jeudi 28 mai 2026

Algrano Bistro, Barcelone

 

Seconde visite chez Algrano Bistro, la première étant été en 2022 à Sant Antoni mais depuis cette date, une seconde adresse a été ouverte dans l’Eixample au vu du succès de la première adresse. A la tête de ces établissements qui sont des bistrots à pâtes, Gabriele Milani dont le parcours n’est pas anodin puisqu’il est passé par Lasarte et plusieurs autres célèbres tables parisiennes ou londoniennes. Est-ce que j’avais été émerveillé par cette première visite ? sans plus…donc une nouvelle visite dans ce nouvel établissement s’imposait.


A noter qu’aujourd’hui le chef est maintenant de retour chez le nouveau Bera de Martin Berasatagui et que probablement il peut compter sur sa brigade dans ses deux établissements.


Je ne sais pourquoi mais à Barcelone, dès qu’un nouveau restaurant italien ouvre, c’est toujours un flot de compliments sans aucun discernement. Je ne sais pas comment une clientèle venant directement d’Italie considérerait ces nouvelles offres, mais je doute que le niveau de « wow » serait aussi souvent élogieux que ceux entendus ici. Toujours est-il que cette nouvelle visite s’imposa.


Ce nouveau local est bien aménagé avec deux sections, la première étant devant la porte vitrée un peu comme une antichambre et le second avec un bar sur la droite et la cuisine au fond. Décoration avec des encadrements de bouteilles de vin sur les murs, tables en bois, nattes en paille au plafond, différents types de chaises autour des tables. Difficile de définir le style a part juste qualifier celui-ci de méditerranéen.


Une belle cuisine donc au fond où se préparent à la minute les pâtes et autres assiettes.


Pas vraiment de souvenir de cette proposition du jour mais ce fût le fromage du moment d’origine italienne accompagné de crackers et d’une confiture. Pas vraiment emballé, mais c’est plutôt dû au fait que l’on aurait pas dû prendre cela, les fromages ne sont pas des plats cuisinés et pour moi se mangent chez soi, question de goût.


Le Vitello tonnato est très bon, la viande parfaitement coupée de manière fine, plutôt assez ressemblante à du veau, ce qui est rare en Catalogne. Souvent c’est du jeune bœuf. La sauce aussi, pas trop compacte, les câpres sur le dessus comme requis.


La Foccacia au romarin et tapenade est aussi excellente et c’est une vraie foccacia, à savoir que la pâte à focaccia est plus épaisse, plus alvéolée et contient généralement plus d'huile d'olive et de levure pour une texture moelleuse de pain. 


Une recommandation. Toujours prendre des plats de pâte « maison » car c’est là que l’établissement marque sa différence et de loin… Comme exemple, ces magnifiques Ravioli ossobuco qui seront le meilleur plat de la soirée.   La farce des raviolis est préparée avec de la viande de veau ou de boeuf effilochée provenant d’un ossobuco, mélangée à sa sauce riche et parfumée (tomate, céleri, carotte, oignon, vin blanc, parfois zeste de citron).  Les pâtes fraîches enveloppent cette farce fondante.   On les sert souvent avec une sauce légère au beurre et sauge, ou un jus réduit de cuisson du veau, mais ici avec du safran.


Ensuite des Linguinne tonno au thon rouge cru de la méditerranée, beurre fumé et poutargue. Comme je le disais, les pâtes ne sont pas maison, et même si parfaitement cuites, cela reste faisable chez soi à la nuance tout de même que le choix du thon est de qualité et difficilement trouvable en ville. Le thon rouge étant une délicatesse et provient de l’atlantique alors que généralement c’est du thon de méditerranée qui est servi et moins fin.


Même observation avec les pâtes mixtes aux seiches, une bolognaise de seiche de la côte et zestes de citron. C’est un plat rassurant, c’est une traditionnelle sauce bolognaise mais avec une saveur marine.


Un dessert avec un Affogato au café. c’est l’un des desserts italiens les plus simples… et les plus irrésistibles. C’est une boule de glace vanille “noyée” dans un espresso brûlant. Le mot affogato signifie d’ailleurs “noyé” en italien.


Comme vin, un Disco de Neo Ribera del Duero. Le Disco de Neo est une cuvée rouge de Ribera del Duero produite par Bodegas Neo, dans un style moderne et expressif, faisant partie de leur gamme officielle. C’est un vin moins connu que la cuvée “Neo”, mais issu de la même philosophie : Tempranillo puissant, fruit noir, boisé maîtrisé, et profil très “Ribera”.


Algrano est un excellent bistrot méditerranéen / italien moderne, appréciable pour sa cuisine fraîche, son service chaleureux et son rapport qualité‑prix ; une nette préférence pour les pâtes fraiches. Une utilisation de produits de qualité, des plats préparés sur place. Un mélange de cuisine méditerranéenne, italienne et bistronomique avec une constance et la maîtrise des cuissons.

mardi 26 mai 2026

Noumades, Barcelone

 

Souvent à la recherche d’un bar pour prendre un verre avant d’aller au restaurant, Noumades s’avéra être un endroit parfait dans ce quartier.


Noumades ou nomades, le mode de vie adopté par des personnes qui voyagent constamment (vanlife) par choix de vie. Et l’on apprendra que les propriétaires ont voyagé ensemble pendant plus de 30 ans à travers près de 30 pays jusqu'à ce qu’ils choisissent Barcelone comme maison, et vouloir partager leurs découvertes et leurs expériences avec tout le monde.


Noumades est un voyage sensoriel à travers les cultures et les paysages gastronomiques, un lieu pour ceux qui aiment la bonne bière, les vins naturels et manger si c’est aussi l’objectif. En commençant par la bière, ils choisissent leurs bières artisanales préférées (beaucoup locales) et les servent aussi fraîches que possible, directement sorties de l’un des robinets.



Bières également choisies à travers l’Europe en fonction des découvertes des propriétaires. Mais la bière n’est pas la seule boisson intéressante de la carte. Le propriétaire connaît beaucoup de vins et sélectionne ses vins naturels préférés parmi les domaines qu’il apprécie. Bières affichées dans une projection.



Des Noumades Pils Hüll Melon & Magnum, légères, rafraîchissantes et très facile à boire. Brassé avec du houblon cristallin, impeccable et fin, très équilibrée, elle s’impose avec une saveur maltée, très bien et un côté biscuité.


Ici tout le monde est nomade, voyageant entre boissons de bières artisanales et vins naturels élaborés par de petits producteurs, plats authentiques d'un monde sans frontières si on le souhaite, et au son des notes de vinyle et d'une playlist mondiale de qualité.




samedi 23 mai 2026

Mercado Central - Taberna Cevichera, Barcelone

 

J’aime toujours bien aller manger dans le quartier de Poble Sec (littéralement « village sec ») qui est un secteur dynamique et authentique situé entre la colline de Montjuïc et l'avenue du Parallèle. Ancien quartier ouvrier, il a su conserver une âme populaire et multiculturelle. Il offre un cadre de vie stratégique, très apprécié des locaux pour son ambiance animée et sa proximité avec le centre-ville. C’est là qu’à une époque existait un très sympathique restaurant appelé Mano Rota qui proposait une cuisine catalane avec des touches fusion.


La table a disparu mais la voici remplacée par Mercado Central, du chef Pablo Ortega péruvien de renom, reconnu comme l'un des ambassadeurs de la cuisine péruvienne en Catalogne. Formé auprès du célèbre chef Gastón Acurio ou il a travaillé chez Astrid y Gastón, le restaurant du chef péruvien le plus célèbre au monde. Ensuite il s'est fait connaître en dirigeant les cuisines de Ceviche 103, apportant une touche de fusion entre les saveurs du Pérou et la gastronomie catalane.


Ensuite Pueblo Libre, en mémoire du quartier de Lima où il a grandi. Là, il prépara les recettes habituelles, la cuisine traditionnelle péruvienne ainsi que la cuisine créole, puisque les livres de recettes péruviennes ont été nourries par les vagues d’immigrants italiens, japonais et chinois qui ont apporté leurs propres ingrédients et techniques.  Un chef qui a beaucoup appris sur la cuisine traditionnelle péruvienne avec des touches avant-gardistes.


Sa nouvelle adresse étant donc aujourd’hui Mercado Central Taberna Cevichera, un restaurant inspiré des marchés comme le Marché Central de Lima, des tavernes côtières péruviennes et propose l'une qui des plus vastes sélections de ceviches de la ville. Sans prétention, authentique, sans adaptation aux mauvais gouts pour séduire les européens.


La nouvelle structure du restaurant en longueur est assez similaire au précédent établissement avec ces murs de briques, le bar au fond devant lequel l’on peut manger, et le second à l’entrée a gauche plus pour la préparation des boissons et cocktails.


Catelles de couleur bleu, le mobilier lui a changé, au plafond de grandes nattes qui confèrent à l’endroit un peu rappelant un marché.



Pour commencer une « causa limena » que l’on appelle généralement « causa rellena » ou « causa a la limeña » (de Lima). « Rellena » signifie « farci » Et causa ? L’histoire nous dit que ce mets est né pendant la Guerre du Pacifique, en 1879, où le Chili a lutté contre le Pérou et la Bolivie. L’armée péruvienne avait tellement de mal à obtenir de la nourriture que les femmes collectaient des pommes de terre et d’autres aliments dans toutes les villes. Ainsi, elles ont créé ce repas qu’elles offraient aux soldats « pour la cause » (de défendre leur territoire). Voilà pourquoi « causa » ! Ici avec traditionnellement du poulet, de l’avocat et du piment jaune péruvien doux « amarillo » en sauce, une manière des plus classique de la préparer. Parfaite proportion entre les strates, et sauces gouteuses.



Bien entendu un ceviche ahumado, qui est une variante du ceviche classique dans laquelle le poisson ou les fruits de mer crus sont délicatement fumés à froid avant d'être marinés dans le jus de citron vert. Cette technique apporte une subtile saveur de barbecue qui sublime la fraîcheur du plat. Comme poisson de la corvina,  (connue en France sous le nom de maigre ou courbine) est un poisson blanc marin très apprécié pour sa chair fine et ferme, proche du bar, des langoustines, et un  lait de tigre au rocoto et piquillo qui sont deux variétés de piments originaires d'Amérique du Sud et très ancrées dans la culture hispanique, mais ils présentent des caractéristiques, des saveurs et des usages culinaires radicalement différents. Le piquillo doux et sucré, le rocoto est très piquant. Utilisation bien entendu des deux types de maïs que l’on met dans un ceviche, le choclo tendres et légèrement farineux, avec un goût moins sucré que le maïs doux et la cancha ;  Il s'agit de grains de maïs séchés et grillés à la poêle avec un peu d'huile et de sel jusqu'à ce qu'ils éclatent. Un vraiment excellent ceviche !


Un étonnant et délicieux plat principal, le Tacu tacu a lo macho qui est un plat emblématique de la gastronomie côtière péruvienne. Il associe normalement une galette croustillante de riz et de haricots (le tacu tacu) à un ragoût ou une sauce riche et épicée aux fruits de mer (a lo macho). C’est une sauce riche, légèrement épicée et très savoureuse, préparée avec divers fruits de mer (calamars, crevettes, moules, poulpe, etc.) cuits dans une réduction d'oignons, d'ail, de vin blanc, de bouillon de poisson et de pâte de piments péruviens. Ici avec également des petits pois. En fait la galette est remplacée par un excellent morceau de maigre.


Comme dessert le Tres Leches (qui signifie « trois laits » en espagnol) est un célèbre dessert originaire d'Amérique latine, particulièrement populaire au Mexique mais c’est aussi l'un des desserts les plus populaires et réconfortants au Pérou.  Il s'agit d'une génoise légère qui est généreusement imbibée d'un mélange de trois types de lait, puis recouverte de chantilly. Le biscuit est généreusement imbibé d'un mélange composé de lait entier, de lait concentré sucré et de lait concentré non sucré (lait évaporé). Le résultat est un gâteau extrêmement moelleux, riche, crémeux et très fondant en bouche.

Comme vin un Gerisena Tramuntanart produit par le Celler Gerisana, une cave située à Garriguella, dans l'appellation DO Empordà. Un vin blanc frais et sec, souvent élaboré à partir de cépages traditionnels de montagne comme la grenache rouge, offrant des arômes de fruits blancs et des notes de plantes aromatiques.


L'équipe en salle est très accueillante et experte, n'hésitant pas à expliquer les plats et à vous guider dans vos choix, une adresse bien agréable pour apprécier une cuisine péruvienne de qualité.

mardi 19 mai 2026

Piedra, Barcelone

 

Si vous adorez aller chez Berbena et Pompa du chef Carles Pérez de Rozas, sans aucun doute vous serez émerveillé par la nouvelle ouverture de deux de leurs anciens collaborateurs.


Lema Freire Maria Soledad et Gonzalo Francisco San Martín, respectivement cheffe et sommelier qui eurent donc travaillés dans ces deux établissements. On pourra en déduire que l’esprit de l’approche culinaire de Carlès aura probablement eu un impact ainsi que le choix de la cave qui s’avère être aussi complet que possible comme dans les deux autres adresses.


Ce nouveau restaurant se trouve plutôt bien positionné dans Sarrià-Gervasi non loin des Colmado Wilmot, du Bar Omar et son voisin Hijos de Javier, plus bien d’autres tables su quartier, donc un choix tout à fait pertinent.


L’intérieur est très bien pensé avec quelques tables en arrivant face a la superbe armoire à vin de l’entrée, d’ailleurs la même que chez Pompa. Une décoration assez zen, presqu’un peu à la manière nordique avec des murs unis de couleur blanc-crème, des tables en bois et des bouquets de fleurs très « nature ». Quelques marches et à un niveau inférieur quelques autres tables face à la cuisine devant laquelle l’on peut également manger.


C’est principalement Gonzalo qui assume le service et qui officie aussi en tant que maitre de salle et sa partenaire Lema qui a la charge de la cuisine avec quelques cuisiniers additionnels.


La cuisine de Piedra est absolument ce qu’il fallait que l’on ait à Barcelone, bien sur contemporaine, axée sur la qualité des fournisseurs, des produits de saison et un focus sur le végétal mais pas que. J’en parlerai par la suite, mais avoir Can Fisas comme fournisseur est un signe que l’on va trouver une cuisine de très haut niveau.


La carte tient sur une page, structurée classiquement entre entrées, plats et desserts avec la possibilité de tout partager. A mon grand bonheur, un certain nombre de plat qui mettent en valeur les légumes et cela ne sera pas du classique. Des assiettes qui aussi peuvent parfois avoir un clin d’œil à l’amérique du sud mais attention, il ne s’agit aucunement de cuisine fusion. Seulement l’utilisation de quelques éléments, ingrédients.



Par exemple une empanada et tomates vertes. A vrai dire l’empanada n’est pas quelque chose que je prends souvent car est devenu un peu fast food à Barcelone mais celui-ci fût exemplaire. Une empanada est donc un petit chausson en pâte feuilletée que l'on farcit avec différentes garnitures comme de la viande, du poisson, des pommes de terre, des légumes… Puis, on la cuit en entier. Les ingrédients varient selon les coutumes de chaque région. Les empanadas proviennent d'Espagne. C'est au moment où les Maures, ont envahi, en 1520, l'Espagne que les empanadas sont apparues. Par la suite, les Espagnols ont connu une grande période de conquête et sont arrivés en Amérique du Sud. Ils ont apporté avec eux les empanadas. Quelle que soit la garniture, la clé d'une bonne empanada est l'équilibre parfait des saveurs et des textures, chaque ingrédient complétant les autres. Et on appréciera la sauce un peu comme une salsa verde mexicaine.



Impressionné par ce chou au foie de poulet. Premièrement c’est une pâte complexe, cuite en deux temps, utilisée en pâtisserie pour de nombreuses réalisations sucrées et parfaitement réalisée. La mousse de foie est parfaite, légère, crémeuse et il faut presque mentionner inhabituelle ici à Barcelone ! Une bouchée qui a quelques influences techniques françaises.


De remarquables Cachete de rape, aji amarillo et pickles. Les cachetes de rape (joues de lotte) sont les muscles situés de part et d'autre de la tête de la lotte (le rape en espagnol). Très recherchés, ces petits morceaux sont considérés comme un mets de choix en raison de leur texture fine, tendre et sans arêtes, idéale pour les sauces et les ragoûts. Chaque poisson ne possédant que deux joues, ce produit est considéré comme un morceau très exclusif et prisé chez les poissonniers. La sauce sur le coté est à base d’'ají amarillo (littéralement "piment jaune" en espagnol) est un piment originaire du Pérou, véritable pilier de la cuisine andine. Reconnaissable à sa couleur jaune-orange vif et à sa forme allongée, il se distingue par son goût très aromatique et fruité, avec un piquant modéré (environ 30 000 à 50 000 sur l'échelle de Scoville). Il est rarement consommé cru tel quel, mais plutôt transformé pour intégrer les préparations. Puis quelques légumes au vinaigre type radis pour amener une touche d’acidité à ce plat de friture car les joues sont entourées d’une fine pâte.


Et c’est ensuite que viennent ces ingénieux plats de légumes avec tout simplement le premier appelé légumes de saison ou plutôt crucifères ! Les crucifères sont une variété de légumes d'une grande polyvalence culinaire qui sont consommés depuis des siècles en salade, cuits à la vapeur, cuits ou grillés. Ils incluent le chou, le kale, le chou-fleur, le brocoli, les bimis ainsi de suite… On les préparera de manière grillée ou braisée, avec toujours cette touche d’acidité parfaitement maitrisée, ici des graines de moutarde. C’est un plat absolument magnifique.


Nous poursuivrons avec des legumbres tiernas de saison. L'expression espagnole "legumbres tiernas" (ou verduras tiernas) désigne les légumes tendres, jeunes ou primeurs. Elle est utilisée pour décrire des légumes récoltés tôt dans leur saison de croissance, ou des variétés naturellement jeunes et fondantes. Il faut savoir que les légumes utilisés sont exceptionnels et proviennent de Can Fisas qui est un projet agroécologique et une exploitation agricole familiale située à Molins de Rei, dans le Parc Agraire du Baix Llobregat. C'est une famille de paysans qui en est à sa quatrième génération. Actuellement, c'est Lluís Fisas qui gère l'exploitation et ils Ils ont reconverti leurs champs pour pratiquer une agriculture écologique et durable, en plein air et axée sur les produits de saison (légumes, fruits et olives). Petits pois, fèves, pois mangetout, ciboule, sur une crème de panais montée au persil. Et un ajout surprenant mais idéal, des fraises blanches qui possède un goût similaire à celui de l'ananas. Ce plat de légume est sans équivoque l’un des meilleurs que j’aie pus manger !


La cuisine catalane a toujours intégré les abats : pieds de porc, tripes, rognons, foie, langue… Les ris de veau sont très présents dans les restaurants de Barcelone parce qu’ils s’inscrivent parfaitement dans la tradition catalane des abats, dans le retour en grâce de la cuisine “nose‑to‑tail”, et dans la gastronomie technique que beaucoup de chefs barcelonais revendiquent aujourd’hui. Ici parfaitement grillé enrobé d’une sauce type hoisin qui est une sauce chinoise épaisse, sombre, sucrée‑salée, utilisée comme condiment, marinade ou sauce de cuisson. L’assiette est complétée par des blettes juste poêlées.



Les desserts sont tout aussi épatants, avec tout d’abord des Nèfles, chou-rave, sorbet à la fraise. Mélanger un dessert avec un légume est une approche innovante, magnifiquement pensée et qui fonctionne a merveille. Le sorbet maison est une pure merveille.


Puis un autre clin d’œil a la France avec la tarte Bourdaloue et sorbet à la rhubarbe. La tarte Bourdaloue (ou tarte aux poires amandine) est un grand classique de la pâtisserie française. Née à Paris au XIXe siècle, elle se compose d'une pâte sablée ou sucrée garnie d'une fondante crème d'amande et de poires pochées. Elle est généralement saupoudrée d'amandes effilées et parfois d'un peu de sucre glace. Accompagnée d’une autre magnifique glace ou plutôt sorbet.


Avec ce fantastique repas, un vin blanc. Un Destellos Raul Moreno 2024 Pastrana & Miraflores. Le Palomino et l’Arinto qui révolutionnent le Marco de Jerez. Après s’être entraîné à travers le monde, Raúl retourne en Espagne, plus précisément à Jerez de la Frontera et à Sanlúcar de Barrameda, où en 2021 il ose planter de l’arinto, une variété blanche portugaise célèbre pour sa grande acidité. Et pourquoi pas ? Leur intention était d’obtenir suffisamment de raisins pouvant être assemblés avec du Palomino (une variété originaire du sud de l’Espagne) afin de maintenir et d’équilibrer l’acidité de leurs élaborations lorsque nécessaire. 


Un repas lumineux, une cuisine absolument enchanteresse qui met un joli coup de pied dans la restauration devenue répétitive à Barcelone depuis un certain temps ou qui tourne en rond. Une approche nouvelle sur la manière de cuisiner le légume sans tomber dans des assiettes juste végétales, en y amenant beaucoup d’idées, de personnalité. De très beaux et bons desserts, un cellier exemplaire…fort à parier que d’ici peu de temps les réservations deviendront difficiles…et tant mieux pour eux !