dimanche 31 mai 2026

Finca Nebot, Barcelone

 


A priori en voyant cet établissement de l’extérieur on pourrait s’imaginer arrivera and un quartier colonial quelque part en Asie, Singapour, Penang ou n’importe quelle ville avec ce type d’architecture. Finca Nebot est une nouvelle adresse d’un groupe de restauration appelé No Hay Mañana et se situe à Poblenou. Nebot étant également le nom d’une famille qui possédait un magasin d’alimentation.


D’entrée je pourrai affirmer que c’est une nouvelle adresse qui ne tiendra pas du tout ses promesses.


Bien sûr, beaucoup de bonnes intentions comme ne pas reproduire les recettes traditionnelles telles que nous les connaissons, mais à sauver des plats, des saveurs et des gestes gastronomiques qui disparaissent des menus et des tables familiales. Cependant la réalisation, le service furent franchement des plus quelconques.


Le design intérieur, s’inspire du passé des colonies, principalement peut-être l’Asie et de la transformation industrielle de Poblenou, avec une grande salle chaleureuse, des étagères remplies d’objets, d’art, une cheminée et une atmosphère qui invite à s’attarder. C’est vraiment très bien pensé, inhabituel en ville, mais cela ne fait pas tout pour un restaurant.


La proposition gastronomique est classique sans l’être avec des plats connus mais revisités avec des ingrédients pas souvent vus dans les préparations. Carte assez courte.


Lorsque l’on choisit son repas, évidemment on sélectionnera les boissons et première constatation, la carte des vins est hors de prix, pas du tout alignée avec le niveau du restaurant qui n’est pas un étoilé Michelin. Je veux bien comprendre que l’on ait une carte de vins prestigieux mais il faut laisser le consommateur choisir le montant qu’il veut mettre. Ici il est très difficile de trouver une bouteille a moins de 35 à 40 EUR et cela va bien au delà. On se demande a quoi pense le responsable de l’établissement.


Ensuite toujours en ce qui concerne le vin…On vient sans arrêt vous remplis votre verre, comme si l’on vous forçait à consommer…. C’est très désagréable.


Puis, après le dessert…avant de demander l’addition…on vous demande si vous voulez une autre bouteille…De qui se moque-t-on ? Clairement on vous pousse à la consommation.

En ce qui concerne le repas… Une salade Finca pas trop inspirée avec un mélange de laitue, asperges vertes, pleurotes, tomates cerises, du chou kale, du bimi, des cacahouètes ou noix de cajou, une vinaigrette et peut-être de la romesco sur le côté.  Plutôt assez quelconque.


Leur Bravas No Hay Mañana sont sans grand intérêt ; des pommes de terre entières avec leur peau, écrasées…allons savoir pourquoi…molles…des sauces pas particulièrement bonnes, une rappelant dangereusement le ketchup…


Une casserole de fruits de mer…franchement insipide… Quelques moules et coques pour 24 euros dans une sauce marinière sans aucune saveur et rien d’autre…


On aurait pu espérer avec les coquilles saint jacques aux épinards à la catalane avec une crème au Payoyo. La cuisson est parfaite, le produit est bon mais le plat est vraiment trop salé. Le cuisinier n’a pas su pondérer la quantité d’assaisonnement.


Un plat plutôt bon que le lingot d’agneau qui est une pièce rectangulaire, compacte et régulière de viande d’agneau, souvent faite à partir de l’épaule (désossée, confite puis pressée), ou du collier / poitrine (cuits longuement puis moulés), parfois du quasi ou du filet, pour une version plus noble. La viande est cuite lentement (braisée, confite ou sous-vide), pressée dans un moule rectangulaire, refroidie, puis découpée en “lingots” avant d’être rôtie ou glacée comme ici. Si les saveurs sont là, l’agneau est vraiment tiède.



Comme vin blanc un Can Sumoi Garnatxa Blanca 2025 à 31 EUR, de couleur jaune éclatante et épurée. Il combine des arômes fruités purs avec de légères notes florales et de fines notes herbacées fraîches. Élégant au nez, avec des notes de raisin frais et des notes de fruits blancs. Il se distingue par sa fraîcheur, sa bonne acidité et son volume.


Une prestation plus que moyenne culinairement, on se focalise ici plus sur le décor qui est vraiment joli que la qualité de l’assiette, et un service qui en veut trop faire avec des vins à des prix peu amicaux.

samedi 30 mai 2026

Arturo, Barcelone

  

Probablement l’un des meilleurs et plus caché restaurant de Sants où vous ne risquerez pas de trouver de touristes car la clientèle est probablement à 90% locale ! Ce genre de table qui passe les décennies sans devoir faire de la promotion tapageuse sur les réseaux sociaux et qui de plus n’en a pas besoin car la qualité est telle que l’on y vient et revient.


Une petite rue à l’écart de l’artère principale de Sants, on se doit de connaitre l’adresse car one ne passerait pas forcément devant.


Une clientèle qui connait la cuisine du passé ou même actuelle, plutôt dans la cinquantaine et au-delà et qui n’a pas besoin d’avoir des assiettes faites pour les réseaux dont je parle mais plutôt tout simplement du produit, de la fraicheur, de l’excellence au niveau de la réalisation.



Un restaurant avec également plus de 50 années d’existence puisque né en 1972 qui propose une cuisine traditionnelle et familiale de marché dans une atmosphère chaleureuse et agréable. Le nom de l’établissement est lié à Arturo Jansà et son épouse Eulàlia Canals , ce sont désormais leurs enfants Carlos et Anna qui dirigent les locaux.


Un très joli bar pour probablement des tapas et un repas pour le déjeuner avec une vitrine qui est très bien achalandée en produits de la mer, ce qui est finalement rarement le cas à Barcelone.


Palourdes, crevettes, homard, mantis et autres coquillages.

La salle de restaurant de l’autre côté est assez élégante avec de jolies tables bien dressées, des nappes blanches, puis un service vraiment de qualité. Murs de briques, tableaux ; un espace confortable pour celles et ceux qui apprécient d’avoir une « vraie table » et non pas juste un coin…comme cela devient de plus en plus le cas.


La variété des assiettes, comprend des plats maison et traditionnels tels que des viandes grillées et du poisson et crustacés frais. La cuisine est également confectionnée avec des matières premières de la plus haute qualité. Quelques plats suggérés en dehors de la carte.

Comme par exemple ces simples mais délicieux artichauts à la braise et qui sont de plus légèrement confits, avec un peu de sel de Maldon.


Les bravas d’Arturo qui sont réputées pour leur originalité. Arturo a conservé plusieurs préparations emblématiques de son époque de bar à tapas. Les bravas font partie de ces plats “historiques”, préparés selon une recette transmise et inchangée, ce qui leur donne un goût très différent des versions modernes.


Des crevettes rouges de la côte, juste rapidement cuites, encore moelleuse et crues à l’intérieur avec un peu de sel.


L’excellente tranche de merlu a la Donostiarra qui est une préparation traditionnelle basque, originaire de San Sebastián (Donostia), où l’on sublime un excellent morceau de merlu avec un refrito chaud d’ail, piment et huile d’olive. C’est souvent cuite au four ou à la plancha) servie avec de l’ail doré dans l’huile d’olive, des guindilla (piment sec), un trait de vin blanc ou de vinaigre pour apporter une pointe d’acidité.



Une viande avec une Pluma Iberica Juan Manuel a la braise. La pluma est l’un des morceaux les plus nobles du porc ibérique. Située près de l’épaule, de forme triangulaire, fine et allongée (d’où le nom “plume”), très persillée, extrêmement juteuse, elle Se mange rosée, comme une viande rouge. C’est l’un des trois “morceaux stars” du porc ibérique avec le secreto et la presa. Quand un restaurant précise “Juan Manuel”, cela signifie qu’il utilise une pluma ibérique de très haute qualité, souvent bellota 100 % ibérico avec une une alimentation riche en glands (bellota). Servie classiquement avec de bonnes frites maison. Juan Manuel” fait référence à Jamones Juan Manuel, un producteur artisanal de Guijuelo (Salamanque).


Un plat bien local avec des tripes aux pois chiches. C’est le ragoût riche, gélatineux, parfumé, qui fait partie de l’ADN culinaire des fondes, bodegues et casas de menjar. Tripes de veau,  pois chiches, une sauce tomate à base d’oignon, ail, vin blanc, du pimentón (doux ou piquant),  parfois comme ici un peu de chorizo pour  parfumer   et surtout une picada (amandes, persil, ail) qui épaissit et parfume


En dessert, un xuixo de Gérone de la pâtisserie Can Castelló qui est l’une des versions les plus réputées et les plus fidèles de ce grand classique catalan. Une pâte feuilletée ou levée-feuilletée, roulée autour d’une crème pâtissière, frite dans l’huile, puis enrobée de sucre. C’est croustillant dehors, fondant dedans, avec un parfum de crème vanillée et une texture presque “beignet feuilleté”. Il a été inventé dans les années 1920 par le pâtissier Emili Puig, et est devenu un symbole de la ville.


Un vin blanc avec L’Avi Arufi Garnatxa Blanca 2024 Celler Pinol qui est l’un des meilleurs blancs de Terra Alta avec un élevage long en barrique neuve → style riche, ample, complexe; une “bombe de fruits blancs mûrs”.


L’endroit est né comme un bar de vermouth dans une zone où la gastronomie est peu variée, et a évolué pour avoir une clientèle fidèle à la qualité de ses plats et à la familiarité d’Arturo Jansá et de sa famille. Ils sont donc spécialistes des viandes grillées et des produits de la mer. Un restaurant qui est en dehors des modes mais qui vous assurera un repas de qualité avec un service parfait et des assiettes très bien exécutées.

jeudi 28 mai 2026

Algrano Bistro, Barcelone

 

Seconde visite chez Algrano Bistro, la première étant été en 2022 à Sant Antoni mais depuis cette date, une seconde adresse a été ouverte dans l’Eixample au vu du succès de la première adresse. A la tête de ces établissements qui sont des bistrots à pâtes, Gabriele Milani dont le parcours n’est pas anodin puisqu’il est passé par Lasarte et plusieurs autres célèbres tables parisiennes ou londoniennes. Est-ce que j’avais été émerveillé par cette première visite ? sans plus…donc une nouvelle visite dans ce nouvel établissement s’imposait.


A noter qu’aujourd’hui le chef est maintenant de retour chez le nouveau Bera de Martin Berasatagui et que probablement il peut compter sur sa brigade dans ses deux établissements.


Je ne sais pourquoi mais à Barcelone, dès qu’un nouveau restaurant italien ouvre, c’est toujours un flot de compliments sans aucun discernement. Je ne sais pas comment une clientèle venant directement d’Italie considérerait ces nouvelles offres, mais je doute que le niveau de « wow » serait aussi souvent élogieux que ceux entendus ici. Toujours est-il que cette nouvelle visite s’imposa.


Ce nouveau local est bien aménagé avec deux sections, la première étant devant la porte vitrée un peu comme une antichambre et le second avec un bar sur la droite et la cuisine au fond. Décoration avec des encadrements de bouteilles de vin sur les murs, tables en bois, nattes en paille au plafond, différents types de chaises autour des tables. Difficile de définir le style a part juste qualifier celui-ci de méditerranéen.


Une belle cuisine donc au fond où se préparent à la minute les pâtes et autres assiettes.


Pas vraiment de souvenir de cette proposition du jour mais ce fût le fromage du moment d’origine italienne accompagné de crackers et d’une confiture. Pas vraiment emballé, mais c’est plutôt dû au fait que l’on aurait pas dû prendre cela, les fromages ne sont pas des plats cuisinés et pour moi se mangent chez soi, question de goût.


Le Vitello tonnato est très bon, la viande parfaitement coupée de manière fine, plutôt assez ressemblante à du veau, ce qui est rare en Catalogne. Souvent c’est du jeune bœuf. La sauce aussi, pas trop compacte, les câpres sur le dessus comme requis.


La Foccacia au romarin et tapenade est aussi excellente et c’est une vraie foccacia, à savoir que la pâte à focaccia est plus épaisse, plus alvéolée et contient généralement plus d'huile d'olive et de levure pour une texture moelleuse de pain. 


Une recommandation. Toujours prendre des plats de pâte « maison » car c’est là que l’établissement marque sa différence et de loin… Comme exemple, ces magnifiques Ravioli ossobuco qui seront le meilleur plat de la soirée.   La farce des raviolis est préparée avec de la viande de veau ou de boeuf effilochée provenant d’un ossobuco, mélangée à sa sauce riche et parfumée (tomate, céleri, carotte, oignon, vin blanc, parfois zeste de citron).  Les pâtes fraîches enveloppent cette farce fondante.   On les sert souvent avec une sauce légère au beurre et sauge, ou un jus réduit de cuisson du veau, mais ici avec du safran.


Ensuite des Linguinne tonno au thon rouge cru de la méditerranée, beurre fumé et poutargue. Comme je le disais, les pâtes ne sont pas maison, et même si parfaitement cuites, cela reste faisable chez soi à la nuance tout de même que le choix du thon est de qualité et difficilement trouvable en ville. Le thon rouge étant une délicatesse et provient de l’atlantique alors que généralement c’est du thon de méditerranée qui est servi et moins fin.


Même observation avec les pâtes mixtes aux seiches, une bolognaise de seiche de la côte et zestes de citron. C’est un plat rassurant, c’est une traditionnelle sauce bolognaise mais avec une saveur marine.


Un dessert avec un Affogato au café. c’est l’un des desserts italiens les plus simples… et les plus irrésistibles. C’est une boule de glace vanille “noyée” dans un espresso brûlant. Le mot affogato signifie d’ailleurs “noyé” en italien.


Comme vin, un Disco de Neo Ribera del Duero. Le Disco de Neo est une cuvée rouge de Ribera del Duero produite par Bodegas Neo, dans un style moderne et expressif, faisant partie de leur gamme officielle. C’est un vin moins connu que la cuvée “Neo”, mais issu de la même philosophie : Tempranillo puissant, fruit noir, boisé maîtrisé, et profil très “Ribera”.


Algrano est un excellent bistrot méditerranéen / italien moderne, appréciable pour sa cuisine fraîche, son service chaleureux et son rapport qualité‑prix ; une nette préférence pour les pâtes fraiches. Une utilisation de produits de qualité, des plats préparés sur place. Un mélange de cuisine méditerranéenne, italienne et bistronomique avec une constance et la maîtrise des cuissons.

mardi 26 mai 2026

Noumades, Barcelone

 

Souvent à la recherche d’un bar pour prendre un verre avant d’aller au restaurant, Noumades s’avéra être un endroit parfait dans ce quartier.


Noumades ou nomades, le mode de vie adopté par des personnes qui voyagent constamment (vanlife) par choix de vie. Et l’on apprendra que les propriétaires ont voyagé ensemble pendant plus de 30 ans à travers près de 30 pays jusqu'à ce qu’ils choisissent Barcelone comme maison, et vouloir partager leurs découvertes et leurs expériences avec tout le monde.


Noumades est un voyage sensoriel à travers les cultures et les paysages gastronomiques, un lieu pour ceux qui aiment la bonne bière, les vins naturels et manger si c’est aussi l’objectif. En commençant par la bière, ils choisissent leurs bières artisanales préférées (beaucoup locales) et les servent aussi fraîches que possible, directement sorties de l’un des robinets.



Bières également choisies à travers l’Europe en fonction des découvertes des propriétaires. Mais la bière n’est pas la seule boisson intéressante de la carte. Le propriétaire connaît beaucoup de vins et sélectionne ses vins naturels préférés parmi les domaines qu’il apprécie. Bières affichées dans une projection.



Des Noumades Pils Hüll Melon & Magnum, légères, rafraîchissantes et très facile à boire. Brassé avec du houblon cristallin, impeccable et fin, très équilibrée, elle s’impose avec une saveur maltée, très bien et un côté biscuité.


Ici tout le monde est nomade, voyageant entre boissons de bières artisanales et vins naturels élaborés par de petits producteurs, plats authentiques d'un monde sans frontières si on le souhaite, et au son des notes de vinyle et d'une playlist mondiale de qualité.