lundi 18 juin 2018

Makan Makan, Barcelone


Une adresse toute nouvelle et presque confidentielle que celle de « Makan Makan » dans le Raval, pas celui a vingt mètres de la Rambla mais celui qui se mérite avec ses adresses bien cachées. Un nom qui me fait « tilt » car « makan » signifie « manger en « bahasa indonesia », l’indonésien. Deux fois car normalement signifie un pluriel et tout s’explique par le fait que le chef en cuisine est Indonésien, d’origine chinoise, mais de Surabaya. Une cuisine malheureusement peu fréquente et des plus connue, excepté dans le pays et bien-entendu aux Pays-bas.  Carrer Luna, juste au coin, a première vue on dirait un bar mais non, il y a bien quelques tables en face de celui-ci.


Le plus incroyable c’est d’apprendre que le chef en cuisine s’appelle Andrey Finanta, à la base un chimiste et que ce dernier fût tout également un acteur ! Connu pour quelques séries espagnoles comme La embajada (2016), The Ministry of Time (2015) et A la deriva (2009). Descriptions de deux-ci sur la toile, évidemment. Alors, on peut se demander comment un acteur devient chef…eh bien je n’en sais rien et le peu que je sache, c’est qu’à l’origine il s’agissait d’une passion et maintenant le voila derrière les fourneaux !


Maintenant Andrey ne cuisine pas qu’Indonésien, probablement que la demande n’est pas si importante et comme je l’ai déjà mentionné, c’est une cuisine un peu inconnue encore plus en Espagne. Une cuisine donc asiatique avec des plats d’Indonésie, de Thaïlande et même du Vietnam. A noter qu’il s’agit plutôt d’une cuisine de rue comme on l’appelle souvent dans ces pays qu’une cuisine sophistiquée avec des plats complexes.  Un menu hebdomadaire et un plat du jour.


Entrée donc dans cet établissement et comme précédemment dit, on aurait l’impression de se trouver dans un bar avec l’alignement des bouteilles sur les étagères et de certains produits asiatiques, une jolie fresque représentant la jungle derrière. C’est Maria en salle qui assurera avec le sourire le service tout au long de la soirée.


Trois ou quatre tables face donc à ce bar et la cuisine au fond. Cuisine probablement assez réduite en taille ou Andrey est seul et assume préparation des plats. Un avantage car tout n’arrive pas ensemble sur votre table mais en fonction des commandes.


Trois entrées, deux salades et deux plats principaux. Une carte très courte qui normalement change en fonction des semaines. Pour commencer des lumpia, rouleaux de légumes, avec des champignons shiitake. Forme indonésienne du rouleau de printemps, importé par des immigrants de la province du Fujian du sud de la chine. Il contient parfois de la viande ou des crustacés, mais ici des légumes dont les champignons, carottes et pousses de soja. Bien croustillants, pas gras et fidèles à ce qu’ils doivent être.


De Canton, des pangsit Goreng, petits wontons en forme de triangle, frits et avec une farce à base de porc. Même si la carte mentionne Canton, c’est un snack que l’on mange beaucoup en Indonésie. Ils se doivent d’être dorés et croustillant comme d’ailleurs ici, souvent accompagnés d’une sauce pimentée. 


Des shao mai, raviolis cuits à la vapeur avec une farce de maquereau, crevettes et épaule de porc. Snack chinois de la famille des dim-sum, mais je sais qu’en Indonésie il y a une variante car l’on utilise du poisson comme ici. L’utilisation du porc étant rare en relation avec la religion musulmane présente. Ici nous dirons que nous avons une version mixte. Farce fine, bonne consistance, on les trempera dans une sauce de type soja.


Le plat du jour qui n’est pas dans le menu mais que l’on peut commander ce soir, l’incontournable nasi goreng ou rit frit. Il s’agit normalement de riz précuit qu’ensuite l’on frit, auquel l’on ajoute du kecap manis (sauce soja épaisse et sucrée), des échalotes, de l’ail, de la pâte de crevettes, du tamarin, du piment. Evidement les recettes varient en fonction des cuisiniers mais cela reste les ingrédients de base. A celui-ci on peut ajouter, de l’œuf, du poulet et des crevettes. Son goût diffère des autres riz frits asiatiques par le côté plus parfumé et un peu caramélisé. Plat national Indonésien, que l’on mange très souvent dans des stands le long des routes dans le pays. Comme ici, il est accompagné de salade et de légumes au vinaigre un peu doux.


Un plat appelé Makan Makan selon une recette originale de Andrey avec du poulet, sauté avec des poivrons, un sambal    fait maison et du basilic. Un sambal est une sauce pimentée à base d’une multitude d’ingrédients tels que pâte de crevette, sauce de poisson, gingembre, échalottes, jus de citron vert, sucre de palme et j’en passe sans oublier les piments ! Donc sauté au wok, les poivrons, le poulet, le sambal et le tout servi avec un riz genre parfumé. Un petit détail mais qui est général à Barcelone et qui n’est pas à attribuer à l’établissement, la pauvreté du chois des herbes asiatiques. A part coriandre et menthe, on ne trouve rien… Cela doit être du basilic thaï ou indonésien et non pas du méditerranéen qui n’a aucune ressemblance. A nouveau, le problème c’est le manque d’ingrédients à disposition.


Eh bien pour un restaurant de quartier original et inattendu, voila une jolie découverte avec une cuisine ce soir plutôt Indonésienne et authentique, axée sur les snacks et de classiques plats familiers. Tout est frais, préparé à la minute, le service est souriant et le chef se fait très plaisir en cuisine. Une belle découverte !

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