vendredi 25 novembre 2022

Bandini's, Barcelone

 

Il y a bien longtemps maintenant, j’aimais particulièrement ce Sant Antoni Glorios avec ces tapas de haute qualité et ce chef Nandu très focalisé par la qualité des produits. Une surprenante fermeture, un départ dans la cerdanya et voilà que lieu est donc repris il y a quelques mois de cela. Pas pour en faire à nouveau une sorte de bodega à tapas, mais plutôt un bar à vin avec également une cuisine plus bistronomique.

J’y allais plutôt à l’époque pour le déjeuner car le lieu était plutôt peu confortable avec principalement des tables hautes pour donc picorer. Avec les nouveaux propriétaires, ceci a été transformé de telle manière que l’on trouve maintenant de vraies tables comme un restaurant.

Les propriétaires aujourd’hui sont Carmen et Povel qui auparavant étaient au Can Cisa / Bar Brutal. Povel suédois de Malmö est donc en cuisine et Carmen en salle.

Tout d’abord la terrasse semble avoir été réaménagée et plus adaptée pour prendre un repas et il faut aussi souligner que l’adresse est devenue en peu de temps un lieu de rencontre pour aussi simplement prendre un verre avec un côté assez « trendy ».

L’intérieur n’a pas fondamentalement changé mais été repensé. Moins de lourdeur dans la décoration qui se traduit par moins de bouteilles et victuailles exposées comme ce fût le cas à l’époque. Mais comme précédemment dit, des tables basses, ce qui manquait singulièrement $ l’époque, bien que j’imagine le lieu était plutôt considéré comme un bar a tapas qu’un lieu branché avec une restauration plus bistronomique.

Ici les bouteilles sont aussi exposées mais le focus est comme maintenant dans beaucoup d’endroits les vins naturels qui sont proposés par Carmen.

La carte propose soit des snacks que l’on pourrait qualifier de tapas soit des plats à partager. Impossible de savoir ce qu’il y aura car quotidiennement celle-ci change en relation avec le marché tout prêt et bien entendu les produits de saison. Des produits ibériques ou méditerranéens, une belle sélection de plats avec également des ingrédients locaux mais souvent une touche innovante.

Par exemple nous démarrerons avec une étonnante assiette de bonite, haricots verts, poireaux et œufs. Un peu une salade chaude avec cette espèce de thon juste snacké comme un tataki, les légumes cuits à la perfection, un œuf mollet et quelques herbes fraiches. Une réelle impression de légèreté dans cette assiette très réussie.

Un poisson cuisiné un peu plus à la manière française, quoi que… du bar, pommes de terre nouvelle, beurre blanc et guanciale. Poisson cuit comme il se doit, le beurre blanc est un modèle du genre et j’avais quelques appréhensions sur le guanciale qui aurait pu rendre le tout très gras, mais ce n’est point le cas puisque ce ne sont que des petits cubes pôelés.

Ensuite un savoureux ris de veau, sauce piquillos, céleri. Une belle originalité que d’associer ce poivron basque très savoureux au croustillant du ris.

Les desserts ne sont pas en reste avec un vrai étonnement que ce cheesecake basque, fruits rouges. On sait que Barcelone propose déjà ce célèbre dessert dans plusieurs endroits mais celui-ci est tout aussi excellent et la sauce aux fruits une belle association.

Pour le vin rouge, sur les conseils de Carmen, un vin tout de même pas trop singulier comme c’est souvent le cas avec les vins naturels, un Los Comuns Estrem, un très bon Priorat bien structuré et sérieux. Saveur de fruits noirs riches frais en bouche, avec une finale un peu sèche caractéristique.

Il faut tout de même mentionner que le lieu est bruyant, très bruyant, en tout cas le weekend et que c’est ici un peu un lieu de rencontre ce qui fait que vous pourriez vous retrouver avec des gens debout tout autour de vous qui simplement prennent un verre. Donc si vous souhaitez un lieu calme avec peu de promiscuité, ce n’est pas ici. Vous serez prévenus. Ceci-dit nous avons beaucoup aimé ce concept de plats axés sur les produits, ces associations imaginatives, ces cuissons parfaites, et la qualité des assiettes. Le succès de l’endroit est indéniable.

mercredi 23 novembre 2022

Les évènements: Fira Vermut and Soul, 30 septembre, 1 et 2 octobre, Barcelone

 

Comme chaque année la Fira Vermut and Soul a eu lieu à côté du Port Vell, donc à côté des bateaux ou plutôt de la marina, mais cette fois-ci pas tout à fait dans le même emplacement, ici le Moll de la Fusta qui est en fait l’esplanade qui longe le passeig de Colom. Pas franchement mieux que l’emplacement de 2021, en tout cas avec un peu moins de charme.


Cette année c’est l’ouverture que je fais et à ma grande surprise, il y a nettement moins de stands de producteurs de vermouth que l’année passée, ce qui est un peu dommage.  Beaucoup de stands de nourriture avec des enseignes plutôt connues car souvent des tables en ville qui ont une branche food-truck.

Moins de stands de vermouth lié au fait du prix à payer cette année pour un emplacement ce qui peut expliquer ce manque de participation. Puis ce n’est pas le seul événement autour de cette boisson, ce qui peut aussi expliquer la participation.

En tout cas si cette manifestation s’est un peu transformée en une fête de food-truck, ce sont de belles opportunités de découvrir une street food de qualité. Par exemple le Fish and Chips shop qui avait plusieurs arcades en ville mais qui n’en a gardé que quelques-unes avec de bons poissons frits.

Gala Urban food avec toute une série de burgers et sandwichs, certains avec d’intéressantes associations d’ingrédients.


La Porca de Poble Sec que j’aime particulièrement pour ses plats à base de porc toujours extrêmement savoureux.


Le burger est vraiment roi ici avec La Capital.


Même pour les pizzas je découvre que Frankie Gallo chachacha du Raval a aussi sa proposition a l’emporter.

Pour le vermouth l’excellent Dos Deus propose son excellente gamme d’apéritifs.


La Vermood que je ne connaissais pas encore.

A Tu Bola toujours du Raval avec sa cuisine inspirée par Israël et bien entendu ses falafels.


Mon vermouth préféré, celui de Antich qui est vraiment exceptionnel car bien épicé, bien herbeux et point trop sucré.


Comme d’accoutumée des ateliers de dégustation.

Plus tard, animation avec musique et foule plus dense venue principalement pour s’alimenter. On espère que la version 2023 sera plus axée sur l’objectif premier de cet événement.

samedi 19 novembre 2022

Almarge, Badalona

 

Badalona est plutôt facile d’accès puisque l’on peut y parvenir même en métro. Une soirée là-bas afin de découvrir une table plébiscitée même par d’autres restaurants, celle de Almarge. On peut bien évidemment venir ici que pour faire de la plage mais pourquoi ne pas prolonger une journée en profitant de ce très bon établissement en plein centre, à cinq minutes à pied de la station de métro.

Le projet d’un couple qui a passé de nombreuses années chez Alkimia et qui ont ouvert cette adresse en 2019. Germán Franco dans la cuisine et Marta Rombouts sommelière qui gère la salle avec une grande connaissance des vins. Ils offrent une proposition décontractée, avec des plats reconnaissables, de qualité et bien exécutés. Une cuisine qui est entre des classiques locaux et quelque chose de plus inventif, un équilibre parfaitement atteint du moins en lisant la carte qui change très fréquemment en fonction des saisons et arrivages.


Un intérieur assez original sur deux niveaux avec une première section en entrant avec plusieurs tables soit surélevées, soit dans un angle avec une banquette face à un coin de travail et la machine à café. Catelles blanches principalement sur les murs. Un petit côté un peu scandinave.



Des bouteilles comme décoration un peu partout et une peinture murale de protestation peinte par Andrea Michaelsson, qui est une artiste aux multiples facettes mieux connue sous son nom d’artiste de rue, Btoy. Elle est née en 1977 à Barcelone, en Espagne. Btoy a commencé à peindre en 2001 dans les rues avec ses amis, avec qui elle a créé des peintures de différents styles. Petit à petit, Btoy a développé son style et ici cela représente Emilie Louise Flöge, créatrice de mode et partenaire de Gustav Klimt à Vienne au début du XXe siècle.

Plus au fond une autre salle à manger un peu plus conventionnelle éclairée par un patio intérieur vitré et des plantes dans des pots.



Dans la carte nous choisirons un ensemble d’assiettes à se partager, toujours avec des clins d’œil vers la Catalogne mais aussi des éléments du bassin méditerranéen et même la France. Comme par exemple ces délicieux œufs brouillés avec des champignons type chanterelles et blettes en escabèche. Léger, gourmand et idéal pour démarrer le repas.

Puis comme autre entrée, un très bon tartare de crevettes et poisson blanc préparé avec du jus de citron vert, de la crème aigre, le jus de têtes de crevettes pour sauce.

Ici, la morue est souvent préparée de manière assez différente à savoir avec les légumes de l’instant qui évidemment peuvent changer d’un jour à l’autre, ici oignons, tomates, olives Kalamata, cependant la base reste semblable avec un poisson parfaitement doré déposé sur une crème de pommes de terre.

Puis de fantastiques ris de veau aux cèpes et girolles avec un fond de sauce bien intense, un de ces demi-glacé pour lequel le chef à le savoir-faire.

Un dessert de saison avec de rafraichissantes figues avec un superbe sorbet au céleri et citron vert, crumble.

On se laissera bien entendu conseiller par Marta avec un Wiss Collita 2018 Marça. Un Montsant expressif avec des arômes de fruits murs, un peu compotés. Des notes épicées et balsamiques.

Vraiment une très belle table qui est dans ce que j’appelle cette école qui se concentre sur la qualité des produits avant tout, de solides bases culinaires, des associations jamais délirantes mais néanmoins toujours de la surprise lors de la dégustation. Indéniablement la plus belle table de Badalona.

lundi 14 novembre 2022

AÜRT Restaurant, Barcelone

 

Une première impression plutôt assez négative qui me laisse penser que ce repas pourrait s’avérer être une réelle tromperie. Il faut comprendre que nous sommes venus dans une table étoilée et qu’un certain nombre d’éléments sont attendus, entre qualité de cuisine, du service et un aménagement adapté. En préambule, il faut dire qu’il ne surtout pas se fier aux photos de l’établissement car celles-ci ont été choisies pour tromper la clientèle. Il ne s’agit clairement pas d’une salle de restaurant mais « d’un coin » dans un lobby d’un hôtel, où l’on retrouve également une autre section genre snacks et un bar-salon.

Il n’y a aucune intimité, c’est extrêmement inconfortable, très bruyant car des groupes de personnes déambulent dans la partie bar qui n’est aucunement séparée des deux ilots d’environ 6 ou 8 couverts pour les personnes qui ont pris l’option gastronomique de l’hôtel.

Ce problème est reconnu du chef qui est même absent ce soir…Alors pourquoi être venu dans cet hôtel ? C’est vraiment se moquer de la tête du client et on se demande comment on peut mettre une étoile à cet établissement ! Ensuite le service est approximatif, doit intervenir sur les côtés car la disposition de ces ilots ne permet pas de servir le client comme il se devrait.

Arrivés vers 20 :20 on nous signale que cela n’est pas encore ouvert…donc nous « colle » dans un coin de ce lobby puis c’est comme si on nous avait oublié… Nous sommes finalement conviés à s’installer aux deux dernières chaises hautes à l’extrémité d’une des tables de dressage. Pas vraiment d’explications, on attend… Finalement on daigne nous présenter une carte, le menu qui est tarifé à 120 euros.


Assis donc sur l’un des côtés vous pourrez voir pendant la soirée principalement une série de dressages d’assiettes, les ingrédients ayant majoritairement été préparés souvent à l’avance. Un menu composé de petites bouchées, une cuisine réalisée souvent avec des produits locaux, un mélange de plats classiques revisités ou parfois plus modernes. Chaque ilot ayant un ou deux cuisiniers dédiés.

Tout d’abord présentation du pain et du beurre avant d’avoir cette succession de bouchées et plats.


Nous commencerons par un thon blanc accompagné d’haricots de Ganxet. Un cube de poisson cru et une touche de crème d’haricot. Le haricot du ganxet est unique au monde car il est exclusivement cultivé dans une petite partie de la Catalogne, celle comprenant les terres du Maresme et El Vallès Oriental et Occidental. De taille moyenne, sa peau est légèrement rugueuse et peu perceptible. Quant à sa saveur, elle est suave et onctueuse, fine et persistante. Bon maintenant ça c’est pour l’histoire mais cela reste juste un morceau de poisson cru.


Ensuite un Fricando cru. A la base, le fricandó de boeuf est un classique de la gastronomie catalane. C'est un ragoût de bœuf cuit avec des champignons, principalement avec du moixernó ou du perretxico. De la même manière, que l’on peut utiliser des girolles, des champignons de Bordeaux ou des champignons de Paris. C'est donc un plat idéal pour l'automne en raison de la disponibilité des champignons frais. Mais ici cela se traduit par quelques morceaux de viande crue dans une marinade avec deux ou trois chanterelles crues. Pas de quoi s’extasier.

Un nouveau plat bien gourmand qui réjouira nos palais avec d’excellentes palourdes dans un curry vert méditerranéen.

Esthétique et appréciable tartare de seiches dressées sur une sorte de chips.

Ensuite une royale d’oignon assez minimaliste mais savoureuse. Normalement c’est un plat plus complet et noble car composé d’une duxelles, de fond de volaille, de crème, beurre, œufs, vinaigre etc… puis présenté comme une sorte de petit gâteau. Là c’est plus un flan dans une tasse à café. De grands noms pour des plats mais comme je l’ai déjà dit, un peu minimaliste.

Nous continuons avec de la presa ibérique au quinoa. Découpée comme des tranches de jambon puis soupoudrée de graines.

Premier plat que je considère comme étant un peu substantiel et particulièrement savoureux, intense en saveur et vraiment délicieux. La crevette rouge et mojo rojo qui est en fait  une sauce à l’ail, de couleur rouge (poivrons et piment) que l’on trouve le plus souvent lorsque l’on déguste de la nourriture canarienne et des tapas espagnoles. La crevette crue est fantastique et la sauce vraiment très bonne.

Très bonnes cèpes rôti dans une sauce aux amandes.

Le Pil-pil de calamars m’impressionne moins. La sauce pil-pil que l'on accompagne généralement avec crevettes ou morue à l'origine espagnole (plus précisément du pays Basque), est préparée avec de l'huile d'olive, de l'ail et du piment.

Puis une Romescada de rougets à la braise. Le romesco est la délicieuse sauce couleur rouille de la région catalane d’Espagne, est à juste titre populaire, servi avec du poisson grillé ou comme trempette pour les légumes. Il est généralement fait avec des poivrons rouges frais et séchés, des amandes grillées et des noisettes, une bonne quantité d’ail et du pain d’un jour frit dans de l’huile d’olive. Ces ingrédients sont pilés ensemble et de l’huile d’olive est ajoutée jusqu’à ce que le mélange ressemble à une mayonnaise rougeâtre rugueuse. Parfois, cependant, au lieu d’être utilisés pour la sauce, les mêmes ingrédients peuvent devenir la base d’un ragoût de poisson connu sous le nom de romesco de peix, ou simplement romescada comme ici. Si ce plat est bon et puissant, on est un peu dans le même registre de saveurs que le plat au mojo rojo.

Plat suivant du porc au barbecue avec des épinards égyptiens. Le fond de sauce très riche est a nouveau trop dans un registre écœurant comme précédemment mentionné. Toutes les sauces sont parfaitement exécutées mais trop semblables dans leur style.

Premier dessert assez léger avec fruit et feuille de figue.

Puis un toffee et croustillant de pain aux prunes.

Et des pêches de vigne et cardamome.

Le Mochi de caroube ne nous a pas du tout plus car vraiment gommeux. En résumé des desserts en dessous des meilleurs plats.

Quelques mignardises pour terminer.

Carte de vin assez onéreuse, je choisirai un Coca I Fito d’Or 2018 Terra Alta. Des arômes de fleurs blanches et de fruits blancs principalement, suivis d’une bouche merveilleuse et expansive avec des notes fraîches, citriques et onctueuses sur une longue finale sèche.

La fin de soirée deviendra vraiment pénible avec des hordes de touristes bruyante dans ce hall.

Définitivement un local inadapté, un service approximatif,  une succession de plats avec des hauts et des bas, un manque un peu de cohérence dans le concept culinaire, une déception.