dimanche 27 juillet 2014

Nopi, Londres


Avez-vous entendu parler de Yotam Ottolenghi ? Peut-être oui….peut-être non… Eh bien il s’agit d’un chef israelien qui fait un malheur en tout cas en Grande-Bretagne. Son style de cuisine n’est pas exclusivement orienté sur le moyen-orient, mais on va retrouver des influences Turques, Syriennes, Libanaises, Iraniennes, et bien entendu Israeliennes avec une touche quand même très Européenne.

Journaliste, philosophe et ensuite cuisinier (comme quoi il y a de surprenantes reconversions), il est aujourd’hui l’auteur de plusieurs livres de cuisine et le créateur d’une série de magasins ou plutôt d’épiceries de qualité (« delis »). Sa cuisine parfois fortement basée sur les légumes est réputée pour être excitante et parfois étonnante. Certes, un profile un peu « à la Jamie Oliver » avec des documentaires à la BBC, des apparences dans le Masterchef Britannique, des émissions radiophoniques, et quelques ouvrages culinaires, tout ceci avec un certain nombre de récompenses aussi bien pour sa cuisine que le design de ses établissements.

Après quelques épiceries, le voici depuis 2011 responsable d’un restaurant plus formel : NOPI. Situé dans le centre près de Soho et parallèlement à Regent Street, c’est dans cette rue que se trouve cet étonnant endroit.


Une fois la porte franchie vous serez assez surpris de vous retrouver dans un endroit assez chic avec des effets presque glamour. Tout oscille entre tons blanc et or. Les murs sont sur certains cotés recouverts de catelles de métro ou de briques blanches ; un sol en marbre, des lustres probablement en cuivre, des crochets pour habits dorés et des tables plutôt moderne en bois qui mènent au bar en fond de salle. Il y a une impression de grande fraicheur qui ressort de l’ensemble complétée par de très jolis bouquets de fleures et surtout à l’entrée un petit buffet de mets qui ajoute une touche colorée à l’ensemble.






Mais le plus étonnant sera « la descente à la cave.. ».


C’est en bas que se trouve une seconde salle à manger qui restera longtemps ancrée dans ma mémoire. En fait il s’agit de deux tables d’hôtes en face des cuisines ouvertes et entourées du garde-à-manger. Bouteilles, conserves, condiments...tout est la pour l’équipe en cuisine qui doit bien compter une dizaine de personnes. Vous serez donc assis à l’une des deux tables qui pourra alimenter une douzaine de convives (à préciser lors de la réservation « Downstairs »), ce qui donnera à l’endroit un coté assez exceptionnel ; ambiance très conviviale, éventuelles discussions entre les hôtes, service direct de la cuisine sur les tables. On se sent bien…on vit un moment un peu privilégié. Bref, j’ai adoré !






La carte est plutôt réduite et est changée quotidiennement. Des entrées que l’on peut partager, des amuses-bouches pour l’attente, des poissons, des viandes, et des mets d’accompagnements. A la lecture de cette carte on sent tout de suite les influences moyen-orientales mais sans jamais tomber dans le cliché ou dans une quelconque cuisine fusion. Par exemple, de la betterave écrasée avec du labneh et du zaatar qui est d’inspiration libanaise, mais aussi du chevreuil avec un yoghourt caramélisé, mures et crumble de cacahouètes ! Vraiment des associations très créatives.




Nous optons pour quelques entrées que nous partageons : une délicieuse burrata, orange sanguine et graine de coriandre ; des tranches d’aubergines rôties, ail noir, piment, graine de pomegranate et basilic. Une harmonie parfaite entre l’aubergine non huileuse, le coté plutôt sucré du pomegranate et la fraicheur des herbes sur le dessus. Clairement il y a des influences turques et méditerranéennes, et il y a quelque chose de très continental finalement.



Le cheesecake Valdeon avec de la betterave au vinaigre, des noisettes et du miel au thym est une autre très grande réussite avec des saveurs assez douces. Servi chaud, réalisé avec de la feta et associé au miel, feuilles de basilic ; une combinaison gagnante. La betterave apporte un coté un peu acide au tout balançant la douceur générale du plat.


Comme mets principaux, une parfaite sole au beurre brun, nori et gingembre ; et pour moi un coquelet cuit deux fois, avec du sel lemon myrtle et une sauce pimentée. La chaire de la volaille est cuite à la perfection ; la croute est enrobée d’épices douces comme de la cannelle et le tout se marie parfaitement avec une sauce pimentée plutôt douce ; le sel citronné pour donner un coté « peps » en bouche. A nouveau une très belle interprétation des grillades du moyen-orient.
 


Comme accompagnements, pour l’un une salade d’herbes, radis noir et onion Canara, et pour moi du Kale, sirop d’érable et échalotes confites. Une catégorie de choux d’Italie également utilisé dans le nord de l’Europe. Des légumes d’une très grande fraicheur, préparés à la minute.



Cet endroit au centre est vraiment fantastique avec du design et un concept plutôt très original, des produits frais, des préparations que l’on partage un peu comme des mezzés mais j’insiste pour redire qu’il ne s’agit pas d’un restaurant moyen-oriental, une utilisation intelligente d’ingrédients inhabituels et une ambiance très conviviale. J’ajoute l’endroit dans mes favoris de la « city » !