dimanche 28 mai 2023

Celler Panotxa, Barcelone

 

Voici un endroit plutôt original où l’on peut prendre un vermouth, boire une bouteille de vin tout en grignotant quelques tapas en écoutant Metallica ou autre groupe de hard rock. Le temple de l’apéritif où les amateurs de musique rock et heavy metal seront plus que bienvenus. On pourrait se dire que rock’n’roll est synonyme de bière mais pas ici !

Le propriétaire des lieux appelé David Huerta a su transformer l’ancien bar en quelque chose non seulement de convivial, mais d’original et aussi d’épicurien.


Une belle terrasse extérieure sur une petite place mais ne pas manquer de contempler l’intérieur avec un certain nombre de peintures murales et même au plafond, où les logos de ses groupes préférés sont maintenant exposés, ainsi que d’autres détails qui montrent clairement qu’ici, en plus de tirer et de boire entre autres de la bière, on y passe de la bonne musique.



Et c’est depuis je crois 2020, lors de la reprise du lieu par le patron que lors de festival de rock, c’est une foule de passionnés de musique qui viennent jusqu’ici pour prendre un verre, même des visiteurs de différents pays.


Intérieur avec donc une devanture avec les produits du jour pour la confection de petits plats et tapas. Boites de conserves de la mer, fromages et charcuteries.


Cellier le long des murs sur lesquels vous pourrez apprécier quelques disques, posters et peintures donc au plafond.

Ici en plus du beau choix de vins, le vermouth est artisanal, provenant de la maison Perucchi.

On passera un très bon moment dans ce bar décentré, original mais toujours plein pour de bonnes raisons.

mercredi 24 mai 2023

Casa Dorita, Barcelone

 

Retour après un certain temps à la Casa Dorita dans laquelle nous avions à l’époque apprécié ces quelques tapas et petits plats simples mais bien exécutés dans un charmant décor. Un gastrobar qui visiblement à résisté à la pandémie et non loin du marché de Sant Antoni. Je me rappelais leur dessert, un très bon riz au lait qui est un dessert faussement simple et qui ici était particulièrement très bon.


Toujours un comptoir comme dans une épicerie avec l’exposition de charcuteries, fromages et petits plats servis à table. Le décor n’a pas changé et est toujours aussi plaisant. Banquette, bouteilles exposées, lumières industrielles.


Une carte mais aussi des plats du jour qui sont tout à fait plaisants et qui oscillent entre cuisine andalouse, catalane et autres mets de viande.


Pour commencer un classique salmorejo parfaitement préparé. Je prends souvent cela qu’en j’en trouve car ce n’est pas si fréquent que cela d’en trouver en ville. Servi avec œufs durs et jambon ibérique.

Une salade de tomates de saison avec huile d’olive, oignons, et olives kalamata. Ici c’est déjà la saison des tomates et elles s’avèrent être bonnes.

Des pois chiches a la morue et épinards. C’est un plat traditionnel parfait à manger pendant les jours les plus froids de l’automne ou de l’hiver, bien que vous puissiez le manger quand vous en avez envie ou encore un plat pour le Carême.

Ensuite un Lagarto ibérique qui est le morceau de viande attaché entre la colonne vertébrale et la longe. C’est une pièce très allongée, étroite, exclusivement musculaire et constituée uniquement par le muscle iliocostal. C’est un morceau de viande très juteux et tendre qui m’était inconnu ! Servi avec pommes de terre rissolées et piments del padron.

Bien entendu ce fameux riz au lait qui est toujours aussi bon et lui aussi peu fréquent dans les restaurants.

Un Jané Ventura Reserva de la Música Brut Rosé qui est un cava rosé agréable, frais et fruité qui se marie bien avec tout grâce à sa douceur subtile.

L’adresse idéale pour un lunch dans Sant Antoni où l’on est sur de trouver une cuisine de tous les jours parfaitement réalisée.

samedi 20 mai 2023

La Campechana, Barcelone

 

Nouvelle table mexicaine en ville quoi que je devrais plutôt préciser qu’il s’agit de street-food car de vraies tables mexicaines à Barcelone, cela n’existe pas vraiment malgré ce que l’on peut penser. La nourriture de rue mexicaine, appelée antojitos (littéralement « petites envies »), est préparée par des vendeurs de rue et sur de petits marchés traditionnels au Mexique. Les aliments de rue ou street-food comprennent les tacos, les tamales, les gorditas, les quesadillas, les empalmes, les tostadas, les chalupa, les elote, les tlayudas, les cemita, les pambazo, les empanada, les nachos, les chilaquiles, les fajita et les tortas, ainsi que les fruits frais, les légumes, les boissons et les soupes telles que menudo, pozole et pancita. La plupart sont disponibles le matin et le soir, car le milieu de l’après-midi est le moment du repas officiel principal de la journée.

La cuisine mexicaine authentique remonte à l’époque des Indiens mayas et de l’empire aztèque. Les deux cultures sont entrées en collision, combinant des aliments comme les tortillas de maïs, les haricots, les piments, le gibier sauvage et le poisson. Lorsque l’Espagne a envahi le Mexique dans les années 1500, des aliments comme le porc, les produits laitiers, l’ail et d’autres herbes et épices sont devenus populaires. La cuisine mexicaine authentique est généralement cuite dans des poêles en fonte, cuites à la vapeur ou frites. Au fil des ans, la cuisine mexicaine a évolué en entrant en collision avec la culture américaine. Le terme pour ce nouveau style de nourriture a été surnommé « Tex-Mex ». 


Ici nous sommes donc à la Campechana qui est donc plus une table street-food qu’autre chose. Pas un inconnu puisque les propriétaires sont les mêmes que Costa Pacifico et Tlaxcal. Donc a priori un niveau qui devrait être équivalent mais cette fois une ouverture dans Poblenou dans un local qui auparavant s’appelait El 9 Porro.

L’intérieur a complètement été refait même si les murs en briques sont ceux d’origine, murs qui avaient été recouverts de plâtre. Aujourd’hui on revient au style que l’on apprécie bien à Barcelone, celui qui souvent rappelle un peu le style de Brooklyn, avec donc les briques et la tuyauterie apparente.

Tables en bois, probablement des chaises d’école récupérées, futs de bière en hauteur, comptoir et bar sur un côté et cuisine dans le fond. C’est plutôt informel, animé, parfait pour des repas entre amis avec un côté sans chichi, c’est d’ailleurs l’objectif puisque le lieu est aussi comparé à une cantine.

Au fond une seule et unique table plus grande pour disons huit personnes.

Carte de boissons avec bien sur des cocktails, avec une intéressante sélection de Michelada, plus originales que dans d’autres endroits. Une michelada est une boisson mexicaine à base de bière, de jus de citron vert, de sauces assorties (souvent à base de piment), d’épices et de piments. Elle est servie dans un verre réfrigéré à bords de sel ou plutôt d’un mélange d’épice appelé tajin. Il existe de nombreuses variantes de cette boisson à travers le Mexique car il existe plusieurs autres ingrédients facultatifs, tels que la sauce Maggi, la sauce soja, le Tajín, la sauce Worcestershire, la poudre de chamoy, les poivrons serrano ou la clamato comme celle que j’ai commandé.

Ici comme précédemment dit,  c’est street-food, et a part quelques entrées, principalement du tacos.  Le vrai tacos mexicain est un plat qui s’exporte, aujourd’hui, partout dans le monde. Ce met savoureux est certainement (avec la tequila) ce qui permet d’identifier à merveille la culture mexicaine. Ainsi, dans tous les pays du globe, vous pourrez goûter aux délices des tacos et surtout à Barcelone. Cependant, aucun d’entre eux n’égale à mon avis le goût onctueux des tacos du Mexique. En termes simples, tout comme les fajitas et les burritos, les tacos sont une tortilla dans laquelle on met des choses à l’intérieur. La différence entre ces plats est que les deux premiers utilisent des tortillas de blé, et pour les tacos, ils utilisent généralement des tortillas de maïs, qui sont aussi généralement plus petites. La sélection ici est plutôt très classique.

Les quelques sauces amenées au début sont assez bonnes : salsa roja, salsa verdei, huile pimentée et une quatrième dont je ne me rappelle plus les ingrédients.

Pour commencer un honorable guacamole avec des totopos. Bien fait mais un peu fade à mon gout, cela manque singulièrement de relief, d’acidité et un côté plus pimenté.  Les totopos sont eux de qualité.

Puis deux types de tacos que l’on essaie de choisir selon leur originalité. Tout d’abord des tacos à la langue. Je ne sais pas si c’est du bœuf ou du porc. Sans aucun doute, au Mexique l’une des parties les plus populaires et les plus savoureuses est la langue. Cuite normalement dans un bouillon mijotant doucement, assaisonné d’une combinaison subtile d’herbes et d’épices, jusqu’à ce qu’elle soit tout à fait tendre. Ensuite, elle est pelée, coupée en dés et saisie rapidement avec des oignons hachés et une pincée de sel. Cela doit donner une garniture parfaitement dorée, fondante dans la bouche.  Ayant un goût de gibier et cette texture ridiculement tendre, la meilleure salsa pour l’associer est une salsa verde acidulée et percutante... Et un must: garnir avec de la coriandre fraîche et brillante.

Autre tacos, celui aux légumes la Campechana et crevettes. Un peu moins emballé car j’aurais souhaité trouver de l’avocat et non pas du brocoli, puis de la tomate. Les crevettes ne sont pas non plus de grande qualité.

Pour fini un shot de Mezcal offert par la maison.

Une prestation assez classique, une offre culinaire un peu banale et qui ne se distingue malheureusement pas de beaucoup d’autres taquerias, mais le lieu est plaisant et l’ambiance joviale.

mardi 16 mai 2023

Granja Elena, Barcelone

 

Retour dans mon antre préféré, cette adresse toujours aussi gourmande où ne se lasse pas de venir et de revenir. C’est devenu pour moi la référence en ville car tout est ici toujours parfait, des assiettes de saison aux choix de vins, des associations faussement simples aux assiettes intemporelles, cette cuisine que l’on recherche depuis toujours à Barcelone et tellement rare. Pas d’esbrouffe, du plaisir comme nulle part ailleurs et je pèse mes mots.

J’aime cette petite salle avec un nombre limité de tables, ce service toujours aux petits soins et cette générosité avec parfois quelques dégustations inattendues. Aujourd’hui Borja quitte ses fourneaux et vient même nous présenter ses plats hors carte, car tous les jours il y a des mets non répertoriés bien entendu liés aux arrivages du jour.

Premier service aux alentours de treize heures et c’est parti pour se faire à nouveau un voyage culinaire comme seul le chef sait les faire ! Les gens s’installent, tout le monde semble être à la fête, ce qui en fait un lieu vraiment privilégié.

Comme d’accoutumée, après avoir choisi nos plats, un verre de vin blanc car les propositions de Patricia sont toujours parfaites. Cette fois-ci un Las Tinadas Airén de Pie Franco Vino de la Tierra de Castilla IGP Bodegas Verum, un vin jaune paille avec des reflets dorés, très minéral, avec des notes de pierre mouillée, et complexe, avec des notes d'herbes aromatiques, de pêche blanche, de poire, de fenouil et de pamplemousse. La finale saline apporte une belle fraîcheur.

En guise de bienvenue, de délicieuses croquettes de jambon ibérique (recette originelle). Granja Elena sert l’une des meilleures croquettes que vous puissiez imaginer. Évidemment, en relation avec mes goûts. Elle répond aux exigences de la texture souple de sa garniture, de la saveur intense du jambon et de la délicatesse de sa couche croquante. Ce qui, pour moi est un modèle, puisqu’il s’éloigne des seules croquettes crémeuses de béchamel des restaurants du Nord ou de l’excès de viande présent de certaines croquettes par ici.

Un plat d’une incroyable légèreté, une salade de poireau en escabèche avec un tartare de ventrêche de thon. L'escabèche méditerranéenne se fait d'habitude plutôt avec du lapin, des sardines, ou des maquereaux que l'on fait mariner avec de l'ail et du vinaigre, mais ici avec cette délicate pièce de thon.

Plat phare de ce repas, la tortilla aux morilles fraiches entourée de panceta. Omelette généreusement fourrée de ces sublimes champignons, puis le tout entouré du voile de charcuterie pour amener encore plus de gourmandise.



Un plat qui pourrait déranger pour certains que je n’avais jamais mangé…la tête de cochon de lait entière frite comme à la Tasqueria ! Ce plat est évidemment spectaculaire, annoncé en hommage à Javier Estévez de La Tasquería à Madrid. Ce détail honore Borja puisque, les chefs sont très souvent « inspirés » et sans citer leurs sources d’ « inspiration ». Il est vrai que La Tasquería de Javi a popularisé cette façon de manger cette tête. Borja l’a surement améliorée par rapport à celle du Madrilène. Il viendra donc la nettoyer à table.


La tête est accompagnée d’une salade assaisonnée d’un grand vinaigre de xérès. Cela croustille, on mange aussi bien les oreilles, que les joues et la langue.


Pour continuer, on reste dans les têtes…mais cette fois-ci il s’agit de tête d’agneau complètement désossée et reconstituée avec un très bon jus, le tout sur un parmentier. Viande fondante plus dans l’esprit d’une plat tel que des joues et très différent du plat précédent.

Avec ce repas un remarquable Gresa Expressio 2012 Olivardots, de couleur cerise intense. Un vin complexe avec une expression de fruits rouges et noirs entourés de notes balsamiques, cacao et feuilles de tabac séchées. On peut aussi trouver des notes fumées. En bouche, nous trouvons des tannins fins et soyeux enveloppés par une finale longue et persistante.

Passage au dessert avec une très fine tarte chaude aux fruits secs et glace vanille, le genre de dessert d’une grande gourmandise et qui sent le beurre dans la pâte.



Avec cela un Moscatel de Setubal Alambre José Maria Da Fonseca 20 ans, vin de dessert produit au Portugal sur la péninsule de Setúbal. Ce vin est un assemblage de 19 millésimes, où le vin le plus jeune a au moins 20 ans vieux et, le plus ancien a près de 80 ans, résultant en un vin frais, complexe et riche.


Et un Canasta Cream 20 ans de Williams Humbert. Jerez avec un vieillissement solera en fûts de chêne vieillis pendant plus de 20 ans selon la méthode solera. Cépage Palomino & Pedro Ximenez - Élevage oxydatif.



A nouveau une expérience unique car manger de tels plats n’est pas monnaie courante à Barcelone, malgré le côté traditionnel, on est toujours dans une certaine manière moderne de cuisiner, les produits sont toujours de qualité et de saison, les associations d’une grande justesse, les saveurs uniques et les préparations particulièrement légères malgré ce que l’on pourrait s’imaginer. Le choix des vins est magnifique, l’ambiance très agréable, le service et l’accueil parfaitement au point.