jeudi 26 juin 2014

La Table d'Elise, Noirmoutier-en-l'île



Finalement je me suis décidé à rester une nuit supplémentaire à Noirmoutier et avais déjà pris quelques dispositions pour le soir mais alors que l’on passait à vélo devant « La Marine », je me suis aperçu que « La Table d’Elise » était ouverte ce Lundi… Fermée, le dimanche…le mardi et je crois le mercredi. Sans aucune hésitation je frappe à la fenêtre car la porte est fermée et une aimable dame m’ouvre et me confirme qu’il y a de la place pour le soir !


« La Table d’Elise » est le second restaurant du fabuleux chef Alexandre Couillon, un bistrot dont le décor n’a probablement pas changé depuis des décennies mais qui reflète parfaitement cette ambiance qui règne dans le port de l’Herbaudière. Vieilles poutres, cheminées pour les périodes peu clémentes, des objets marins ci et là qui ont quelque chose de très réconfortant. On se sent tout de suite bien, l’accueil des jeunes filles qui assurent parfaitement le service est souriant.




Si vous allez au fond du restaurant vous pourrez également manger dans un petit patio ou pergola, recouverte à certains endroits de végétation.


Pourquoi le nom d’Elise… D’après ce que j’ai compris, « cette Elise » était le nom de la propriétaire il y a bien longtemps et lorsque l’endroit fut racheté par Alexandre, celui-ci garda le nom car sa belle-mère ou peut-être grand-mère de sa femme portait le même prénom !

Ne venez pas ici en pensant que c’est « La Marine 2 » car ce n’est pas le même type de cuisine, mais il faut savoir que les cuisines sont partagées avec une entrée des deux côtés. C’est d’ailleurs avec grand bonheur qu’Alexandre m’a fait découvrir son « petit royaume » avec son équipe concentrée qui s’affaire autour des assiettes.




La question que l’on pourrait se poser est la suivante…. « Est-il judicieux de poursuivre avec le bistrot alors que deux jours avant c’était le gastronomique… ? ».  Eh bien je peux vous garantir que c’est presque une séquence parfaite…Et pourquoi cela ? Simplement par le fait que l’on décèlera « les touches du chef » dans cette cuisine de bistrot qui peut-être auraient moins été perçues si l’on avait commencé tout d’abord par celui-ci.

La formule est toute simple ; un menu à 29 EUR s’il est complet ou alors au choix entrée, plat principal et dessert. Quatre à cinq possibilités pour chaque service et je vous garantis qu’en lisant la carte vous allez vous réjouir de trouver non pas une banale cuisine de restaurant portuaire mais une cuisine certes plus classique mais repensée.

En plat supplémentaire du jour des ravioles de homard que l’on peut demander avec l’un des choix d’accompagnement du menu principal et en demandant une recommandation à notre serveuse, celle-ci est allé demander cette recommandation au chef… Quelques minutes plus tard, elle revient et me dit… « le chef va vous organiser cela… ».

Le pain est maison et les produits utilisés sont évidemment de la même qualité qu’à la table voisine.


Nous commencerons avec tout d’abord une salade de poulpe/navets râpés, façon escabèche. L’escabèche est une marinade avec de l’huile et du vinaigre souvent préparée dans le pourtour méditerranéen. On y ajoute la plupart du temps, de l’ail, éventuellement du piment, un peu de concentré de tomates et surement ici quelques trouvailles du chef. Le poulpe est délicatement déposé sur l’assiette avec sur le dessus le navet en fines lamelles, et l’on trouvera aussi de jeunes pousses de son jardin qu’il me sera difficile d’identifier mais en aucun cas un simple mesclun. C’est frais, gouteux, le poulpe est tendre à souhait.


Ce qui me fera grande impression c’est la salade de petits pois et son sorbet, œuf mollet. J’allais dire une simple salade..eh bien non. Des petits pois sucrés à souhait, une crème qui les entoure probablement à base d’herbes, peut-être une touche de menthe, l’œuf qui va couler une fois « attaqué »…et cette crème glacée aussi aux petit pois qui apporte une touche explosive en bouche totalement inattendue, sucrée et délicieuse… Sur le dessus cette salade aux feuilles si fines. Un plat d’une incroyable fraicheur et tellement gourmand.


A l’origine, il y avait un cabillaud, fenouil fondant, beurre à l’orange et j’avais choisi les ravioles de homard. Alexandre nous a préparé ces deux plats avec une sauce à base miel et de gingembre. Le poisson arrive avec en base un fenouil finement tranchés et fondant en bouche, le poisson est cuit parfaitement et cette sauce est d’un étonnant équilibre. « La touche Alexandre » avec ces saveurs toujours très équilibrées et ce petit côté doux.


Pour moi des ravioles avec une pâte d’une légèreté aérienne, le homard amenant une touche plus marine que le poisson et l’accompagnement précédemment décrit. Probablement « mes meilleures » ravioles à ce jour…


Comme dessert, une brioche façon perdu, fraises, glace à la menthe. La brioche ressemble plus à un petit gâteau et se trouve être le dessert d’antan réalisé comme dans un rêve… La glace à la menthe est fine et non pas trop forte en saveur.


Pour moi les cerises comme une forêt noire ; reconstitution du dit gâteau mais avec un fond un peu semblable au « brownies », une fine mousse chocolatée sur le dessus, une glace vanille bourbon et des cerises tout autour. Un dessert gourmand incontournable pour les amateurs de chocolat.



Avec ce repas un vin du coteau Giennois, le Domaine de Montbenoit 2012 en blanc.


Sans aucun doute la meilleure table de l’ile dans sa catégorie. A 29 EUR, vous aurez la grande chance de déguster une cuisine bistronomique au sommet, réalisée par Alexandre et son équipe ; une cuisine fraiche, gourmande et astucieuse avec des produits toujours exceptionnels !