vendredi 19 juillet 2019

Nonna Maria, Barcelone


Ce qui est un peu étonnant c’est de voir que depuis une année et même plus, ce sont les pizzerias d’un certain genre qui éclosent à Barcelone, souvent avec des arguments assez racoleurs tournant autour des termes, bio, local, qualité, produits sélectionnés et surtout les chefs derrière ces nouvelles pizzerias qui sont souvent « d’ancien de chez X ou Y », des tables gastronomiques Catalanes étant soit dans le Michelin soit dans un de ces classements à la mode. Allez savoir pourquoi un chef très technique et qualifié se lance dans la pizza… Facilité ? Gains rapides ? Peu de recherches ? Pas de réelles pertes alimentaires ? Rendement assuré ? Clientèle plus « standard » ? Moins d’heures en cuisine ? Surement quelques-uns de ces critères.


Maintenant que l’on me vante comme c’est souvent le cas dans la presse locale ou les réseaux sociaux que « voici la nouvelle dernière pizza qui est géniale ou que c’est la meilleure de la ville », de celui-ci ou celle-là, il y a fort à parier que certains ont eu des repas offerts ou ne savent pas vraiment quoi écrire. Mais en tout cas dans ce lot, il faut applaudir le « Muncho » de Jordi Vila de « Alkimia ». C’est à peu près ma seule recommandation à ce jour si l’on veut du différent et non pas des pizzas labellisées Rome ou Naples ; celles que probablement les puristes adorent et qui ne veulent surtout pas de création.


Alors… « Nonna Maria » dont tout le monde a parlé il y a quelques mois de cela en arrière. Une pizzeria avec des pizzas qualifiées de gastronomiques et du monde… Tout un projet monté par Jérôme Quilbeuf, consultant en restauration et en cuisine un certain Marc Dinarès qui a travaillé chez Carme Ruscalleda, sans oublier Rie Yasui en salle qui je me rappelle assurait le service avec qualité chez Carme. Des pizzas parfois proposées avec des chefs reconnus dans le pays et qui sont à la une de la carte pour une période déterminée. Etablissement ouvert en réalité en 2016 et ou à l’époque Jérome Quilbeuf venait de temps en temps. Mais comme on le sait, Carme Ruscalleda a fermé et « Nonna Maria » a aussi déménagé.



« Nonna Maria » se trouve dès à présent dans le sous-sol de l’Hôtel Melia de Sarria. Salle ou restaurant que l’on peut également accéder par l’extérieure sans vraiment entrer dans l’hôtel. Un coin fumeur à l’extérieur et vous voici quelques marches plus basses dans l’entrée de cette grande salle. 


On n’aimera ou non cette ambiance, ce décor qui finalement n’a rien d’une pizzeria, même d’un restaurant Italien. C’est plutôt un restaurant d’hôtel qui a été transformé en un lieu où l’on mange de la pizza, ni plus, ni moins. Donc question cadre ce n’est vraiment pas très folichon. Grand comptoir blanc, coin four à pizza sur la gauche et salle dans le dos. Première observation, les pizzas ne sont pas cuites au feu de bois ce qui pour moi est une première grande différence et la compétition elle sans la nommer, est toute équipée de fours a feux de bois !



Assis à l’une des tables plutôt genre cafétéria avec une composition végétale dans le dos et entouré principalement de personnes qui logent à l’hôtel, nous voici amené la carte. J’insiste un peu…mais franchement le décor ne met pas vraiment en appétit…


Des entrées plus internationales qu’italiennes puisque nous trouvons guacamole, une salade césar et même du houmous. Vraiment très basique comme sélection que l’on trouve partout. Quelques autres plats avec quelques références de la botte mais aussi curry et saumon norvégien. Alors maintenant il faut vraiment être ouvert d’esprit pour les pizzas, car ici nous trouverons par exemple une pizza japonaise ou des pizzas avec des ingrédients de toute part et qui choqueront comme je l’ai dit les puristes. Maintenant si les associations sont justes, pourquoi pas… Quelques classiques aussi mais surtout des créations. Ce mois-ci, la suggestion de Alex Castany avec une pizza au pastrami.


Pour commencer nous nous partagerons un carpaccio de bœuf. Carpaccio plutôt assez quelconque, avec citron frais, deux bouts de fenouil, de simples tomates cerise sans de réel goût, herbes fraiches pour faire joli comme persil plat et coriandre, un peu de roquette assez standard, puis des câpres de qualité plutôt basique car on aurait pu tout de même associer des câpres au sel de l'Ile de Panteleria ou de gros câpres de Ligurie. Pour un endroit comme celui-ci on s’attend à du produit…eh bien non.


Carpaccio accompagné d’une agréable foccacia.


Bon je ne veux pas de l’exotique dans le sens ou je souhaite apprécier la pâte, sa texture et son goût ; surtout je souhaite des produits de qualité sur le dessus. Cela sera donc la pizza Nonna Maria, avec tomate mozzarella, bacon, oignons caramélisés, fromage de chèvre et roquette. La pâte ne m’aura pas laissé de souvenir impérissable car sans trop de goût, le fromage fige après quelques minutes qui me laisse penser que c’est de la simple mozzarella et non de la fior di latte que l’on utilise sur les bonnes pizzas. Jambon, œuf…Cela ne me laisse vraiment dubitatif car loin d’être exceptionnel et gourmand.


Une autre plus « moderne » dirons-nous qui épouvantera les traditionaliste, une Pizza Mafia avec mozzarella, carbonara de Rome, guanciale, jaune d’œuf, piment noir et truffe. Même commentaire pour la pâte qui devient assez caoutchouteux à la longue, le tout est assez écœurant et vraiment gras. Guanciale et huile en même temps…Il faut apprécier.


Un choix de vin limité et cela sera un Montsant Fra Gueralu 2017 plutôt dominant dans les aromes de cerises et baies.


Bon…ce soir, aucune des personnes mentionnées en cuisine, établissement pas forcement remplis, pizzas vraiment très moyennes et qui ne justifient en rien leur prix. Ce ne sont pas les pizzerias de qualité qui manquent à Barcelone, ce n’est pas le nom d’anciens chefs que l’on associe à ces pizzas mensuelles et le buzz associé qui vont sur le long terme faire fonctionner l’affaire. On se serait attendu à quelque chose d’un plus haut niveau avec un peu plus de produit de qualité et de la maitrise dans les associations de saveurs.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire