jeudi 12 mars 2020

Paz 19 by Sensi Tapas Bar, Barcelone


Nouvelle arrivé depuis l’été dernier dans cette rue qui malgré son impeccable situation, ses habitations souvent bourgeoises, n’avait jamais réussi à attirer de tables de qualité excepté quelques hôtels luxueux mais qui donnent plutôt sur le Passeig de Colom. Pas des inconnus puisqu’il s’agit du groupe Sensi, adresses fondées par les français Alexandre Dubourgais et Alexis Alary. Comme je l’écrivait il y a quelques temps, Sensi c’est plutôt dirons-nous un groupe de plus d’une dizaine d’années avec quatre types de bar à tapas plutôt différentes les uns des autres ; Gourmet Tapas by Sensi, Sensi Tapas, Sensi Bistro et Sensi Mezzanine tapas. Tous proposent des cartes et des ambiances différentes, mais ayant pour point commun la création de tapas plutôt créatifs mêlant spécialités espagnoles avec des touches de cuisines étrangères plutôt variées. Donc nous voici dans leur nouvel établissement appelé « Paz 19 by Sensi » dont le nom se réfère au Passage de la Paz. Comme dans les autres établissements, des tapas à se partager avec ici une cuisine méditerranéenne ce qui signifie, des influences de l’Espagne à l’Italie, la France, la Grèce, le Maroc et le Liban. De quoi contenter tout un chacun.


Un intérieur agréablement structuré avec le bar a gauche, des tables ci et la long des grandes fenêtres, un mobilier et une décoration sobre, un côté un peu industriel mais tout de même pas trop.



Une des particularités ici c’est que le lieu se transforme en bar après la fermeture des cuisines. Une atmosphère survoltée, parfaite pour les amateurs d’ambiance animée, de personnes qui également aiment sortir en groupe mais aussi des couples.




Comme précédemment énoncé, la carte propose une belle sélection de plats avec souvent des associations surprenantes mais aussi des recettes plus conventionnelles. On aura l’embarras du choix et difficile de ne pas y trouver son bonheur. Plutôt intéressés par des assiettes innovantes ou alors sur la qualité des produits nous nous partagerons une série de petits plats.

Par exemple ces impeccables joues de porc ibérique accompagnée d’une sauce à base de Porto, purée de céleri. Viande fondante, jus concentré et une bonne idée que de ne pas mettre de la pomme de terre comme c’est souvent le cas ici mais cette purée à la parfaite texture. Plat plutôt genre « comfort food » mais très gourmand.


Un poisson poêlé avec un filet de courbine avec un beurre au curcuma, carottes confites dans des jus d’agrume. Bar ou « corvina », quelque chose entre les deux, une cuisson précise, le beurre manié avec cette base d’épice utilisée pour les currys mais avec une saveur bien particulière, plus une légère émulsion avec les excellentes carottes.



Un intéressant confit de canard, sauce à l’orange et mousse de panais. En fait le canard n’est pas entier comme une cuisse mais présenté de manière effilochée comme un tartare. On appréciera l’accompagnement du légume qui a nouveau varie agréablement de ce que généralement on trouve sur les assiettes à Barcelone.


Plus classique, un risotto à l’encre de seiche, petits calamars, émulsion d’ail rôti. Rien a redire, tout est maitrisé dans la cuisson du riz et les saveurs de l’encre.


Comme vin, un Priorat Cal Pla 2016. En bouche, les saveurs de fruits noirs très mûrs sont combinées à des notes épicées et minérales, à une texture souple et volumineuse et à un tanin bien intégré.


Malgré que nous ne soyons pas très loin de la Rambla, voilà une adresse qui se hisse au niveau des offres alternatives du même groupe, avec une cuisine de qualité mais avec ici en plus une proposition nocturne qui devrait ravir tous ceux qui apprécient de continuer une soirée dans un même lieu après un repas.


samedi 7 mars 2020

Quiote Mezcaleria, Barcelone


Cela fait déjà un certain temps que les tables mexicaines ont pris d’assaut la ville, quoique l’on devrait plutôt dire « taqueria » car il n’y a pas vraiment de réelles tables mexicaines au sens propre à Barcelone. Les tacos et leurs accompagnements ne sont que des mets de rue au Mexique et la cuisine au sens propre est d’un autre niveau de sophistication. Maintenant il y a de bons et de moins bons tacos, et ici je ne connais qu’un seul établissement qui les préparent correctement mais cela ne m’empêchera d’aller en essayer ailleurs.


« Quiote Mezcaleria » non loin de Sant Antoni fût ouvert en fin d’année passée ne partage pas trop d’information sur son histoire sur la toile. D’après ce que je crois comprendre un jeune couple avec la femme en cuisine. Un intérieur assez neutre, sans artifices et presqu’un peu trop aseptisé. On passe devant un long comptoir et arrivons dans un fond de salle peut-être un peu trop lumineux.




Comme boisson avec le repas une Michelada tout à fait correcte encore que ma préférence soit qu’elle soit confectionnée avec du Clamato pour le côté un peu intense de la saveur de la palourde.


Bien entendu du guacamole mais ici préparé à la dernière minute avec de la pomme verte et accompagné de totopos visiblement frits sur place, quelques oignons rouges sur le dessus. Bien mais mériterait un peu plus de piment.



Et toute une série de tacos plutôt conventionnels comme par exemple le taco « Carnita », porc confit dans sa graisse, oignon, citron vert et coriandre. Les tortillas sont faites « maison », excellentes et non pas achetées comme dans la majorité des autres taquerias en ville. Tout est très frais et soigné, savoureux.


Des sauces sur le côté, elles aussi pimentées et réalisés sur place. Dommage que l’on ne trouve pas à la carte du « Pico de Gallo », une idée à leut transmettre car accompagnement aussi idéal pour ce genre de cuisine.


Le classique taco de « cochinita Pibil » du Yucatan, qui est du porc mariné dans l’achiote et épices, cuit dans des feuilles de bananier, oignons au vinaigre et citron vert. On aurait apprécié un peu de coriandre fraiche pour mettre dessus.


Un met un peu différent avec d’excellents Memelas Istmenas. Les memelas sont des gâteaux frits ou grillés à base de masa garnis de différents ingrédients frais consommés comme antojitos ou collations dans l'État d’Oaxaca, au Mexique, qui a ses origines dans la nourriture préhispanique. Ils sont similaires aux tortillas de maïs frais, mais sont légèrement plus épais et généralement de forme oblongue / ovale. Memela est le nom local d'Oaxaca pour le sope et la huarache presque identiques servis dans d'autres parties du Mexique, mais avec des garnitures différentes. Le masa de maïs est aplati avec une presse à tortilla , pincé pour créer des indentations le long de ses bords, puis placé sur un comal chaud ou une plaque chauffante. Lorsque la base ressemblant à une tortilla est cuite et carbonisée là où la pâte frappe le métal chaud du gril et devient aussi moelleuse qu'un steak mi-cuit, elle est ensuite garnie. Ici le memela est réalisé avec du maïs bleu, saindoux, de la purée d’haricots noirs, du bœuf cuit à basse température et légumes marinés.


Puis des tacos de langue de bœuf cuite à basse température, oignon et coriandre. Toujours un taco de qualité avec de la langue bien assaisonnée.


Autre jolie découverte avec un plat que j’aime particulièrement, un aguachile de crevettes. Le aguachile est une entrée mexicaine simple, rafraîchissante et relevée consistant en un plat avec des crevettes, marinées dans du jus de citron, avec oignons et piments et quelques gouttes de sauce soja. La salsa traditionnelle qui va avec est basée sur des piments serrano et parfois aussi des chiles Piquin, alors ce plat est supposé être relevé! De la même manière que pour le ceviche, avec l'aguachile les crevettes sont marinées encore crues dans du jus de citron, ce qui va au moins partiellement les cuire. Ici avec concombre, oignon rouge, citron vert, coriandre et piment serrano.  Simple mais vraiment très bien fait.


Indéniablement ce couple ont fait un effort pour une taqueria afin de se différencier en proposant des réalisations intéressantes et « maison ». C’est bien cuisiné, authentique, on aimerait peut-être un peu plus de piment ou alors servir des sauces plus fortes et aussi en plus grande quantité. Proposer quelques plats moins fréquents est une excellente idée et assurera le succès de cet établissement rondement mené

dimanche 1 mars 2020

V de Vermut, Barcelone


Etablissement assez récent à Sant Antoni à quelques mètres de Paralell pour prendre un verre et bien entendu un vermouth comme le nom le laisse penser. Pas loin non plus de la station de métro de Poble Sec et au coin de deux rues, un emplacement assez stratégique pour celles et ceux qui viennent dans ce quartier avec les nombreuses salles de spectacle.


Un bar à cocktails et vermouth pour un public à la recherche d’un lieu un peu sophistiqué avec une ambiance unique et des boissons plutôt sophistiquées. Sur le trottoir, une terrasse face à cette devanture que l’on ne peut manquer avec son grand « V » illuminé le soir.


Un comptoir devant lequel l’on s’installe si l’on trouve un tabouret, quelques petites tables hautes sur les côtés.




Dans un coin face à la fenêtre, un DJ qui passe une musique plutôt agréable et non assourdissante.


La carte des cocktails est bien expliquée avec passablement de créations des mixologistes en place. Toujours une explication assez précise du type de breuvage. Par exemple le « Gin Basil Craze » à base de gin, jus de citron et basilic.


Ou encore le « Last Dance », à base de Gin à la camomille, poivre de sichouan, liqueur de poire et vin blanc du Chili !


Assuré de passer ici un excellent moment dans une ambiance branchée et de boire quelque chose de différent et sophistiqué.

mardi 25 février 2020

Equilibri BCN, Barcelone


Adresse presque confidentielle mais qui gagne a être découverte, celle de « Equilibri BCN » dans un quartier pourtant bien connu où se trouve la Sagrada Familia mais une ruelle un peu à l’écart. Un concept un peu différent des bars à tapas classiques, des restaurants péruviens ou méditerranéens, car ici c’est un peu de tout. Une interprétation méditerranéenne de la cuisine péruvienne !


Un intérieur plutôt cosy qui n’a rien de péruvien, assez intime avec des lumières douces, une ambiance assez tranquille, parfaite pour un repas que l’on souhaite passer en toute sérénité. Un bar classique où l’on peut prendre un verre si on le souhaite, quelques tables devant et une salle dans le fond. On peut penser que le lieu aurait été un autre genre d’établissement et simplement reconverti dans un style de cuisine différente.




Tables agréablement dressées, banquettes murales de cuir rouge, l’endroit a un côté aussi un peu classique et bourgeois.


Cette salle dans le fond est peut-être un peu plus moderne ou dirons-nous dans un style plus comme l’on voit souvent à Barcelone avec des murs de briques apparentes et un mobilier un peu scandinave, très tendance.


On appréciera la très belle table du fond réservée à de probables événements ou repas familiaux.


Une cuisine de petits plats méditerranéo-péruvienne bien pensée avec toute une série de plats assez alléchants. Également plusieurs sortes de riz et des plats de la mer.  

Pour commencer un ceviche de courbine au lait de tigre assez classique dans sa composition mais parfaitement réalisé sans trop d’acidité et un poisson juste légèrement passé dans le lait sans y avoir trainé. Maïs grillé, patate douce, oignon rouge, maïs blanc choclo, chips de banane plantain.


Pour suivre de bons artichauts confis aux chicharrons. La chicharrón au Pérou est fabriquée avec de la viande de porc bouillie avec des assaisonnements et des épices jusqu'à ce qu'il ne reste plus d'eau, puis frite dans sa propre graisse. Sur le côté une sauce type romesco.




Une déclinaison des bombas de la Barceloneta car celles-ci sont réalisés avec du piment Aji avec une sauce brava. Délicates et de tailles plus petites mais aussi fines en bouche. On appréciera le côté finement pimenté.



De très bons petits calamars à la plancha avec des champignons poêlés et piment panca. Parfaitement cuits, un petit jus d’herbes en complément. Ce piment rouge péruvien, est une variété de Capsicum baccatum est couramment cultivé sur la côte du Pérou et mesure 3 à 5 pouces de long et 1 à 1 1/2 pouces de diamètre. Il a une chair épaisse et des notes fruitées, il devient rouge foncé à bordeaux à maturité. Il est généralement séché au soleil dans les fermes et vendu sec. Il est très doux et s'il est épépiné et déveiné, il est considéré comme n’étant pas brulant mais est plutôt utilisé pour sa saveur et sa couleur. Les champignons en dessous amènent de l’originalité dans les saveurs.


Comme dessert, nous resterons dans le « faux classique » car nous serons surpris de découvrir une crème catalane mais ici revisitée car en diverses textures. Un côté presque semblable sur le dessus à sabayon, une vraie réussite qui reprend les saveurs de cette crème mais avec plus de légèreté.



Un vin sans histoire avec un Conde San Cristobal 2015 Ribera del Duero.


Une adresse qui à l’avantage de proposer des plats aussi bien classiques catalans que péruviens, certains mélangeant les deux techniques. Tous très bien réalisés et gourmands, on pourra donc venir en faisant plaisir à tout le monde et avec l’avantage que nous ne sommes pas dans une de ces vulgaires cuisines fusion. Tout est très bien cuisiné avec des saveurs et cuissons précises.