dimanche 8 février 2015

Chez Nannon, Morzine



J’apprécie une halte lorsque je skie et la plupart du temps, c’est avec très peu de conviction que je m’arrête dans un établissement sur les pistes en Haute-Savoie. Je l’ai déjà écrit dans d’autres billets mais souvent les plats proposés sont communs, réalisés sans aucune passion, le but étant de vendre au plus vite et au plus cher du passe-partout. N’étant pas retourné à la Pointe de Nyon depuis des années, je me rappelle que lorsque j’y étais allé, on m’avait pointé du doigt au haut des pistes un cabanon où l’on faisait une très bonne cuisine.

La pointe de Nyon fait partie du domaine de ski des  « portes du Soleil » et se trouve à Morzine. Une bifurcation indique le départ de la benne en direction d’Avoriaz. Depuis ce domaine, on peut également aisément rejoindre les Gets.

Je réserve car tout lieu probablement de qualité nécessite que l’on anticipe cela et ce qui est le plus gênant c’est surtout arriver et devoir attendre peut-être une heure. C’est donc au milieu des pistes que se trouve « chez Nannon », une ferme  d’alpage en face de sapins enneigés et sur son côté une tente qui probablement sert d’extension car la superficie à l’air d’être plutôt réduite.



On contourne donc cette ferme pour pénétrer par la tente rouge pour l’hiver. Quelques tables extérieures, un gril avec de la viande qui braise mais tout de suite c’est à l’intérieur que nous avons envie d’aller avec ce froid. 




Une pièce boisée vraiment petite ou l’on se sent immédiatement très bien. Ambiance authentique, cosy et sans chichis. Un accueil de plusieurs dames tout à fait charmantes et souriantes. Et c’est plutôt très réjouissant de se trouver dans un de restaurants d’altitudes qui ne ressemble pas à un self-service et plus à une tables d’hôtes.
 



Une vraie salle de ferme authentique avec une rangée de table de bois, un plafond plutôt bas et quelques objets traditionnels savoyards sur les murs. Vieux skis et leurs bâtons, fourches à blé, scies à découper le bois et autres instruments agricoles. Quelques anciennes photos noir et blanc de skieurs.



Dans un coin la cuisine avec son comptoir et une table sans aucun doute réservée pour les amis de la famille ou personnel.


La carte est un vrais menu montagnard avec enfin une belle sélection d’assiettes et je dis « vrais » car on y trouvera des mets que l’on ne sert que peut fréquemment dans d’autres établissements. Certes il y a les classiques mets au fromage tels que les patates au reblochon, une variante de la tartiflette sans oignons et lard, le « Berthoud » ou le vacherin chaud avec ses accompagnements, mais aussi  d’autres plats bien sympathiques avec la saucisse aux choux, le jambonneau à la moutarde ancienne  et les joues de porc braisées. Il faut aussi compter sur la suggestion du jour qui aujourd’hui est l’escalope savoyarde. A relever que certains de ces plats aux fromages sont réalisés avec des fromages suisses comme par exemple la croute au fromage.

Cela sera la saucisse aux choux avec pommes de terre et salade. Une très belle saucisse nappée d’une sauce crème à la moutarde qui s’avéra être excellente, des pommes de terres rissolées croustillantes et un bol de salade plutôt soigné avec un choix de légumes dont des carottes râpées, poivrons, concombre, radis. En plus, une poêlée d’haricots verts.



Pour moi, les joues de porc braisées avec la garniture du jour et salade. C’est un plat que j’adore et qu’il n’est pas simple de trouver. Rien que les joues ne sont pas monnaie courante dans les boucheries. Fondantes, préparées avec une sauce au vin rouge et carottes. L’accompagnement sera identique au plat précédent.



Comme dessert, la Tarte tatin « maison » et sa glace vanille. Les pommes sont bien caramélisées, fondantes et sur une pâte retournée comme il se doit.


Le Fromage blanc « campagne »  aux myrtilles est particulièrement délicieux car le produit de base est de qualité. 


Le choix des vins est plutôt bien fait car on y retrouvera une sélection franco-suisse sagement tarifée. Avec ce repas, un Corbières Château Etang des Colombes Bicentenaires Vieilles Vignes 2011 d’Henri Guelco. Un vin que je n’avais pas bu depuis belles lurettes, qui est toujours aussi plaisant avec ses arômes de figues.


Avec les cafés, le « coup de la maison » offert, une excellente poire Williamine servie dans un petit vert.


Voici une table d’altitude qui devrait être un modèle pour passablement d’endroits. Un nombre de tables réduit, un accueil souriant, une cuisine de qualité maitrisée, un service efficace et avenant. Vraiment un endroit plus qu’agréable !