vendredi 19 septembre 2014

Uskumru, Istamboul



Si l’on me demandait où peut-on passer une soirée romantique autour d’une bonne table, indéniablement l’un de mes choix serait le long du Bosphore. Il y a toujours quelque chose de magique qui se passe autour du fleuve… Le chant du muezzine, les bateaux qui défilent, les magnifiques demeures Ottomanes que l’on rêve de posséder…la légère brise et le coucher de soleil…

Le nombre d’établissements où l’on peut se restaurer est plutôt important mais souvent cela oscille entre endroit « branché » qui se transforme en discothèque à partir d’une certaine heure ou alors le restaurant un peu trop classique et ennuyeux.

C’est après quelques recherches sur la toile que je me suis intéressé à « Uskumru». Une table au bord de l’eau avec une bonne réputation et de plus un côté très attirant, la traversée du Bosphore en bateau car l’endroit se trouve du côté asiatique. Il faut tout d’abord se rendre jusqu’au port de Rumelihisari afin d’attraper la navette qui vous emmènera de l’autre côté en moins d’une quinzaine de minutes. 


C’est non loin du pont Fatih Sultan Mehmet que ce lieu se trouve. Il faut savoir que de se rendre depuis Beyoglu jusqu’au point de départ peut prendre une heure en taxi car la circulation le long du Bosphore du côté européen est et sera toujours infernale presque toute la journée. 

La traversée est évidemment très plaisante surtout que la température est très clémente et qu’il n’y a pas trop de vent ce soir.




Une fois arrivés à destination, vous serez assistés pour descendre du bateau et rejoindre la terrasse. Il y a un intérieur mais la raison principale de venir ici est  aussi de profiter de la vue et de dîner sur cette terrasse qui est en fait un « deck en bois ».



Première observation, il n’y a que des grandes tables sur cette terrasse qui sont perpendiculaires au fleuve et si vous n’êtes que deux, vous serez recalés le long de la paroi. Malgré une réservation, la plupart de ces tables sont occupées par des groupes, des repas d’affaires.




D’entrée je ne vais pas être tendre avec le service qui s’est avéré être vraiment déplorable, presque antipathique, poussant un peu trop à la consommation et qui semblait presque nous imposer nos choix. Nous voici amenés un plateau de mezzés que l’on nous force presque à prendre alors que nous n’avions même pas vu la carte. Il se peut que cela soit la coutume dans certains établissements que de venir avec des plateaux de mezzés mais au moins vous avez eu la possibilité de vous faire une idée des prix au préalable. Ici on vous considère probablement comme toutes les autres tables, à savoir que dans les plupart des repas d’affaires, on ne regarde pas vraiment ce qui est servis car « c’est la boite qui paie » et on discute plus que de regarder ce que l’on mange…

Finalement la carte nous est apportée et lorsque nous décidons de choisir un poisson, le maitre d’hôtel est presque là à nous imposer plusieurs fois son choix, prétextant que soit un poisson est indisponible, soit trop petit, voire encore pas de saison… Ce genre d’attitude à tendance à réellement m’agacer et gâcher mon plaisir… 

Une fois notre commande finalement passée, nous recevons une coupelle d’olives tranchées dans une sauce aux tomates et piment, de maïs, que l’on accompagne d’un pain lui aussi fabriqué avec une farine au maïs. Une jolie entrée en matière.



En ce qui concerne les mezzés, ceux-ci sont sur la carte avec le prix, mais étonnement lors de l’addition, tout fut doublé… Difficile de savoir si une assiette  pour une ou deux personnes a la même quantité mais je suspecte que c’est un peu cavalier la manière de procéder…

Le loup de mer avec une sauce au basilic s’avère être tout à fait plaisant. Froid avec une sauce bien onctueuse.


La salade de fruits de mers avec  poulpe et crevette est bien assaisonnée, fraiche et simplement bonne.


La salade de tomate et roquette est vraiment délicieuse. Les tomates sont pelées et épépinées, la roquette est vraiment superbe, finement tranchée. Une roquette qui n’a finalement pas grand-chose de commun avec celle que nous trouvons localement qui souvent est très poivrée et presqu’amère. La sauce est réalisée comme il se doit avec cette sauce turque à base de grenade.


Le calamar est étonnant car l’on y trouve une sauce aux noix sur le dessus. Les noix étant de saison et particulièrement grosses et exceptionnelles ici. Une jolie association. 


Finalement nous avons eu « la permission »…choisir deux poissons différents : de l’ombre qui est de la famille des salmonidae et du loup. Tous les deux furent préparés de la même manière avec les mêmes accompagnements ; pommes de terres rissolées avec un peu de piment doux, quart d’oignon, quelques légumes sautés tels que carottes et haricots plats.  Personnellement j’ai été un peu gêné par le goût de gaz de mon poisson… Allez savoir ce qui s’est passé… L’accompagnement est de plus très banal.



Pour accompagner ce repas, une bouteille de vin blanc de la maison Doluca : Kav en 2012 qui ne m’aura pas laissé un souvenir impérissable.


Alors comment conclure… Certes l’endroit est charmant car au bord de l’eau, mais cela s’arrête un peu là. Je n’ai vu que des tables de sorties de clients que les serveurs ont baladés de long en large…des « boss » sortir leur carte de crédit en regardant furtivement le détail…mais quand même une table se plaindre que le service  de 10% avait automatiquement été ajouté… En ce qui concerne la cuisine, rien d’exceptionnel…