Voilà un peu la catastrophe de ce voyage, l’adresse
qui fait le buzz depuis un certain nombre d’années et dont tout le monde
applaudit la prestation, mais on peut se demander si vraiment ces personnes ont
dégusté ailleurs de la cuisine mexicaine…et de plus à Oaxaca… Pour avoir fait
la plupart des maisons réputées, il y a peu de chance que cela soit le cas,
mais commençons par le commencement…
Alfonsina selon ce que disent les guides est une adresse qui est généralement considéré comme l'une des tables les plus intéressantes de la région d'Oaxaca et ce n'est pas un restaurant spectaculaire au sens luxe ou démonstratif. C'est plutôt une expérience très ancrée dans le terroir oaxaquénien. Ça c’est la théorie...
Le chef Jorge León a travaillé sous la direction du chef Enrique Olvera de Pujol, où il a été le pivot I de la création de la célèbre « taupe madre », ce qui lui a valu le surnom de « Taupe ». Il participa ensuite à l'ouverture de Cosme à New York et Manta à Los Cabos. Il est maintenant revenu à ses racines, sa maison et son lieu de naissance ouvrant Alfonsina comme un projet collaboratif avec sa mère. On dit que cuisine avec sa mère Doña Elvia dans un cadre qui ressemble davantage à une maison familiale qu'à un restaurant gastronomique Classique, mais ni l’un ni l’autre ne sont là ce soir. Un reportage publié en juin 2026 décrit explicitement que « dans la maison où il a grandi, le chef Jorge León cuisine avec sa mère » et précise que Doña Elvia entre chaque jour en cuisine pour préparer les tortillas. Donc aucune idée de qui est en cuisine, mais ce ne fut pas brillant… Comme quoi, on vient pour découvrir la cuisine d’une chef…eh bien non….on n’aura probablement qu’une interprétation….
Vous arriverez dans une ruelle de Juan Bautista la Raya sans indication et devinerez où se trouve l’établissement. Possédant une voiture, finalement quelque daigne m’ouvrir la porte d’une cours officiant comme parking a quelques mètres du restaurant...Il fallait le savoir.
Une jeune femme fort agréable nous emmène dans la cour du restaurant et nous passerons face à une pièce avec des poteries et des jeunes filles remplissant des bouteilles.
Quelques salles avec ces poteries nous voici guidés pour une rapide visite de l’établissement. Visite assez générique nous ventant les concepts de la maison, les produits utilisés, l’approche culinaire, les coutumes et qui nous montre les sections du restaurant. Jusque-là rien à redire.
Comme il pleut, la salle de restaurant est abritée sous un toit avec quelques jolies tables en face des cuisines qui se trouvent au fond et des comal.
Dans cette cuisine, un cuisinier…et on nous présente une machine a extraire le jus des cannes a sucre que l’on vous sert dans un petit verre.
Les légumes tels que tomatillos et figues de barbarie stockées sur des étagères. Une fois cette “visite faite” on vous installera a l’une des tables sous cet auvent.
Le service est d’entrée un peu défaillant... On voit une personne apparaitre...disparaitre...de long moment d’attente, pas franchement de convivialité de l’un des serveurs, une attitude un peu nonchalante... Le plus étonnant également c’est d’être servis après que d’autres personnes furent arrivées... On sert dans l’ordre et non pas les derniers arrives. On se demande si le serveur connait son métier...
Nous sommes servi tout d’abord un verre de pulque qui est une boisson alcoolisée traditionnelle mexicaine obtenue par la fermentation de la sève (aguamiel) de certains agaves, principalement l'agave salmiana. Contrairement au mezcal ou à la tequila, le pulque n'est pas distillé. On recueille la sève au cœur de l'agave mature, puis on la laisse fermenter naturellement pendant quelques jours.
Une sauce pimentée d’accompagnement des plats est déposée sur la table.
Il nous est proposé des boissons comme des bières ou des jus ou encore de boissons fermentées.
Cela sera un petit verre de colonche (ou
coloncha, selon les régions) qui est une boisson fermentée traditionnelle du
centre-nord du Mexique, préparée à partir du fruit rouge du nopal appelé tuna
roja (la figue de Barbarie rouge). Elle est obtenue en écrasant les figues
de Barbarie mûres, filtrant le jus, le laissant fermenter naturellement pendant
quelques jours. Le résultat est une boisson légèrement alcoolisée, généralement
entre 1 % et 4 % d'alcool, selon la fermentation. Sur le plan gustatif, cela a
une couleur rouge rubis ou framboise, des notes de fruits rouges, pastèque,
betterave douce, une légère acidité lactique, un côté levuré rappelant un cidre
naturel ou un pétillant naturel très léger et une faible amertume.
Pour moi une bière de la Consejo Cervecero à Oaxaca, l'un des pionniers de la bière artisanale. eur gamme a varié au fil des années, mais leurs bières les plus connues couvrent plusieurs styles assez classiques, avec parfois une touche locale. On ne m’a pas précisé de quelle bière il s’agit...
Première assiette qui arrive qui est un simple taco de poisson à manger à la main, dans lequel on identifie du brocoli, du chou-fleur, pourpier et il parait du poisson qui serait du rooster…la sauce rouge à ajouter. C’est sans saveur, on ne distingue pas vraiment le poisson, c’est même légèrement pâteux. Les tacos sont des mets pourtant avec d’innombrables possibilités et saveurs ; on se demande même ce qu’il y a de mexicain dans celui-ci…un peu une interprétation pas franchement agréable en bouche. Dans un grand taco de poisson, on peut rechercher beaucoup plus de complexité comme le gras du poisson, l'acidité du citron vert ou d'une fermentation, le croquant d'un légume, la fraîcheur d'une herbe, le piquant d'un piment, la profondeur d'une salsa. Ce fut un taco « correct » mais qui manquait d'émotion.
Ensuite une soupe de pois chiche, blettes, champignons, fèves. Encore un plat basé sur le produit et la tradition qui privilégie la sincérité de l'ingrédient au détriment de la dynamique gustative du plat. C’est encore fade, et pâteux a cause des pois-chiches, on est dans un même registre de textures que le plat précédent.
Troisième plat avec un tamal, mole jaune, courge, avocat. Pas de chance…cela reste toujours aussi fade et cette texture pâteuse continue…pois chiches, maïs en purée…c’est toujours dans un même registre et les observations sont semblables. Aucune gourmandise, mono-saveur.
Le plat probablement le meilleur fut le Mole de cacahuète avec du porc, quintonil, tortilla de maïs. Mole avec une base importante de cacahuètes grillées, des piments secs (souvent guajillo, ancho ou costeño selon les régions), des tomate ou tomatillo, ail et oignon, parfois graines de sésame, cannelle ou clou de girofle. C'est un mole que certains adorent pour son côté réconfortant, mais que je trouve un peu lourd car il manque d'acidité et la sauce est très épaisse. Les meilleures versions arrivent à garder de la fraîcheur malgré la richesse de l'arachide.
Ce qui est également surprenant c’est que leurs tortillas manquent singulièrement de saveur…une fois de plus... Et pourtant des tortillas de grande qualité existent un peu partout a Oaxaca. Pas franchement emballé par texture et saveur.
Arrive le dessert qui fut aussi d’une grande déception alors que cela aurait pu être sublimé. Une purée de goyave, cactus, cacahuètes, graines de blé. La purée est d’une désagréable consistance, trop épaisse, elle aurait pu être allégée dans un siphon pour la rendre plus crémeuse ou en tout cas plus légère. Les figues de barbarie étant une parfaite association mais ce dessert manque vraiment d’équilibre.
Le comble…ce sont les toilettes… où on nous bassine, il n’y a pas d’autre expression avec la durabilité exagérée. Pas de chasse d’eau. Pas d’eau…des cailloux…une toilette sèche, une sorte de pompe pour nettoyer vous-même et qui dégoute. Il n’y a pas d’autres mots.
Le tout a manqué sérieusement de finesse et
ce n’est pas parce que c’est une cuisine traditionnelle que cela doit être
basique… Les majorités des plats étaient sans relief, fades…. Une impression
globale d’assiettes quelque part un peu « pâteuses », bourratives, un
manque de légèreté et semblables dans les textures. Un côté très mono-saveur
pour chaque plat, ce qui ne devrait pas être le cas ; un réel manque de
gourmandise ou tout simplement de goût.
La majorité des plats ont manqués de
qualités culinaires fondamentales, car peu de contrastes, peu de tension acide,
peu d'amertume ou de fraîcheur pour alléger, des textures répétitives autour du
maïs, des haricots, des sauces épaisses, des plats construits sur une seule
idée gustative, un manque de profondeur aromatique malgré la qualité apparente
des produits.
L’authenticité n'est pas synonyme de
qualité. On ne s’attendait pas à une expérience proche d'un grand restaurant
gastronomique international et mais on en ressort déçus par, la simplicité des
plats, des assaisonnements parfois très discrets, une absence de finesse
sensorielle, un service peu formel et sans réelle motivation, un rapport
qualité-prix très discutable car le repas ne procure pas d'émotion
particulière.