mercredi 18 février 2015

Café du Jura, Lyon



Impensable pour moi de ne pas au moins aller une fois dans un bouchon est à Lyon. Le choix est grand et le plaisir de découvrir un nouvel endroit est toujours très agréable. Cette fois-ci ce choix s’est porté sur le « Café du Jura » en plein premier arrondissement et très pratique pour déjeuner lorsque l’on est dans une journée de « shopping ».

Ce qui plait immédiatement en entrant dans la salle à manger, c’est de finalement de se dire que l’on ne se trouve pas dans un restaurant mais presque chez des particuliers. Une salle qui pourrait ressembler à un salon familial avec cette grande table communautaire mais surtout « la Mère » que l’on voit entrer et sortir de la cuisine. Ces « Mères » qui sont souvent citées comme des références culinaires et qui font partie du patrimoine gastronomique de la région. Un terme qui caractérise des cuisinières qui dans le passé avaient des origines modestes  et qui proposaient une cuisine simple, bourgeoise mais en même temps populaire.

On ne citera pas tous les noms de ces dames qui ont maniés ou manient poêles et casseroles de manière unique. On se concentrera sur Brigitte Josserand et son fils Benoit qui assurent le service en salle avec qui j’ai eu la chance d’échanger quelques mots sur le travail familial, la répartition des tâches mais aussi la motivation à vouloir satisfaire le client  après au moins trente années…

Ce très joli bouchon avec sa devanture rouge et bordeau existe depuis 1867 comme l’on peut lire sur le store extérieur. 


Aujourd’hui les extras du jour sont affichés à l’extérieure sur une ardoise  et l’on peut se réjouir d’y trouver des ris de veau aux morilles, un de mes plats favoris !


Un intérieur qui n’a surement pas changé depuis plusieurs décennies et c’est ce qui fait tout le charme de cet établissement. Murs jaunâtres, boiseries, vieux frigos, tables et chaises de bistrot.





Le comptoir est magnifique tout en formica, un revêtement que l’on trouvait souvent il y a plusieurs décennies et redevenu à la mode. Malgré son retour en force ce matériau appartient à une époque révolue qui correspond pleinement à l'esprit brocante, mais ici ce sont des meubles d’origine. 



Un « communard » en guise d’apéritif et la tentation est trop forte pour se priver de gouter les grattons de porc lyonnais. Le gras de la bête récupéré dans lequel est inclus de petits morceaux de viande et qui sont mis à fondre dans une casserole jusqu’à ce que tout soit rissolé. Ceux-ci sont ici particulièrement gouteux car bien assaisonnés.


Vieille horloge, anciennes gravures ou photos qui confèrent à l’ensemble un charme indémodable.

Une carte où se trouvent de grand classiques mais aussi des plats de saisons ou en fonction des approvisionnements. Le marché étant assuré par Brigitte de manière quotidienne. Une petite mise-en-garde plutôt amusante qui signale que l’on ne vient pas ici pour manger en quatrième vitesse et que tout se prépare au dernier moment.  Et surtout...plaisir avant tout !  Qu’on se le dise !

Cela sera pour commencer de la poitrine de porc fermier d’Auvergne et lentilles du Puy. En règle générale je ne suis pas trop « lard gras » mais celui-ci est vraiment délicieux accompagné de quelques tranches de langue, de cornichons et d’une salade de lentilles très bien assaisonnée.


La terrine du jour est bien équilibrée en bouche, ni grasse et ni sèche, pistachée, accompagnée de quelques feuilles de salade et de cornichons.  


Mes ris de veau aux morilles sont un modèle du genre. Parfaitement poêlés au beurre et ensuite recouverts d’une excellente sauce crème avec des champignons qui ont une saveur. Je précise cela car il m’est arrivé de manger ce plat ou la morille n’avait pas vraiment de goût.


Le gratin est fameux, crémeux à souhait…


Autre délicieux plat, le foie de veau crème moutarde. Tout aussi bien poêlé avec une onctueuse sauce moutardée.


Comme dessert, des poires au vin avec lesquelles quelques raisins secs auront été ajoutés.


Avec ce repas, un Château de La Selve Palissaire 2012, coteau Ardéchois. Un vin fruité et friand qui accompagnera parfaitement ce repas.


Et avec le café, les traditionnelles bugnes lyonnaises, spécialité de pâte passée dans la friture saupoudrée de sucre glace.


Un vrais bouchon Lyonnais ou l’accueil est exemplaire, la cuisine fidèle à ce qu’elle doit être, parfaitement réalisée que l’on apprécie dans un décor presqu’historique.  Rien de révolutionnaire, mais c’est justement pour cette raison que l’on vient ici.