dimanche 20 décembre 2015

Vinegar Hill House, Brooklyn



Le quartier de Dumbo nous offre de bien agréables surprises à Brooklyn. Situé à l’ouest et non loin du pont qui relie à Manhattan, ce quartier est en pleine transformation avec ces anciens entrepôts transformés en habitation de luxe ou bars et restaurants. C’est un peu à l’écart de ces lofts que se trouve une rue bien paisible qui ressemblerait plutôt à un petit village hors du temps et que se trouve un autre quartier appelé Vinegar Hill à côté du précédent et non loin du bord de l’East River.

Un quartier dont le nom se réfère à la bataille du même nom de la rébellion irlandaise en 1798 du village irlandais de Enniscorthy et qui fût l’endroit où les irlandais vivaient à une époque. Un petit village de Brooklyn qui a su préserver son aspect 19ème malgré la modernisation des quartiers adjacents. Des maisons de style Federal et aussi d’architecture Greek Revival qui s'est épanoui en Angleterre et aux États-Unis aux XVIIIe et XIXe.

C’est ici que vous trouverez la « Vinegar Hill House » dans une rue presqu’un peu sombre. Si vous ne connaissez pas l’adresse, jamais vous ne découvrirez au hasard cette très belle adresse car déjà c’est probablement le seul établissement de cette rue et de plus il n’y a aucun nom sur la porte de celui-ci.

Un numéro 72 sur le haut de porte, un peu de lumière à l’intérieur…c’est là.

Et c’est un peu une surprise avec cette salle de restaurant d’une autre époque comme si rien n’avait jamais changé. Murs défraichis, structures boisées un peu vieillottes, luminaires simples et peu puissants, tables de bois qui ont probablement vus d’innombrables générations. Et c’est une certaine magie qui s’opère car il y a une très grande harmonie dans tout ceci et la clientèle présente semble fortement apprécier ce voyage dans le temps.




Quelques tables dans la première partie de cette pièce qui officie de salle à manger et quelques autres dans des parties presque privatisées mais probablement que la structure initiale de ce restaurant avait d’autres fins que de servir de la cuisine.





Les murs sont recouverts ci et là de vieux objets, de miroirs et de peinture un peu passées.




Tout au fond, une cuisine vraiment petite ou s’affaire une équipe de cuisiniers plutôt jeune.  Il faut observer quelques instants l’activité pour s’apercevoir que personne ne chôme et que l’affaire est plutôt rondement menée.



Juxtaposé à cette cuisine un bar devant lequel l’on peut également manger ou prendre un apéritif en attendant que sa table se libère.

Il y a une réelle atmosphère magique dans ce lieu qui pourrait presque aussi à certains moments faire penser à un appartement privé.  La carte qui nous est tendue est plutôt courte mais on s’aperçoit immédiatement qu’il s’agit de mets confectionnées à partir de produits choisis provenant de producteurs locaux qui cultivent ou élèvent selon des techniques respectueuses de l’environnement. Ici cela s’appellera « organic » qui est notre « bio » chez nous, ce qui ne peut que faire grandement plaisir. Des plats dont les énoncés annoncent une cuisine de saison, d’inspiration multiple sans jamais être d’une nationalité particulière. Plutôt une cuisine américaine moderne qui est d’ailleurs en pleine évolution.

Pour commencer, une Mousse de foie de poulet, oignons vinaigrés, pistache. Arrive une planche sur laquelle se trouve un petit bocal de cette mousse très bien assaisonnée et plutôt légère. Sur le dessus les pistaches broyées et sur le côté une petite salade et une confiture d’oignon vinaigrée. Le pain toasté est délicieux. Une entrée réconfortante et bienvenue.



Pour moi, le Crostini, stracciatella, coing, marmelade d’oignons et noisettes. Ce même pain toasté est recouvert de ce fromage frais de couleur blanche à base de lait de bufflonne avec dessus les noisettes concassées. A côté le coing en pate qui aporte une très plaisante touche sucrée ; les oignons eux aussi en compote sont doux. Simple mais particulièrement bien réalisé.


En plat principal, un poulet cuit en cocotte en fonte aux échalotes, sauce au vinaigre de jerez. A nouveau quelque chose de plutôt simple mais le produit est magnifique, la volaille est goûteuse, cuite à la perfection et le jus est assaisonné avec précision.


Autre très beau plat principal, la Côtelette de la région, gruaux de maïs doux, romesco et mélisse. Il s’agit d’une fabuleuse pièce de porc provenant d’une race américaine plutôt assez proche d’un porc sauvage, voir marcassin qui est en passe de symboliser la culture su « slow food » aux USA.  Des petits producteurs qui élèvent ces bêtes avec leur couleur tirant sur le rouge. Cuit ici à la perfection, à savoir encore rose et déposé en tranches sur une sorte de polenta assez crémeuse, une touche de sauce romesco qui est d’origine espagnole à base de tomates, piments et noix. Et quelques feuilles de mélisse pour la touche végétale parfumée. Un magnifique plat campagnard qui finalement ne se trouve pas si souvent que cela sur les cartes.


Avec ce repas un vin italien Botri di Ghiaccio Forte Vignaibotri 2008 de Toscane qui sera plaisant mais ne nous laisseras pas un souvenir impérissable.


Une très belle adresse dans un très beau cadre, avec une ambiance très cosy, originale et authentique. Une cuisine assez familiale mais parfaitement exécutée qui mérite absolument d’être découverte dans ce quartier d’un autre temps.