mercredi 24 juin 2015

Brasserie de Montbenon, Lausanne



Datant de 1908, le Casino de Montbenon est un lieu d’animation culturel qui en réalité n’a jamais accueilli de salle de jeu. Idéalement placé car tout près du centre-ville et au milieu de jardins, ce bâtiment comporte deux salles de spectacles dont la Salle Paderewski et la Salle de Fêtes. Il y a quelques temps, le bâtiment hébergeait « le Grand Café » qui était un lieu plutôt privilégié pour les soirées privées.


Fin 2014, ce café rebaptisé « Brasserie de Montbenon » est devenu une nouvelle enseigne où l’on peut se restaurer dans une ambiance conviviale et dans laquelle il est aussi prévu une programmation culturelle avec les artistes de la région.

Repris par les propriétaires du Café de Grancy,  ce lieu a totalement été restauré, est devenu un lieu plus populaire avec comme le nom le dit, une brasserie où l’on peut rapidement ou non… venir manger un plat ou un repas plus conséquent.




La salle est vraiment magnifique avec sa grande baie vitrée qui donne sur une magnifique terrasse qui propose une vue époustouflante sur le lac. 



Un lieu avec un cachet invraisemblable car cette rénovation a parfaitement étudié comment rendre cet endroit attrayant aussi bien pour ceux qui ne souhaitent que prendre un verre face au bar et ceux qui veulent manger dans la grande salle ou sur la terrasse. Cette grande salle est aménagée avec une série de banquettes plutôt confortables un peu comme des compartiments dans un train.



Sur le côté droit en arrivant, les cuisines avec la série de chefs toqués et sur la paroi l’ensemble des crus au verre sur un énorme panneau noir.




La carte n’est finalement pas si proche de ce que l’on pourrait s’attendre d’une classique brasserie avec des plats plutôt canailles mais plutôt assez contemporaine avec une sélection assez large entre plats à partager, salades, assiettes « locales » et plats plus travaillés.

Ce qui est vraiment appréciable en lisant cette carte, c’est que la majorité des plats peuvent se prendre soit en demi-portion soit en portion entière. 

Nous commencerons avec un classique de la région, les beignets de Vinzel au fromage d’alpage de l’Etivaz. Servis en demi-portion, ils sont vraiment délicieux, croustillants et fidèles à ce qu’ils doivent être. Le mélange de salade est d’une grande fraicheur avec ces petites tranches de radis, l’assaisonnement est particulièrement gouteux.


Pour moi, le vol-au-vent de la « Brasserie de Montbenon » avec des chanterelles fraiches et basilic, crème et pousses d’épinards. Plutôt un feuilleté au champignon qu’un vol-au-vent, la pâte est d’une grande légèreté. La poêlée de champignons dans sa sauce crème est parfaitement assaisonnée et subtilement associée avec les épinards. Quelques feuilles de basilic amènent un côté estival a cette assiette plutôt classique. Deux entrées parfaitement maitrisées !


Là où la satisfaction n’est pas identique c’est avec les plats principaux. Un tartare de bœuf à l’huile d’olive, oignons nouveaux et persil plat, mesclun de salade, pain de campagne grillé, frites maison. Sur une assez grande assiette, c’est tout d’abord un peu « jeté » et on a l’impression que l’on a empilé les éléments. La salade couvre le tartare, le pain est déposé sur la salade… Ce tartare coupé à la main est parfaitement assaisonné, la salade est aussi bien assaisonnée avec une jolie sélection de feuilles fraiches. Dommage que la présentation soit aussi bâclée. On a aussi l’impression que les assiettes sont bien remplies pour ceux qui ne souhaitent pas prendre d’entrées.



Les frites qui sont « maison », ce qui en soit est appréciable, sont étonnement très molles et collantes.


Pour moi le Fondant de veau à la moutarde en grain et oignons confits, risotto Carnaroli au parmesan, légumes du marché. La viande est comme le nom l’indique fondante mais ce qui gâche le tout selon moi, c’est goût de cette sauce moutarde un peu douceâtre. J’ai un peu l’impression de déguster une sauce à base de moutarde Thomy…ce qui ne me plait pas vraiment. Enfin les goûts et les couleurs…Je n’ai jamais considéré la moutarde Suisse comme quelque chose de bon. Une sauce moutarde se prépare selon la tradition avec une moutarde de Dijon.  Le risotto lui est plutôt quelconque et arrive tiède dans un bol. Là aussi je ne suis pas trop amateur d’empilage de petits bols sur une assiette. Les légumes eux qui sont un mélange de carottes de diverses couleurs, navets, brocolis, semblent avoir étés cuit à l’eau, rapidement poêlés et mis dans un coin de l’assiette avec étonnement de la salade sur le dessus… Comme précédemment, le dressage est bancal, rapidement exécuté et le résultat de cette assiette est plutôt quelconque.



Avec ce repas, un Primitivo Ceppo 2011 de la maison Taurino, plutôt élégant, avec des arômes de fruits confits et de jolis tanins.


Le lieu est vraiment très agréable et convivial, la salle magnifique et propice à des repas informels entre amis. Les entrées furent irréprochables dans leur style mais les plats principaux nous ont laissés très indifférents. Même si ce n’est « qu’une » brasserie, il y a potentiellement diverses clientèles comme précédemment décrit ; ceux qui viennent manger sur le pouce quelque chose de qualité et ceux qui souhaitent faire un repas plus soigné. Dommage que la seconde catégorie de personnes en ressortira probablement un peu frustrée.