dimanche 29 mars 2015

Auberge de la Fruitière, Vers



Je relisais un billet d’une connaissance sur une table de la région que j’envisageais de visiter depuis un certain temps et pour m’assurer que son jugement soit encore fiable, je suis allé faire un tour sur le site que tout le monde critique mais qui rend de sacrés services quand on est désemparé… ou dans une région peu fréquentée par le tourisme de masse…

Eh bien j’ai bien fait de prendre connaissance des derniers commentaires fort peu élogieux car les propriétaires avaient changés récemment. C’est en parcourant quelques avis que l’un de ces commentaires a attiré toute mon attention. Un internaute qui regrettait que le niveau ne soit pas comparable a entre autre à celui de « l’auberge de la Fruitière » à Vers.

C’est bien simple, pas de site internet dédié mais une simple référence sur le site de la commune. Une table que jamais personne ne m’avait relatée et qui se trouve non loin de Viry et Valleiry, en direction de la montagne de Vuache. 

Comme le nom l’indique, une table qui se trouve dans l’ancienne fromagerie du village et qui se trouve également être l’auberge communale. Un bâtiment de caractère ou en 2013 messieurs Patrick et Gérard Josserand reprirent la gérance. Le chef Patrick semble avoir passablement voyagé  entre établissements pour parfaire ses techniques mais aussi voyagé dans divers pays dont le Canada. Ces dernières années il a principalement officié dans certains restaurants  de l’Ain et de la Haute-Savoie («l’Horizon » au Salève), même un bouchon à Lyon.

Une jolie maison avec il semblerait une terrasse l’été et un parking à proximité.


L’intérieur est décoré sans trop d’imagination et ressemble à beaucoup d’auberges communales. Une grande salle avec peut-être une cinquantaine de couverts ; des tables simplement dressées et j’oubliais, un accueil sympathique et souriant.



La carte est une ardoise que l’on peut voir sur certain murs mais qui vous sera également amenée à table.


Trois menus à 27, 38 et 48 euros servis en 4 services ; entrée, plat principal, fromage et dessert. Les plats affichés suggèrent une cuisine généreuse et traditionnelle, une cuisine saisonnière.

Pour démarrer, un foie-gras mi-cuit à la chapelure de pain d’épices et chutney aux figues. Dressé sur une ardoise, ce foie est vraiment parfaitement cuit, bien assaisonné et joliment accompagné de petites brioches tout à fait délicieuses et un bon chutney. Une très bonne impression d’une entrée classique souvent quelconque.


Un de mes plats préférés….le ris de veau aux morilles, fondue de topinambours et poires caramélisées. J’ai vraiment été à nouveau impressionné par autant de justesse dans la préparation. Les ris sont poêlés au beurre, la sauce bien crémeuse est bien parfumée aux morilles et le plus étonnant sera ce mélange du légume oublié et de la poire apportant une touche légèrement croquante au plat et un peu de douceur. L’association est parfaite et rarement j’avais mangé ce plat aussi bien exécuté. Une portion généreuse pour une entrée !



En plat principal nous prendrons le pavé de « blanc-bleu » snacké au beurre de foie-gras truffé, demi-glacé de viande. Le « blanc-bleu » est une race bovine belge ; une viande saisie à la minute et tendre avec sur le dessus le beurre monté au foie. Un fond brun légèrement gélatineux et caramélisé comme il se doit. En accompagnent, une parfaite timbale composée de  doubeurre, la courge que certains appellent « butternut »,  des carottes jaunes et radis confits, le tout avec un peu de ciboulette hachée. Sautés au beurre, une cuisson parfaite des légumes. Et ne pas oublier une portion individuelle de gratin dauphinois, crémeux et gourmand, une purée de courge pour compléter l’assiette. Un plat classique parfaitement préparé.




Assiette de fromages de la région avec reblochon a point, morbier, tome et comté.


Autrement une très bonne faisselle fermière de Chaumont dans la région avec un coulis de fruits rouges pas trop sucré.


Jusque-là un repas parfait avec une cuisine  juste, des produits de qualité et des cuissons parfaites, mais une réelle déception avec les desserts qui visiblement ne sont pas maison et avec un franc goût industriel. Je me passerai de commenter le « cheesecake » et cette tarte au citron meringuée qui valent la peine d’être oubliées. Alors que de simples desserts feraient l’affaire comme de poires au vin…mais bon….



Une petite carte de vin avec quelques simples trouvailles comme un généreux Costière de Nîmes 2012 Domaine Saint Dominique. Un vin bien vinifié à 18 euros qui accompagnera parfaitement ce repas.


Certes on oubliera les desserts mais quelle sympathique découverte ! Une cuisine traditionnelle bien réalisée, de bons produits et des cuissons adaptées qui sans aucun doute nous fera revenir. La carte change tous les trois mois selon notre agréable serveur et s’adapte aux produits de saison.