lundi 26 mai 2014

Ognisko, Londres



J’apprécie de temps en temps manger de la cuisine d’Europe de l’est est rares sont les tables dans la plupart des grandes villes excepté probablement Londres, avec comme préférence les cuisines Hongroises et Polonaises. J’avais déjà découvert les remarquables « Baltic »,  « Daquise » et me réjouissais d’aller chez « Ognisko » dans South Kensington.

C’est donc non loin du Royal Albert Hall et de l’université Imperial College London que se trouve cette table située au rez-de-chaussée d’un magnifique et élégant bâtiment où se trouve également le « Ognisko Polskie club »,   foyer ou club polonais fondé en 1940 afin de réunir la communauté pendant la seconde guerre mondiale.

Suite à la guerre, l’endroit resta le lieu de rencontre pour une vie sociale et où l’on peut évidemment se faire de nouveaux amis mais aussi participer à des expositions, séminaires ou classes.  Ce n’est que récemment après une importante rénovation que le restaurant a été ouvert au public ; table qui appartient d’ailleurs au même propriétaire que le « Baltic ».


Quelques marches et vous voici dans un hall d’entrée vraiment engageant comme si vous alliez arriver dans une demeure privée d’un lord britannique. Petit salon avec quelques confortables fauteuils, lumières douces, anciens tableaux, tout de suite je suis imprégné par  cette ambiance plutôt distinguée.


Une première salle avec un très beau bar avec tout au long de cette pièce où l’on peut prendre un cocktail dans l’un des fauteuils, à nouveau d’anciens tableaux.




La salle de restaurant sur la droite toute en longueur et qui donne sur une terrasse elle aussi est magnifique avec ce classicisme d’une autre époque. Un savant mélange entre le côté « club privé britannique » et l’ambiance d’Europe de l’est.  Je suis plutôt impressionné par l’harmonie qui règne dans ce lieu aux tons blancs, ces tables très bien dressées et les chaises aux dossiers ronds, les bougies sur les tables et les décorations de roses séchées sur les murs. Il y a beaucoup de magie dans ce décor.  




Une fois installé, m’est apporté une assiette avec beurre,  concombre aigre doux et un joli choix de pains. Je prends une tranche d’excellent pumpernickel qui est un pain de seigle d'origine allemande, confectionné avec non seulement de la farine de seigle mais aussi de grains de seigle. Un pain très compact et de couleur sombre.



A première lecture, le choix de plats est plutôt intéressant avec les grands classiques de cette cuisine et ce qui me séduit immédiatement c’est qu’il existe de prendre certaines de ces plats en demi-portions. Donc je me dis que deux petites entrées me donneront un aspect plus large de la qualité de la cuisine qu’un seul plat.

Amateur de raviolis je choisis tout d’abord des Kopytka (« petits sabots ») à la châtaigne et champignons forestiers. Il s’agit de de petits raviolis de pomme de terre semblables à des gnocchi ici réalisés avec de la farine de châtaigne. L’assiette qui arrive me laisse un peu pantois car je me demande si j’ai été servi une demi-portion où l’entière tellement c’est copieux…  Les Kopytka sont mélangés avec une sauce crémeuse contenant une sélection de champignons. C’est évidemment gourmand, pas très raffiné mais c’est ce qui fait aussi le charme de cette cuisine campagnarde et roborative.


Autres raviolis en demi-portion que je connais de longues dates, les Pierogi russes, farcis au fromage blanc, purée de pommes de terre et oignon. A vrais dire je les ai mangés meilleurs ailleurs. Ils manquent un peu de farce ; le goût de l’oignon n’est pas assez prononcé. Il s’agit de raviolis farcis avec les trois éléments susmentionnés et quand c’est réalisé à la perfection, c’est un vrais délice.


A ce moment je réalise que peut-être le plat principal sera de trop car les portions précédentes étaient vraiment copieuses… Bon c’est commandé…c’est commandé…

J’avais donc choisi le foie de veau saisi avec du Kaszanka, oignons caramélisés et purées de pommes de terre et pommes. Arrive une assiette avec un délicieux foie de veau parfaitement cuit sur lequel se trouve ce Kaszanka, un boudin qui est réalisé évidemment avec du sang mais aussi de la Kasza qui est du gruau de sarrasin. Dessous cette purée de pommes de terre retravaillée tout à fait correcte.


J’avais également décidé de prendre un autre accompagnement, la Kasza…. Ces gruaux de sarrasin qui sont cuits comme un riz et que l’on ne trouve malheureusement que dans la cuisine polonaise. C’est généralement quelque chose qui se mange avec un plat en sauce comme du riz. Triste constatation, c’est beaucoup trop salé… Situation signalée à probablement la responsable de salle qui s’est excusée et ne m’a pas évidement compté cela dans la note finale. 


Un repas sans dessert mais qui s’est achevé par un verre de vodka à la cerise gracieusement offert par cette dame qui aimablement m’a expliqué qu’elle reconnaissait qu’il y avait quelques tours de manivelles nécessaires en cuisine..

Le lieu est vraiment magnifique et très romantique, propice à une très belle soirée et vraiment recommandable. La cuisine s’est avérée ne pas être tout à fait à la hauteur de l’ensemble mais connaissant bien « Baltic », je peux m’imaginer que cela ne va pas en rester là… Il y a fort à parier que cet établissement ouvert au public depuis fin 2013 va s’efforcer d’améliorer sa cuisine dans les mois qui suivent. A réessayer d’ici peu de temps…