lundi 14 septembre 2015

Les Cornettes, La Chapelle-d'Abondance



Cela faisait des années que j’avais entendu parler des « Cornettes » dans le val d’Abondance, une table Haut-Savoyarde réputée pour sa cuisine traditionnelle et ses produits de qualité. Si l’on vient de Genève, cela sera plus de 90 minutes de trajet malgré une distance plutôt courte mais la route qui va jusque Thonon est souvent très encombrée.

En tout cas plutôt une table du midi à moins que vous séjourniez dans la vallée. Une magnifique vallée qui noua amènera à la Chapelle d’Abondance, station montagnarde à environ 100m d’altitude,  qui bénéficie d’un site et d’une situation remarquable. Village qui se trouve face aux Cornettes de Bises, montagnes dans le Massif du Chablais entre la Haute-Savoie et le canton du Valais en Suisse.

C’est donc ici que se trouve l’hôtel-restaurant portant donc le nom de ces montagnes.  Un très joli chalet-ferme de bois et de pierre tout fleuri le long de la route principale. Quelques décorations à l’extérieure comme des chaudrons de cuivre et même une animation dans un cabanon avec des personnages fictifs de la région. 




Sur l’un des côté un parking à disposition de la clientèle avec une vue sur les cuisines où l’on peut aujourd’hui avoir une vue sur les jambons qui sèchent.


Une petite terrasse au milieu plutôt coloré pour prendre un verre mais le temps un peu frais nous encourage de directement aller à l’intérieur.


L’entrée peut se faire également par la brasserie qui propose également une restauration. Un intérieur boisé savoyard mais selon moi presque plus réussi que la salle du restaurant qui est dans un registre beaucoup plus classique et qui n’a pas dû changer depuis des décennies.


Passage par les cuisines ouvertes qui elles aussi sont très joliment intégrées à une section boisée et décorée de pots de légumes au vinaigre. Un agencement plutôt très beau entre mobilier savoyard et éléments de cuisine moderne.




Le plus surprenant est qu’avant d’arriver dans la salle de restaurant principale, vous vous apercevrez que cet hôtel propose un concept de musée savoyard où par exemple vous pourrez observer la faune locale dans une vitrine ou vous trouverez un certain nombre d’animaux empaillés.  

           
Au sous-sol une série de vitrines plutôt particulières dans un décor toujours aussi montagnard.


Une vitrine avec une collection de poupées.


Une impressionnante collection de moulins à café qui se décline en plusieurs dizaines d’éléments.




Une autre vitrine de channes et autres vaisselles en étain. Malgré tout, il y a quand même un petit côté kitsch à tout cela…


La salle de restaurant me fait penser à ce que l’on trouvait dans les années 70 ; grande pièce au décor classique boisé avec un plafond à caissons en bois, cheminée de pierre, plantes vertes et tables à nappes blanches. 



Une salle un peu vide vers 12 :15 mais qui une demi-heure plus tard est envahie par des groupes de voyage ou peut-être plutôt des sorties d’ainés. Plus d’une cinquantaine de personnes qui débarquent laissant penser immédiatement que l’établissement fonctionne aussi sur les formules de groupe. Rien de fondamentalement gênant mais on peut se demander si le service suivra, ce qui fut le cas de bout en bout.

Petit kir de bienvenue et la carte nous est tendue avec un choix de menus très sagement tarifés dont le plus onéreux à 40 euros avec 4 plats au choix. Egalement à la carte le choix de plats traditionnels Haut-Savoyard comme fondues, berthoud, tartiflette et raclette. En supplément les menus du jour mais qui ont une majorité des plats des menus qui semblent être immuables.


Nous choisirons le menu classique à 40 euros avec pour moi le jambon cru fumé à la ferme du Papy Gaby et terrine des chefs aux noisettes, saucisson sec et salade des Cornettes. En préambule arrive un assortiment plutôt très généreux de divers légumes au vinaigre.  Un mélange de carotte, chou-fleur et navet ; un bocal de chanterelles.



Des petits oignons grelot, des cornichons et des griottes. Tout est joliment présenté et préparé dans le vinaigre de manière équilibrée en bouche.


Arrive un plateau de charcuteries toutes réalisées sur place. Du jambon cru, du jambon fumé, trois types de saucisson, de la viande de bœuf séchée, une tranche de terrine avec sa gelée. Première observation, la quantité servie est impressionnante et pourrait facilement contenter deux personnes si pas plus… Les charcuteries sont indéniablement très bonnes est probablement parmi les meilleures que l’on puisse manger en Haute-Savoie. Mais cela ne sera pas tout… Le plateau est accompagné d’une grande salade à base de fromage, dés de jambon, noix, maïs et œufs dur. Même en tant que « gros mangeur », il faut avoir un sacré coup de fourchette pour arriver au bout…




L’autre entrée n’est pas en reste, la salade d’Abondance.  Un mélange de salades, berthoud, fromage de brebis, pomme de terre farcie au reblochon, viande séchée. Egalement assez copieux avec quelques charcuteries semblables mais avec des plats à base de fromage. Selon la personne, il y avait un peu un goût de brulé pour le berthoud.


En plat principal des rognons de veau flambés aux cèpes frais.  Une portion tout aussi gargantuesque avec de nombreux accompagnements ; gratin de pommes de terre, croziflette, polenta farcie au reblochon à l’ail des ours, petits légumes, poire au vin et un nem de champignons des bois.  Si les cèpes sont frais, ils manquent légèrement de goût et le rognon semble être un poil trop cuit ou alors un peu dur. La sauce qui accompagne le tout manque un peu de finesse. Une assiette bien remplie mais qui aurait mérité un peu plus de précision.    


La luge de fromages de nos vallées qui est un chariot sur lequel nous avons choisi de l’abondance, un fromage de vache de la vallée et un chèvre.


Les desserts sont au choix. On vous apportera une carte avec une quarantaine de classiques avec leurs photos derrière un peu comme dans un restaurant où l’on vous servirait des desserts industriels, ce qui n’est pas le cas ici car tout est maison y compris les glaces.

La tartelette aux poires Bourdaloue, soufflé glacé à la poire est d’une taille toujours aussi impressionnante que la personne n’a pu finir. Un dessert bien réalisé mais plutôt malgré tout assez ménager.


Etant arrivé en fin de repas avec l’impression d’avoir mangé pour deux ou plus… je me suis décidé pour un sorbet abricotine. La glace est de qualité, généreusement arrosée d’eau de vie.


Pour accompagner ce repas un sympathique Gigondas Château du Trignon 2010.


Je dirais que ce qui m’a le plus séduit restera les charcuteries, le reste étant beaucoup plus conventionnel, préparé de manière probablement très organisée car cet établissement semble être le but de voyage de voyagistes ou de groupes et de ceux qui veulent manger de grosses quantité ou encore se rappeler les repas interminables des années 70… Une formule qui semble marcher puisque l’établissement semble être constamment plein…