vendredi 16 mars 2018

El Magraner Boig, Barcelone


Je dois admettre que je me rends que très rarement dans des restaurants grecs, non pas que je ne suis pas un amateur de leur cuisine mais tout simplement parce que ce type de restaurant n’est pas aussi courant que d’autres nationalités. A ce moment, je crois n’avoir vu que seulement deux restaurants grecs à Barcelone et surement qu’il y en existe en plus grand nombre. Toujours est-il qu’il me tardait de découvrir celui du quartier du Raval, toujours bondé, dans le complexe de la Filmoteca, au nom de « El Magraner Boig ».  Une rue un peu particulière avec quelques jolies tables sur le même côté.


Grandes vitres au travers desquelles l’on peut évidemment voir à l’intérieur, une décoration très contemporaine avec une série de tables en bois et des lumières industrielles. Nous sommes aujourd’hui dimanche soir, la fréquentation est probablement moins importante que les jours de semaine.


Un grand bar, ces tables avec au centre quelques faïences, quelques grandes photos noir et blanc de probables figures artistiques du monde hellénique, le lieu est vraiment aéré et très plaisant.





Ce qui me frappe tout d’un coup, c’est cette ambiance très sereine qui est dû au fait que le fond musical est d’une très grande beauté. J’apprends qu’il s’agit de Manos Hatzidakis, l'un des compositeurs grecs les plus connus, qui composa également des musiques de films et qui fut profondément marqué par le «rebetiko», une sorte de blues oriental sorti des bas-fonds et accompagné du célèbre bouzouki. A partir des années cinquante, il est devenu l'un des plus importants compositeurs grecs de musique populaire. Avant même de passer commande, nous voici offert de l’excellent pain pita grec encore chaud recouvert d’origan accompagné d’un petit bol d’huile d’olive.


La carte propose ce que j’appellerais des classiques avec diverses salades certaines avec des produits typiques du pays, des mézés même si indiqués comme tapas, à se demander si seul ce dernier mot est vendeur et des plats plus consistants. Pour commencer le « tzatziqui », plat qui est une préparation à base de concombres et yoghourt (de brebis ou de vache), d’huile d’olive, d’aneth, d’ail, qui peut être servi comme sauce ou comme hors d’oeuvre. Il connaît de nombreuses variantes dans d’autres pays, telle le cacik en Turquie, le djadjik iraquien ou encore le talatouri chypriote. Bon mais je ne suis pas sur qu’il y ait de l’aneth dedans. Ici également accompagné de pain pita.


L’incontournable salade grecque avec des tomates, du concombre, des oignons rouges, des poivrons verts, de la feta, des olives de kalamata, de l’origan et de l’huile d’olive. Rien à redire sauf que les légumes comme ceux-ci au mois de janvier ne sont pas forcement les meilleurs, mais le tout est plaisant.


Des petites boulettes de viande appelées « queftedakia », à base de bœuf et de menthe. Elles sont frites, plutôt juteuses et bien parfumées. On les accompagne d’une sauce à base de tomates assez bien relevée.


Et selon moi le plat le plus remarquable que je n’avais pas mangé depuis des décennies, ici appelé « Arnaqui Fricasé » mais que je connais sous le nom de « arni avgolemono », une fricassée d'agneau à la grecque, recette classique de l'hiver, l'agneau aux salades en sauce oeufs-citron. Avec de la romaine, de l’aneth frais, des œufs et du citron. L’«  avgolemono » est à la base une soupe grecque à base de mélange œuf-citron chauffé dans du bouillon jusqu’à épaississement. Il faut que la consistance soit parfaite, l’agneau fondant et la salade bien cuite. Ce qui fût le cas ici et probablement le meilleur plat de la soirée.


Une bien sympathique adresse avec une cuisine bien réalisée, des saveurs fidèles à ce qu’elles doivent être, un choix de plats qui est large et surtout frais, tout ceci dans une ambiance décontractée et un décor urbain.