jeudi 5 décembre 2019

Boa-Bao, Barcelone


Jusqu’à ce jour, jamais été vraiment emballé par les tables Asiatiques en ville qui manquent singulièrement d’authenticité. Probablement que la clientèle n’accorde pas vraiment d’attention réelle à ce que l’on sert et n’a que peu de points de comparaison comme par exemple à Londres, cependant c’est mensuellement qu’apparaissent de nouvelles adresses et cette dernière me laissa présager potentiellement une expérience plus convaincante.


Pas le genre d’établissement actuel en ville car tout d’abord nous somme dans un coin de l’Eixample un peu plus huppé mais surtout le lieu est absolument magnifique. Sur la belle place Letamendi, « Boa Bao » est un restaurant pan-asiatique qui propose un voyage à travers la Thaïlande, le Vietnam, le Laos, le Cambodge, la Malaisie, l'Indonésie ou les Philippines. Un projet plutôt très ambitieux car pouvoir exceller dans toutes ces cuisines, il faut du sacré personnel qualifié en cuisine ! Il y a autant de différences entre une cuisine espagnole et russe, qu’une cuisine Indonésienne et Vietnamienne ! Produits, épices et techniques varient considérablement, donc jugeons en toute transparence !


Le concept n’est pas nouveau puisque les propriétaires l'américain Gregg Hupert et son épouse, la hollandaise Nathalie, deux passionnés de cuisine asiatique, ont déménagé à Barcelone encouragé par leur succès à Lisbonne en 2017 et à Porto en 2018, pour des établissements semblables. D’après ce que je comprends, les recettes proposées restent traditionnelles et élaborées avec les produits originaux. Tout ce qui a de plus séduisant sur le papier et qui nous réjouit !


Un extraordinaire décor sur deux niveaux avec au ré-de chaussée un superbe bar. C’est vraiment réalisé avec beaucoup de goût, sans aucune faute, semblable à ce que l’on pourrait trouver à Londres, New-York et Hong Kong. Meubles en bois, lumières entourées de paniers de bambou, des objets asiatiques un peu partout.




On peut manger au bar où à l’une des tables dans la salle.



La cuisine dans un coin de la salle devant laquelle il est aussi possible de manger. Il y a quelque chose un peu de « Hakkasan » pour celles et ceux qui connaissent.




Au premier étage, une seconde salle probablement pour les événements.




La carte est joliment structurée, pleine d’explications avec mêmes des indices sur la dose de piment utilisée dans chaque plat. Les plats sont tous très bien expliqués, organisés selon les thèmes soupes, curry, salades, wok et plats d’accompagnement. A noter qu’à première vue les prix sont plutôt assez élevés et l’on espère que la cuisine tiendra ses promesses. Le choix est vaste, on se demande déjà comment on va se débrouiller en cuisine car il faut vraiment de la maitrise pour ce qui est sur cette carte, donc des chefs des divers pays.


Nous commencerons par une série de rouleaux de printemps au canard pékinois. Cinq pièces sur de la jolie vaisselle, des lamelles de concombre, quelques légumes râpés, unn peu de sésame et une sauce sur le côté type hoisin. Ces rouleaux ne sont pas mal mais la saveur n’est pas au rendez-vous, cela manque un peu de gourmandise dans cette farce de canard.



Dans le « kombo » du jour qui est un ensemble de plats pré-choisis, une salade de bœuf thaï. A nouveau cela manque un peu de gourmandise même si c’est plutôt assez frais. Manque de saveur citronnée, de basilic thaï, de piment et de sauce de poisson, les assaisonnements sont timides, peut-être pour plaire aux clients locaux.


En accompagnement un Gado gado, salade avec une sauce aux cacahouètes. Pour en avoir mangé de délicieuses en Indonésie, celle-ci est vraiment bâclée. La sauce aux cacahouètes est insipide, pas relevée et surtout manque cruellement en quantité. Cela reste tout de même la base de cette salade ! Sans aucun doute, le cuisinier n’a jamais dû gouter sa sauce et ne doit pas être indonésien.


Puis une soupe cantonaise aux won ton, nouilles et porc. Soupe que l’on trouve dans tous les restaurants de Canton comme on peut se l’imaginer. Pour cette recette, il faut des « nouilles Won Ton » de Hong Kong qui ne doit pas être remplacées par d’autres car très fines presque comme des spaghettis en plus fin. Les won ton sont manquent un peu de finesse et leur goût assez indéfinissable. De plus il y a beaucoup de pâte. Le cœur de cette recette c’est aussi le bouillon de volaille qui lui aussi est assez fade. Il me semble manquer d’huile de sésame et de vin de shaoxi, mais je peux me tromper. Pour pallier à ce manque de saveur je demande un peu de piment et l’on m’amène du piment bec d’oiseau qui est thaïlandais et non pas chinois, ce qui illustre tout de même le manque de connaissance en cuisine.  Normalement on aurait du m’amener cette huile rouge pimentée que l’on trouve dans certaine soupes que l’on trouve dans le sud de la Chine dont le Sichouan.


Le riz frit est plutôt simple avec juste de l’œuf.


Evidemment une déception pour la cuisine et en questionnant le serveur, le personnel est selon lui sri lankais ou philippin, je ne sais plus exactement. Bref si l’on veut une authentique cuisine d’Asie, il faut se donner les moyens d’avoir le personnel qualifié et non pas de l’approximation. Une adresse indéniablement appréciable pour les ambiances, le décor, probablement avec de bons cocktails et pour passer une soirée branchée. Question cuisine, on peut être impressionné en regardant la carte, mais le résultat est plus que moyen quoi qu’en dise le management qui vente l’authenticité de la cuisine.

dimanche 1 décembre 2019

Twist, Barcelone


Ceux qui apprécient la cuisine d’Armando Alvarez, chef de chez « Capet » et à l’époque de ce qui est devenu le « Petit Capet », ne s’étonnerons pas que celui-ci pense à plus ou moins reproduire sa superbe cuisine dans d’autres établissements comme le font d’ailleurs un certain nombre de cuisiniers à Barcelone. J’apprends qu’Armando a des frères qui eux aussi sont chefs (ici Santiago) et qui sous la responsabilité de ce dernier prennent petit à petit la main sur certains établissements. Aujourd’hui c’est au sein de l’hôtel « Chic & Basic » qu’Armando a repris en main le restaurant et bar de cette chaîne d’hôtels.


Situé dans un coin un peu perdu de Drassanes mais à quelques minutes de la Rambla et de la Torre Colon. Une belle opportunité que de trouver une adresse bien centrale et dirons-nous plus calme que l’avenue bien connue à quelques minutes de là. Bien entendu il ne s’agit pas de « Capet » no 2 mais plutôt d’un bistrot qui propose des tapas et petites assiettes plus simples et à moindre prox mais avec de bons produits et le style de cuisine que le chef apprécie particulièrement ; la mise en valeur de ces produits sans trop d’artifice, le goût et la gourmandise avant tout.


On entrera par la porte principale de l’hôtel avec son décor plutôt inattendu et assez amusant comme cette voiture face à la réception. Un comptoir face aux ascenseurs réalisé avec des valises superposées.


Puis un peu plus loin la cuisine que l’on aperçoit par une ouverture dans le mur et qui sert de passe-plats.


Probablement qu’à l’origine, il s’agissait d’un simple bar d’hôtel et celui-ci a été adapté pour une restauration un peu plus sophistiquée. Le décor n’est pas des plus sophistiqué, presqu’un peu décevant par rapport à la réception de l’hôtel. Quelques tables donc devant les fenêtres, un coin bar un peu kitsch et voilà. Il y aurait quelque chose à faire…




On ne sera pas surpris de trouver une jolie carte avec comme je l’expliquais de simples tapas mais énonçant de beaux produits, mais probablement le plus intéressant sera ce menu un peu de dégustation tarifé à 27.50 euros, boisson inclue, ce qui est vraiment un prix très amical. Avec comme démarrage de très bonnes croquettes de poulet et kimchi. Bien dorées, croustillantes et vraiment ce que l’on pourrait trouver chez « Capet ».


On appréciera les anchois « boquerones maison » sur du pain à la tomate. Dans une sauce $ base de persil, juste acide et non pas trop puissant, de l’excellent pain à la tomate.


Les bravas « Twist » sont originales et plus sur le mode de ce que l’on pourrait trouver dans d’autres établissements comme « La Mundana » et « Agreste ». Bien dorées avec de sympathiques sauce bien relevées, une à l’ail confit et l’autre au piment chipotle


On appréciera l’impeccable gazpacho qui pour moi est plutôt un salmorejo car plus crémeux du jambon ibérique sur le dessus, de l’œuf et des croutons.


En plat principal non pas la paella du menu annoncée mais une fondante épaule d’agneau désossée cuite au four accompagné d’une purée de pommes de terre à la moutarde au grain.


Puis le dessert du jour qui s’avère être un sympathique lingot au chocolat et noisette avec une glace vanille.



Nous choisirons une bouteille de Montsant Les Argiles  D’Orto Vins Rouge 2018, en supplément du menu.


Un réel sans faute et un menu qui devrait plaire à tout le monde encore plus avec une telle tarification. Armando a parfaitement élaboré cette offre culinaire abordable et de qualité dans son genre, on espère que le cadre s’améliorera dans le futur.