Le marché de Miahuatlán de Porfirio Díaz,
dans la Sierra Sur d'Oaxaca, est beaucoup plus authentique et local que ceux de
Oaxaca de Juárez ou de Tlacolula. Il est surtout fréquenté par les habitants
des villages zapotèques et mixtèques environnants.
On y trouve notamment des fruits et légumes
de montagne, souvent cultivés localement des piments séchés, haricots, maïs et
herbes aromatiques, du pain traditionnel oaxaquénien, du café de la Sierra Sur,
du mezcal produit dans les communautés voisines, des vêtements et chapeaux de
travail typiques des zones rurales et bien sur un secteur alimentaire où l'on
peut manger des plats régionaux.
Côté gastronomie, Miahuatlán est connu pour
la cecina de Miahuatlán (viande de bœuf salée et séchée), les tamales de Amarillo,
les moles de la région, les chocolats et pains artisanaux.
L'ambiance est très différente du grand
tianguis de Tlacolula: moins touristique, moins spectaculaire, mais plus
représentatif de la vie quotidienne de la Sierra Sur. Si l’on aime observer les
marchés traditionnels et manger sur place, c'est une destination intéressante.
Le jour de marché principal est
traditionnellement le lundi, lorsque les habitants des villages environnants
descendent en ville pour vendre leurs produits. C'est ce jour-là que le marché
est le plus animé.
Pour quelqu'un qui s'intéresse à la
gastronomie oaxaquénienne, je dirais que Miahuatlán vaut surtout le détour pour
la cecina, le café de montagne et l'ambiance rurale authentique, davantage que
pour l'artisanat.
Un étal de très petits piments frais,
vendus en vrac dans des sacs plastiques. Ce sont très probablement des chiles
piquín (ou un piment sauvage proche, parfois appelé chiltepín selon la
région). Une très petite taille (environ 1 à 2 cm) , des couleurs variées :
vert pâle, jaune, orange, rouge et parfois légèrement violacé, leur forme
allongée avec une pointe marquee. Ces piments sont réputés pour être très
aromatiques, nettement plus forts que le jalapeño, utilisés dans les salsas
fraîches au molcajete et consommés également entiers avec du citron vert et du
sel. Il est fréquent de les voir vendus mélangés à différents degrés de
maturité, ce qui explique les multiples couleurs.

Pendant la période du Día de Muertos on
trouvera de grandes roscas ou panes de muerto. On reconnaît les gros pains
ronds légèrement aplatis, les graines de sésame sur le dessus, les petites
figurines colorées incrustées dans la pâte (bleu, rouge, jaune) qui représentent
souvent des petits personnages, parfois des anges, des poupées ou des motifs
religieux et selon les villages, elles peuvent être en pâte à sucre, en pâte
décorative ou en plastique. À Oaxaca, ces pains sont achetés pour les autels
des morts (
ofrendas), les visites aux cimetières et le partage familial
pendant les festivités.
Un étal entièrement consacré à la dévotion
populaire catholique ou l’on voir des rosaires suspendus en grand nombre,
notamment des rosaires noirs et colorés, des croix et crucifix, de nombreuses statues
de saints et de vierges de tailles variées, des images pieuses encadrées, des neuvaines,
livrets de prières et ouvrages religieux, quelques livres plus ésotériques ou
populaires, mêlant dévotion, prières de protection et croyances
traditionnelles. Parmi les figures que l'on distingue la Vierge de Guadalupe,
omniprésente au Mexique, plusieurs représentations du Christ, divers saints
populaires tels que San Judas Tadeo, San Martín Caballero ou d'autres saints
protecteurs.
Des haricots frais en gousses (
ejotes
lorsqu'ils sont consommés jeunes). On distingue deux variétés. Au premier plan,
des gousses marbrées vertes et violettes, probablement des frijoles ayocotes ou
une variété locale de haricot grimpant et à droite, des haricots verts longs et
fins ressemblant aux ejotes de guía très utilisés dans la cuisine
oaxaquénienne. Ce type de haricot est courant sur les marchés de la Sierra Sur
et des Vallées Centrales d'Oaxaca. Les gousses violettes sont particulièrement
intéressantes : leur couleur disparaît souvent à la cuisson pour devenir verte.
Etal de chapulines, les célèbres
sauterelles grillées d'Oaxaca. On voit de grandes corbeilles remplies de
sauterelles grillées de couleur brun foncé à rougeâtre, des cacahuètes
mélangées aux insectes, ce qui est très courant. Les chapulines paraissent
assaisonnés, probablement avec du sel, du citron vert, de l'ail et parfois du
piment.
Des nopales (raquettes de figuier de
Barbarie,
Opuntia ficus-indica), déjà nettoyés et prêts à être vendus. Au
centre : une grande pile de nopales frais, d'un vert vif. Les épines ont été
retirées à l'aide du couteau visible sur le tas. Dess bottes de coriandre
fraîche (
cilantro) et des gousses
longues et plates qui ressemblent à des guajes (
Leucaena leucocephala),
très consommés à Oaxaca. Les nopales sont l'un des légumes les plus
emblématiques du Mexique. Leur texture est légèrement croquante mais aussi un
peu mucilagineuse lorsqu'ils sont cuits.
Ce qui attire immédiatement l'œil est
l'énorme masse de fleurs orange et jaune au premier plan. Il s'agit de cempasúchil
(
Tagetes erecta), le "souci du Mexique", la fleur emblématique
de la Fête des Morts. Le cempasúchil est considéré comme la fleur qui guide les
âmes des défunts. Sa couleur intense et son parfum puissant sont censés montrer
le chemin entre le monde des vivants et celui des morts. Les pétales sont
souvent dispersés sur les autels (ofrendas) et devant les maisons.