mercredi 27 juin 2018

Sor Rita, Barcelone


On peut toujours s’attendre à l’inattendu… à Barcelone, surtout avec un bar comme celui-ci. Certes pas inconnu des amateurs d’art kitsch et du réalisateur Pedro Almodóvar, ce lieu du quartier Gothique reste toujours aussi unique, plaisant et amusant surtout la première fois que l’on y va.


Très coloré, assez brut, grandiosement fou, sauvage et merveilleusement poisseux, « Sor Rita » amène le kitsch à un tout autre niveau et cela commencera dès l’entrée du bar avec cet ensemble de bougies et d ’ex-votos.


Les imprimés léopard et zèbre abondent, les sous-vêtements en dentelle sont tendus à travers les murs et les icônes observent de tous les coins et recoins.





Les fondateurs Cecilia et José ont donc créé un lieu digne de notre réalisateur d'Almodóvar et quelque part je dirais même de Nina Hagen pour celles et ceux qui s’en rappellent. Question justement musique, la bande sonore est elle aussi tout à fait rétro-kitsch, donc en parfaite harmonie avec l’endroit. Des thèmes sonores qui ne laissent personne indifférents, oscillant entre vieille variété espagnole style Julio et morceaux assez sixties.




On combine ici, des affiches de Jésus, des perruques, des bustes, des photos d'actrices célèbres, des images d’une esthétique indéchiffrable, des poupées Barbie suspendues aux lumières, également positionnées dans des poses de Kama Sutra ainsi que divers clins d’oeils aux films de Pedro sur chacun des murs.  Des images religieuses mélangées avec des icônes de la culture pop comme James Dean, Marilyn Monroe et Audrey Hepburn.





Ailleurs vaisselle horrible de grand-maman et  bijouterie toc.



Un mélange étrange, malsain et qui fonctionne à merveille !


Le plafond fait également partie de ce délire, avec d'innombrables paires de chaussures et talons collés à ces dernières. De probables références à d’autres personnages tels que Carmen de Mairena et Monica Coronado del Raval.



Et ce n’est pas tour, des culottes à vendre, et surtout ne pas oublier d’aller se recueillir devant l’autel de « Sor Rita » merveilleusement illuminée au fond de l’établissement. Vous pourrez laisser une prière dans la boîte aux lettres et faire pipi dans le WC confessionnel.


Certaines soirées sont dédiées a du karaoke, du tarot et bien plus encore…


Quelques bières, des cocktails, le temps passe agréablement…


Quintessence du kitsch, un monde alternatif envoutant, un lieu incontournable et de plus authentique. A savoir pour finir que le nom de ce bar sonne également comme « zorrita » qui signifierait « petite salope ». Cela résume parfaitement le mélange de références religieuses du bar avec les péchés humains.

mardi 26 juin 2018

Més De Vi, Barcelone


C’est dans le Poblenou que vous trouverez ce très charmant établissement appelé « Més de Vi » qui semblerait être un jeu de mot entre « plus de vin » et le prénom du patron David. Le genre d’établissement que j’aime bien, un bar à vins qui fait également dans la restauration, un peu ce que l’on pourrait appeler pargois « Gastrobar ».  Un quartier de plus en plus branché où l’on trouve quelques très sympathiques établissements comme celui-ci. Une petite rue étroite et sans circulation, une belle devanture qui inspire, qui donne l’envie d’entrer.


Un bar plutôt classique avec quelques chaises hautes, quelques tables en face et un jeu de lumières de circonstances, à savoir plutôt douces afin de conférer à l’ensemble un côté assez convivial. Mais c’est dans le fond de cette salle qu’il est préférable de réserver sa table car la décoration y est beaucoup plus soignée et l’atmosphère nettement plus intime.




On aura la fausse impression de se trouver dans une salle voutée tout simplement parce que l’une des structures porteuses est en arc de cercle. On y a conservé les murs de briques et de pierres d’antan. Un mobilier très particulier car tout est assez hétérogène mais s’harmonise parfaitement.



Tables de formes diverses, chaises modernes de styles et de couleurs différentes, une série de gravures ou de peintures alignées sur une console murale intelligemment éclairée. Une ambiance absolument propice pour une soirée intime et très conviviale. A vrais dire on à la légère impression que l’on a essayé de recréer l’ambiance d’un appartement d’un particulier et c’est très réussi.


Le plus inattendu et vraiment plaisant, c’est ce coin assez unique avec ce coin bibliothèque, ces deux canapés Chesterfield en cuir brun et cette table presque basse où l’on peut néanmoins manger. Encore un exemple de ce que je qualifie « d’appartement privé ».


Dans une autre partie de la pièce, à côté de la cuisine quelques tables plus conventionnelles, placées devant des casiers à vins avec un charme presque scandinave.



Comme l’indique clairement la devise de cet établissement, on trouvera ici du vin et des petits plats que l’on se partagera. Une carte en plusieurs langues et même en français, avec un certain nombre de classiques que l’on trouve un peu partout mais également quelques divers clins d’œil internationaux, principalement vers l’Asie et le Moyen-Orient, surtout pour l’utilisation de quelques ingrédients assez à la mode. Mais une majorité de mets sont plutôt inspirés par le pourtour méditerranéen « avec un twist » et bien entendu la Catalogne. Cuisine de marché, de saison ; une intéressante sélection de plats qui devrait plaire à tout un chacun.

Des classiques donc comme par exemple ces Bravas avec une sauce aigre-douce et un aïoli à l’ail grillé. Jamais les mêmes dans chaque établissement, ici la qualité de la pomme de terre est parfaite car croustillante et moelleuse à l’intérieur, les sauce sont de qualité et bien relevées comme je les aime.


Des croquettes au canard et chou de Bruxelles. On peut également se faire la même réflexion, « encore des croquettes »… mais celles-ci sont intéressantes car associent des ingrédients assez inattendus, en tout cas le chou quin finalement n’emporte pas au niveau du goût. Bonne consistance une très bonne farce.


Petit détour vers l’Asie avec des Gyozas d’épinards, raisins secs et émulsion de pignons. Finalement pas si asiatique que cela car cela pourrait aussi très bien être des raviolis mais le terme gyoza est tellement à la mode ici…que l’on ne pense plus a rester simple. Toujours est-il que la pâte est de qualité et la préparation gouteuse. La sauce est aussi particulièrement très gourmande.


Le turbot dans son jus, accompagné de légumes de saison est bon mais la taille est un peu microscopique surtout lorsque l’on se partage tous les plats. Poisson cuir sur l’arrête accompagné de légumes frais de saison rapidement poêlés.


Très bonne Presa de porc ibérique, avec un crémeux de pommes fruit. Viande fondante, sauce bien montée et la pomme apporte une belle douceur en bouche.


Un seul dessert avec un très aérien Mato, orange, miel et croustillant à la cannelle.


Comme nous sommes dans un établissement de vins, la sélection est plutôt riche. Les propriétaires du restaurant ont également un magasin de vin de l'autre côté de la rue où vous pouvez acheter les bouteilles que vous apprécierez au bar. Sur le tableau à côté de ce bar il y a une sélection de vins par verres qui changent fréquemment et dont les prix varient entre 3,3 et 4,8 € pour le verre. Un lieu une vocation claire à essayer de nouvelles étiquettes et des propositions qui sortent de l'ordinaire. Ce soir une bouteille de Benavi, un très plaisant Ca’Vernet à base de Cabernet Franc et de Cabernet Sauvignon.


Nous aurons apprécié ici l'atmosphère calme et détendue, si différente de tous les endroits de la ville où les serveurs tournent frénétiquement, le côté très cosy de l’endroit avec son étonnante décoration qui donne l’impression d’avoir été invité chez des particuliers, cette cuisine de marché et parfois de classiques bien exécutés, gourmands. Une des belles adresses de Poblenou idéale pour une soirée entre amis.

lundi 25 juin 2018

Cerveseria L'alternativa, Barcelone


Bar de quartier sans prétention dans Poblenou, la « Cerveseria L'alternativa » est un des spots réputés pour la qualité de ses bières artisanales.   Tenu par deux frères passionnés de bières, on peut aussi y trouver quelques tapas, déguster les pressions du moment, tout cela en écoutant une bonne musique rock.


Bières à la pression mais aussi en bouteilles qui d’ailleurs sont exposées sur des étagères le long des murs de briques ou sur le comptoir.



Bières artisanales de divers pays comme par exemple la Belgique, l’Allemagne, la Tchéquie mais aussi des bières Catalanes.


Une ambiance très nonchalante, on entre…on sort…les gens se connaissent et les discussions vont bon train,

Une Tremenda La Pirata, IPA de style Imperial, avec une forte amertume, très houblonnée. Puissante et assez spéciale, qui réveille tous les sens.


Et une Pilsner Nefiltrovany, non filtrée. Plutôt difficile à décrire, car cette version est exactement ce que l’on attend de Pilsner Urquell tout en étant très différent. Une version non filtrée / non pasteurisée qui est beaucoup plus lisse et pleine dans en bouche. L'arôme est similaire mais en plus frais et plus vif.


On passera un bon moment dans ce bar si vous appréciez les bières de caractères et bien entendu artisanales.

Vivanda, Barcelone


Bon voila probablement l’une des critiques les plus compliquées depuis bien longtemps. « Vivanda » à Sarria est supposé être une référence gastronomique à Barcelone. Ceci dit, l'une des principales vertus d'un restaurant c’est le service, car il est capable de ruiner la cuisine la plus brillante du monde et également de pardonner beaucoup d’erreurs. C'est pourquoi les meilleurs établissements ont des le plus souvent des serveurs impeccables.


« Vivanda » est en théorie un endroit très agréable qui a navigué sous les enseignements de Jordi Vilà, le propriétaire de l'Alkimia et le directeur gastronomique de l'offre de Moritz. Une adresse donc guidée par des chefs distingués par certaines étoiles Michelin, mais avec l’un des plus mauvais services rencontré depuis de nombreuses années. Dans ces cas, on voit clairement que les chefs mettent leur nom, donnent les grandes lignes directrices, quelques recettes, plats et rien d'autre.

Arrivée donc dans le restaurant, aucun accueil, on se dirige donc vers le fond de la salle en espérant que l’on nous dise où se trouve notre table sachant que j’avais demandé d’être situé sur la terrasse. L’intérieur est assez contemporain, avec des tables hautes, des tabourets, conçus pour des repas rapides, tandis que le jardin conserve tout l'air de l'ancienne auberge qu'elle était.




Une très jolie terrasse où finalement l’on veut bien nous accompagner après un peu d’insistance. Cours de maison, rangée de tables, arbres et verdure, vraiment un lieu a priori très agréable surtout lorsqu’il fait chaud.




A première vue, le service cours dans tous les sens sans réellement se préoccuper de la clientèle. Il aura fallu au moins une dizaine de minute d’attente pour recevoir la carte et une autre dizaine de minutes pour que la commande soit prise. Carte très belle car l’on y trouve une série de plats influencés par la Catalogne et d’autres régions d’Espagne, des produits qui ont l’air particulièrement bien sélectionnés, des recettes de saison et parfois assez originales sans être non plus farfelues. Nous commencerons par un délicat Ajoblanco avec des sardines fumées et des abricots marinés. Le côté crémeux et fin de la soupe d’amande aux amandes et ail se marrie parfaitement avec le poisson fumé et les fruits amenant de la fraicheur et un côté un peu doux.


Autre entrée avec une délicieuse fleur de courgette farcie à l’anguille fumée et basilic, avocat et vinaigrette aux pistaches. Entourée d’une pâte de beignet comme une tempura, une farce avec un fin goût fumé et cette touche herbeuse. Une association assez bien vue avec l’avocat et la touche croquante de la pistache.


Pour les amateurs de saucisse type boudin, une fameuse botifarra noire de Perol avec des haricots verts sautés, tomates et ail. Cette botifarra noire est préparée avec des morceaux de tête de porc, de rognons, de coeur, des abats, des bajoues, de couenne et de sang. Elle est ensuite embossée, liée et cuite. Ce produit est savoureux et aromatisé, se marie parfaitement avec les légumes ici poêlés.


La où cela commence à dérailler (à nouveau), c’est avec le service. Les plats sont déposés à la va-vite sur la table, parfois même rien n’est débarrassé alors qu’un nouveau plat arrive. Et de plus, aucun dialogue et prise de connaissance de satisfaction de ce qui est servi.

Nous poursuivrons avec un très bon ris de veau braisés accompagnés de gnocchis avec une sauce meunière à la sauge et oignons. C’est parfaitement cuisiné, gourmand et très fin.


Puis arrive le dernier plat, le riz dans son jus de cuisson de seiches et cigales de mer. Une totale déception car pour un tel établissement, le riz se devrait être de qualité, surtout que les riz de Jordi Vila de son Al Kostat est fabuleux. A la remarque que le riz était plus que quelconque, le visible responsable de salle me dit d’un air supérieur que « si l’on veut du riz, il n’y a qu’aller à la plage …». Cela doit bien être la première fois de ma vie que j’entends un commentaire aussi insultant que celui-ci dans un restaurant… Au vu de ce genre de remarque, le repas se terminera a ce stade la…



Une note sur le vin de qualité que fût le Abadia de Poblet, Conca de Barbera 2016.


Si l’endroit est charmant, la cuisine pourtant de qualité malgré le riz, cela restera une prestation médiocre compte-tenu d’un service complètement incompétent, irrespectueux et arrogant. Sans aucun doute la politesse et le respect ne font pas partie des principes de cet établissement.