mardi 15 novembre 2016

Delaware and Hudson, New York




Quelle belle découverte que ce « Delaware and Hudson » qui propose une cuisine américaine de ce que l’on appelle les états centraux du côté de l’Atlantique de Baltimore à Buffalo, ce qui explique donc le nom de cet établissement avec son état et cette rivière. Cela semblerait évident que de manger américain aux Etats-Unis, eh bien pas tant que cela car les cuisines régionales sont souvent oubliées ou négligées, et encore tout simplement pas encore de nouveau à la mode. Mais il y a bon espoir que cela change puisque ce lieu se réjouir d’avoir une étoile au Michelin.





Situé dans le branché Williamsburg, ce petite gemme a été créé par la cheffe Patti Jackson d’origine du nord de la Pennsylvanie et qui fait venir certains de ses produits de fermes de la région et qui les travaille selon les traditions mais avec beaucoup d’idées et de légèreté. L’extérieur est de saison avec ces courges entourées de photophores et de quelques objets de brocante.

L’intérieur est splendidement aménagé ave du goût ; murs gris, plafond haut, photos de campagne ou de natures mortes élégamment encadrées, tables et chaises en bois, mobilier paysan. Quelque chose de contemporain mais aussi de rural. Au fond les cuisines et des étagères avec de nombreux flacons.




Ici on ne mange qu’au menu avec un prix fixe de 58 USD, ce qui est plus que raisonnable tenant compte de la magnifique prestation qui s’ensuivra. On vient ici en connaissance de cause, ce menu semblant être mensuel et complètement aligné avec les produits de la saison. Un concept vraiment unique car on commencera par une série d’entrées que l’on se partagera et celles-ci sont au nombre de six.  Certaines sont de simples mais exemplaires réalisations de mets paysans ou traditionnels américains. Des produits bio travaillés avec beaucoup de respect.

Nous commencerons par une onctueuse crème ou soupe à la châtaigne. Dans un petit bol bien chaude, réconfortante et d’une idéale consistance. Ni trop épaisse comme cela pourrait être le cas et ni liquide, avec un assaisonnement bien équilibré.


Une petite merveille que le Pretzel que nous nous rappellerons est d’origine Alsacienne et Allemande et amenée par les pionniers au 19ème. Je ne me rappelle pas d’en avoir mangé un aussi parfait et notre délicieux serveur nous en offrira encore quelques-uns par la suite. Avec du beurre, cela devient encore plus magnifique.



Une tranche de pain sur laquelle se trouve une pâte fumée maison de bluefish. Préparation légère à base de poisson surmontée d’une croquante julienne de radis et concombres.


Un autre met campagnard avec le Bacon grillé, légumes verts braisés au bacon. Sorte de lard américains ici braisé et doré servi avec quelques haricots verts poêlés légèrement fumé. C’est malgré tout plutôt cuisiné de manière légère et servi assez délicatement.


Autre étonnante bouchée que l’Huitre frite de Bluepoint, cole slaw de chou rave. La pâte à frire est légère, elle enrobe l’huitre encore tiède et moelleuse, qui est déposée sur ce cole slow légèrement doux. Vraiment très bon.


Un vrai gâteau américain que ce Pie aux tomates vertes. La pâte est parfaite, la garniture entre douce et acide complète parfaitement. Quelque chose entre finalement un gâteau sucré et salé. Une totale réussite que ces encas variés et dont l’harmonie fut parfaite.


En premier plat, des spaetzli au babeurre. On pourra se demander ce que font ces plats avec leur côté un peu Européens, mais il faut se rappeler que par exemple les Amish en Pennsylvanie originellement viennent du canton de Berne en Suisse et que d’autres groupes comme mennonites ou quakers seraient aussi d’origine d’Allemagne et d’Alsace. Donc ici de délicieux spaetzli d’une rare légèreté avec un peu de chou finement ciselé et le fromage fondu sur le dessus. La courge elle aussi aura été mélangée rendant l’appareil plutôt doux.


En plat principal, un poisson qui est du doré de mer, de la famille du mérou, accompagné d’une salade de pommes de terre chaude et de légumes de saison. Le poisson est snacké, déposé sur du chou et au-dessus de cette salade aux influences germaniques. C’est une assiette très bien réalisée et gourmande.



Pour moi de la porchetta, légumes racines et verts braisés au cidre. Un met plutôt d’origine du sud de l’Italie assez revisité car plus proche d’un gros rôti de porc roulée et farci. La viande fond en bouche, la peau est croustillante et les légumes de saisons sont délicieux.


Au vu des sympathiques échanges avec notre très qualifié serveur, nous nous serons offert un verre de vin des glaciers. Un Eiswein du cépage Scheurebe 2005 de Keimersheimer Rotenfelds. Vin doux avec une belle longueur en bouche.


Comme dessert un fondant au chocolat noir accompagné si je me rappelle bien mais je n’en suis plus trop sur…d’une pana cota ou alors glace vanille. Dans tous les cas un dessert rassurant et bien réalisé.


Quelques sympathiques mignardises pour compléter ce repas, principalement autour du chocolat.


Avec le repas un très agréable Côte du Rhône Le Sablières du Domaine des Escaravailles en 2014.


Epatante soirée dans une ambiance vraiment très cosy, une cuisine vraiment bien représentative de l’histoire des Etats-Unis et sans concessions. Une succession de mets impeccablement réalisés dans une cadre très agréable. Tout est gourmand, joliment présenté, presque finalement unique. Une très belle adresse à découvrir afin d’explorer un peu d’histoire gastronomique américaine,