mercredi 15 janvier 2014

Supanniga Eating Room, Bangkok



Certains prétendent que cet endroit est actuellement le meilleur restaurant thaï de Bangkok,  ce qui peut paraitre un peu étrange lorsque l’on sait que le choix est plutôt énorme en belles tables. En tout cas, je me réjouissais de venir y manger malgré des difficultés à trouver un taxi n’essayant tout simplement pas de m’arnaquer ou ceux qui refusaient tout simplement de m’y emmener… Ce qui me fait dire que tout ce que l’on entend ou voit dans les médias est sacrément déformé car le « cortège » m’a semblé être plutôt être bon-enfant….

Selon les connaisseurs de cuisine Thaïlandaise, il s’agit ici d’une cuisine inspirée du lieu d’origine de la grand-mère du propriétaire Thanaruek Laoraowirodge ; le Trat qui est une province de l’est du pays qui a une frontière avec le Cambodge à l’est, le golf au sud et également des influences de sa famille qui réside actuellement dans la province de  Khon Kaen au centre nord-est de la Thaïlande.

La cuisine servie ici est basée sur des pratiques culinaires de plus de 80 années transmises entre les générations de cette famille, ce qui d’entrée me plut car à la longue cela devient parfois un peu répétitif.



L’intérieur de Supanniga Eating Room a été conçu sur le modèle de la maison de cette famille de Khon Kaen.  Un décor avec des couleurs terreuses telles que des murs de tuiles,  des parois types pierres anthracite et un surprenant jaune flashy pour les banquettes. 




Une ambiance chaude à l’œil et confortable où immédiatement l’on se sent à l’aise, avec cet agréable fond musical jazzy. Quelque chose de presque luxueux mais aussi de très détendu au rez-de-chaussée mais aussi une mezzanine pour ceux qui souhaitent un peu plus d’intimité ou une plus grande tablée. La clientèle est ce que j’appellerais « thaï chic-branchée-aisée ».




Un personnel plutôt nombreux m’accueille et me tend la carte qui est vraiment intéressante car comme décrit précédemment propose un grand nombre de plats qui sont en ce qui me concerne inconnus. Une carte aussi moderne car l’on peut voir les plats en photos. On n’aime ou pas mais au moins cela donne une idée surtout que les photos sont plutôt de bonne qualité.

Je commence avec un hors-d’œuvre ou plutôt je devrais dire bouchées appelées « Ma Hor » ; ici un mélange de porc et d’ail frit, de cacahouètes grillées. On mélange dans une pâte de racine de coriandre, de l’ail, du poivre blanc. Des échalotes et de l’ail sont frits. Cette pâte est elle aussi frite, mélangée avec de la sauce de poisson et du sucre de palme. Tout est ensuite cuit ensemble pour former une sorte de caramel humide que l’on place sur de la mandarine et l’on dépose au-dessus de la coriandre fraiche et un morceau de piment. Je resterai longtemps impressionné car c’est très esthétique et les associations orangées, sucrée, croustillante, verdure et piment sont un moment de pure bonheur en bouche et cela se passe quatre fois !



Ensuite, une salade de sardines avec des feuilles de « cha plu », sauce tomate, herbes, épices dans une sauce au piment. Les feuilles « cha plu » pourraient s’apparenter au feuilles de betel mais sont plus petites et n’ont pas la même saveur. Elles servent de fond de plats mais sont également finement tranchées et incorporées avec une préparation de sardines en morceaux, échalote et une sauce plutôt douce et pimentée à la fois. Assurément la salade la plus étonnante qu’il m’a été donné l’occasion de manger, qui s’avéra vraiment bonne pour autant que l’on aime ce poisson.


Je choisis aussi un plat considéré comme rare tels que le porc aux feuilles de « Cha Muang »  avec une sauce riche à base de tomates ; « Moo Cha Muang ». Ces feuilles au goût fruité proviennent de Chantaburi et malgré quelques recherches je ne suis pas arrivé à trouver de quoi il s’agit. En tout cas classifiées comme médicinales. Plutôt douces et sucrées, elles se marient parfaitement avec cette viande fondante et cette sauce plutôt très légère élégamment épicée. Un plat vraiment unique car jamais trouvé dans aucun autre restaurant et qui vraiment est vraiment très fin en saveurs.


Egalement le « Nam Prik Khai Pu »,  sorte de sauce à base de chair et d’œufs de  crabe en pâte de piment, servie avec un assortiment de légumes frais. Le crabe est mélangé avec du jus de citron vert, de la sauce de poisson, de l’ail, des piments becs d’oiseaux et du sucre de palme. On trempe dedans des morceaux, d’haricots longs verts, du chou, des concombres, des petites aubergines, de la coriandre et une découverte ; la racine de cumin (selon le serveur). En réalité je ne sais pas si cela existe et je pencherais plutôt pour du ginseng.


J’ai aussi pris des vermicelles de riz sautés au wok avec des fruits de mer, légumes et la sauce « réputée du chef » ; suki. Des nouilles sautées avec les ingrédients susmentionnés. Les crevettes sont cuites à la seconde et encore moelleuses, le tofu légèrement frit fond dans la bouche et la première sauce plutôt douce me laisse penser qu’il y a un peu de lait de coco. Le seul reproche s’il y a lieu d’exister c’est que les pâtes sont un peu compactes mais c’est un peu la texture de ces pates qui oblige cela. 


Cette sauce suki additionnelle semble être réalisée à base de sauce soja, sucre, ail, sauce pimentée douce, vinaigre, sauce de poisson. 


Au vu du niveau de ce repas je me suis laissé tenter par un dessert sur les recommandations de mon serveur : le « Bua Loy » ; des boules de taro et de courge dans un lait de coco sucré. Je ne suis pas trop amateur de ce genre de desserts mais je dois dire que c’est plutôt très bien préparé. Le lait sucré de manière étudiée est chaud, les boules subtilement gélatineuse sont facile à avaler et ne me font pas vraiment penser quelque chose de trop compacte. Quelques fines tranches dans la préparation de noix de coco fraiche. Un joli dessert thaïlandais bien exécuté.


Si je dois maintenant prendre du recul je dois bien admettre que c’est l’un de mes meilleurs repas à Bangkok. Evidement nous ne comparerons pas avec les Nahm ou autre Bo.Lan, mais l’on s’en approche. Dans une même rue nous avons à quelques centaines de mètres deux très belles tables qui peuvent rivaliser. Ici j’ai trouvé des assaisonnements absolument parfaits, une cuisine parfois régionale étonnante pas faite pour les touristes et tout ceci dans un très joli décor. De plus pour la somme de 1000 BHT nous avons une cuisine de haut niveau ! Dans mon top 5 !