vendredi 6 octobre 2017

Mediamanga, Barcelone




Très belle surprise que celle de dîner chez « Mediamanga » dans la carrer d’Aribau et qui se trouve être le « petit frère » de l’établissement à côté le « Mont Bar ». Etablissement nouveau puisque ouvert cette année et qui ne désemplit pas. Pas un simple bar mais une offre vraiment sophistiquée dans un cadre chic mais malgré tout décontractée, une offre presque gastronomique que certains qualifierait de gastrobar.

Au carrefour, des stores bleu et blanc, des fenêtres ouvertes et quelques tabourets à l’extérieur pour celles et ceux qui ne souhaitent que prendre un verre.


L’intérieur a une configuration que je qualifierais d’assez intéressante car peu conventionnelle. L’espace est occupé par un bar central avec la cuisine sur l’un des côtés, quelques chaises hautes devant le comptoir et le long des murs adjacents. Pas vraiment de coin cuisine séparé mais plutôt « la cuisine au centre de la pièce », sans vraiment de séparation. Un prolongement du bar.


Des places donc au comptoir ou sur les côtés. On regrettera peut-être qu’il n’y ait pas plus de tables basses, car manger perché n’est pas au goût de tout le monde.





Le seul coin plus classique étant la grande table à droite de la pièce centrale.


Une décoration assez neutre, blanche, quelques étagères ou armoises vitrées ci et là avec des bouteilles ou des objets artisanaux. Un style pas vraiment définissable, un peu bistrot, un peu moderniste si l’on pousse.



La cuisine de « Mediamanga » est d’inspiration locale et à première lecture pourrait paraitre être assez classique, mais au contraire, tout a été repensé et presque réinventé. Une série de petits plats que l’on peut se partager, les uns plus tentant que les autres. Avec une seconde lecture, l’on s’aperçoit que certains ingrédients laissent présager des associations très intéressantes. Comme dans beaucoup d’établissement, vous vous verrez offert quelques olives pour patienter.


Un classique mais totalement retravaillé, la salade russe à l’avocat et anguille fumée. Je ne sais pas s’il y a vraiment une recette traditionnelle mais en tout cas celle-ci est absolument parfaite. Le petit goût fumé du poisson amène un parfum délicat, les œufs de poisson un côté poissonneux additionnel et les petites pousses beaucoup de fraicheur.


Une autre belle surprise avec ce délicieux ventre de thon rouge et légumes. Pas franchement très explicite comme intitulé mais la présentation est très soignée et ce qui est appelé légumes est en fait une série de petites préparations pour accompagner le thon bien gras coupé en fines lamelles. Des petites lignées de poivrons, de pois chiches et de tomates qui s’harmoniseront à merveille avec le poisson cru.


Une fantastique assiette avec la crème d’amande et basilic froide, sardine fumée, tomates. Le tout arrive sur un plat avec également des salicornes et des radis. Puis cette crème est versée sur le tout. Les saveurs sont magnifiques, on appréciera aussi le jeu de texture et le clin d’oeil au « ajo blanco » andalou.



Un plat jubilatoire et digne d’une grande table étoilée, le carpaccio de figues, foie gras et pistaches. Sur l’assiette, les fines lamelles de figues bien mure, le foie râpé qui est une technique de plus en plus utilisée en catalogne et la touche croquante avec le fruit sec.


Un repas qui va en crescendo avec ces saint jacques, betterave, agrumes et vanille. Une couronne de fruits de mer avec une sauce finement acidulée et parfumée avec quelques morceaux de betterave, de la grenade et quelques feuilles de basilic.


Un plat chaud avec les « Kokotxas », haricots verts et jambon.  Un classique basque avec cette partie inférieure du menton du merlu, fondant à souhait, avec une sauce de type pil-pil et des brisures de jambon sur le dessus.


Le dessert fût un moment absolument inoubliable, un cheese cake à la betterave aux framboises. Arrive une grosse betterave sur une assiette sur un lit de terre végétale, on se demande bien ce que l’on va y trouver à l’intérieur.


Une préparation à base de fromage et de jus de betterave dans une compote de framboise. Un dessert vraiment sublime.


Et avec ce repas une bouteille de Vinyes Domenech Rita 2016 Bancal Nogueroles. Un Montsant réalisé avec du grenache blanc, du macabeu, un vin assez minéral, très frais et agréable.


Une très belle table pleine d’idées avec certaines assiettes vraiment exceptionnelles, une ambiance assez festive, un lieu convivial, beaucoup de passion dans cette cuisine qui a sa propre identité et qui fait de « Mediamanga » un des nouveaux lieux incontournables et à la mode pour les barcelonais.