samedi 4 janvier 2014

Donovan's La Jolla, San Diego



Il me faut au moins une fois manger une belle pièce de viande lorsque je viens aux Etats-unis car à ce jour ce n’est qu’ici que je mange du bœuf qui est d’une qualité très souvent irréprochable et nettement supérieure à ce que je trouve en Europe. Oui il y a des chaines de steakhouse de luxe comme Ruth’s Chis et Morton mais je souhaitais découvrir quelque chose de différent et de réputé à San Diego.

En consultant les sites gastronomiques et blogs locaux, il me sembla que Donovan’s à La Jolla, faisait l’unanimité auprès des habitants de la ville. La Jolla est le quartier bourgeois et résidentiel au nord de San Diego.

Ce qui est surprenant et amusant aux Etats-unis c’est que ces restaurants steakhouse de luxe ont à peu de chose près le même style, la même décoration, la même carte. Venir chez Donovan est une fête car ce n’est pas donné (les steakhouse de qualité sont toujours chers) et l’on n’y vient pas tous les jours.


Même approche avec le valet qui vous attend de pied forme pour garer si vous souhaitez votre véhicule, un accueil des plus attentifs, souriant  et chic. Comment décrire « ces intérieurs »… Eh bien selon moi c’est toujours d’un classicisme un peu triste… mais cela reste une question de goût évidemment. Boiseries sombres, moquettes épaisses, lustrerie classique, bar d’un autre temps, un petit côté un peu britannique. La plupart du temps de très vilains tableaux ou sculptures victoriennes… 

Ici c’est exactement cela… Nappes blanches, service absolument impeccable. D’ailleurs cette fois-ci nous avons eu droit à un service absolument incroyable. La ou le maitre d’hôtel s’est vraiment prosterné pendant deux heures devant nous. Courbettes, flatteries, torrents de miel… Irréprochable, trop parfait, presque gênant. Imaginez vous que l’on vous dise « je suis contente que cela vous plaise…car vous le méritez bien… ». Ah… surprenant. Cela doit être comme cela le luxe extrême dans la restauration aux Etats-unis ?  Présentation de l’équipe qui nous sert de l’eau…le pain… Enfin « une totale » comme je n’avais jamais vu auparavant.




 
La carte est comme je l’ai dit sans surprise mais nous ne sommes justement pas venu pour des surprises mais manger une fabuleuse pièce de bœuf.

En entrée nous partagerons des huitres Rockefeller. Ici elles sont vraiment parfaites avec cette goute de Pernod qui fait toute la différence.


Comme d’accoutumée cela sera le Porterhouse  de 566.99g… 20 oz ici… Pas sur que cela faisait ce poid et en plus il y a un os ! Pour donner une idée, cela coûte 63 USD. Un choix d’accompagnements toujours identiques et nous opterons pour la purée de pommes de terre à l’ail et des légumes frais. Le bœuf selon la carte est du USDA Première Qualité nourri au maïs du Midwest. En voulant en savoir plus, j’ai appris qu’il avait 28 jours.


 Alors verdict… Oui c’est une excellente viande ; l’aloyau est délicieux, le filet fond dans la bouche. Mais ce n’est pas le meilleur Porterhouse que j’ai mangé. Il manquait ce petit goût de noisette caractéristique des viandes bien rassies. J’ai adoré cette purée qui ne ressemble à rien d’autre en Europe. Ici on y garde la peau que l’on mélange à la préparation bien assaisonnée. Les légumes…Je veux bien que « al dente » devienne à la mode ici mais quand cela frise le cru…je ne suis plus d’accord. Bref des légumes pas assez cuits.

Le vin que j’ai choisi est totalement du hasard… car simplement j’ai choisi un vin à mon nom… Finalement je me suis aperçu qu’il s’agissait d’un vin Australien, un Shiraz Barossa Shotfire de 2010 qui était vraiment bon. La carte de Donovan’s est vraiment exceptionnelle, le choix est impressionnant tout d’ailleurs comme les prix… Je ne sais pas ce qui est arrivé aux Etats-unis mais la production locale a un coût exorbitant.


 Nous nous sommes décidés à partager un dessert encore plus classique, l’apple pie des pommes de chez Julian (il semblerait que cultivateur de pommes soit connu à San Diego). Un apple pie vraiment parfait avec une boule de glace vanille de chez Häagen-Dazs… On peur trouver cela étrange qu’une telle table se serve chez des producteurs industriels…eh bien c’est comme cela ! Pas que cette glace soit mauvaise, bien au contraire, mais cela surprend tout de même.


Un restaurant d’une classicisme hautement poussé, un service irréprochable mais avec un certain manque de naturel, de bonnes viandes, mais c’est a peu près tout. Il faut être conscient de ce que l’on vient y trouver et dans le style c’est presque réussi mais selon moi il y a mieux.