jeudi 26 janvier 2012

Le Temps de Vivre, Ambilly


Non ce n’est ni Ugo Tognazzi ressuscité ni son frère, mais Carlo Crucil ! Originaire du Frioul voici un cuisinier qui fait preuve d’une certaine imagination pour cette table, mais qui également propose des mets ménagers à travers des menus donnés. Et j’insiste sur le coté « ménager » de sa cuisine. Des préparations transalpines bien inspirées pour une cuisine qui ne manque ni de couleur ni de saveur. Une cuisine de tradition avec quelques rares touches d'originalité. Un peu ce que je pourrais qualifier de « cuisine de belle-mère » (pour autant que l’on en ait une…). Rien de très compliqué, des produits frais, des cuissons séculaires, éprouvées, des saveurs connues. On ne vient pas au « Temps de vivre » pour découvrir « de nouvelles sensations gastronomiques » mais pour se permettre de passer un délicieux moment gourmand dans une salle coquette et vraiment bourgeoise.



Après avoir été accueilli avec le sourire, ce qui mérite d’être mentionné…vous voici dans une salle dans les tons saumon-orange, quelques tables joliment dressées. On sent que l’on prend au sérieux le métier de la restauration ici. L’accueil de Sylvie Gal (l’associée de Carlo) est convivial et vous serez rapidement installé, présenté la carte.



Sur votre table, une petite assiette de légumes croquants, jambon, fromage vous permet déjà d’entamer votre repas et d’apprécier les menus (même un végétarien ou les plats à la carte). Si vous n’êtes pas tenté par le grand menu à 44 Euros, celui intitulé « l’air du temps » à 30 Euros est une vraie aubaine ! Le concept reste simple, on choisit dans une liste une entrée, un plat principal, et un dessert.

Quelques amuses-bouche sur une assiette pour démarrer ; un velouté de courge, un morceau de terrine, une purée d’artichauts. Sans chichis...bon.


Il faut au préalable mentionner qu’ici, tout est préparé et cuisiné maison, du pain jusqu’au dessert.


Sur la carte vous pourrez trouver le renommé trio de foie gras, le filet de fera du Léman au jambon de Savoie et mondeuse, l'effeuillé de filet de bœuf mignon de veau et foie gras. Notre choix s’est porté tout d’abord sur une sympathique bruschetta aux gambas ; quelques tranches de focaccia grillées et aillées sur lesquelles étaient disposées une demi douzaine de crevettes (dommage que les têtes étaient encore présentes), le tout avec un mesclun un peu trop vinaigré, un peu de betterave rouge et un entourage de crème balsamique.


Autre entrée peut-être plus originale, un croustillant de boudin noir aux pommes. En réalité une feuille de brick dans laquelle étaient mélangés les deux ingrédients précités. Un mesclun en accompagnement. Bon équilibre en bouche et pas gras comme l’on pourrait se l’imaginer.


En plats principaux, une cassolette de veau et poulet dans une sauce aux morilles. On vous présente une assiette avec trois petits plats : la cassolette bien gouteuse, fidèle à ce que l’on pourrait s’attendre d’un tel plat, un assortiment (impressionnant..) de légumes dans un autre plat composé de lentilles, carotte, choux de Bruxelles, poireaux, tomate, navet ! Tout dans un périmètre de 10 cm, et sans apparaitre comme étant un amas.. et une purée de pomme de terre.


L’autre assiette ; un filet de dorade poêlé accompagné de deux pestos (difficile d’identifier leur composition) et d’un trait d’huile d’olive, également accompagné de la purée. De bons mets principaux, réalisés avec maitrise.


Une très bonne tarte tatin en dessert avec sa boule de glace vanille et un granité aux herbes de montagne avec une grappa. Deux sympathique desserts ; j’ai particulièrement apprécié le coté Chartreuse-Génépi de ce granité, avec cette petite touche alcoolisée.



Pour 36 Francs Suisse (vous avez bien lu ! Tout Genève s'encanaille là à bon compte..), on passe simplement un excellent moment. Une très bonne adresse qui donne vraiment envie de prendre le temps de vivre… et de s'attarder à table en mangeant la cuisine de votre belle-mère :-) !