vendredi 17 juillet 2026

Casa Antonio, Barcelone

 

Il y a parfois des moments où il faut emmener des gens manger des grands classiques de la cuisine espagnole ou catalane car ce sont en l’occurrence des étrangers, Trouver un endroit avec du charme, une impression de se trouver dans une adresse locale et Casa Antonio remplit bien ce rôle.


Une adresse qui est récente et qui a su répliquer le concept de cuisine de tous les jours avec des plats incontournables et réconfortants en ville, une cuisine honnête et simple.


La première chose qui attire votre attention en arrivant, c’est l’espace. Un extérieur assez original car il y aurait une sorte d’antichambre ou plutôt une terrasse dans l’entrée de l’immeuble avec quelques tables. De l’extérieur, on veut entrer à l’intérieur pour apprécier la structure et cette rénovation de très bon gout.


La décoration, signée par Babart Studio, mélange des éléments caractéristiques des domaines traditionnels, tels que le bois et la couleur rouge, avec d’autres éléments souvent présents dans l’architecture barcelonaise, comme la brique apparente ou une façade moderniste.


Du mobilier en bois, des ingrédients et produits visibles sur les étagères, conserves, chapelets d’ail ou de piments séchés, bouteilles de vin sur un très beau vaisselier.


Un comptoir avec ses vitrines réfrigérées, produits du jour et bien sur la possibilité de manger au bar.


Un éclairage chaud et de détails font le reste comme par exemple tous ces légumes et fruits exposés au milieu des étagères de ce bar.


Au fond, une salle à manger plus confortable et propice a un repas entre amis ou familial. La aussi un décor de circonstance toujours dans les mêmes tons et matériaux. Bouteilles sur des étagères, photos, légumes en vrac et bouquet de fleurs.


La carte est l’agrégation de tous les grands classiques de la région donc on vient ici pour s’en repaitre et non pas faire de nouvelles découvertes culinaires, donc pas de suprises.


Que de grands classiques comme une salade russe à la langoustine ; on trouve de l’œuf dur, de l’olive et ed la ciboulette.


Le pain à la tomate est plutôt bien fait avec de la baguette et un peu d’huile d’olive.


Les croquettes sont savoureuses, les premières à base de queue de taureau et les secondes au jambon.



La bomba de l’Eixample est fidèle a ce qu’elle doit être et sans surprise. Sa réinterprétation particulière de la bombe classique de Barceloneta. Tout est très équilibré ici : la proportion entre viande et pomme de terre, le croquant de l’extérieur et les sauces qui accompagnent sans masquer la saveur principale.



Des piments del padron.


Un artichaut confit avec des cubes de jambon ibérique ouvert en fleur.


Leurs cannellonis est plutôt fameux avec une belle farce, un gratinage parfait et une béchamel bien assaissonée.


Un simple calamar a la plancha a l’ail et au persil


Comme dessert un cheesecake style Santander qui n’est pas un cheesecake new‑yorkais, ni un basque brûlé façon La Viña. C’est une spécialité cantabrique : un cheesecake ultra‑crémeux, généralement blanc, sans croûte, souvent servi froid, avec une texture presque yaourt grec / mousse. On le trouve dans les restaurants de Santander, notamment dans les casas de comidas modernes.


Les profiteroles au chocolat sont assez quelconques.


Comme vin rouge un Pomal Rioja 2025 de la Bodega Bilbainas, un simple tempranillo de couleur rouge cerise avec des reflets violacés. D'une agréable intensité aromatique, il se distingue par des arômes de violette, de fruits noirs et de réglisse, avec des nuances de vanille et de torréfaction.


Casa Antonio est l’une des inaugurations de cette année 2026 qui ne cherche pas à surprendre. La proposition gastronomique de Casa Antonio tourne autour de ces plats qui font partie de notre mémoire collective et qui ne passent jamais de mode. C’est l’un de ces endroits parfaits pour aller en-cas entre amis, pour un repas détendu ou pour emmener quelqu’un qui vient visiter Barcelone. Son ambiance chaleureuse, ses bons produits et sa cuisine nostalgique en font l’intérêt.

jeudi 16 juillet 2026

Can Llopis, Sitges

 

Sitges n’est probablement pas la destination la plus simple pour trouver un établissement en dehors des sentiers battus ne s’adressant pas à la clientèle majoritairement touristique comme on peur facilement se l’imaginer.  Le long du bord de mer bien sur plein de restaurants mais si vous voulez vivre une très belle expérience bien plus authentique c’est sur les hauteurs de la ville qu’il faut se rendre.


Le quartier où il faut se rendre s’appelle Poble Sec qui est un quartier résidentiel calme, légèrement en hauteur au nord du centre de Sitges séparé de la vieille ville par des voies ferrées, connu pour son atmosphère tranquille, ses rues paisibles et sa proximité avec la nature. Loin du tumulte du front de mer c’est ici que se trouve Can Llopis.


C’est censé être l’un des meilleurs restaurants du quartier, et même de Sitges. Les sources trouvées décrivent cet établissement comme une référence locale, loin des pièges touristiques, avec une cuisine de marché d’un niveau remarquable !


A la base c’est en cherchant quelques informations sur un certain chef appelé Marcel Mas que je suis arrivé chez Can Llopis. Selon ma compréhension Marcel vient d’une famille de cuisiniers d’’origine de Badalona, puis fût longtemps cuisinier chez Can Llopis, passa avant chez Capet et si je ne me trompe pas au Alkostat del mar en ce moment. Mais ses liens avec Can Llopis sont toujours fortement présents, étant je crois le petit ami de la fille du patron, Maria. Ce fût grâce a lui que j’obtins une réservation, sachant que cela ne serait pas malgré tout lui en cuisine mais qui leur donne parfois un coup de main.


A nouveau je devine que la personne qui nous accueille aimablement est Esteban ou Esteve Llopis qui est le patron puis maitre de salle, prêt à nous conseiller sur les produits du jour qui reposent sur la fraîcheur et la saisonnalité. Également dans l’équipe, Mònica Gasulla, et les enfants David et Maria. Esteban se trouvant assis au bar car le restaurant n’ouvre qu’à treize heures.


En entrant, nous voyons trois ardoises noires avec les plats du jour, où nous lisons des choses suffisamment tentantes pour susciter des doutes quant au choix.  Une cuisine de marché, des produits de la pêche, mais visiblement du très haut de gamme sachant que ces produits de la mer ne sont pas que simples mais aussi parfois rares. Le choix est compliqué au vu de l’envie totale de tout prendre mais Esteban sera de bon conseil. Ici c’est le produit avant tout au milieu de l’assiette !

Par exemple ces exceptionnels artichauts frits aux crevettes et sauce romesco. La friture est une technique toujours complexe à manier et rares sont celles qui sont des modèles du genre. J’ai eu mangé des artichauts confits ou frits mais souvent des éponges de gras…Ici ils sont parfaitement frits sans aucune trace de gras, un peu sur le mode andalou. Les crevettes sont elles aussi bien frites et s’associent magnifiquement avec le légume et l’on mange le tout avec l’onctueuse sauce.


Leur Bomba est en fait assez petite, plus comme un amuse-bouche mais elle aussi excellente avec une certaine finesse.


Autre excellente assiette avec ces calamars et piparras. Eux aussi ont été magnifiquement frits sans aucune trace de gras en bouche, les produits sont d’une parfaite fraicheur. Cette association est presque nouvelle pour moi et fonctionne très bien. En dessous une légère mayonnaise pour compléter.


Pour suivre des pulpitos qui sont tout simplement des tout petits poulpes — des mini‑poulpes — très appréciés en Espagne, surtout en Galice. Ils sont généralement cuisinés entiers comme ici, et leur texture est plus tendre et plus fondante que celle du poulpe adulte. Dans un peu d’huile d’olive, ail et persil.


D’excellentes queues de lotte découpées et petits morceaux, toujours cuites à la perfection et servies sur une légère sauce type mayonnaise, ciboulette et un peu de paprika.


Sans avoir demandé, Esteban nous fait gouter le délicieux ragoût d’haricots et petits calamars dans une base de sofregit : oignon, ail, tomate, huile d’olive.


Le vin suggéré est un Terres Organic Xarel.lo 2023 Penedes.  un Xarel·lo minéral, floral, très sec, avec un léger élevage en fût. Un blanc pale, tendu, avec une aromatique mêlant fleurs blanches, fruits frais, et des touches fumées / toastées issues de l’élevage partiel en barrique. Profil salin, équilibré, et structuré, typique de l’Alt Penedès.


La famille Llopis propose une cuisine honnête avec des produits de qualité. Une cuisine simple, sans autre aspiration que de plaire et qui est la clé de ce bar qui bénéficie d’une clientèle fidèle et des adeptes de la cuisine sincère d’Esteban, ainsi que de l’attention amicale de toute la famille. Les gens les aiment, les soutiennent et remplissent le restaurant.

mardi 14 juillet 2026

Bar Alegria Gràcia, Barcelone

 

Le Bar Alegria existe depuis un certain dans l’Eixample es est surement connu pour le nom de Tomás Abellán est une figure montante de la restauration barcelonaise et ibizienne : restaurateur, chef, entrepreneur, et fils du célèbre Carles Abellán. Selon certaines sources un des acteurs clé de la nouvelle scène gastronomique catalane, à la tête de plusieurs lieux devenus des références.


Mais celui qui est connu ou du moins dans le passé c’est son père qui fût collaborateur historique de Ferran Adrià et qui est toujours dans les cuisines de certains établissements comme Bar24 et les différents Tapas24.


Mais ici il s’agit de Tomás qui reprit en le Bar Alegria en 2029, ancien lieu fondé en 1899 où il créa une proposition de cuisine classique catalane, une sorte de vermutería, avec une ambiance populaire chic. Puis eut ouvert la Casa Luz en 2021 qui est un rooftop et finalement Casa Linda à Ibiza.


Sa cuisine peut être qualifiée de cuisine contemporaine, simple, sans artifices, donnant une grande importance donnée à la qualité du produit, aux producteurs locaux, et à la légèreté des plats. Un héritage de la créativité catalane (influence indirecte d’El Bulli via son père).


Aujourd’hui je vous parle du Bar Alegría Gràcia qui est la “seconde maison” du projet Alegría de Tomás Abellán : une « casa de comidas2 contemporaine installée dans l’ancien Can Tosca, au cœur de Gràcia. Une adresse profondément ancrée dans la mémoire du quartier, réinterprétée avec une cuisine simple, précise, centrée comme déjà mentionné sur le produit.


Une adresse du passé dans laquelle l’on a su préserver l’existant en créant un mélange de nostalgie et de bistrot contemporain.


Les sources soulignent que la rénovation a été confiée à Ramón de los Heros, connu pour Bar Brutal et Rocambolesc, avec une approche d’intégration plutôt que de transformation. Un artiste, scénographe et constructeur de décors catalan, connu surtout pour son travail spectaculaire dans les Festes de Maig de Badalona, où il a construit pendant 19 ans le célèbre Dimoni, la grande figure qui est brûlée lors de la fête populaire. Les sources le décrivent comme un créateur polyvalent, capable de transformer des espaces grâce à la matière, la lumière et des structures artisanales.


Le bar original en acier inox de l’ancien Can Tosca est conservé et devient l’élément central avec ses tabourets dans un style très seventies.


Les éléments historiques (volumes, textures, traces du passé) sont préservés et mis en valeur. Une série de tables face a ce comptoir.

La nouvelle illumination et le sol rénové apportent une touche contemporaine sans effacer l’âme du lieu

L’ensemble est pensé comme un bistrot moderne, mais enraciné dans la mémoire du quartier, un décor qui ne cherche pas à faire du vintage artificiel, mais à continuer l’histoire du lieu.

La carte est souvent présentée sur une ardoise en fonction des arrivages du jour, cependant vous choisirez probablement des mets qui sont des plus classiques.

Par exemple cette salade russe avec une mayonnaise plus fine, moins sucrée, moins lourde. des légumes bien cuits mais fermes, œuf de qualité.  Une agréable présentation, une finition simple mais precise et sans surcharge.


Ce poireau confit du Bar Alegría Gràcia ultra‑fondant, servi avec comté et noisette, dans une construction très nette, sans fioritures. Rien de superflu, tout est là pour le poireau.


Cannelloni traditionnel qui est l’un des plats les plus emblématiques de la cuisine catalane et ici  il est exécuté dans une version très fidèle à la tradition, mais avec la précision contemporaine typique de Tomás Abellán. Une farce riche et fondante, une béchamel légère mais profonde, pas de gratinage mais un fond de viande gouteux, et aucune fantaisie inutile.


Excellente viande avec une pluma Ibérique avec une sauce au poivre vert. Un mariage qui fonctionne magnifiquement : la pluma, juteuse et persillée, supporte très bien une sauce crémeuse et poivrée, légère, fraîche, et pas trop “brasserie française”, avec quelques jeunes carottes colorées parfaitement cuites.


Pour terminer un calamar pil-pil et son encre. Le calamar a une texture tendre, jamais caoutchouteuse. Le  Pil‑pil est très léger avec cette émulsion ail/huile qui apporte du gras sans lourdeur. L’encre apporte une profondeur iodée, c’est une sauce courte, brillante, nette. Une vraie signature méditerranéenne contemporaine avec les côtés iodé, ail, gras et pointe de piment.


Comme vin une Bouteille de Montsant Sileo 2024 80 % Garnacha + 20 % Cariñena, 13,5 %, élevage mixte inox + fût, style frais, fruité, honnête, très Montsant. Un vin équilibré, croquant, parfait pour les viandes grillées et les plats méditerranéens.


Tomás Abellán n’a pas créé un “nouveau concept” : il a réactivé un lieu historique, en respectant son âme. Avec une Cuisine catalane contemporaine, précise, centrée sur le produit, pensée pour être partagée, rester, et discuter.

dimanche 12 juillet 2026

El Chiringuito de Casa Bonay, Barcelone

 

La Casa Bonay c’est avant tout une association d’établissements dans ce très joli hôtel de l’Eixample. C’ est l’un des hôtels-boutiques les plus créatifs de Barcelone, installé dans un ancien palais de 1869 sur la Gran Via de les Corts Catalanes, au cœur de l’Eixample Dreta. C’est un lieu hybride : hôtel, espace culturel, cafés, bars, rooftop, très fréquenté autant par les Barcelonais que par les voyageurs.



Cette fois-ci c’est le rooftop que je découvre, appelé Chiringuito rooftop qui propose une ambiance plage, un barbecue et des tapas au soleil. On y accède par l’entrée majestueuse de l’hôtel puis en prenant l’ascenseur à la petite réception à droite au fond.


Une fois en haut vous arriverez sur une terrasse tropicale sur le toit, décorée dans un vrai style plage avec des lampes en osier, des chaises en rotin et de nombreuses plantes vertes qui apportent de la fraîcheur, en faisant le refuge parfait pour ces chaudes journées d’été. Sans oublier une vue magnifique sur la ville.



Tables basses, tables hautes avec tabouret, évidemment la réservation est impérative car il faut bien s’imaginer que l’endroit est très recherché et comme on peut se l’imaginer, grandement fréquenté par les expats au vu des langues parlées, anglais et français.


Partout des plantes tropicales, une terrasse en plein air douillette et un esprit décontracté de bar de plage. L’idée toute s’inspire du chiringuito, mais avec une touche plus urbaine.


L’ambiance est luxuriante et détendue, avec de la verdure bordant le toit et un coucher de soleil donnant à l’espace une lueur dorée d’une heure.


Ouvert jusqu’en novembre (il n’y a pas de date fixe) car le temps à Barcelone est souvent beau.


Ici l’esprit, ce sont des grillades, des petites assiettes méditerranéennes, des produits simples mais bien faits, idéal dans cette ambiance décontractée. Mais ce soir c’est plus que cela !

Casa Bonay propose une offre gastronomique appétissante qui fréquemment change de type de cuisine. Cette saison avec une proposition qui rend hommage aux saveurs du sud de la Turquie avec le concours de la cheffe Damla Çolakoglu avec une cuisine de la région d’Adana.

La carte comprend des des meze, des viandes grillées, des légumes et des pains moelleux, tous inspirés par la street food d’Istanbul et la cuisine à feu ouvert. 


Du babaganoush avec du basilic. Le babaganoush “turc” existe… mais ce n’est pas du vrai baba ganoush au sens levantin. Les sources montrent clairement que Le baba ganoush authentique est un plat du Levant (Liban, Syrie, Jordanie, Palestine), pas de Turquie. En Turquie, on trouve des variantes locales qui ressemblent au baba ganoush, mais qui sont différentes dans les ingrédients et l’esprit culinaire. Et effectivement, c’est plutôt un Babagannuş de Hatay qui est la seule version vraiment proche du baba ganoush levantin. On y trouve souvent comme ici aubergine grillée, poivron, tomate, ail, huile d’olive.  Souvent sans tahini, car la cuisine turque utilise moins le tahini dans les mezes. (Le tahini est l’élément qui définit le baba ganoush levantin.) Dans tous les cas c’est vraiment très bon et très bien réalisé.


Autre excellent mezzé avec un muhammara qui est aussi l’un des grands mezzés du Levant : une pâte rouge, onctueuse, originaire d’Alep (Syrie), à base de poivrons rouges, noix, mélasse de grenade, ail, pain et épices. Les sources confirment son origine syrienne et sa diffusion en Turquie sous le nom acuka. Elles précisent aussi la différence entre la version syrienne (poivrons rôtis) et la version turque (pâte de piment biber salçası).


Avec ces deux mezze d’excellente pitas maison qui en fait ne sont pas des pitas mais des pide, ou même des bazlama : un pain plat, moelleux, parfait pour accompagner mezzés, kebabs, muhammara, etc.


Ensuite des Kofte de bœuf avec des piments, tomates confites et Amba. C’est un classique absolu : juteux, parfumés, simples, et parfaits avec du bazlama, du riz pilav ou une salade d’oignons au sumac. Ici avec un amba qui est une sauce de mangue fermentée et épicée, née en Iraq, devenue ensuite un pilier de la street‑food israélienne (shawarma, sabich, falafel). On obtient un plat turco‑levantin ultra aromatique : la viande chaude, grillée, juteuse… et ce contraste acide‑épice‑fermenté de l’amba qui réveille tout. L’amba apporte acidité, fruité, piment, curcuma, fenugrec et donc ça coupe le gras et amplifie le goût du bœuf.


Servis sur un lavash qui est un pain plat très fin, emblématique du Caucase et du Moyen‑Orient, surtout Arménie, Iran, Turquie, Géorgie et les régions kurdes.

Autre magnifique brochette avec l’Adana kebab aux oignons, persil, et sumak. C’est l’un des kebabs les plus emblématiques de Turquie : un long kebab de viande hachée, monté sur une large broche plate, grillé au charbon, et originaire de la ville d’Adana, dans le sud du pays. Agneau haché à la main, souvent avec 20–25 % de graisse de queue (kuyruk yağı), indispensable pour le moelleux et la saveur, du piment rouge (pul biber) ou isot biber (piment d’Urfa), qui donne une chaleur lente et profonde. La viande est longuement pétrie à la main pour devenir collante et tenir seule sur la broche — aucun œuf, pain ou liant.  Et pour la caisson toujours au charbon.


Une très belle Bouteille de vin blanc avec un Meridiano Perdido Sobremar 2023 est un Meridiano Perdido 100 % palomino originaire de Viña La Trinidad dans le Pago de Añina, à Jerez de la Frontera, avec des vignes plantées en 1965 et enracinées sur l’albariza di tosca et les « barajuelas », très ouvertes et riches en calcaire d’origine marine. Le vignoble, exposé aux vents sans barrières naturelles, privilégie particulièrement des raisins frais et tendu : le résultat est un blanc essentiel, salé et fluide, conçu pour exprimer directement le caractère lumineux et côtier de Cadix.


Comme dessert, un Portokalopita qui a mon avis est plutôt un Revani / Kalburabastı, qui est un gâteau imbibé de sirop, comme la portokalopita.  Parfumés parfois au zeste de citron, rarement à l’orange. Une texture moelleuse, très proche du concept grec. Avec sur le dessus une glace vanille.


Bien sur que c’est une cuisine moyen-orientale et que l’on peut être rigoureux sur les noms des plats mais bien sur on s’adapte aux connaissances locales. Dans le fond tout est parfaitement cuisiné, présenté, gourmand, authentique et cela servi dans un cadre unique pour passer une délicieuse soirée à l’extérieur.