mardi 5 avril 2016

Sopranis, Cadix



Le vieux Cadix propose quelques tables de qualité dont « Sopranis » qui se trouve dans la rue du même nom dans le quartier de Santa Maria. Une adresse plébiscitée par un certain nombre de personnes et qui a même obtenu un « Bib gourmand », proposant donc un excellent rapport qualité-prix mais c’est surtout la cuisine qui doit importer. Dans la rue piétonne, vous risquerez comme moi de vous tromper de lieu ou plutôt de ne pas entrer dans l’établissement que vous pensez car en fait il y en a deux…


Le premier sur la gauche est un très joli bar à tapas plutôt moderne et design avec un comptoir pour le dressage de ceux-ci. Immédiatement le serveur me signale avec amabilité qu’assurément j’ai dû réserver dans l’autre établissement juste à côté, la table gastronomique. Donc je ressors et effectivement passe la porte du bâtiment à côté.




A nouveau un décor assez design, murs blancs, parois noires avec inscriptions calligraphiées à la craie pour vous souhaiter la bienvenue comme d’ailleurs la souriante hôtesse.


Deux salles vraiment très agréables avec des tables élégamment dressées de nappes blanches, des lumières halogènes bien orientées, un sol rappelant le côté hispanique de l’endroit, une ambiance assez feutrée mais en même temps décontractée.


Certaines tables ont une vue sur la rue et d’autres un peu plus privatives.


L’autre salle tout aussi design affiche sur l’un des murs de manière assez artistique une série de photos de diverses personnes dans la rue.


Si l’on peut parler de mobilier, il s’agira plutôt de structures de plâtre blanches tout à fait bien intégrées dans l’ensemble avec par exemple le rangement de la verrerie.


Ici et les quelques orchidées pour une touche peut-être légèrement asiatique.


La carte est vraiment très intéressante avec une sélection de menus, celui appelé « Dégustation » à 35 euros proposant 4 assiettes avec dessert que l’on peut choisir directement sur la carte. Ou encore celui appelé « Experience Gourmet » à 50 euros qui fût d’une certaine manière déconseillé par le serveur non pas parce que ce dernier est « mauvais… » mais simplement parce qu’il propose 8 plats… et selon lui un peu long… Maintenant d’entrée je vous engage à prendre effectivement le premier car les portions ne sont pas celles auxquelles vous êtes habitués si venant d’un autre pays comme France ou Suisse. Ce sont de vrais plats et je doute qu’avec 8 vous « teniez le coup »… Joli geste ou plutôt conseil de la part de l’établissement.

Donc il suffit de consulter la carte et de choisir ce qui vous fait plaisir mais le choix semble être pour la table et non individuel, bien que je n’en suis plus très sûr à ce jour… Une très belle carte pleine de suggestions les unes plus tentantes que les autres.

En attendant de faire notre choix, nous voici amené pour patienter un excellent fromage local, une pâte dure assez typique des fromages espagnols.


Une série d’entrées froides mais nous préfèrerons commencer avec celles qui sont chaudes dont un ravioli au chou avec une crème aux haricots. Une recette de la région de Cadix, avec une pâte manquerait un peu de finesse, une farce réalisée avec du choux et un peu de viande, une sauce aux haricots type lingots agrémentée de panceta ibérique qui est réduite en brisures. Un plat plutôt étonnant car assez roboratif mais néanmoins gourmand.


Un excellent poisson avec une dorade au four avec une vichyssoise à l’ail noir. Le poisson est cuit avec une infusion de pin, quelques haricots verts encore croquants et une onctueuse sauce à base de pommes de terre comme la célèbre soupe mais parfumée avec cet ail noir qui est fermenté et maturé une trentaine de jours dans des récipients clos à 80 °C dans une atmosphère humide. Une belle association pour ce poisson.


En mets principaux que nous nous partageons, tout d’abord le cochon de lait croustillant à l’ail et abricots secs. Grande et délicieuse spécialité hispanique que cette viande qui font en bouche, parfaitement accompagnée de quelques légumes poêlés et de fruits secs.


Même genre de préparation avec un parfait agneau avec une crème d’ail, betterave et épinards. Un lit de couscous agrémenté d’oignons rouges qui s’harmonise parfaitement, la betterave a été transformée en semoule pour rappeler les graines de blé. Quelques pointes d’une fine sauce crémeuse aillée sur le côté.


En dessert un excellent riz au lait de coco et glace à la poire.


Et un surprenant cheesecake au fromage « payoyo », raisons et baies rouges. Surprenant car le goût du fromage est assez particulier. Artisanal et réalisé à partir de lait de chèvre et brebis. Un lait mélangé constitué à 70 % de lait de chèvre et 30 % de lait de brebis. Le goût me rappelant un peu le broccio, donc un excellent cheesecake avec sur le dessus un coulis gélifié de fruits rouge. Un très bon dessert plutôt léger et pas trop sucré.



Avec ce repas un plaisant Finca Resalso 2014, Bodega Emilio Moro. Un vin rouge jeune élevé en chêne dans la Ribera Del Duero.


Un très bel établissement avec un titre amplement mérité, une cuisine soignée, généreuse, parfois inventive, réalisée avec de bons produits dans un lieu tout à fait charmant.