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mardi 21 avril 2015

Casamar, Llafranc



Plusieurs années que je souhaitais découvrir le « Casamar », une des autres tables étoilées de la Catalogne dont l’on disait le plus grand bien. Souvent complet, cette fois-ci c’était la bonne… Situé dans le très joli petit village de pêcheur de Llafranc,  niché au fond d'une crique de la Costa Brava. Un endroit avec une plage de sable, bordée de ses bars et restaurants à l'ambiance chaleureuse.

« Casamar » se trouve un peu sur les hauteurs dans l’hôtel du même nom. Je m’imaginais un lieu plutôt avec beaucoup de charme et en arrivant à l’entrée, on s’apercevra  rapidement que seule la terrasse propose une vue, la salle de restaurant se trouvant en retrait. Comme ce soir il fait frais et que la Tramontane souffle, eh bien cela sera à l’intérieur.

Un hall d’entrée où l’on voit une énorme photo du chef Quim Casellas et sa sœur Maria, cheffe de salle. Comme l’on peut se l’imaginer, « Casamar » est une affaire familiale avec un chef en cuisine qui a fait des stages chez un certain nombre d’établissements en Catalogne.


Arrivé dans la salle principale, je n’ai pas été trop emballé par la structure de la pièce et encore moins le décor ou l’atmosphère. C’est un peu tristounet, peu de  charme, conventionnel et presque surprenant pour la Catalogne où généralement l’architecture des tables renommées fait souvent preuve d’imagination. Tables blanches nappées, lampes suspendues de grande taille pas trop intimes et une cheminée moderne factice. Il y a quelque chose d’un peu froid ou de trop sobre dans la décoration de cette pièce. Enfin…question de goûts.



Le bar attenant me rappellerait presque quelque chose d’un peu années 70.


Depuis la terrasse, on peut apercevoir entre les maisons la plage au loin. Assurément un choix à privilégier par beau temps.



Le menu dégustation est sagement tarifé à 69 euros et a la particularité de tout d’abord énoncer le plat et par la suite de donner quelques détails sur ce que l’on trouvera dans l’assiette. Approche vraiment appréciable car rien de plus frustrant que ne n’avoir que le nom de quelques ingrédients, séparés par des virgules…

Pour patienter quelques étranges et décevants grignotages Des « pipas », graines de tournesol entourées de sucre, une sorte de gâteau friable un peu crayeux en bouche dont je ne me rappelle pas le nom. Je ne demande pas que l’on m’amène des prouesses en début de repas mais pour un étoilé c’est vraiment très limite et comme « trailer » d’un repas qui arrive…pas franchement excitant.


Un peu plus gourmand, un bricelet type tuile réalisé avec du fromage Manchego.


Le pain servi au début du repas est particulièrement bon et se rapprocherais presque d’un cake ou muffin dans sans sa texture.


Et finalement en amuse-bouche une chips de topinambour sur un espuma cuisiné avec la même racine.


Première entrée appelée, Asperges blanches tendres et fraiches sous différentes formes avec un bouillon tiède au jambon ibérique. Cuites entières et en tagliatelles dans un bouillon parfumé aux notes ibériques et terreuses ; la mer et son littoral. C’est un peu linéaire en bouche et la qualité de l’asperge plutôt quelconque. Je n’ai pas pu vraiment discerner un goût particulier à ce bouillon et cette feuille de menthe n’amène rien dans cette banale entrée.


Seconde entrée avec un Tartare de crevettes de Palamòs marinées avec huile de son coral. Très frais et de proximité, hachée crue et assaisonnée avec de l’huile de crevette. Je dois admettre que je ne suis pas un amateur de ce type de tartare. Les crevettes en tartare, crues je trouve qu’elles ont une consistance un peu pâteuse, ce qui est le cas aussi ici.


Nous poursuivons avec une Poêlée d’artichauts confits aux gésiers, magret de canard et œufs de caille pochés. Un plat qui nous accompagne depuis nos débuts. Une assiette classique bien exécutée, sans surprise.


Un poisson avec le Dos de cabillaud Ràfols au pilpil à l’ail et touche méditerranéennes. Cuit à basse température, émulsion d’ail confit et note puissante d’olive. Probablement que la traduction n’est pas exacte car il ne s’agit pas de cabillaud frais mais de morue. Une morue totalement ratée, immangeable  car beaucoup trop salée qui retournera en cuisine. Plates excuses que nous accepterons alors que j’ai tout de même un peu de peine à comprendre comment on ne peut pas gouter en cuisine avant d’envoyer. Egalement un peu étonnant de constater que la même assiette est servie à une table voisine quelques instants après… 


Geste plutôt commercial et sympathique  que nous amener quelques instants après une crevette de Palamòs dans une sauce émulsionnée dont malheureusement aujourd’hui je ne me rappelle plus la teneur.


L’assiette initiale revient mais cette fois-ci avec un filet de poisson frais. La cuisson est parfaite, le pil-pil, sauce d’origine basque est assez discrète en bouche et deux boules remplies de concentrés d’olive noires et vertes. Ici les techniques moléculaires de sphérification inventée par « El Bulli » ont été utilisées.


En plat principal, une Epaule d’agneau du « Mas Marce »   avec sirop d’érable et croquette d’ail et persil. Cuit à basse température avec la touche aromatique de l’ail. Une jolie assiette avec un fond de sauce plutôt doux avec les croquettes.


Premier dessert réussi avec une Crème de citron au granité de cèleri et de citron vert. Pour digérer, parfumé et rafraichissant. L’idée d’exploiter le cèleri est excellente car donne du peps aux autres composantes plus sucrées.



Cependant pas du tout convaincu par le Notre Saint-Honoré à la crème chiboust au caramel et pâte brisée. Un Saint-Honoré est un classique de la cuisine française avec de la pâte à chou. Je ne sais pas ce que le cuisinier a essayé de faire en déstructurant ce dessert mais rien ne joue. C’est sec…et sans saveurs particulières. 


Pendant ce repas, un excellent vin blanc de la région avec ce repas, le Sota Els Angels 2012 avec un bouquet floral, des touches de citron et de fenouil.


Un repas vraiment décevant de bout en bout qui propose une cuisine ni créative ni traditionnelle que nous ne nous remémorerons pas, sans parler du service irrégulier et parfois absent.

jeudi 16 avril 2015

León, Llafranc



De manière générale ce n’est que très rarement que les restaurants donnant directement sur le bord de mer soient de qualité et souvent à quelques rues derrière, on peut trouver des lieux bien plus authentiques avec de bien meilleurs produits. Ce n’est pas une règle pour tous les lieux mais il faut admettre que terrasse avec vue et tourisme ne sont pas toujours signe de qualité de la cuisine de certains établissements. Llafranc est pour moi l’un des plus jolis petits villages de cette Costa Brava qui peut souvent être idyllique.

Vous vous apercevrez que certains de ces établissements le long de la mer ne sont pas réellement pleins ce qui n’est pas le cas de « León » juste une rue derrière. Le genre d’établissement que l’on ne trouvera pas si l’on ne connait pas l’existence et de plus l’enseigne Coca Cola franchement n’inspirera pas vraiment de l’extérieur…


Cependant en guignant à travers la porte ou la fenêtre vous vous apercevrez que cet établissement est presque complet et qu’il y a pas mal d’ambiance.


Une salle vraiment très classique comme l’on pourrait en trouver des centaines en Espagne, ni très sophistiquée ni banale non plus. Le traditionnel comptoir au fond, quelques tableaux sur les murs rappelant les éléments marins des tables simplement dressées. Le restaurant type où l’on risque de trouver une cuisine de poisson et fruits de mer de qualité.



Au fond donc le bar et derrière la cuisine.



Une carte traditionnelle mais aussi sur la table les suggestions de la journée. Quelques rondelles de saucissons pour patienter et passer la commande. 


Ce qui me plait immédiatement sur ces suggestions c’est de trouver des petites seiches de Palamós. Il faut savoir que probablement les meilleures crevettes que je connaisse viennent de là et sont utilisées par les plus grands chefs d’Espagne. Même Asador Etxebarri du Pays Basque sert des crevettes de cet endroit alors que l’établissement se trouve en face de l’Atlantique ! C’est aussi ici que  j’ai probablement mangé les meilleures seiches. Leur particularité est qu’elles sont très petites et par conséquent moelleuses et très fines en bouche. Palamós est le principal port de pêche de la Costa Brava et d’après ce que j’ai pu comprendre, les eaux sont froides et profondes ce qui expliquerait la qualité de ces produits. Ici simplement sautés avec de l’huile d’olive, ail et persil. 


Autre entrée avec le calamar farci aussi en suggestion. J’imagine que la préparation est « à la Catalane » avec une farce ici qui est délicieuse avec normalement un mélange de chorizo, de poivron rouge et une sauce à la tomate dans laquelle il y a un peu de vinaigre de xérès mais aussi palourdes et crevettes.


Etant « un peu difficile » sur la cuisson des poissons que je trouve généralement surcuits et baignant trop souvent dans l’huile d’olive dans les établissements « simples », nous avons choisi un riz. J’essaie désespérément de travailler ce plat chez moi depuis belles lurettes mais c’est sans succès… Ici un riz à la casserole au crabe. Alors pourquoi difficile à cuisiner…Deux raisons principales, premièrement il faut du riz de type « Bomba » qui éponge le liquide sans devenir mou mais surtout la base de la sauce qui vient d’un « Suquet ».  Le « Suquet »  est un plat typique de la région de la Catalogne au Nord-Est de l'Espagne. C'est une délicieuse recette de soupe de poissons qui sert aussi de base pour la préparation d’un riz. Donc sans cette base…selon moi il est quasi impossible d’obtenir l’équivalent. Ici je ne crois pas qu’il s’agisse du riz que je mentionne ci-dessus car évidement plus cher mais la sauce est parfaite et le crabe est en quantité. On dit « à la casserole » car eh bien c’est cuit la dedans… On y retrouvera aussi moules, crevettes, poulpe et petit-pois. Cela fume dans l’assiette…on se régale !



La crème catalane en dessert, meilleures que dans certains endroits mais pas encore irréprochable ! Ce qui signifie une vanille de qualité et un côté crémeux !


Comme j’apprécie les vins de l’Empordà, je choisis un Llavors blanc 2014, de la a cave de La Vinyeta, un vin déjà avec une singulière étiquette mais aussi beaucoup de caractère. Principalement réalisé avec du Carignan et élevé quelque mois en futs de chêne, un vin fruité très agréable avec ce type de cuisine.


Un restaurant authentique avec une cuisine sincère bien préparée, une patronne qui vient de table en table prendre la commande, un service courtois et attentionné, des produits de la mer de toute fraicheur.