mercredi 9 mars 2016

Hotel Jungfrau Wengernalp, Wengernalp



Un endroit comme celui-ci vaut son pesant d’or car plutôt rare dans sa catégorie. C’est en quittant la « Kleine Scheidegg » en direction de Wengen sur la piste qui longe le chemin de fer que vous trouverez à Wengeralp l’hôtel « Jungfrau Wengeralp ».  Un charmant lieu datant de 1865 et qui comme son nom l’indique est avant tout un hôtel. Situé en face des parois nord de l’Eiger, du Mönch et de la Jungfrau, cet établissement a 1900 mètres est probablement un des hôtels de montagne les plus élégants et les plus authentiques des Alpes.


A l’origine une auberge familiale, reconvertie en un lieu d’une tranquillité incomparable. On peut donc y accéder soit à skis, soit en marchant le long de cette voie pour autant que l’on ait des raquettes, éventuellement en luge et finalement en train puisqu’il existe un arrêt à cet endroit.


Un bâtiment recouvert de bois avec ses dépendances dont la salle à manger avec ses grandes fenêtres et une vue si le temps le permet.


Sur le côté gauche, l’entrée et l’endroit où l’on peut laisser son matériel. Il fait savoir deux choses en préambule ; réservation indispensable soit pour midi ou 14 heures et pas de cartes de crédit.





Cet endroit n’est pas comparable aux palaces d’un St Moritz ou d’un Gstaad, mais est le reflet d’une certaine tradition classique et chic. Pas de superflus ni de signe de grand luxe, mais plutôt une ambiance feutrée et adapté à un tel endroit. Un intérieur qui oscille entre bourgeois et traditions suisses ; des décorations d’une auberge suisse alémanique et le côté chic d’un établissement haut de gamme.


Une première salle comme dans une taverne avec une table communautaire en vieux bois, une cheminée et d’autres tables individuelles où l’on peut manger.


Une partie de cette salle est plutôt réservée à la restauration du soir avec des tables elles recouvertes de nappes blanches et des chaises recouvertes de toile verte.


Une autre salle elle aussi élégante qui aux heures de midi est fermée. Il faut bien réaliser que l’on trouvera une clientèle de passage en chaussures de ski ou habits sportifs. Et la clientèle de l’hôtel vêtue de circonstance.


Au fond, la dernière salle qui est indéniablement l’endroit où il faudrait faire sa réservation. On y trouvera une cheminée centrale autour de laquelle l’on pourra s’asseoir, prendre une collation comme un gâteau, une boisson et profiter du feu.
 


Le long des fenêtres une série de tables comme dans la première pièce et dédiées aux repas de midi.



Mais il ne faudra oublier l’incroyable ambiance qui règne avec ce superbe orchestre de jazz qui joue admirablement une musique allant des classiques de Django Reinhardt en passant par Dave Brubeck ou un subtil jazz-rock.



Un trio d’une grande dextérité qui sera présent pendant l’heure du déjeuner au plus grand bonheur des convives. Un guitariste avec une petite moustache « à la Django » jouant sur une très belle Eastman AR610CE en bois de rose.




Une salle avec quelques finesses dans la décoration avec ces fleurs de saison, cet ancien buffet sur lequel sont exposés de bien appétissantes pâtisseries du jour comme une tarte aux pommes et un gâteau aux carottes.




Une carte de midi avec une série de mets que l’on trouvera probablement tout au long de l’année mais aussi les suggestions du jour avec entre autres un pot-au-feu et une bouillabaisse. 

Nous prendrons des potages pour commencer avec la soupe du jour, aux légumes et croutons. Une soupe bien intense en saveur où l’on identifiera entre autres de la carotte et de la pomme de terre pour le côté épais. Les croutons maisons rissolés sur le dessus.


Un superbe « oxtail » comme on ne trouve que très rarement. Un bouillon qui se doit d’être réalisé avec la queue du bœuf, classique de la cuisine anglaise que l’on appelle aussi consommé qui selon certains auteurs, aurait été introduit en Grande-Bretagne par les émigrés français sous la Révolution. Un bouillon clarifié magnifiquement assaisonné avec sur le dessus un grissin.


En plat principal, une croute au fromage avec jambon et œuf. Délicieuse au demeurant mais le convive l’aurait préférée dans un plat chaud car le fromage fige un peu rapidement sur l’assiette.


Pour moi parmi les meilleurs « röstis » qu’il m’est été donner de manger ; léger, sans trace de gras en bouche, une pomme de terre bien assaisonnée qui donne l’impression de peut-être avoir cuit dans un bouillon… En accompagnement quelque chose qui pourrait surprendre mais qui est une parfaite association, un tartare de saumon avec sur le dessus de la crème aigre. Identique aux « latkes » que l’on mange souvent également avec saumon fumé et crème fraiche.



La carte des vins est limitée mais quelle trouvaille que ce Fendant qui a la base n’est pas un vin qui m’inspire vraiment mais la une vraie réussite et servit dans un joli seau à glace en cuivre.


Une bouteille de la maison Denis Mercier à Sierre qui me réconcilie avec ce vin. Certes pas un bas de gamme, un vin fruité et assez délicat avec une acidité peu marquée.


Un très beau moment, un endroit magique avec une cuisine soignées, un service de qualité, un cadre chaleureux et une ambiance à ce jours rarement égalée.