mardi 21 août 2018

Bodega La Riera, Barcelone


Toujours à la recherche de lieux un peu différents à Barcelone, principalement des bodegas ; celle-ci vaut vraiment le déplacement car ne ressemble pas beaucoup à ce que j’ai pu voir au préalable ou que très rarement. Le genre de lieu avec une réelle authenticité, une clientèle toujours locale et parfois originale.  La « Bodega La Riera », ce n’est pas le genre d’endroit devant lequel l’on s’arrête sans connaître car se situe dans le quartier de Vallcarca.


Aujourd’hui une bodega très authentique dans un ancien espace historique où le relationnel a toujours été de prime importance, un lieu qui doit dater des années 40. Un lieu de rencontres, un espace culturel ouvert régulièrement et avec un large créneau horaire pour les habitants du quartier. Concerts fréquents, activités associatives mais bien entendu débit de boissons et tapas. A la tête de l’établissement, un groupe de jeunes qui forment l'Association des festivals alternatifs de Vallcarca. Ce qui impressionne en entrant, c’est cette salle de taille plutôt grande, un grand lieu carré inondé de lumière qui va de pair avec les grandes fenêtres qui s'ouvrent sur la rue. Des murs patinés, des tonneaux et évidement le comptoir.





Des éléments décoratifs simples, un grand miroir qui reflète l'intérieur, de petites ardoises où snot annoncés les tapas ou des sandwichs, de vieilles bouteilles en verre vert, des photos, des éléments floraux, des casiers à bouteilles, dans l'ensemble, cela crée une atmosphère plutôt très agréable.





Le bar est également très particulier mais délicieusement décoré avec ses ardoises, où l’on trouve proposés des salades, des assiettes et tapas. A noter que les ingrédients ne sont pas banals mais plutôt originaux. On trouve même proposés des vins bios, du salmorejo, de la tapenade pour de donner que quelques exemples. Musique rock et public plutôt alternatif.


Ici le vermouth est maison, la bière est fraiche, peut-être artisanale mais seulement en bouteille.


On observera la foule quin entre. Habitués, tout le monde semble se connaitre, s’embrasse…Ou alors quelqu’un arrive pour remplir ces bouteilles en plastique avec du vin au détail. Vente du tonneau ou alors bouteilles exposées selon ses envies.


Un espace qui a conservé de nombreux éléments originaux, une ambiance assez rock’n’roll, une fréquentation locale et originale, une ambiance très décontractée et de jolies propositions au bar pour les affamés.

lundi 20 août 2018

Bar Local, Barcelone


Probablement pas le genre d’adresse que l’on découvre par hasard car déjà en dehors du centre et même si vous vous rendez à Poblenou, je reste un peu perplexe que vous découvriez par hasard cette adresse. Cela explique peut-être pour quoi l’endroit s’appelle « Bar Local » car on n’y trouvera que des locaux. De plus ce n’est même pas dit qu’en passant devant vous a accordiez une importance car l’établissement n’est pas vraiment ce que l’on peut s’attendre d’un bar et encore moins dans ce quartier. « Bar Local » se trouve dans un immeuble moderne non loin de la Rambla, est effectivement un bar, un restaurant, un endroit de « coworking » et adresse pour organiser des événements.

Celle et ceux qui connaissent « Els Pescadors » non loin de là savent qu’il s’agit de l’un des meilleurs restaurants de poissons de Barcelone, bien entendu dans une gamme de prix supérieure. Si je parle de cette table c’est tout simplement parce que ce « Bar Local » ouvert depuis fin 2016 appartient à la même famille et que cet établissement a été imaginé dans un contexte où tout le monde devrait avoir le droit de trouver une table encore à des prix abordables. Table où l’on sert des tapas et petits plats à des prix populaires, dans un cadre sans prétention, assez moderne, un peu presque cantine, aseptisé mais où la nourriture a une grande importance.


Une fois arrivé devant l’entrée, on s’aperçoit que l’établissement propose également une terrasse au milieu d’une cour d’immeubles. Terrasse plutôt fréquentée mais nous préférerons l’intérieur.



Intérieur assez particulier car on ne sait pas vraiment si nous sommes dans un restaurant, un local de travail ou une cafétéria. On dira que c’est un peu tout à la fois et c’est sciemment voulu. Ensemble minimaliste avec tables et chaises blanches alignées, murs ou sols de béton et un côté de la pièce qui sert de bar, de rangement pour les boissons.




En cuisine c’est le chef Roger Nassarre qui travaille avec les mêmes matières premières de qualité et fournisseurs fournisseurs que chez « Els Pescadors ». Tous les produits sont ici de première qualité, locaux, écologiques et tout est confectionné sur place. Une carte très contemporaine mais qui s’écarte heureusement un peu des sentiers battus que sont ces lassants restaurants qui ne semblent savoir que faire des ceviche ou tatakis. Salades, fritures, sandwichs, des suggestions et des petits plats. Un choix de plats avec tout d’abord de simples moules du Delta de l’Ebre à la vapeur. Je dis simple mais en fait je réalise que malheureusement on ne trouve quasiment jamais ces moules sur les cartes. Ces moules de cette région sont commercialisées depuis le milieu du siècle dernier. Elles se distinguent par leur chair consistante au goût exquis, résultat de la richesse biologique des eaux des baies du Fangar et des Alfacs où elles sont produites. Le delta est un espace idéal pour la production de mollusques, l’eau douce associée à l’eau salée apportant plus de nutriments à la mer. Donc pas vraiment de sauce au goût puissant qui masque la qualité du produit mais seulement la qualité de saveur du mollusque.


Autre assiette qui peut elle aussi semble un peu banale mais finalement pas tant que cela. Les calamars avec une mayonnaise à l’encre de seiche. On sait que les calamars frits sont consommés sur tout le pourtour méditerranéen, très souvent en apéritif ou en entrée. A Rome par exemple, ils sont cuisinés en beignets avec de l’oeuf et servis comme entrée. En Espagne, Andalousie, en revanche, juste enfarinés puis frits, ce que je préfère nettement. Ici ils sont de première fraicheur, pas gras pour un rond, et légèrement enfarinés. Un peu de zeste de citron vert, le citron lui-même et la mayonnaise.


Un peu de légèreté avec une très fraiche salade marine avec de la laitue, du thon, de la morue, des anchois et une sauce Romesco, ce qui est assez original pur ce type de plat.


Un plat plus roboratif mais cuisiné de manière assez légère, des joues de bœuf bio del Pallars, cuites dans un vin rouge de Montsant. Viande fondante, sauce bien parfumée et le tout accompagné de pommes de terre rôties.


Le dessert que j’avais choisi arrivant à sa fin, ce ne fût qu’une petite portion de dégustation qui fût servie, une très bonne crème au citron et espuma de fromage blanc.


Et une gourmand crème au chocolat et dulce de leche, desserts tout deux point trop sucrés.


Un vin qui m’avait assez plu dans un autre établissement, le Naltres 2015 de la cave Olivera en D.O. Costers del Segre. Avec le cépage touriga nacional; des tanins doux et une bonne acidité.


Un lieu et concept qui mérite d’être applaudit car proposer en même temps à quelques mètres de la plage, un bar, une cuisine de bons produits avec de sympathiques tapas et petits plats, ce n’est pas si fréquent que cela. Une adresse qui se communique de bouche à oreille, connue par celles et ceux qui connaissent l’autre établissement précité et qui ravira toute personne qui souhaitent manger de manière informelle de fraiches et savoureuses assiettes.

dimanche 19 août 2018

Cuines Santa Caterina, Barcelone


Il y a de forte chance qu’un jour ou l’autre vous vous rendrez au marché de Santa Catarina si ce n’est pour faire des emplettes, en tout cas pour admirer les étals. Aux heures de midi ou plutôt début d’après-midi, une belle offre de restauration ni plus moins que dans le marché lui-même. Un lieu simplement appelé « cuisine de Santa Catarina ».  Etablissement qui fait partie d’un groupe ; l’assez connu Tragaluz. Groupe qui possède un certain nombre d’établissements non pas qu’à Barcelone mais ailleurs en Catalogne. D’ailleurs j’ai toujours beaucoup apprécié leur « Tragamar » de Calella de Palafrugell, une raison donc supplémentaire pour venir ici.


Un marché restauré avec passion, conçu par le regretté Enric Miralles et complété par sa veuve Benedetta Tagliabue, qui offre un cadre spectaculaire pour une certaines forme de restauration plutôt originale. Sous la superstructure en bois du marché, un bar à tapas et petit-déjeuner à l’entrée, un restaurant qui propose une certaine variété de spécialités culinaires influencées par différentes cuisines (méditerranéennes, asiatiques, végétariennes) et des produits (pâtes, riz, poisson, viande), tous servis sur des comptoirs élégants et de longues tables en bois. Quelque chose d’un peu Scandinave dans l’ensemble.




Une petite terrasse à l’extérieur, cette très grande pièce ou plutôt salle à manger très bien structurée et décorée. De la nature un peu partout avec des plantes en pots, de petits arbres, des murs décorés d’herbes avec une zone de plantes aromatiques, un côté aussi un peu épicerie, un lieu très plaisant et rafraichissant. Tables basses ou hautes et même adaptées également pour familles ou groupes qui font que l’on se sent ici tout à fait à l’aise. Sur un côté la cuisine ouverte avec les chefs portant des toques, chacun avec sa section particulière en fonction des types de cuisine.






Pas de réservation mais si c’est la qualité et la proximité de la source de nourriture que vous recherchez, cet endroit est l'endroit pour vous car le restaurant n'utilise que des produits du marché, extrêmement frais et de qualité. Le menu est plein de surprises et est présenté par catégorie, avec des types de plats (végétariens, méditerranéens, cuisine du monde dont l’Asie ou grillades), puis une liste d'ingrédients clés (légumes, riz ou pâtes, viande, poisson, œufs ou fromage).


Pas forcement intéressé par les cuisines du monde ni ce qui semble plutôt sans réelle particularité, nous optons pour une cuisine plutôt locale pensant que les produits seront bien entendu de qualité. Et c’est surprise après surprise que nous découvrons une très bonne cuisine qui pourrait sembler anodine mais en fait très pointue dans les assaisonnements et cuissons. Pour commencer, diverses variétés de tomates accompagnées de ventrêche de thon. Tomates mures et gouteuses ce qui est rare, thon de qualité, un peu de roquette et une huile d’olive avec des herbes. Simple mais parfait.


Un pain de qualité de diverses sortes.


Autre salade classique en Espagne, l’escalivada avec du fromage Tou dels Tillers. Aubergines, oignons et poivrons fondants en bouche. Bon assaisonnement et cet excellent fromage de Lérida non pasteurisé, avec une apparence un peu comme le brie de Meau, une texture riche, une saveur corsée et lactique. Au dessus quelques jeunes pousses et herbettes.


Un plat vraiment lui aussi classique mais devenu très rare ailleurs qu’en France et encore…que l’on ne trouve que très rarement en Catalogne. La raie au beurre noir, câpres et olives. Evidemment, on n’a pas lésiné sur le beurre qui n’est tout de même pas trop noir. La raie est superbement cuite, les câpres eux aussi sont de qualité car de type allongés et géants. L’olive étant en fait une tapenade.


Et la vraiment un exploit dans son genre pour les amateurs, la saucisse butifarra aux haricots de Sant Pau et foie-gras. Pas léger mais vraiment très bon. Saucisse type de pages est le butifarra le plus traditionnel. Fait de viande maigre, de bacon de porc, de sel, de poivre blanc et de poivre noir. Pour moi parmi les meilleurs haricots blancs qui existent, dans une sauce ou plutôt huiles au persil et ail. Et pour ne faire le régime, un morceau de foie gras poêlé sur le dessus… Jubilatoire.


Un petit blanc simple pour le déjeuner, un Verdejo Perplejo du Rueda 2017, des sensations végétales, avec une bouche crémeuse et volumineuse.


En voila une bien belle adresse, une cuisine très gourmande, pleine de fraicheur où l’on a le choix entre du « comfort food » et des assiettes plus internationales. Chacun y trouvera ce qu’il recherche, tout cela dans un superbe cadre avec un service vraiment performant.

La Pruna, Barcelone


Autre table du quartier de Sant Antoni où l’on peut trouver des petits plats de style méditerranéen et des tapas comme l’intitulé de l’établissement l’indique. Le genre d’adresse que j’appellerais « restaurant de quartier » qui se remplit principalement d’habitués avertis et en dehors des passages touristiques. « La Pruna » ce n’est pas l’endroit pour de grandes découvertes culinaires mais pour une cuisine sincère, des plats gourmands et une ambiance à la limite familiale dans un lieu plutôt contemporain.

Dans la calle de Calabria, une entrée dans un immeuble de début de siècle comme une entrée de service de l’époque car généralement ce type de porte mène à des pieces de demi-nouveau en dessous de la rue. Locaux souvent utilisés après rénovation pour des commerces comme bar et restaurants.


Salle en longueur qui a su préserver les structures anciennes avec les murs de pierre apparents, un incontournable comptoir dans cette première salle avec un ensemble de tables surélevées ou des possibilités de manger à même le comptoir. Lumières étudiées, lieu agréablement rénové mais vide ce soir car la clientèle se trouve dans une seconde salle.


Une fois la cuisine dépassée, une pièce unique avec ici un certain nombre de tables. Bien entendu pas de fenêtres mais le tout a été soigneusement été décoré de telle manière que l’on n’ait pas l’impression de se trouver dans le fond d’un couloir.



La carte est plutôt assez conventionnelle avec des tapas froids ou chauds, des salades, des petits plats à se partager, une section de plats cuits à la braise et des desserts. Il est évident qu’à première vue c’est plutôt assez classique mais chaque établissement met toujours souvent sa touche personnelle même pour des plats qui a priori nous semblent connus. On peut percevoir que certains produits lorgnent vers le bio et que certaines recettes sont inspirées de la Catalogne. Pour commencer quelques plats que l’on se partage comme ces sardines fumées avec une marmelade de tomates et olivada. L’idée est plutôt bonne mais bon, une marmelade de tomate même évidement faite maison cela ressemble tout de même un peu trop à du ketchup quelque soit la qualité et ce qui me gêne un peu c’est ce côté un peu trop sucré. L’olivada est un peu l’équivalent en France de la tapenade, mais la je la cherche encore sur l’assiette, quoique pas forcement adapté avec l’autre marmelade. Un filet d’huile, un peu de ciboulette ciselée.


Second tapas une coca de moules en escabèche, avec tomates et œufs de harengs. Un autre tapas un peu dans le même esprit que le premier avec cet incontournable et inutile sauce trop sucrée malgré un bon pain, une association moules, tomates et œufs de poisson bien vue.


On poursuivra avec leurs croquettes qui ici sont variées et originales. Nous prendrons les moelleuses au provolone, aubergines et tomates séchées. De forme ronde, croustillantes et bien assaisonnées.


Un plat plutôt particulier non pas pour l’intitulé mais le visuel avec les œufs brouillés aux calamars et encre de seiche. Il est coutume de servis de diverses manières les œufs brouillés en Espagne, souvent avec pommes de terre et jambon, mais ici le mélange est intéressant et goûteux. C’est seulement ce côté un peu noir qui est étrange à l’œil qui donne l’impression de manger quelque chose avec de la cendre, mais ce n’est qu’anecdotique. Peut-être un peu plus d’encre aurait été approprié.


La Presa ibérique avec des pommes de terre confites croustillantes et une sauce chimichurri qui suit est très bonne. Viande cuite sur la braise, fondante en bouche, la pomme amène une touche ici utilisée à bon escient.


En dessert une excellente crème catalane parfaitement caramélisée avec la bonne texture et surtout cette croute de sucre qui ici est parfaitement réalisée.


Il ne manquerait pas grand-chose pour améliorer les premières assiettes car la suite fut gourmande et bien cuisinée, le service très aimable et souriant, le lieu très agréable et les prix vraiment raisonnables.