vendredi 27 avril 2018

La Fábrica del Vermutillo, Barcelone


Ce qui est le plus surprenant avec cet endroit, c’est que l’on pourrait s’imaginer être arrivé dans une très vieille bodega ou vermuteria. En réalité l’établissement est assez récent mais a pris la place d’un ancien bar assez mythique qui à l’époque s’appelait le « Cleries ».  Une rénovation assez limitée et particulièrement bien pensée et vous voila à la « La Fábrica del Vermutillo ».  Nom qui est aussi en relation avec certains produits de la maison comme comme des conserves de coques, moules, couteaux, des vermouths et autres boissons. L’endroit appartient aux petits enfants de la « Bodega Monumental » et l’on pourra remarquer quelques similitudes en ce qui concerne la décoration. Donc il s’agit d’une franchise qui a repris cet établissement dans le quartier de l’Eixample.


Bien entendu, ici il faut venir pour prendre un vermut ou vermouth, boisson toujours servie dans les bars traditionnels et même moderne en Catalogne. Depuis quelques années, les nouvelles marques ont proliféré, un certain nombre d’établissement continuent d'ouvrir avec un style souvent vintage. Certes de nouvelles marques de cette boisson mais les plus anciennes ont subit un rajeunissement et souvent ont entrepris des démarches de marketing bien soutenues. Parmi celles-ci Miró, Yzaguirre et de Müller de Reus ont même doublé leur production ces dernières années. Le vermouth a cessé d'être l'apéritif des grands-parents pour devenir un breuvage à la mode et pas seulement avant de manger.


On aura ici maintenu le même bar et les mêmes tables de marbre avec leurs chaises en bois, le panneau moderniste avec un fond blanc et un sol un peu endommagé par les allées et venant d'une clientèle qui y avait son refuge ou son repaire, dans le sens d'un lieu grandement fréquenté.


Le comptoir est resté le même, on reste debout, la vitre protège une série de tapas que l’on peut picorer a n’importe quel moment, avant un repas ou même pour un repas complet. Diverses olives, des anchois, tous les classiques d’une vermuteria.




On pourra aussi remarquer en hauteur les tonneaux de vins qui ont toujours l’air d’être en fonction puisque l’on verra quelques robinets entre les rangements de bouteilles.


Le lieu fait aussi office de commerce avec une série de dérivés de vermut présentés sur toutes les parois de ce bar. Un Vermut aphrodisiaque à base de ginseng et de guarana, des mélanges un peu surprenant vendus en cannettes comme du vermut avec de la bière, au cola, au vin rouge, prochainement même au citron ou même tonic. Je ne suis pas du tout convaincu par ce type de mélanges mais il en faut pout tous les goûts ! Pour les amateurs, des siphons à l’emblème de la maison.

En contrebas, une toute petite salle où l’on peut déguster quelques tapas chauds qui s e trouvent être affichés ou sur le menu des tables.


On dégustera tout d’abord le vermut de la maison, réalisé depuis 1957, selon la formule originale de la famille Miró de Reus, avec une sélection unique d'herbes aromatiques naturelles méditerranéennes et alpines. Une couleur rouge rubis avec des nuances de couleur de carreaux, des arômes incomparables et une saveur à base d'herbes aromatiques naturelles, stimulant et rafraîchissant.


L’endroit est accueillant et très agréable, une très sympathique début de soirée dans un lieu plutôt bien pensé et qui a eu l’intelligence d’un peu conserver le charme d’antan.

jeudi 26 avril 2018

El Cinco, Barcelone


Probablement l’une des plus étonnantes ouvertures de restaurants à Barcelone ces derniers mois avec « El Cinco » sur la place Joan Llongueras non loin du quartier de Sant Gervasi. Un établissement ouvert en octobre 2017 un peu particulier récemment rénové avec un design intérieur avec un parfait équilibre entre élégance et modernité.

Une structure un peu particulière avec au rez-de-chaussez un très agréable restaurant dirigé par le chef José Armenteros et au sous-sol un bar et club dont le directeur est Javier Veloso. Un chef qui possède même son propre site, où l’on peut découvrir de manière détaillée son parcours et ses services. En dehors de toutes ses expériences, récompenses et autres qualités, on y apprendra qu’il travailla chez le célèbre restaurant Gaig comme bras droit de Carles. Ensuite il fonde une société de conseils et une école.

Pas forcément le quartier le plus fréquenté par le tourisme et c’est bien voulu. La clientèle de « El Cinco » connaît les qualités de ce chef et l’endroit est parfaitement situé pour les Barcelonais. Une petite place, un ou deux établissements et la devanture bien éclairée du restaurant.


L’intérieur est plus que surprenant et assez indéfinissable. Moderne, design, boisé, un peu art-déco, un peu bar, un peu bistrot, cela va un peu dans tous les sens mais avec passablement d’harmonie. Lattes de bois murales un peu partout, éclairages plutôt originaux, un certain nombre de tables face a un bar. Visuellement, assez lumineux, un sol hydraulique avec un motif, du cuir, de petites tables un peu partout. Pas forcement ce que l’on a l’habitude de voir ailleurs.




A l’entrée de cette salle de restaurant peu conventionnelle, une rampe d’escaliers un peu surréelle qui vous emmènera dans le club en dessous. Lumières rouges de cabaret, néon sybillin, bouteilles rangées sur des étagères comme décoration.



La salle de restaurant ce début de semaine est un peu vide mais ne pose aucun problème. Le service est à notre disposition avec un serveur d’origine italienne.



Plusieurs petites salles avec une seconde qui longe les fenêtres qui donnent sur la place Joan Llongueras, peut-être asez française avec sa banquette de cuir et ses tables alignées. Le design a été imaginé par le cabinet Lázaro Rosa-Violán


La carte est assez originale où l’on peut identifier un certain nombre d’influences, soit locales, soit parfois françaises ou méditerranéennes. Un plaisir que de trouver autre chose que cette cuisine fusion lassante à la longue ou alors ces plats servis dans la plupart des restaurants à la mode aujourd’hui, style ceviche et tataki. Un choix difficile car il y a beaucoup de choses très tentantes. Par exemple ce succulent plat en dehors du menu qui nous est proposé par le garçon, un magnifique pigeon accompagné de salsifis. Une cuisson parfaite, le salsifi fondant en bouche et un fond de sauce parfaitement cuisiné.



Ou alors ces très fins raviolis au foie gras servis avec des morceaux d’anguille fumée, crème et noix. L’association foie-anguille probablement imaginée initialement par Martin Berasategui est ici repensée en un plat plus franco-italien avec énormément de gourmandise. La pâte est fine, la farce gouteuse et la sauce onctueuse.


Le pain maison est lui aussi particulièrement bon, dans le style pain de coca.


Autre très beau plat que le lapin farci aux calçots, romarin et asperges. Le râble a été ouvert puis farci avec ce légume catalan, la viande est rôtie, dorée, les asperges juste poêlées. Du romarin en poudre sur le dessus. Un plat de marché parfaitement exécuté.



Pour suite, le cochon de lait à l’avocat et agrumes. La viande est comme il se doit fondante et croustillante, peut-être que les crèmes d’avocat mériteraient un peu plus de saveurs, le tout étant un peu timide. C’est joliment présenté avec les fruits et quelques lamelles de concombre pour la texture.


On sait que le chef a été élu comme meilleur pâtissier ou desserts il y a quelques années de cela mais étonnement c’est ce qui nous aura le moins séduit. Une version de l’incontournable torrija mais ici réalisée avec du pantone. Equivalent du pain perdu avec dessus une glace vanille. La texture est trop molle pour moi.


Avec ce repas un vin appelé Barbara Forès Coma d’En Pou, Terra Alta 2015. Un excellent vin rouge de l'A.O.C. Terra Alta produit par Celler Bàrbara Forés, une cave se trouvant à l'Est de la ville de Gandesa (Tarragona), dans un petit village proche de la chaîne montagneuse de Cavalls. Très équilibré, toasté et épicé, une bonne persistance en bouche.


La soirée ne s’arrêtera pas là car nous aurons la chance de faire un tour dans l’établissement avec tout d’abord une salle privée pour une dizaine de couverts dans un cadre toujours aussi soigné et dans les tons blancs.


Puis nous nous rendrons dans le club ou bar qui se trouve à l’étage inférieur.  Un club avec bar et piste de dance, de confortables canapés un peu partout, quelque chose aussi d’un peu « speakeasy ». Un lieu où l’on peut aussi bien danser que s’asseoir, discuter et prendre un verre. C’est ici que sont généralement organisées des soirées à thèmes ou même des soirées privées. Auparavant, d’autres discothèques occupaient le lieu comme le Don Chufo, Nitsa et BeCool.




Certains coins de cette salle ont un côté un peu plus rétro, même britannique, toujours aussi confortable avec ici des pochettes de disques encadrées. Ce soir la musique est très jazzy comme d’ailleurs l’ensemble des pochettes sur les murs.


Ce soir nous nous verrons proposé un superbe cocktail préparé par notre sympathique serveuse du restaurant qui nous préparera elle-même ce dernier.




Une très bonne adresse avec de la tradition pour les bases culinaires mais des techniques et touches actuelles. Une cuisine très fraiche avec de beaux légumes, finalement peu fréquents dans la plupart des restaurants. Des cuissons très précises de très bon produits avec une maitrise rare des fonds de sauce. Pas de dressages fantaisistes superflus mais tout va à l’essentiel : les saveurs, les odeurs et le produit. On peut donc venir ici tout d’abord se délecter avec la cuisine très personnelle du chef, puis s’abandonner à l’étage en dessous si l’on est friand de nuits folles et de cocktails de qualité.

mercredi 25 avril 2018

Croq & Roll Vermuteria, Barcelone


Ce n’est pas trop l’habitude que d’aller dans des chaines de restaurant mais il faut reconnaître que certaines à Barcelone sont plutôt pas mal et qui finalement sont plus une réplication d’un établissement qu’une chaine comme on l’on a l’habitude de voir ailleurs en Europe.  « Croq & Roll » est l’une d’entre elles et s’agit d’une croqueteria. Probablement le seul type d’établissement ici et peut-être même en tout cas en Catalogne. Le premier établissement se trouvant é la travessera de Gracia et celui-ci plus récent, à Sant Antoni, fac au futur marché. Deux jeunes, Santi et Nil qui se rencontrèrent dans une école de cuisine, ensuite partirent dans de différentes directions, avec le dernier qui se spécialisa dans la croquette. Une retrouvaille, une volonté de faire quelque chose un peu rock’n’roll, et voila le concept monté. Donc celui de Sant Antoni se trouve à un coin de rue, se positionne ici comme aussi une vermuteria.


Un intérieur assez moderne, entre bar industriel, cafeteria et un peu tout de même fast food. Il manque juste la touche conviviale pour transformer l’endroit en quelque chose d’un peu moins stérile. J’oubliais aussi peut-être le côté un peu « diner » à l’américaine. Structures métalliques ondulées sur quelques murs, enseignes lumineuses, tabouret un peu partout et coin avec tables sur la gauche face à la cuisine.


Les classiques siphons un peu partout qui nous rappelle que nous sommes aussi dans une vermuteria et évidemment la sauce Espinaler sur les tables, l’incontournable assaisonnement pour entre autres olives et anchois.



Le coin cuisine a vraiment quelque chose d’assez « à l’américaine » avec le côté comptoir et le menu au dessus de ce dernier. Qui croqueteria dit croquettes…mais on ne sert pas que ceci ici. Des trucs à picorer pour l’apéritif, des tapas, , des toasts, des salades, des bravas et autres mets assez classiques, sans oublier les desserts. Les croquetes se vendent à la pièce et coutent 1.40 euros. Six saveurs différentes selon les préférences de chacun.


Ce que l’on peut observer c’est qu’ici on ne vous sert pas de la bière industrielle mais plusieurs types de bières artisanales, locale ou non et même du vin. La liste des vermouths est elle aussi de qualité avec des marques réputées comme Miro.


Il faut bien faire attention a ce que l’on commande, car je dois admettre que notre choix ne fut pas judicieux. Nous avons gouté je crois toutes les sortes de croquettes et après un moment, évidemment on s’en lasse et l’on a plus faim… De plus nous avons commandé pour commencer des « bravas »… Pommes de terres croustillantes et sauce correcte.


Certes il y a plein de croquettes différentes et la qualité ne diffère pas d’une à l’autre, excepté évidemment pour la saveur. J’ai trouvé certaines plus gouteuses que d’autres, certaines parfois avec un peu un manque de finesse et écoeurantes. Elles arrivent dans de petites coupes métalliques. Donc, nous voici avec les sortes suivantes, poulet au parmesan, soubressade et miel, jambon ibérique, calamar dans l’encre de seiche, shitake et langoustines, gorgonzola et poire. J’ai trouvé celles à la langoustine plutôt originales et avec des saveurs bien marquées.



Le choix de bière artisanal local s’imposa avec une Almogaver Classic ambrée.


Un concept différent, pratique pour un lunch rapide, des mets que tout le monde adore ici, plutôt bien réalisés, un beau choix de bières et une ambiance rock, comme le dit le nom.

mardi 24 avril 2018

Mes adresses: Pa Serra, Barcelone


Dans la série de mes boulangeries qui proposent des pains de qualité, voici « Pa Serra » qui se trouve dans le quartier de Poble Sec. J’ai découvert cet endroit un soir lorsque nous passions une soirée dans l’excellent « Rooftop Smokehouse ». Pendant ce repas, le pain venait de là et celui-ci est même également en vente dans leur deli de Sant Antoni entre charcuteries et fumaisons.  Une boulangerie qui cherche donc l’excellence, de surcroit historique puisqu’elle date de 1929, dans un quartier à l’origine un peu démuni. Selon certains, la ville semblerait un peu subir ces dernières années un changement fondamental dans la fabrication du pain.

Dans une rue sans trop d’autres commerces, la devanture est plutôt peu traditionnelle car on ne voit absolument rien en vitrine ou si peu.


Pas non plus à quoi l’on peut s’attendre d’une boulangerie en 2018, pas de décoration, un simple lieu qui ressemble à un dépôt de pain et voilà. A gauche les sacs de farine entreposés qui viennent de France, au fond le laboratoire et le coin ventre à droite de l’entrée. Trois générations de boulangers qui se suivent pour le grand bonheur de la clientèle, des artisans passionnés par leur travail et qui ne se soucient pas de devenir des stars dans le monde de la boulangerie barcelonaise.  Cette boulangerie de presqu’un siècle est aujourd’hui une référence, représentée par Conrad Serra le propriétaire. C’est d’ailleurs ici que beaucoup de restaurateurs viennent s’approvisionner.



Rangement des plus classique dans une structure qui doit bien compter plusieurs décennies. Pains mais aussi des viennoiseries, il ne me semble pas qu’il y ait de pâtisseries genre gateaux sophistiqués genre pièces montées mais plutôt secs. Plusieurs types de pains comme, un rustique, un pain aux olives, au maïs, complet intégral, épeautre biologique, un pain des chevaliers aux noix, un à la farine moulue à la pierre, tout deux ronds et croustillants.




On trouvera aussi toute une série de gateau genre muffins à plusieurs saveurs ; tiramisu, amandes, noisettes, orange et chocolat, simplement au chocolat.


Le laboratoire que l’on peut apercevoir à travers les vitres.


D’autres pains aux graines ou pain toast. Il semblerait qu’ils aient aussi un pain de seigle, aux graines de tournesol et un pain paysan. Leurs pains sont généralement moelleux avec une belle densité, pas élastiques, des saveurs très agréables et des levures mères bien équilibrées.



Des pains de qualité et artisanaux réalisés avec de rigoureuses exigences à des prix raisonnables, qui valent la peine d’être dégustés et qui vous permettra de vous faire découvrir le quartier de Poble Sec.