vendredi 11 décembre 2015

Café des voyageurs, Genève



Cela faisait un certain temps que je n’étais plus retourné au « Café des Voyageurs » qui est sans aucun doute une institution à Genève. Bien connu de la génération de celles et ceux qui affectionnent cette cuisine qui tend un peu à disparaître, à savoir gourmande, riche, classique et plutôt bistrotière que gastronomique.

Le lieu où l’on a envie de se retrouver entre amis autour d’une table un peu informelle pour manger un plat revigorant ou canaille selon nos amis français. Face à l’ancienne gare des Eaux-vives en plein chambardement et ce bâtiment qui j’espère sera modernisé et non simplement remplacé par une probable structure moderne sans charme comme cela arrive de plus en plus souvent dans notre cité de Calvin.


Une terrasse plutôt agréable l’été et un intérieur qui n’a pas changé depuis de nombreuses années et tant mieux ! Le vrai bistrot genevois avec ses tables recouvertes de ces horribles nappes en papier… (pourquoi pas faire simple et repenser le concept en éliminant les nappes). Enfin cela doit plaire à la clientèle évidement classique qui apprécie ce charme un peu désuet avec également sur les murs une série d’ancienne gravures touristiques de l’arc lémanique.




Comme d’accoutumée, l’accueil est toujours très aimable et souriant. Une fois attablés, les menus distribués, tout démarre avec l’énoncé des plats additionnels en fonction des arrivages et des saisons. On y retrouvera souvent des produits de qualité comme des poissons ou alors des préparations spéciales en fonction des humeurs du chef. Aujourd’hui des filets de perche du Léman, des soles de Bretagne, et des coquilles Saint-Jacques.

Tout commence avec quelques kirs et quelques dl d’Aligoté du domaine des Curiades à Bernex. Une valeur sûre dans les vins genevois. Ici on ne vient pas vraiment pour faire de découvertes culinaires mais pour se réjouir par exemple de déguster une trilogie de foie-gras avec une version cuite au torchon, un second poêlé et le troisième préparé comme une crème brulée. Je n’y ai pas gouté mais l’assiette fut à la hauteur selon le convive.


Autre entrée tout aussi plaisante avec un tartare de thon rouge sur un lit d’avocat. Tartare qui était préparé avec entre autre des graines de sésame, un bol de sauce soja sur le côté et une petite salade.


Pour moi des ravioles farcies à la truffe blanche sur lesquelles on retrouvera du parmesan en fines lamelles et également un peu de truffes noires râpées. Une sauce plutôt légère plus proches d’un bouillon afin de pas trop écraser la saveur discrète je dois dire de la truffe blanche. Une pâte à raviole qui manquait un peu de finesse selon moi.


Les plats principaux avec un filet de bœuf sauce poivrade accompagné de divers légumes comme pois mangetout, carotte, courgette et tomates. Un joli morceau de viande entouré de sa sauce bien crémeuse.


Les célèbres ris de veau aux morilles qui sont toujours préparés de manière infaillible.


Une souris d’agneau en lente cuisson qui avait l’air plutôt très gourmande.


Et pour certains dont moi-même, d’excellent rognons de veau parfaitement cuits dans une sauce moutarde assaisonnée avec précision. Les accompagnements similaires à ceux de la pièce de bœuf.


La majorité des plats seront également accompagnés d’une excellente portion individuelle de gratin de pommes de terre.


Quelques desserts au tour de la table avec entre autre une crème brulée tout à fait convaincante selon le convive.


Autre desserts un peu particulier, le « molotov » qui malgré son nom semblerait être d’origine portugaise, à base de blanc d’œuf battus en neige et de caramel, servi avec une crème anglaise.


Avec ce repas des vins de la vallée du Rhône avec un Côtes du Rhône Blanc 2011 Château Mont-Redon et la même bouteille mais en rouge version 2014. Une belle maison très réputée pour ses Châteauneuf du Pape.



Et comme d’accoutumée, la jarre de bonbon pour accompagner les cafés.


Une table toujours fidèle à elle-même avec une surprenante et rassurante constance au fil des années. On en ressort toujours très satisfait et avec le sentiment d’avoir très bien mangé une cuisine roborative de qualité.