dimanche 15 janvier 2017

Grande Provence, Franschhoek



Soirée très spéciale puisqu’il s’agit celle de la veille au soir de Noël. C’est bien longtemps à l’avance que j’avais réservé ce repas dans un lieu exceptionnel pour cette soirée, le somptueux domaine « Grande Provence » à Franschhoek. S’il y a bien un endroit à ne manquer sous aucun prétexte, c’est bien celui-ci même pour une simple visite. Le jardin, les bâtiments Cape Dutch sont d’une telle beauté qu’une visite s’impose avec un repas à la clé ou alors une dégustation de vins. Un domaine qui a s plus de 300 ans et qui donne aussi la possibilité d’y séjourner.  Avant de pénétrer dans ce manoir du 18ème qui reflète l’héritage Huguenot ne manquez surtout pas de vous promener dans ces magnifiques jardins privés.


  
Vous y découvrirez des pintades qui se promènent sur la pelouse, apprécierez les statues modernes exposées et même visiterez un des bâtiments qui a gardé sa luxueuse décoration d’antan. Et vous n’oublierez pas non plus de contempler le site, les montagnes avoisinantes ainsi que le vignoble.




Le repas ce soir est imposé et démarre à une heure bien précise. Un accueil de circonstance sur la terrasse avec une coupe de méthode du Cap Grande Provence Brut 2009, que l’on appréciera lors de cette visite d’avant-repas.




Une terrasse de gravier entre les coins de pelouse avec même dans un coin un feu de cheminés extérieure. Une musique classique pour cet instant privilégié.




C’est donc un peu plus loin de l’accueil que se trouve donc l’un des bâtiments Cape Dutch avec une époustouflante décoration intérieure.





Une grande salle avec le traditionnel toit de chaume, de magnifiques meubles et un très beau lustre composé de bouteilles vides. Plusieurs pièces qui s’enchainent, une atmosphère presque monacale, on est sous le charme de l’endroit.












Une fois la balade achevée, nous nous dirigerons vers le restaurant qui se trouve dans un autre bâtiment du domaine. Une salle elle aussi d’une très grande élégance avec une astucieuse disposition des tables car celles de la rangée centrale sont entourées de chaises aux dossiers plus hauts que les autres, donnant ainsi l’impression d’avoir nettement moins de promiscuité. Tons blanc, bleu et noir, tout est d’un goût parfait.
 



Le long des murs d’autres tables le long d’une confortable banquette où l’on trouvera des coussins.



Et comme nous sommes à Noël, un amusant sapin élaboré de bouteilles de vins renversées en pyramide avec quelques boules sur quelques-unes.



Les tables sont élégamment dressées de nappes blanches avec ce soir le traditionnel pétard de Noël en forme de papillote. Selon la tradition anglaise, l’ouverture des « Christmas crackers » se fait comme suit : les crackers de fête sont disposés sur les assiettes. Une fois installés à table les invités tiennent chacun les extrémités des crackers de Noël de leurs voisins de gauche et de droite en croisant les bras. Lorsque le cercle est formé, les convives tirent fort sur les extrémités pour faire craquer ...les crackers et libérer leur contenu. Nous devons l’idée des crackers de fête à Tom Smith, qui les a créés en 1847.


Ce soir le menu est donc imposé, imaginé par le chef Darren Badenhorst qui excelle dans une cuisine d’influence française qui parfois peut être teintée de quelques ingrédients asiatiques. Menu avec toujours deux plats au choix.

Comme dans souvent plusieurs endroits en Afrique du Sud, on vous amènera en début de repas quelques chose pour patienter. Non pas des amuse-bouche mais l’équivalent du pain-beurre en Europe avec ici des grissins avec un aïoli et une série de petits pains avec un pesto aux épinards et basilic, ainsi qu’un beurre travaillé.


Un excellent pain qui est accompagné de croquettes qui se peut finalement être une référence à celles que l’on trouve souvent au Pays-Bas.




Une entrée avec un tartare de bœuf Angus fumé à froid, jaune d’œuf cuit à 62 degré, labné qui est un lait fermenté concentré typique de la cuisine libanaise ici avec du carvi toasté, de la moutarde en grains, des spaghettis de cèleri fermentés, une purée de date et un nid de pommes de terre, qui est une préparation type salade. Certes les associations peuvent sembler être un peu étranges sur le papier mais les quantités sont minimes et ne dépareillent pas l’élément le plus important, cet excellent tartare avec ce goût subtil du fumage.


Je choisirai la burrata qui aura été parfumée au safran, légume du jardin, guanciale croustillante qui semblerait être l’un des ingrédients préférés du chef, marmelade de tomate froide, biscotte au parmesan parfumée au thym. Une assiette grandement influencée par l’Italie avec une bonne burrata, le tout est joliment dressé et fort plaisant.


Second plat avec la langoustine cuite au barbecue, éléments d’agrumes, émulsion d’avocat, melon d’été vinaigré, sphère au sésame noir toastée. Le crustacé est cuit parfaitement, on l’accompagnera au choix avec l’un des ingrédients sur l’assiette.


Pour moi, la truite locale marinée 24 heures dans de la betterave, aïoli de raifort fumé, éclats de noix, sorbet cèleri et pomme, carpaccio de betterave. Une assiette d’influence nordique, la truite est excellente, le raifort est toujours un accompagnement de choix pour un poisson fumé. Cela reste malgré tout assez classique et presqu’un peu timide. Certes une soirée de Nöel, on pensera qu’un menu sera plus traditionnel qu’à l’accoutumée.



Un anecdotique petit trou normand à base de lychee et d’eau de rose.


En plat principal, du cou d’agneau du Karoo braisé, orge perlé grillé, courge butternut vinaigrée, purée de cresson, jeunes pousses sauvages, pesto à l’harissa. Un plat classique en apparence mais l’agneau a été recomposé car le cou demande passablement de travail, le fond de sauce est bien équilibré et parfumé. J’ai bien aimé cette association d’orge traitée comme un risotto avec ces oignons remplis de sauce.



Une petite crème style catalane comme entrée en matière pour les desserts.


Et pour terminer un dessert à l’apparence de Noel avec une crème au chocolat blanc, biscuit aéré à la vanille, crémeux aux noisettes, caramel de popcorn salé, caviar de rose. On trouvera également quelques baies, des chocolats et brisures d’amande. C’est joli mais bon cela s’arrête là.


Avec ce repas un seul vin du domaine, un excellent Chardonnay Grande Provence 2014.


Une très belle soirée dans ce magnifique domaine, un service attentionné, un lieu d’une grande élégance. La cuisine reste assez classique mais il est difficile de se faire une opinion avec une soirée comme celle-ci car évidement il y a une certaine attente de la clientèle. Tout était joliment présenté, les cuissons parfaites, les saveurs justes. Assurément une très belle table de la région si pas l’une des plus belle à revisiter lors d’une autre occasion.