Le Bar Alegria existe depuis un certain
dans l’Eixample es est surement connu pour le nom de Tomás Abellán est une
figure montante de la restauration barcelonaise et ibizienne : restaurateur,
chef, entrepreneur, et fils du célèbre Carles Abellán. Selon certaines sources
un des acteurs clé de la nouvelle scène gastronomique catalane, à la tête de
plusieurs lieux devenus des références.
Mais celui qui est connu ou du moins dans le passé c’est son père qui fût collaborateur historique de Ferran Adrià et qui est toujours dans les cuisines de certains établissements comme Bar24 et les différents Tapas24.
Mais ici il s’agit de Tomás qui reprit en le Bar Alegria en 2029, ancien lieu fondé en 1899 où il créa une proposition de cuisine classique catalane, une sorte de vermutería, avec une ambiance populaire chic. Puis eut ouvert la Casa Luz en 2021 qui est un rooftop et finalement Casa Linda à Ibiza.
Sa cuisine peut être qualifiée de cuisine contemporaine, simple, sans artifices, donnant une grande importance donnée à la qualité du produit, aux producteurs locaux, et à la légèreté des plats. Un héritage de la créativité catalane (influence indirecte d’El Bulli via son père).
Aujourd’hui je vous parle du Bar Alegría Gràcia qui est la “seconde maison” du projet Alegría de Tomás Abellán : une « casa de comidas2 contemporaine installée dans l’ancien Can Tosca, au cœur de Gràcia. Une adresse profondément ancrée dans la mémoire du quartier, réinterprétée avec une cuisine simple, précise, centrée comme déjà mentionné sur le produit.
Une adresse du passé dans laquelle l’on a su préserver l’existant en créant un mélange de nostalgie et de bistrot contemporain.
Les sources soulignent que la rénovation a été confiée à Ramón de los Heros, connu pour Bar Brutal et Rocambolesc, avec une approche d’intégration plutôt que de transformation. Un artiste, scénographe et constructeur de décors catalan, connu surtout pour son travail spectaculaire dans les Festes de Maig de Badalona, où il a construit pendant 19 ans le célèbre Dimoni, la grande figure qui est brûlée lors de la fête populaire. Les sources le décrivent comme un créateur polyvalent, capable de transformer des espaces grâce à la matière, la lumière et des structures artisanales.
Le bar original en acier inox de l’ancien Can Tosca est conservé et devient l’élément central avec ses tabourets dans un style très seventies.
Les éléments historiques (volumes, textures, traces du passé) sont préservés et mis en valeur. Une série de tables face a ce comptoir.
La nouvelle illumination et le sol rénové apportent
une touche contemporaine sans effacer l’âme du lieu
L’ensemble est pensé comme un bistrot
moderne, mais enraciné dans la mémoire du quartier, un décor qui ne cherche pas
à faire du vintage artificiel, mais à continuer l’histoire du lieu.
La carte est souvent présentée sur une
ardoise en fonction des arrivages du jour, cependant vous choisirez
probablement des mets qui sont des plus classiques.
Par exemple cette salade russe avec une
mayonnaise plus fine, moins sucrée, moins lourde. des légumes bien cuits mais
fermes, œuf de qualité. Une agréable présentation,
une finition simple mais precise et sans surcharge.
Ce poireau confit du Bar Alegría Gràcia ultra‑fondant, servi avec comté et noisette, dans une construction très nette, sans fioritures. Rien de superflu, tout est là pour le poireau.
Cannelloni traditionnel qui est l’un des plats les plus emblématiques de la cuisine catalane et ici il est exécuté dans une version très fidèle à la tradition, mais avec la précision contemporaine typique de Tomás Abellán. Une farce riche et fondante, une béchamel légère mais profonde, pas de gratinage mais un fond de viande gouteux, et aucune fantaisie inutile.
Excellente viande avec une pluma Ibérique avec une sauce au poivre vert. Un mariage qui fonctionne magnifiquement : la pluma, juteuse et persillée, supporte très bien une sauce crémeuse et poivrée, légère, fraîche, et pas trop “brasserie française”, avec quelques jeunes carottes colorées parfaitement cuites.
Pour terminer un calamar pil-pil et son encre. Le calamar a une texture tendre, jamais caoutchouteuse. Le Pil‑pil est très léger avec cette émulsion ail/huile qui apporte du gras sans lourdeur. L’encre apporte une profondeur iodée, c’est une sauce courte, brillante, nette. Une vraie signature méditerranéenne contemporaine avec les côtés iodé, ail, gras et pointe de piment.
Comme vin une Bouteille de Montsant Sileo 2024 80 % Garnacha + 20 % Cariñena, 13,5 %, élevage mixte inox + fût, style frais, fruité, honnête, très Montsant. Un vin équilibré, croquant, parfait pour les viandes grillées et les plats méditerranéens.
Tomás Abellán n’a pas créé un “nouveau concept” : il a réactivé un lieu historique, en respectant son âme. Avec une Cuisine catalane contemporaine, précise, centrée sur le produit, pensée pour être partagée, rester, et discuter.
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