mercredi 6 novembre 2013

L'Oste della Bon'Ora, Grottaferrata



Seconde soirée à Frascati et rebelote avec une table dans la localité avoisinante de Grottaferrata  où se trouve l’Oste della Bon’Ora qui m’avait plutôt séduite dans les concepts. Une petite affaire familiale qui semble même attirer une clientèle romaine qui se trouve à plus d’une vingtaine de kilomètres.

Massimo Pulicati le propriétaire gère son établissement avec son épouse Maria Luisa en cuisine, ses enfants Flavio et Marco depuis plusieurs années en proposant une cuisine presque gastronomique pour l’endroit à partit d’excellents produits.

Initialement basé à Rome pendant de nombreuses années pendant lesquelles il acquit une belle renommée, il décida de s’établir dans cette petite localité au sud de la grande ville pour continuer a cuisiner ces plats tirés de traités anciens et même certains datant du Moyen-age.

Sur les hauts de Grottaferrata le long d’une route vous trouverez ce restaurant devant lequel se trouvent une terrasse et son parking. Une maison qui à première vue pourait être une habitation privée mais qui a été transformée en auberge. 


Une fois sur le parking, l’un des fils, Marco avec un agréable sourire me propose d’entrer dans le restaurant et de choisir une table. Ma première impression étant que cela ressemble plus à une maison privée  ou à maison d’hôtes qu’un restaurant traditionnel. 



Une salle principale en longueur avec quelques tables avec des nappes blanches au milieu de vieux meubles et d’une impressionnante collection de 33 tours et de livres de cuisine.



Une autre salle un peu privatisée dans presqu’une alcôve ; un coin où l’on peut manger entouré de bouteilles de vins comme si l’on se trouvait dans une vinothèque ; en bruit de fond Neil Young…

 

Il y a indéniablement une ambiance particulière dans ce lieu, tout à fait propice à y passer une bonne soirée. D’après ce que je comprends du sympathique Marco, la musique est un élément important de l’environnement et tout au long de cette soirée, les clients seront invités à choisir leurs vinyls préférés joués sur une vraie platine d’époque… Scupuleusement Marco déposera le long du service les 33 tours au plus grand plaisir des clients…Dans le désordre, Janis Joplin, James Taylor, JJ Cale, Jethro Tull et consécration finale avec « le » Dark side of the Moon…

La carte automnale qui m’est présentée propose deux menus dégustation; le premier en version longue à 38 euros « Marco & Flavio » et le second en version abrégée à 28 euros « Massimo & Marisa ». Le principe consistant à choisir les plats qui peuvent aussi être pris indépendemment des deux menus. A noter que la carte structurée de manière traditionnelle avec ses « antipasto, primi piatti, secondi piatti, etc. » contient aussi une rubrique des « coups de cœur ».

Comme je suis venu pour apprécier cette cuisine romaine qui semblerait aurait été remaniée, je me laisse guider par Marco qui aura eu la gentillesse tout au long de cette soirée de ma parler en anglais et donc de me traduire la carte et les plats. A noter que cette carte est également visible sur leur site.

En guise de bienvenue après avoir été servi de l’eau, je me vois apporté deux petites bouchées tout à fait sympathiques pour entrer en matière avec un condensé de tomate dans une verrine qui me rappelerait un peu un gaspacho et une préparation fromagère en forme de boule à base de peccorino romain.



Comme entrée j’aurai choisi le « suppli » qui est une recette romaine. Généralement une boulette de riz frite avec de la panure autour. Ici retravaillé,  je comparerais cela un gâteau de risotto mélangé avec de la chaire à saucisse et au milieu duquel se trouve de la mozarella fondante. Le tout a du être légèrement gratiné au four avant d’être dressé dans une assiette avec une trainée de pesto. C’est un plat gourmand et bien réalisé.


Premier « primo piatto » avec des taglioni avec une sauce préparée avec de la pintade et du romarin. Les taglioni qui sont des pâtes sont faites maison, appartiennent à la famille des pâtes longues, à nids, obtenues d'une abaisse mince, d’une épaisseur de 0,91 mm. Ici la sauce est délicate car réalisée avec la pintade découpée en fins morceaux, apprêtée avec des carottes et un peu de jus d’orange. Quelques baies de genièvre, du romarin. Des pâtes originales et très savoureuses.


Second « primo piatto » avec des tonnarelli au beurre d’anchois et panure. Des pâtes un peu comme des spaghettis mais plus épaisses d’ailleurs aussi appelées « spaghetti alla chitarra », ici impéccablement préparées avec un beurre manié à l’anchois qui aurait Presque une consistence crémeuse, le tout saupoudré de panure.


En plat principal  « Est-ce une saltimbocca ? ». Pourquoi un tel nom…. Simplement car il s’agit d’une ré-interprétation de ce grand classique romain réalisé avec un viande hachée, une fine sauce parfumée à la sauge et une magnifique tranche fine de jambon San Daniele sur le dessus. Je ne sais pourquoi mais les « viandes hachées » ont toujours une saveur bien distincte en Italie  et tout à fait plaisante.


Le temps du dessert arrive et je choisis un autre grand classique mais ici également revisité, un tiramisu à la ricotta et yoghourt. Un dessert finalement pas trop sucré avec un franc goût de produit laitier moins écoeurant que la plupart des tiramisus. Bon mais pas renversant non plus.


Je me suis laissé guider par le choix de vins au verre de la maison qui s’est avéré être tout à fait opportun avec tout d’abord un blanc de type Malvasia frais et souple en bouche puis ensuite une association de cépages rouges dont malheureusement je ne me rappelle plus les appelations. Un joli choix de vins a 7 euros généreusement servis ; parfait pour ce menu.

J’ai passé une délicieuse soirée dans cet établissement presqu’original ou j’ai dégusté une cuisine revisitée, réinterprétée basée sur des plats traditionnels de grand-mères, réalisée avec des produits locaux de qualité. On sent chez la famille Pulicati un côté passionné par ce qu’ils font et cela de manière parfaite. Un très beau repas italien dans une ambiance entre familiale et originale.