lundi 6 janvier 2014

Red Table, Huntington Beach



De retour sur la route de Los Angeles et pensant manger un morceau avant de prendre l’avion, je me suis fixé comme arrêt Huntington Beach me rappelant que cette destination était semblerait-il grandement fréquentée par les surfeurs. Je dis cela car dans tous les magasins Hollister, il y a toujours un écran géant avec une webcam sur la plage.

Quelques recherches sur la toile et me voila parti pour une table appelée RedTable. Red non pas pour la couleur rouge mais Relax+Eat+Drink un concept que je trouve tout à fait adéquat.

Le plus surprenant sera de trouver l’endroit, car ce n’est pas en face de la plage ni dans un bâtiment isolé mais au sein d’un complexe commercial. Le numéro de l’adresse est générique et c’est seulement après avoir garé votre voiture sur ce gigantesque parking que vous verrez une pancarte avec une flèche pour indiquer ce restaurant.


C’est au fond d’une ruelle du complexe, sur un coin que RedTable se trouve. Une petite terrasse et vous y voila. L’intérieur est des plus surprenants car la décoration est vraiment presque soignée. 



Tables de plusieurs hauteurs, banquettes, hauts plafonds, lustres tous différents mais avec une certaine homogénéité dans le design. Presque parfois un petit côté rococo surtout avec cette lustrerie de pacotille. Décor, ameublement, tout est parfaitement aménagé dans une si grande pièce.



Le bar sur un côté est entouré de grands miroir et d’une ardoise avec les plats du jour et aussi les vins recommandés car le choix ici est plus que surprenant. A ne pas non plus oublier le choix de bières qui elles aussi proviennent principalement de micro-brasseries.




La cuisine à gauche est de taille respectable et étonnement l’équipe plutôt grande. 


Un premier regard sur la carte est c’est le grand étonnement ! Cela a vraiment l’air très original et l’explication est la suivante. Le chef Louie Jocson malgré son nom est d’origine japonaise et philippine. Il a ouvert ce gastrobar en souhaitant revisiter ce que l’on nomme la « comfort food », la cuisine ménagère rassurante en y apportant une touche tout à fait innovatrice. Et je peux vous garantir que ce fut plus qu’étonnant comme repas.

La plupart des mets sont à partager cependant il y a aussi des plats principaux que l’on peut également choisir. Il y a des influences asiatiques et méditerranéennes dans passablement de plats mais on trouve aussi une cuisine américaine plus traditionnelles mais revisitée.

Nous partagerons trois petites entrées avec pour démarrer des piments Shishito ; jambon émiétté, huile de citron. Une platée de piments arrive, verts, frais, me rappelant étonnement les pimientos del Padron espagnols. Aussi appelés poivrons mais je dirais que c’est une sorte de croisement. En fait il s’agit bien de piments japonais, populaire dans la cuisine japonaise et que l’on fait sauter comme ici à l’huile. On y a ajouté du jambon en petits morceaux aussi passé à la poêle. C’est un très bon plat.


Je serai complètement séduit par le Tartare de bœuf des iles avec œuf haché, noix de macademia, oignons, pousses de soja, gingembre, aioli siracha, radis géant. Présenté comme des tacos mais avec de fines rondelles de radis comme crèpe, le mélange des ingrédients ci-dessus et une sauce épicée sur le côté. C’est croquant, croustillant et moelleux. Quelle géniale idée d’avoir réinventé le tartare avec des ingrédients asiatiques. J’oublie aussi de dire que c’est joliment dressé et accompagné de gingembre-oignon, une référence aux sushis-sashimis.




L’apothéose sera avec le Ceviche Shimi ; pêche du jour, vinaigrette au citron yuzu, radis, huile aux herbes, sel de volcan. A vrais sire je ne savais pas trop a quoi m’attendre car je ne savais pas trop a quoi m’attendre mais quelle magnifique découverte !  Une très belle assiette avec six triangles d’un poisson très fin et tendre, surmonté d’une fine salade dont du chou blanc râpe et surtout cette magnifique vinaigrette si parfumée au yuzu. Une explosion de saveurs en bouche, un plat digne d’une grande table.




En plats principaux on est plus dans cette « comfort food » avec pour l’un, les côtelettes de porc dans une saumure à la bière, purée de pommes de terre à l’huile d’olive, sauce à la bière ambrée. Un plat vraiment copieux avec des côtes de porc d’une grande tendreté, une purée comme on mange rarement et tout ceci avec une délicieuse sauce à la bière. C’est indéniablement gourmand.


Pour moi, le jarret de bœuf en cuisson lente, purée de pommes de terre à l’huile d’olive, légumes de saison, fond de sauce au cabernet. Un autre plat magnifiquement exécuté dans son style. La viande fond en bouche, le fond de sauce est subtil, les légumes croquants apportent de la fraicheur.


Une bouteille de Syrah du vignoble Clayhouse de Paso Robles à quelques kilomètres pour accompagner ce fantastique repas.


Nous sommes repartis de la totalement éblouis par autant de justesse dans ces entrées et autant de savoir faire pour une cuisine plus roborative. Une table qui est un petit joyaux pas si loin de Los Angeles et de Anaheim pour les amateurs de Mickey qu’il faut vraiment visiter.