mercredi 27 décembre 2017

Òsties Pedrín, Barcelone


Lorsque l’on se trouve dans le marché de la Boqueria, difficile de résister à la tentation de manger quelque chose surtout en début d’après-midi. Certes il y a un ou deux établissements connus dans cette halle mais y trouver de la place, cela devient presque un exploit. En cette période, malgré la diminution flagrante du nombre de touristes, si vous ne vous souhaitez pas patienter et être un peu plus confortablement assis, voici une très agréable surprise.  Dans une des rues perpendiculaires au marché, un petit restaurant presque caché, l’ « Òsties Pedrín » qui a ouvert ses portes il y a un peu plus de deux ans de cela.

Un coin de rue, quelques tables hautes à l’extérieure, des ardoises qui présentent en quelques mots le type de cuisine que l’on y trouve ; tapas et plats catalans.


Un intérieur assez chaleureux qui a su préserver les éléments originaux tels que sol ou le tube de climatisation, des objets un peu singuliers comme ce lustre composé d’instruments de cuisine. Un très joli bar le long duquel nous trouverons des matériaux tels que faience bleue et cuivre ; des « porrones » pour les amateurs, sorte de bouteille de verre avec une ouverture par laquelle on verse directement le vin dans la bouche.




Deux salles dont l’une sur une mezzanine, murs de pierre, mobilier en bois rustique , lumières modernes et une vue sur la rue.



Une cuisine traditionnelle et évidement de marché, puisque nous sommes a quelques mètres de celui-ci. On sera surpris agréablement de ne pas voir de touristes en tout cas aujourd’hui mais une clientèle locale, ce qui est plutôt bon signe. Même propriétaire que « L'Òstia » dans Barcelonata, on peut s’imaginer trouver des tapas de tout genre mais en traversant cette carte, on s’aperçoit qu’il y a aussi bien des classiques que de surprenantes assiettes. Par exemple cette intelligente assiette de poireaux confits avec une vinaigrette douce de Pedro Ximenez et anchois 000 de Cantabrie. Vinaigrette donc avec ce produit de Xerez de la Frontera et ces anchois dodus, confits, totalement désarêtés ; ils sont confits dans une incroyable huile d’olive extra-vierge. L’association est vraiment intéressante.


La célèbre Bomba de Barceloneta puisque l’établissement « frère » se trouve dans ce coin, bomba gourmande, une bonne farce et une sauce sur le dessus où l’on mélangera soi-même l’aïoli et la sauce pimentée.


Une fois n’est pas coutume avec la « tortilla » espagnole Pedrin. Plat archi-connu et malheureusement souvent très quelconque, voir médiocre. Eh bien je ne me rappelle pas avoir mangé une « tortilla » meilleure à Barcelone car c’est tout un art que de la réussir. Certes a un certain prix mas qui en vaut vraiment la peine. Dorée à l’extérieure, subtilement baveuse en son centre, des pommes de terre moelleuses ce qui est peu fréquent et des oignons au goût caramélisé. Un vrai délice.



Et le plus gourmand avec les fantastiques ris de veau, champignons, parmentier au topinambours et ail tendre. Un ris extrêmement tendre et parfaitement grillé, un mélange de délicieux champignons frais dont des girolles, quelques crevettes à nouveau bien poêlées qui apporte une intéressante saveur marine et le parmentier très bien monté au beurre.


Un vin qui me plait toujours, le Brunus en 2014, un Montsant avec des notes minérales et une belle longueur en bouche.


Une adresse vraiment très intéressante dans ce quartier et plutôt inattendue où l’on découvrira de belles et gourmandes assiettes dans un décor très plaisant.