rabaneras à bande verte. Une rabanera est un petit plat ou une petite coupelle utilisée pour servir des petites portions (olives, anchois, chips, etc.).


Beaucoup de plats portent le nom de famille « de la Gol », car ils viennent directement de Sant Antoni pour égayer la journée de toute personne ayant un minimum de sensibilité gastronomique. Vous pourrez bien sur vous référer au tableau derrière le bar, regarder ce qui est présenté derrière le comptoir et passer commande.

Des escargot « sal i pebre », qui sont un plat traditionnel de la région de l’Communauté valencienne.
En valencien/catalan, “sal i pebre” signifie simplement “sel et poivre”. Il s’agit d’escargots cuisinés dans une sauce très simple et rustique, généralement préparée avec : sel (sal), poivre (pebre), ail, huile d’olive, parfois paprika, piment ou herbes. Les escargots utilisés sont souvent des petits escargots sauvages appelés Theba pisana (très courants dans l’est de l’Espagne).


Aujourd’hui des tripes d’agneau, très tendres et vraiment, délicates. Cuisinées à la manière catalane (sans chorizo, bien qu’ils ajoutent du jambon haché) et terminés à la manière catalane, avec des amandes hachées pour finir la cuisson et un filet d'ailloli au moment du service.


L’excellente salade russe et bien entendu celle de la Bodega Gol,


De petites crevettes comme on trouve souvent plutôt en Andalousie.


L’esqueixada de la Bodega Gol qui est une salade traditionnelle catalane faite principalement de morue crue dessalée et effilochée. Une esqueixada classique contient : morue salée dessalée (bacallà) effilochée, tomates fraîches, oignon, olives noires, parfois poivron, huile d’olive et parfois un peu de vinaigre.


Un autre plat mijoté que sont les cailles marinées ou en escabèche, que Roger dit qu’elles préparent avec la recette de Borja de Granja Elena mais où il aurait un peu changé la quantité de paprika. Moelleux, tendre et acidulé. Une marinade canonique, légère et savoureuse.


Un moment de pur plaisir dans un cadre finalement devenu rare en ville, les grands classiques de Roger servis en tapas, que du bonheur et de l’authenticité !